mapom12









Paris, le 12 novembre 2018.







1. Acte d'échange et monnaie.

Ce qu'on dénomme "monnaie ", depuis au moins Jean Baptiste Say (1815), est intermédiaire des (actes d')échanges de ce qui est désiré ou de besoin impératif pour les gens, vendeur et acheteur, individus ou populations (cf. ce billet de juillet 2016).

Soit dit en passant,
- on ne peut échanger que des "marchandises"... (cf. ce billet de février 2017), l'échange convenu de choses les a rendues le plus souvent "marchandises" ;
- parler du "pouvoir d'achat" de la monnaie comme y ont succombé certains économistes depuis la fin du XIXème siècle, c'est mettre, sans raison, un accent sur seulement un des aspects de l'intermédiaire (cf. ce billet de mai 2015), oublier l'autre, à savoir les quantités échangées de choses, et il faut le regretter.



2. Acte d'échange et titre financier.

Le "titre financier" illustre un (acte d')échange de choses, cachées ou tacites, de marchandises, entre un prêteur et un emprunteur, nécessairement individus (cf. ce billet de novembre 2013).

L'(acte d')échange dont un des résultats est le "titre financier", peut être direct ou indirect (et faire intervenir un intermédiaire).

Soit dit en passant,
- il n'existe pas des "actifs",
- il y a seulement des prêts, "actifs" des uns, et des emprunts, "dettes" des autres, les uns et les autres étant, chaque fois, le côté "pile" de l'autre, le côté "face" ...
- parler seulement d'"actif" est insuffisant et crée des confusions tout comme parler de "dette", par exemple, pour l'Etat.


3. Acte d'échange, monnaie et titre financier.

L'(acte d')échange convenu que cache tout "titre financier", est comparable à celui dont est intermédiaire ce qu'on dénomme "monnaie".


4. Prix en monnaie et taux d'intérêt.

Les échanges à quoi donne lieu, à sa façon, la "monnaie", sont des quantités de marchandises et des quantités unitaires de monnaie.

Les échanges convenus que représentent, à leur façon, les "titres financiers" sont des quantités de marchandises et des taux d'intérêt.

Quantité unitaire, rapport de quantité de marchandise et taux d'intérêt sont trois façons de parler de la même réalité, à savoir le rapport de la quantité de monnaie (ou autre marchandise) et de la quantité d'une autre marchandise.

Reste que, quand les accords d'échange ont abouti et sont réalisés, les échanges sont des quantités de marchandises et des prix en monnaie pour l'un et des quantités de marchandises et des taux d'intérêt pour l'autre.

Les prix en monnaie sont les quantités unitaires de monnaie en marchandise convenues.

A la différence des prix en monnaie, les taux d’intérêt convenus n'ont pas de nom particulier pour désigner les quantités unitaires de marchandise convenues qu'ils sont.


5. Coût des échanges.

Quoique coûteux, "monnaie" et "titre financier", contribuent à la réduction du coût des échanges (cf. ce billet de septembre 2018).

N'oublions jamais que :

"... c'est dans l'amoindrissement successif de la valeur que le progrès de l'humanité consiste." (Bastiat, 1850, cf. ce texte de mai 2015 ou celui-ci).

La valeur à quoi faisait allusion Bastiat recouvrait en vérité le coût de l'acte d'échange.


6. Amoindrissement du coût des échanges.

Le coût des échanges a été amoindri progressivement par des inventions ou innovations des gens de différente nature (cf. ce billet de février 2015).

Au nombre des inventions, il y a eu ce qu'on dénomme "monnaie" ou "titre financier".


7. Les erreurs.

 Mais, d'une part, ce qu'on dénomme "monnaie" (en tant que "coupure de billet" de banque, "dépôt" dans une banque, etc., bref "produit bancaire") a été pris, sans raison et par erreur, pour "titre financier", par manque ou pénurie d'existence de ce dernier (cf. ce billet de juillet 2016).


D'autre part, des "titres financiers" innovants ont porté ombrage au monopole de production de ce qu'on dénomme "monnaie" que s'étaient donnés les hommes de l'état (cf. ce billet de décembre 2015).

Exemplaires sont les propos des hommes des banques centrales aujourd'hui sur le "bitcoin" et autres "cryptomonnaies", des propos qui nous font revenir à l'état d'esprit qui devait exister à la création de ce qu'on dénomme "monnaie" (cf. ce billet de mars 2018)

Selon ces hommes, "bitcoin" et "cryptomonnaies" ne seraient pas des "monnaies" (cf. ce texte intitulé "Money and payment systems in the digital age" d'octobre 2018).

Cela témoigne de l'ignorance crasse où ils se trouvent, sur le domaine où ils sont sensées agir...

Le cas échéant, le "titre financier" est pris, sans raison, pour .... intermédiaire financier (cf. ce texte de MacKinsey d'octobre 2018).


8. Des autres coûts.

Reste que "monnaie" et "titre financier" ont des coûts à estimer proprement et à distinguer du coût des (actes d')échanges (cf. ce billet de novembre 2017).

a.
La "monnaie" a un coût qui est estimé par les gens qui l'utilisent et qui est nécessairement inférieur ou égal au coût de l'acte d'échange qu’ils visent.


Reste les économistes pour qui on peut laisser de côté ce qu'on dénomme "monnaie" dans l'analyse économique et ceux qui estiment que le coût de la monnaie est nul (cf. ce billet de février 2015)

b.
Au départ, le "titre financier" cache des coûts d'échange estimés par le prêteur et l'emprunteur.

Avec la confusion de la "monnaie" et du "titre financier", ce dernier s'est vu recevoir aussi un coût spécifique différent du coût de l'échange qu'il est...
Et ce prétendu coût spécifique tend à être privilégié par rapport au coût de l'acte d'échange alors que, comme pour la monnaie, il doit être inférieur ou égal au coût de l'acte d'échange.

Par la suite, le "titre financier" cache d'autres coûts selon que le prêteur peut l'échanger ou non, ou que l'emprunteur peut l'échanger ou non.


9. Un dernier mot (provisoire).

Rien ne justifie de penser que les politiques monétaires et autres banques centrales régissent les quantités de monnaie de leur territoire et, a fortiori, les taux de change de leur "monnaie réglementée" avec les autres "monnaies réglementées".

Rien ne justifie de suivre les hérésies keynésienne ou friedmanienne qui voudraient qu'il faille se préoccuper, pour des raisons économiques, des taux d'intérêt achetés ou vendus par les banques centrales, sauf à vouloir se préparer contre la prochaine crise économiques qu'elles ne manqueront pas de provoquer (cf. ce billet de mai 2018).






Retour au sommaire.