Paris, le 25 juillet 2009.



Selon certains commentateurs, la situation économique des U.S.A., première économie nationale de l'économie mondiale, tendrait à s'améliorer.


I. Les échanges.

Quand on voit les séries chronologiques mensuelles qui suivent, il y a tout lieu d’en douter même si on peut en accepter l'augure.

1.A. Les exportations de biens, indicateur approximatif des échanges en général.

Pour autant que la tendance des exportations de biens est prise comme un indicateur approximatif de celle des échanges en général - lesquels ne sont pas mesurés avec le même soin quand ils le sont -, l’effondrement de ceux-ci ces derniers temps n’est pas interrompu : les exportations mensuelles ont retrouvé leur niveau moyen de 2006 ($ 80 milliards).

echange 2 
Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis


1.B. Les importations de biens, autre indicateur approximatif des échanges en général.

Cette tendance des échanges en général déduite de la tendance des exportations est confirmée par celle des importations de biens. Celles-ci retrouvent, elles, leur niveau mensuel de 2004 ($ 120 milliards) et non pas celui de 2006 ($ 150 milliards) comme les exportations.

échange 3

Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis
 


1.C. Remarque : il y a sept ans.

Comme on peut l'observer, ces tendances baissières sont beaucoup plus profondes que celles de 2001-2002.  On aura l'occasion de revenir sur ce point dans un prochain billet. 


II. La politique monétaire.

Le doute sur l'amélioration actuelle n’est pas permis seulement si on suppose que les effets de la politique monétaire ne sont pas instantanés, mais décalés dans le temps. 

A cet égard, la politique monétaire quantitative menée ces derniers temps est tout à fait remarquable par son intensité comme en témoignent les séries chronologiques qui suivent.


2.A. La base monétaire.

La base monétaire mensuelle a "explosé" passant ces derniers mois de $ 800 à 1800 milliards.  Comme l'atteste la figure ci-dessous, ce phénomène est sans précédent sur les trente dernières années.

echange 1 
Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis 



2.B. La quantité de monnaie en circulation.

En conséquence, et logiquement, la quantité de monnaie en circulation a eu une tendance toujours plus croissante.

monnaie MZM
Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis


2.C. Remarque : le poste « réserves totales ».

Le poste "réserves totales" de la base monétaire mensuelle a, pour sa part, "explosé" comme celle-ci, en passant de $ 50 à 900 milliards (phénomène lui aussi sans précédent depuis trente ans).

reserves totales

Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis
 

Cette évolution témoigne de toutes les créances - plus ou moins fausses - que la banque centrale des Etats-Unis a achetées.


III. Les prix.

D'après la théorie économique, cette politique monétaire quantitative pourrait avoir comme effet une évolution des prix monétaires tout aussi remarquable, caractéristique de ce qu'on a eu l'occasion de dénommer dans le passé "forte inflation", voire "hyperinflation".

Pour l’affirmer, il faudrait faire intervenir d’autres informations, ce que je ne ferai pas dans ce billet.

Mais on pourra toujours se reporter, toutes mesures gardées, aux billets : 

* La Banque centrale européenne "sort des clous"... 

* Un renversement spectaculaire à conséquences ignorées pour l'instant

* Euronomie (monnaie, prix et inflation aujourd'hui en zone euro

* Un grand écart ? Non, une hyper inflation potentielle ! 

Les évolutions retracées dans les billets n'infirment en rien, bien au contraire, une évolution remarquable des prix monétaires à attendre .


IV. Une expérience sans antécédent.

Tout cela devrait donc amener chacun à considérer que l'économie mondiale, en tant qu'ensemble des relations des êtres humains à propos des choses en leur propriété, est dans une expérience sans antécédent.  Vouloir faire parler, par exemple, Keynes ou Marx sur le sujet témoigne d'une double inculture économique, l'une d'elles étant qu'il n'y a pas de déterminisme en particulier en économie.   Je vous laisse deviner l'autre.

L'expérience est d'autant plus sans antécédent que les politiques monétaires menées aujourd'hui par les docteurs Folamour du domaine sont hors de proportion comme le font apparaître les chiffres.

En conséquence, celles-là peuvent a priori autant conduire au meilleur - ce qu'on espèrera si on est optimiste ou "banquier central" - qu'au pire - ce qu'on attendra si on est pessimiste ou un peu regardant sur les méfaits des actions que les banques centrales ont menées dans le passé, dans des conditions certes sans commune mesure -. 

Pour ma part, pour l'instant, conscient de l'expérience et de ses caractéristiques, par manque d'informations, je me limiterai à avancer que l’avenir le dira.  J'aurai bien sûr l'occasion d'y revenir. 


Retour au sommaire.