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A Paris, le 16 octobre 2019.








                


               

                "Ses causes et ses conséquences 
                 sont difficiles à appréhender et 
                 suscitent de nombreuses interrogations. 
       Pourtant, même s’ils constituent à première vue un paradoxe, 
       les taux négatifs correspondent à une évolution compréhensible
"
                (Banque de France, 2016).



Cet extrait d'un texte de la Banque de France montre à quel point se trouve l'ignorance des hommes de la Banque sur la situation économique actuelle.

Le "taux d'intérêt" est une notion qui est ignorée en général de ceux qui en parlent, à moins qu'elle cache une grande imposture de leur part qui consiste à dénommer "taux d'intérêt négatif" un impôt.


1. Le taux d'intérêt, un élément du contrat.

Le taux d'intérêt est un élément du contrat accordant un ou plusieurs prêteurs et un ou plusieurs emprunteurs (cf. billet d'avril 2016).


2. Les conditions du contrat.

 Le contrat fixe les conditions du "principal" - droit de propriété, valeur, matière, capital, etc. - et de l'"intérêt du principal" convenues.


3. Le taux d'intérêt, un rapport arithmétique. 

Par définition, le taux d'intérêt est le rapport de l'"intérêt du principal" (exprimé en monnaie) au "principal" (exprimé en monnaie)...

C'est une proportion - la proportion si chère aux juristes... -.

Autres façons de s'exprimer,
c'est le montant d'intérêt en monnaie par unité de principal...
c'est une proportion entre le montant d' intérêt du principal et le principal.


4. Les parties des contrats.

Le taux d'intérêt cache donc prêteurs et emprunteurs (créanciers et débiteurs) qui se sont accordés.

S'il n'y avait pas accord, il n'y aurait pas de contrat, pas de principal ni d'intérêt du principal.

Le prêteur de monnaie s'attend à recevoir principal et intérêt du principal qu'il prête, en une ou plusieurs fois.
L'ensemble est la quantité de monnaie qu'en espère, grosso modo, le prêteur potentiel.

L'emprunteur de monnaie s'attend à verser principal et intérêt du principal qu'il emprunte, une ou plusieurs fois.

L'ensemble est la dépense qu'en espère, en moyenne, l'emprunteur potentiel.


5. Taux d'intérêt fixe et taux d'intérêt variable.

Prêteur et emprunteur peuvent convenir d'un taux d'intérêt fixe ou d'un taux variable pour des raisons qui leur sont propres et qui incluent le fait que l'emprunteur apporte ou non des garanties.


6. Taux d'intérêt positif et taux d'intérêt négatif.

Logiquement, le taux d'intérêt est positif, le prêteur est rémunéré par l'intérêt du principal pour le service de prêt qu'il rend à l'emprunteur, pour la monnaie de l'emprunt qu'il lui permet d'avoir.

Depuis quelques années, contre toute attente, il est question de taux d'intérêt négatif.

                                            Années 2015-16
Selon la Banque de France (2016) https://abc-economie.banque-france.fr/mot-de-lactu/les-taux-dinteret-negatifs (les "[...]" sont des interrogations de mon cru):

"... le taux d’intérêt, c’est le prix de l’argent [... mais le prix de l'argent c'est quoi ?].

En général, ce taux est positif : celui qui emprunte une somme d’argent paye un intérêt à celui qui lui a prêté [... quoique l'argent n'existe plus !]..

Des taux d’intérêt négatifs inversent cette logique : c’est l’emprunteur qui est alors rémunéré, tandis que le prêteur reçoit à l’échéance une somme inférieure à celle qu’il a prêtée.

Ce phénomène nouveau est contraire à notre logique habituelle.

[... phrase merveilleuse à venir ...].
Ses causes et ses conséquences sont difficiles à appréhender et suscitent de nombreuses interrogations.
Pourtant, même s’ils constituent à première vue un paradoxe, les taux négatifs correspondent à une évolution compréhensible.

Les taux négatifs résultent du déséquilibre entre un niveau d’épargne élevé et un niveau d’investissement trop faible [... en opposition avec le propos liminaire du texte !]..


Ils sont également un instrument de stratégie monétaire pour soutenir l’activité économique [... d'où cela vient-il ?].

Ils sont donc à la fois le symptôme d’une économie au ralenti, et un élément de réponse à cette situation.

Comment cela fonctionne ?

Les banques centrales agissent sur les taux directeurs (taux d’intérêt des emprunts des banques commerciales à la banque centrale).

En augmentant le taux directeur, elles freinent la hausse excessive des prix, et à l’inverse, pour stimuler l’économie, elles le diminuent [... de quels prix s'agit-il ?].

Elles peuvent les baisser en territoire négatif, comme c’est le cas en zone euro depuis juin 2014. 
                                    
Fin 2016, les banques commerciales qui déposent des "liquidités" à la banque centrale en zone euro sont rémunérées à "-0,40 %", c’est-à-dire qu’elles payent pour placer leurs excédents de trésorerie.

Cette stratégie est destinée à inciter les banques commerciales à prêter à l’économie.
Le but est de relancer l’activité en évitant l’accumulation d’épargne improductive, en encourageant l’investissement et la consommation, et ainsi de faire baisser le chômage. [... étant donné le propos liminaire qu'on ne sait pas ce qu'on fait...].


Les taux négatifs sont favorables aux emprunteurs : les États, les entreprises, mais également les particuliers, empruntent à moindre coût.
Cela soulage les finances publiques et favorise les achats immobiliers.


Mais ces taux négatifs n’ont pas vocation à se généraliser aux dépôts bancaires des ménages.
Seuls les dépôts des très grandes entreprises se voient appliquer des taux nominaux négatifs.


Ils ne sont pas non plus destinés à durer.
En tant qu’instrument de politique monétaire, c’est une mesure temporaire qui doit avoir une ampleur limitée [en 2019, cela continue...]."


 
Bref, ce texte d'auteur - inconnu - de la Banque de France est un galimatias d'idées incohérentes et d'oxymores (cf. autre texte de la Banque de France de 2019, https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/finance-perso/banque-et-credit/taux-d-interet/comment-expliquer-les-taux-dinteret-negatifs/).

Le taux d'intérêt négatif n'est jamais qu'un impôt que la Banque centrale européenne fait payer aux banques autres, dites "de second rang", sur les quantités de monnaie qu'elles y déposent.

Comme la BCE n'a aucun pouvoir légal de fiscalité, ses hommes et leurs amis parlent de "taux d'intérêt négatif".

Plutôt que de s'intéresser à la Banque de France, je proposerai aux lecteurs de lire l'article de Shackle, G. L. S. (1961), "Recent Theories Concerning the Nature and Role of Interest", The Economic Journal, Vol. 71, No. 282, June (en français, dans Thorn, R.S. (ed.), Théorie monétaire, Dunod, pp. 295-348) pour essayer de comprendre l'imposture des taux  d'intérêt négatifs.


7. Taux d'échange.

Le taux d'échange est une notion inventée par Stanley Jevons (1870) si l'on en croît Vilfredo Pareto (1896-97).

En l'espèce, il exprime le contrat financier, matière en propriété ou droit de propriété créé pour l'occasion, créance ou dette de valeur.

Le contrat ne saurait séparer matière ou droit en question ni être séparé de ceux-ci.

Il résulte de l'offre et la demande de contrat entre prêteurs et emprunteurs.

Le taux d'échange est le rapport convenu entre l'offre et la demande de contrat et va de pair avec la quantité de monnaie elle-aussi convenue.


8. Taux d'échange et taux d'intérêt.

Le taux d'échange convenu entre un ou des prêteurs et un ou des emprunteurs est donc à distinguer du taux d'intérêt dont ils conviennent.






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