Paris, le 5 décembre 2015.




Texte préparé pour le
Séminaire J.B. Say, Paris, France.

…                               Sommaire.

Introduction.   
       
I. La définition de la monnaie par J.B. Say (1815)

2. Une propriété de la monnaie de Carl Menger (1892).    

3. Quantité de monnaie unitaire convenue ou prix en monnaie d'une marchandise sont deux notions synonymes (Mises, 1953).          

4. Quantité de monnaie en circulation et niveau des prix en monnaie des marchandises peuvent être pris l’un pour l’autre.        
. Quantité de monnaie en circulation.
. Niveau des prix en monnaie des marchandises échangées.   
. L'identité 4.

5. La tautologie.         
. Quantité de monnaie-or ou -argent en circulation et niveau des prix en monnaie.
. L’identité 5.
. La théorie de l’inflation.
. Remarques.
. Les prix relatifs calculés des marchandises.        
. Quantité de substituts de monnaie bancaires et quantité de crédit.
. La rhétorique « au mauvais sens du mot ».
     

6. Les déformations de la théorie de la quantité de monnaie.    
. L' « équation des échanges » d’Irving Fisher (1911).      
. Le pouvoir d’achat de la quantité de monnaie     

7. Les faux problèmes de la mesure de la théorie de la quantité de monnaie. 
. Comptabilité de la quantité de monnaie en circulation.
. Statistique du niveau des prix en monnaie des marchandises.   
. La mesure de l’inflation impossible.         

Conclusion.

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… « Les prix ne sont pas mesurés en monnaie,
ils consistent dans de la monnaie. » (Mises, 1953, p. 664) (1).
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(1) Mises, L. von (1953), « Remarques sur le traitement mathématique des problèmes de l'économie politique , Studium Generale, décembre, pp. 662-665 (traduit de l’allemand par François Guillaumat).
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Introduction.

A un moment où beaucoup de prix en monnaie des marchandises, exprimés en €uro, sont ce qu'ils étaient début 1999, exprimés en franc français, c’est-à-dire après plus de quinze ans, alors qu'un €uro avait été fixé alors égal à 6,55957 francs français, on ne peut que s'interroger sur les propos des commentateurs qui continuent à faire croire que les prix en monnaie ont été stables ou presque dans le passé (cf. tableau ci-dessous),


Source : http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/art1_mb201102en_pp73-86en.pdf

à commencer par l'ineffable Jean-Claude Trichet, alors que la zone €uro est, tacitement, en "hyperinflation".

Chacun se rend pourtant compte de l'augmentation des prix en monnaie qu'il a supporté dans ses échanges, mais curieusement, ne réagit pas...

En tout état de cause, quantité de monnaie en circulation et ensemble des prix en monnaie pondérés, c'est la même chose.
Rien ne justifie de préférer la seconde à la première comme c'est l'habitude économique ou politique ... erronée.
Seules des mesures différentes, comptables pour l'une et statistiques pour l'autre, font qu'elles semblent sans relation.


Il y a quelques mois, j’ai proposé au séminaire J.B. Say un texte sur la « théorie de la quantité de monnaie » (cf. ce texte de décembre 2014) où j’insistai sur la définition qu’avait donnée Mises (1953) des prix en monnaie (cf. épigraphe ci-dessus) comme quantités de monnaie unitaires convenues des marchandises.

Dans le présent texte, j’introduis la définition que J.B. Say a donnée à la monnaie dans son Catéchisme de l’économie politique (1815) et que je trouve exacte.

J’y ajoute la propriété qu’a apportée Carl Menger en 1892 à la monnaie, sans se référer explicitement à Say.

A la monnaie, "intermédiaire de l’échange" de Say et " mesure de la valeur" de Menger, j’associe logiquement les prix en monnaie des marchandises de Mises.

Cela me permet de mettre en regard la quantité de monnaie en circulation et le niveau des prix en monnaie/

Cela me permet aussi de dire ma réserve tant sur les mesures comptables de la quantité de monnaie en circulation que sur les statistiques sur le niveau de prix en monnaie.
Ces dernières notions ne sauraient qu’en être des représentations trop incomplètes pour présenter un quelconque intérêt pour l’économiste, par exemple, sur ce qu'il dénomme "inflation" (2).
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(2) Exemplaires sont les indices de niveau de prix en monnaie de la banque centrale européenne qui ne signifient rien.
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I. La définition de la monnaie par J.B. Say (1815).

Il y a exactement deux siècles, Jean Baptiste Say (1767-1832) publiait donc un livre intitulé Catéchisme d'économie politique.

L'ouvrage était grosso modo un résumé de tout ce qu'il avait pu écrire en économie politique sur le sujet jusqu'alors.

Au chapitre XI, il expliquait, en particulier, que la monnaie était … l'intermédiaire des échanges :

… "Que les ventes et les achats ne sont, dans la réalité, que des échanges de produits.

On échange
- le produit que l’on vend et dont on n’a pas besoin, contre
- le produit qu’on achète et dont on veut faire usage.

La monnaie n’est pas le but, mais seulement l’intermédiaire des échanges.

Elle entre passagèrement en notre possession quand nous vendons ;
elle en sort quand nous achetons, et va servir à d’autres personnes de la même manière qu’elle nous a servi." (Say, 1815, p.49)


L'échange que considérait Say était tacitement l'échange indirect sur quoi les « économistes autrichiens » (Menger, Mises, etc.) ont mis l’accent par la suite.

L’échange indirect est un échange choisi par la personne
- qui a pour point de départ son offre de chose et
- qui est suivi par sa demande.

De façon générale, la notion d’échange indirect veut que la demande suive l'offre, et non pas procède de tel ou tel type de marché, d'un équilibre qui tomberait du ciel, qui s’imposerait et serait une fin comme beaucoup d’économistes le supposent aujourd’hui malgré l'absurdité de la notion d'équilibre à court ou à long terme... que beaucoup ont imputée à Say.

L’intermédiaire de l’échange qu’est la monnaie n’est pas à identifier à un moyen d’échange – comme
c’est trop souvent le cas - qui laisse s’attendre à une fin, laquelle n’est pas précisée - …
Intermédiaire et moyen font deux.

Au chapitre premier, Say avait expliqué pourquoi les gens évaluaient les choses plutôt par la quantité de monnaie que par toute autre quantité :

… "Pourquoi évalue-t-on
- plutôt les choses par la quantité de monnaie qu’elles peuvent procurer,
- que par toute autre quantité ?

Parce qu’en raison de l’usage que nous faisons journellement de la monnaie, sa valeur nous est mieux connue que celle de la plupart des autres objets ;
nous savons mieux ce que l’on peut acquérir pour deux cents francs,
que ce que l’on peut obtenir en échange de dix hectolitres de blé,
quoique au cours du jour ces deux valeurs puissent être parfaitement égales, et par conséquent
composer deux richesses pareilles." (ibid. p.10)


Au chapitre XII, Say précisait que les gens donnaient, chacun, une valeur à la monnaie parce qu'ils s'en servaient:

… "Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que
lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer,
il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie,
afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire."


même si cette valeur donnée à la monnaie ne pouvait servir à aucun besoin:

… "Vous dites que la monnaie tire sa valeur de ses usages ; cependant elle ne peut servir à satisfaire aucun besoin.

Elle est d’un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à effectuer quelque échange ; et vous avez appris (chap. XI) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d’effectuer des échanges, par conséquent de se servir de monnaie". (ibid. p.55)


et si :

… "La valeur est-elle toujours proportionnée à l’utilité des choses ?

Non, mais elle est proportionnée à l’utilité qu’on leur a donnée" (ibid., p.12).



Par ces propos, Say anticipait sur ce qu'allaient écrire les économistes autrichiens.


2. Une propriété de la monnaie de Carl Menger (1892).

Trois quarts de siècle plus tard, dans une revue scientifique française, Carl Menger a publié un article intitulé « La monnaie, mesure de la valeur » (cf. Institut Coppet).

Dans cet article, il a insisté sur les erreurs commises par des économistes à propos de la monnaie et a repris la notion d’ "intermédiaire de l’échange" de Say, sans le dire.

Reste que l’article est pour le moins ambigu.

En effet, la monnaie était alors un genre, un type ou une espèce (3)  de valeur,
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(3) Selon le mot qu’on préfère...
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les autres étant :
- toute chose elle-même,
- la quantité de chose,
- l’utilité de la chose,
- le taux de quantités de choses,
- le prix d’une marchandise,

- l’utilité, marginale ou élémentaire de la quantité de chose,
- le taux des utilités de deux quantités de choses.

Et la valeur monnaie donnait lieu aux évaluation particulières des marchandises que sont les prix en monnaie, taux d’échange de quantités ou quantités de monnaie unitaires convenus (sur quoi a insisté Mises en 1953, cf. épigraphe).

Les prix en monnaie, quant à eux, n’étaient pas des données, mais des valeurs que les gens avaient déterminées par les offres et demandes qu’ils avaient échangées.

Mais, comme l’a écrit Menger :

… « Généralement, l’échange ne se produit que lorsque chacune des parties croit y trouver un moyen d’améliorer sa position économique.

Les gens qui font affaire ne se soucient absolument pas d’échanger
- des unités égales,
- des quantités de travail égales,
- des frais de production identiques,
- « des biens égaux en valeur économique », ou
- « les égales quantités de valeur d’usage renfermées dans les produits échangés »,
- ni rien de semblable.

S’ils nourrissaient un tel dessein, ils auraient assurément quelque peine à le réaliser.
Mais ils n’y songent point, loin de là.

Ils échangent pour leur profit économique, et l’avantage réciproque est également la considération qui détermine la quantité des biens échangés.

L’échange ne réclame aucun mesurage préliminaire.

Des biens ont été troqués longtemps avant que la monnaie servît d’intermédiaire dans les échanges.
Alors, à coup sûr, les trafiquants n’interrogeaient que leurs besoins, les quantités dont ils disposaient et l’importance qu’ils attribuaient aux objets échangeables pour leur train de vie et pour celui d’autres ménages.

L’emploi des métaux comme intermédiaire a rendu le commerce plus facile et donné plus de précision aux calculs économiques, mais il n’a pas changé la nature du trafic.

De nos jours encore, l’effort de chacun pour satisfaire ses propres besoins, aussi complètement que le permettent les circonstances, est la cause déterminante
- non seulement du fait de l’échange en lui-même,
- mais de la fixation des prix.

Le but des gens qui font affaire sur les marchés est d’inscrire un gain au chapitre de leurs recettes, et pour celui de la dépense, de se procurer le plus de satisfaction possible en troquant argent contre marchandise.

L’achat et la vente sont l’une des formes principales sous lesquelles se manifeste l’universel désir de gagner et d’améliorer sa position.

L’argent est devenu l’intermédiaire de l’échange, mais s’il sert à mesurer les prix, c’est uniquement dans le sens que nous venons de marquer. »



Rien à dire sur tout cela si ce n’est que Menger en est venu à dire :

… « Le mobile du troc est
- le profit,
- mais aussi les quantités qui s’échangent l’une contre l’autre, sont fixées par l’avantage subjectif des deux sujets (4).
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(4) Voir mes Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, Vienne, 1871, p. 172 .
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On serait tenté de faire une exception pour le cas où les contractants ne font pas de prix eux-mêmes, mais échangent des quantités déterminées au prix du marché.

L’importance de ce genre d’affaires est vraisemblablement pour beaucoup la source de l’erreur que nous combattons.

Mais dans ce cas exceptionnel lui-même, l’échange n’a pas pour base
- la mesure de certains quantum de valeur, mais
- le prix qui s’est établi sur le marché sous l’empire des mobiles que nous venons de rappeler, chacun de ceux dont le concours a formé ce prix ne poursuivant que son propre avantage. ».


 Le prix en monnaie d’une marchandise, même exceptionnellement, ne saurait être à la fois une base de l’échange et s’établir sous l’empire des mobiles, il faut choisir.

Menger nous laisse sur notre fin.
Le prix du marché est une conséquence comme il l’a écrit quelques lignes plus haut, il ne saurait être un point de départ (5).
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(5) Il ne saurait non plus être supposé donné par la concurrence ni par la réglementation. 
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3. Quantité de monnaie unitaire convenue et prix en monnaie d'une marchandise échangée sont synonymes.

Reste que, longtemps, ont été synonymes :
* le rapport ou taux d'échange en monnaie convenu de la quantité de marchandise (notée "i", i=1, 2, etc.) entre deux personnes - au sens juridique du mot -, accord tantôt synallagmatique tantôt « de marché » - "dépersonnalisé" selon le mot employé par Douglas North (cf. Gwartney et Lawson, 2006) - et acquis en propriété pour les parties concernées en tout état de cause, et, alternativement
* le prix en monnaie (noté "pi", i=1, 2, etc.) d’une marchandise échangée ("ce qu'on voyait"), ou
* la quantité de monnaie unitaire convenue ("ce qu'on ne voyait pas" ou « ce qu'on avait perdu de vue »).


Le taux d'échange en monnaie d’une quantité de marchandise et la quantité de monnaie unitaire étaient d’abord le rapport de la quantité de monnaie échangée (notée symboliquement "dM" ) et la quantité de marchandise autre (notée "Xi") entre deux personnes ou entre les offres et les demandes (6).
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(6) Sur la notion, le plus souvent ignorée, de "taux d’échange de deux marchandises entre deux personnes juridiques physiques", Vilfredo Pareto a beaucoup insisté à la fin du XIXè siècle (cf. ce texte de mon blog de juillet 2014 sur la « boite de Vilfredo Pareto »).
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On les notera, alternativement, [(dM/Xi)i] ou [(Xi/dM)i], les offres des uns [(dM/Xi)i] n’étant jamais, à chaque « instant » (7), que les demandes des autres [(Xi/dM)i].
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(7) Il serait mieux de parler de « service » que d’instant. L’instant fait penser au « temps » de la physique alors que l’économie politique n’a pas, pour élément fondamental, le temps, mais le service, acte d’échange de la personne pour soi ou pour autrui, rémunéré ou non.
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Le taux d'échange en monnaie d’une quantité de marchandise échangée et la quantité de monnaie unitaire convenu étaient ensuite deux façons de parler de la même chose, à savoir l’accord d’échange des personnes entre elles, l’un mettait l’accent sur le rapport ou taux d’échange en monnaie marginal ou autre, l’autre sur la quantité de monnaie unitaire ou moyenne.

Symboliquement ou formellement, étant donné tout accord convenu d’échange de marchandises en monnaie entre des gens, on pouvait parler autant du taux d’échange convenu ou de la quantité de monnaie unitaire convenue « [(dM/Xi)i]* » ou [(Xi/dM)i]* que du prix en monnaie d’une marchandise "pi" (8).
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(8) Ou d’un « pouvoir d’achat de l’unité de la monnaie » « 1/pi »...
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Un rapport d’échange ou une quantité de monnaie unitaire n’étaient pas nécessairement convenus.

Mais ils le devenaient ex post, « marché conclu » et, simultanément, étaient dénommée « prix en monnaie ».

Un prix en monnaie observé, ex post, était nécessairement convenu.

Autant le taux d’échange ou la quantité de monnaie unitaire était quelconque pour les gens, ex ante, autant, pour exister, le prix en monnaie d’une marchandise était un élément de leur accord ex post sur l’échange.

En d’autres termes, ex post, il y avait identité entre le taux d’échange ou la quantité de monnaie unitaire une fois convenus et le prix en monnaie.


On avait l'identité, ex post, « marché conclu », pour tout "i" (i=1, 2, etc.),
- pour le vendeur de « Xi », la monnaie unitaire obtenue « dM »:

                           pi = [(dM/Xi)i]*          (1)

- et pour l’acheteur de « Xi’, la monnaie unitaire vendue « dM »:
                        

                         1/pi = [(Xi/dM)i]*      (1bis).

Il convient de remarquer que, dans le cas de l’acheteur, ce qui est dénommé d’ordinaire « pouvoir d’achat » de l’unité de quantité de monnaie « 1/pi » fait clairement référence au passé et non pas à l’avenir, comme on pourrait le comprendre aussi et comme on le comprend souvent.

Le « pouvoir d’achat » n’est pas, en effet, un achat potentiel, un type d’échangeabilité ex ante…, ni même un risque d’échangeabilité, mais une façon de parler rhétorique très ambigüe pour ne pas dire « au mauvais sens du mot ».

Sous une forme ou sous l’autre, l’identité (1) ou (1bis) réunit trois façons de dire la même réalité économique, à un moment donné, à savoir
- qu’il y a eu des accords d’échange de marchandises contre monnaie convenus entre des personnes,
- les accords étaient harmonieux et
- les égalités/identités obtenues en attestent ou en rendent compte.


4. Quantité de monnaie en circulation et niveau des prix en monnaie des marchandises peuvent être pris l’un pour l’autre.

Reste qu’à tous les prix en monnaie « pi » des marchandises « i » (i=1, 2, etc.) échangées, pouvaient se juxtaposer, de façon plus ou moins implicite, ou se comparer les taux d’échange ou les quantités de monnaie unitaires convenus.

4.a. Quantité de monnaie en circulation.

Ainsi, on pouvait additionner les quantités de monnaie unitaires convenues.

On obtenait d’abord la notion qu’on dénommera « quantité de monnaie ‘addition’ » (noté « Ma ») et on pouvait l’écrire sous la forme de l’expression suivante :

Ma = [(dM/X1)1] + [(dM/X2)2] +... + [(dM/Xn)n].

On pouvait encore l’écrire sous la forme de l’autre expression:

Ma = a1.[(dM/X1)1] + ... + an.[(dM/Xn)n]

où les « ai » sont des coefficients justifiés …

Dans tous les cas, la « quantité de monnaie ‘addition’ » obtenue était une quantité convenue passé. Si on introduisait alors, comme coefficients, les quantités de marchandises échangées « Xi », on définissait une autre « quantité de monnaie ‘addition’ » du genre:

M* = X1.[(dM/X1)1] + ... + Xn.[(dM/Xn)n]    (2)    (9)
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(9)  La quantité addition convenue "Ma" et la quantité de monnaie en circulation "M*" étaient intimement liées, à une échelle près, c'étaient deux façons de dire la même chose.
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On verra dans cette « quantité de monnaie ‘addition’ » (notée « M* ») la « bonne » définition de la « quantité de monnaie en circulation » ex post, la quantité de monnaie échangée convenue entre les gens (10).
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(10)   Et non pas ce qu’entendaient les économistes…
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A titre d’exemple, le graphique 1 ci-dessous montre l’évolution de la quantité de monnaie totale comptabilisée d’€uro de type M1 pour la période 1999-2014 et, à ma connaissance, il n’existe pas de comptabilité sur la quantité de monnaie en circulation, convenue.

Le graphique 1 qui suit ne fait pas apparaître quelle part de la quantité de monnaie totale a été échangée, d’un mois à l’autre, bref la quantité de monnaie en circulation, convenue.

                                                Graphique 1

                             Quantité de monnaie €uro mensuelle
                                         1999-2015 (septembre)


Source : https://research.stlouisfed.org/fred2/tags/series/?t=euro+area%3Bm1

4.b. Niveau des prix en monnaie des marchandises échangées.

Etant donné l’expression (2), on peut donner une autre définition à M* telle que :

                  M* = X1.p1 + X2.p2 + ... + Xn.pn,

en exprimant les quantités de monnaie unitaires convenues « (dM/Xi)i » par les prix en monnaie des marchandises correspondantes « pi ».

Dans la foulée, on peut s’arranger pour que la somme des « Xi » fût égale au nombre « 100 » et modifier en conséquence les « Xi » par des coefficients « bi » :

          M* = b1.p1 + b2.p2 + ... + bn.pn      (2bis)

où la somme des « bi » est égale à 100.

Etant donné la forme (2bis), on peut modifier de nouveau M* et le remplacer par la notion qu’il est devenu formellement, à savoir un « niveau de prix en monnaie » des marchandises (noté « p ») :

              p = b1.p1 + b2.p2 + ... + bn.pn.          (3)

Le « niveau des prix en monnaie » des marchandises est une notion théorique (11)  et non plus une notion empirique.
Il prend en considération la totalité des prix résultat des échanges de marchandises contre monnaie, une totalité qui a priori échappe à la connaissance de tout un chacun.
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(11) Rappelons que, selon Fisher, l’inverse du niveau des prix en monnaie des marchandises est le pouvoir d’achat de la monnaie tandis que, selon Mises, le pouvoir d’achat de la monnaie, sa valeur, est déterminé par l’offre et la demande comme n’importe quelle marchandise vendable. 
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En pratique, le fait est que les indices n’incluent qu’une faible partie des prix en monnaie des marchandises, ce qui anéantit dès le départ la véracité de l’indice du niveau des prix en monnaie en jeu.

                                                Graphique 2

                           Indice des prix en monnaie mensuel
                                          1999-2015 (novembre)

indice des prix
source : https://research.stlouisfed.org/fred2/series/CPIEALL


4.c. L'identité 4.

On peut faire apparaître une conséquence des identités précédentes des quantités de monnaie unitaires convenues et des prix en monnaie des marchandises.

Celles-ci amènent à une notion alternative,
- soit quantité de monnaie en circulation, donc convenue (M*),
- soit niveau des prix en monnaie des marchandises, implicitement convenus, (p) (12).
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(12) Murray Rothbard (1962) a eu l’occasion de régler son compte à ce qu’il fallait entendre par la fausse notion économique de « niveau des prix en monnaie », dans le chapitre 11.
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En tant que notion alternative, l’une et l’autre sont deux façons de dire la même réalité économique, en se situant à ce niveau agrégé et à une échelle de coefficients près (noté « E ») qui ne change donc rien, à savoir la relation :

                    M* = E.p                          (4)

La relation (4), réalité, est une identité de la quantité de monnaie en circulation (M*) et du niveau des prix en monnaie des marchandises échangées (p).

Quel que soit « E », les deux notions sont indissociables, elles renvoient l’une à l’autre.

L’identité (4) réunit, aussi, trois façons de dire la même réalité économique, dans un passé observé, pour une population de personnes, à savoir que :
- il y a eu des accords convenus d’échange de marchandises contre monnaie,
- les accords étaient harmonieux et
- les égalités/identités en attestent ou en rendent compte.


5. La tautologie.

De cette identité (4) a découlé implicitement la "théorie de la quantité de monnaie" en tant que tautologie ou relation de proportionnalité « de bon sens ».

Elle a fait intervenir, à l’origine, les variations de la quantité de monnaie en circulation, i.e. convenue, et les variations du niveau des prix en monnaie des marchandises, eux aussi taux d’échange convenus.

Elle faisait valoir qu'il existait une relation de proportionnalité entre les deux types de variations.

A l’image de ce qu’en a dit par la suite Irving Fisher (1911), la proposition de logique en question se ramenait à dire en effet que :
les variations de la quantité de monnaie en circulation dans un sens allaient de pair avec les variations du niveau des prix en monnaie des marchandises dans le même sens, voire la même proportion.

La notion de variation du niveau des prix des marchandises et la notion de variation de la quantité de monnaie en circulation variaient en même temps et dans le même sens.
Si l’une ne variait pas, l’autre ne variait pas non plus.

Bref, il s’agissait de ne pas dissocier les variations de (M*) et de (p) et d’insister sur le fait qu’il s’agissait de deux façons de parler.

Il était très ambigu néanmoins de dire que si la quantité de monnaie en circulation (M*) doublait, alors le niveau des prix en monnaie des marchandises (p) doublait.

5.a. Quantité de monnaie-or ou -argent en circulation et niveau des prix en monnaie des marchandises.

Les économistes de la "théorie de la quantité de monnaie" n'ont pas fait que prendre en considération, sans y insister, ce fait logique de liaison intime.

La « quantité de monnaie en circulation » recouvrait des pièces de monnaie (or, argent, cuivre).

Ils ont aussi insisté sur le fait que, si la quantité de monnaie en circulation variait dans un sens, toutes choses égales par ailleurs, c’était qu'au moins le prix en monnaie d’une quantité de marchandise variait dans le même sens.

Et, réciproquement, si au moins le prix en monnaie d’une quantité de marchandise variait dans un sens, toutes choses égales par ailleurs, c’était que la quantité de monnaie en circulation variait dans le même sens.

5.b. L’identité 5.

Symboliquement ou formellement, on pouvait écrire, compte tenu des éléments précédents et de la variation de temps « dt » (13),
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(13) On prend « dt » comme un indicateur du « service », acte économique fondamental de la personne.
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l’égalité suivante :

                (dM*)/(M*dt) = dp/pdt                (5)

Il y avait égalité arithmétique de la variation de la quantité de monnaie en circulation, convenue, et de la variation du niveau de prix en monnaie des marchandises.

Cela se déduisait directement des identités précédentes
- de la quantité de monnaie en circulation (expressions 2 et 2bis de « M* ») ou
- du niveau des prix en monnaie des marchandises (expression 3 de « p »).

5.c. La théorie de l’inflation.

En relation avec les variations positives de l'une et de l'autre des notions dans une période de temps passée sous observation, des économistes ont introduit le mot « inflation ».

En relation avec les variations négatives, ils ont aussi introduit le mot « déflation ».

S'en est ensuivi une théorie de l'inflation ou de la déflation au terme de quoi il y avait inflation quand les variations de la quantité de monnaie en circulation et les variations des prix en monnaie des marchandises étaient positives, et inversement, pour la déflation, quand les variations étaient négatives.


Bref, les théories de l’inflation ou de la déflation étaient des aspects de la "théorie de la quantité de monnaie", une fois les définitions des éléments en question (14) admises et non déformées ou non dénaturées, un point c’est tout.
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(14) C’est-à-dire, répétons-le, la quantité de monnaie en circulation et le niveau des prix en monnaie des marchandises
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5.d. Remarques.

i. Les prix relatifs calculés des marchandises.


L’identité 5 ne doit pas cacher la question des prix relatifs calculés des marchandises qui se cachent derrière les éléments du niveau des prix en monnaie.

Par exemple, à supposer qu’il n’y ait pas de variation du niveau des prix en monnaie des marchandises, que les variations de la quantité de monnaie en circulation ne changent pas, et qu’il y ait stabilité, alors les variations des prix relatifs calculés des marchandises peuvent avoir des sens opposés qui sont cachés par ces variations.

A fortiori, une fois ce calcul oublié, des théories de l’inflation ou de la déflation ont vu le jour et ont renforcé l’erreur initiale.

Elles ont même conduit des économistes à proposer des explications de l’inflation ou de la déflation les plus diverses quoique les mots « inflation » ou « déflation » fussent employés et ne fussent pas modifiés (inflation par les coûts, inflation par la demande, inflation importée, etc.).

De fait, les économistes se sont séparés sur ce faux problème et ont suivi deux grandes voies distinctes: - les uns ont cherché à approfondir ce qu’ils pouvaient tirer de la notion de « niveau des prix en monnaie » (Irving Fisher, etc.) en oubliant les accords convenus, - les autres se sont préoccupés de grandeurs économiques autres que les prix en monnaie (les macro-économistes dont Friedman, etc.).

Leur séparation a été « aidée », pour ne pas dire inspirée, par les mesures comptables ou statistiques des notions.

ii. Quantité de substituts de monnaie bancaires en circulation et quantité de crédit.

Il est arrivé un moment où la « quantité de monnaie en circulation » a recouvert des substituts de monnaie bancaires, une fois que les banquiers les ont inventés et ont eu la capacité de les émettre (capacités juridique et technique).

La tautologie a fait encore que, toutes choses égales par ailleurs, l’augmentation de la quantité de substituts de monnaie bancaires incluse allât de pair, au départ,
- avec les achats de créances convenus par des banquiers avec autrui, et donc
- avec l’accent mis sur les prix en monnaie des marchandises « créances » en question qui s’ajoutaient alors aux prix en monnaie des autres marchandises échangées simultanément
pour former le niveau des prix en monnaie des marchandises (égalité 5).

Au-delà, tout dépendait du choix du vendeur du débiteur :
- s’il était client de la banque, rien ne changeait pour celle-ci,
- s’il était client d’une autre banque, celle-ci devait se réorganiser.

N’oublions jamais que, dans le contexte d’une banque d‘émission de substituts de monnaie, toute offre de celle-ci allait de pair avec une demande de créance, les deux notions étaient liées.

Aujourd’hui, ce qu’on dénomme « quantité de monnaie » est limité à cette pseudo quantité de substituts de monnaie bancaires.

iii. La rhétorique « au mauvais sens du mot ».

L’identité (5) va enfin de pair avec la rhétorique - au mauvais sens du mot (cf. Solow, 2013-14, p.911 ou ce texte d'août 2015) - de la métaphore telle
* celle de la neutralité de la monnaie (Claassen, 1967, pp. 6-33), ou
* celle de la stabilité de la monnaie (Mises, 1938) ou
* celle du voile monétaire (Pigou, 1949) ou encore
* celle de l’illusion monétaire (Shafir et alii, 1997) (15).
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(15) Patinkin D, Steiger O (1989) “In Search of the" Veil of Money" and the" Neutrality of Money": A Note on the Origin of Terms », The Scandinavian Journal of Economics, 1, pp.134-146. 
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Les mots « neutralité », « stabilité » », « voile» ou « illusion» attestent de l’insuffisance des concepts en économie politique des économistes qui les emploient.

On remarquera qu’à défaut de savoir mettre l'accent sur la valeur que les gens donnaient à l’intermédiaire de l’échange dénommé monnaie, des économistes l'ont mis depuis lors sur des mots ou des expressions de rhétorique "au mauvais sens du terme" pris ici ou là, qui n’apporte rien.

L’ensemble de ces mots peut être réparti en quatre grands groupes qui s’ajoutent au groupe précédent.

. Groupe I.
Ce groupe 1 de mots a trait aux « difficultés », aux « incapacités », aux « obstacles », aux « frictions », aux « inconvénients », aux « imperfections » ... en relation avec les échanges indirects que mènent les gens et qui n’ont pas lieu d’intervenir, tels quels, dans la théorie économique.

. Groupe 2.
Ce groupe 2 de mots fait référence à des qualificatifs donnés à la monnaie comme - naturel ou artificiel, - bon ou mauvais, - vrai ou faux, - sain ou malsain, - fort ou faible. Ils n'ont pas plus de signification théorique que les précédents.

. Groupe 3.
Ce groupe 3 de mots donne à la monnaie des fonctions: - fonction de moyen d'échange ou de paiements, - réserve de valeur - unité de compte.
Pas plus que l'économie politique n'a de fonction en tant que science, ce qu'on dénomme "monnaie" ne saurait avoir une fonction.
Seul l'homme exerce des fonctions.

. Groupe 4.
Ce dernier groupe de mots fait intervenir des caractéristiques qu'aurait la monnaie aux yeux des gens: - vendabilité - "saleableness"en anglais -, - pouvoir d'achat, - échangeabilité - "marketability"en anglais -.
Ces caractéristiques sont illusoires.
Seul l’homme se les forme, à sa façon.


6. Les déformations de la théorie de la quantité de monnaie.

A cause de certains économistes, la proposition de logique qu’était la théorie de la quantité de monnaie a été déformée, voire dénaturée.
Au lieu d’être, telle une « pièce de monnaie », - un côté « pile », « variation de la quantité de monnaie en circulation » convenue, et - un côté « face », « variation du niveau des prix en monnaie des marchandises », non dissociables, elle est devenue une causalité entre,
- d’un côté, la notion de variation de la quantité de monnaie en circulation en tant qu’accord convenu oublié, quantité mal définie et sans mesure fiable et,
- de l’autre, la notion de ses prétendus effets économiques, au nombre de quoi les variations du niveau de prix en monnaie des marchandises – les prix étant sans accord convenu ou avec, les variations étant mal définies et sans mesure fiable-.

L’identité (5) est allée de pair avec l’idée que
- la quantité de monnaie en circulation constante ou invariable n’avait pas d’effet économique (cf. Meyer, 2001, Dwyer et Hafer, 1988), ou, au contraire,
- sa variation avait une influence sur le niveau des prix en monnaie des marchandises (16).
_____________
(16) Tout cela allait bon train, en France, dès le début du XXème siècle (cf. Aftalion, 1925, Dechesne, 1914).
_____________

La plupart des économistes l’ont aussi exclue comme effet des actions économiques des personnes pour l’inclure comme conséquence de la notion de « marché », des notions de « forces » de celui-ci que seraient l’offre et la demande de monnaie ou bien encore de la notion de l’équilibre macroéconomique (avec détermination mutuelle des marchés) par analogie non expliquée avec la physique mécanique.

6.a. L' « équation des échanges » d’Irving Fisher.

Par exemple, Fisher a introduit une équation, i.e. une relation mathématique particulière, liant la quantité de monnaie en circulation (17) 
_____________
(17) Sa « quantité de monnaie en circulation » a peu de chose à voir avec la quantité de monnaie convenue.
_____________

et les échanges de marchandises « effectués » (« expended » selon le mot de Fisher). Il l’a dénommée « équation des échanges » (18).
_____________
(18) Au lieu de mettre le doigt sur ce qu’était l’identité (4).
Il faut savoir que :
« Cependant, la formulation de ces équations n'élargit nos connaissances en aucune façon.
Ce que l'économie logique dit avec des mots, et ce que les économistes mathématiciens doivent eux aussi dire avec des mots avant de se mettre à faire leurs équations, on le représente avec des symboles mathématiques.
Cependant, ces équations de l’économie diffèrent totalement des équations de la mécanique, aussi bien quant à leur applicabilité que quant à leur valeur pour la connaissance.
Dans les équations de la mécanique, on peut introduire des constantes, empiriquement constatées dans l’expérience et avec une exactitude déterminée.
On peut ainsi, à partir des données, déterminer des grandeurs inconnues avec une précision suffisante pour la technique.
Dans le domaine de l'action humaine, de telles constantes n'existent pas.
Il s’ensuit que les équations de l'économie mathématique ne servent à rien dans la pratique. » (Mises, 1953, p.664)
_____________

Il a précisé :

… «L'équation des échanges est simplement la somme des équations impliquées dans tous les échanges individuels en un an. »(19)
___________
(19) En anglais:
« The equation of exchange is simply the sum of the equations involved in all individual exchanges in a year. »  (Fisher, 1911, II 20). 
________ 


et

… «L'équation des échanges est une déclaration, sous forme mathématique, des échanges totaux effectuées dans une certaine période dans une communauté donnée.»(20)
____________
(20) En anglais:
« The equation of exchange is a statement, in mathematical form, of the total transactions effected in a certain period in a given community.” (Fisher, 1911, p.16).
__________



Pour la généraliser, il a introduit la notion de « vitesse de circulation de la monnaie » (notée « V »), variable inconnue au départ de l’équation suivante :

                              V.M = T.p

M quantité de monnaie en circulation (« en circulation » au sens de Fisher).
T volume des échanges et
p niveau de prix en monnaie des échanges effectués (21).
______________
(21) L’identité de Fisher porte au départ sur la quantité de monnaie en circulation et les échanges de marchandises effectués, à un instant, à savoir : M = T.p où T, les échanges en volume, est l’équivalent du E de l’identité 4 …

. En anglais:
« The equation of exchange is simply the sum of the equations involved in all individual exchanges in a year. » (Fisher, 1911, II 20). 
_____________

L’équation était ainsi une relation du premier degré à une inconnue, à savoir la « vitesse de circulation de la monnaie ». La vitesse de circulation de la monnaie cachait, par définition, une suite de changements de mains de la quantité de monnaie en circulation, à chaque instant de la période passée observée, par les personnes (22).
______________
(22) Dans quoi des économistes ont vu tacitement l’introduction du temps.
______________

Une fois supposée résolue, la vitesse de circulation de la monnaie a reçu pour définition empirique, le rapport qui suit (23):
____________
(23) Dans quoi Friedman (1956) a vu une définition de la demande de monnaie. 
____________

                               (p.T)/(M*)

p niveau de prix en monnaie des marchandises effectuées,
T volume des marchandises et
M* quantité de monnaie en circulation (24).
____________
(24) Statistiquement, étant donnée une période de temps passée (dt) ou, si on préfère, la stabilité de la vitesse de circulation de la monnaie, l’ « équation d’échange » recouvrait le rapport de deux variables « moyennes » au sens statistique, l’une au numérateur, noté « [(p.T)m] », et l’autre au dénominateur, noté « [(M*)m] », sur quoi Fisher n’a pas insisté.
Toutes choses égales par ailleurs, « [(p.T)m]/[(M*)m] » aurait dû être empiriquement, en moyenne, égal à 100%.
Tout écart empirique à ce nombre était une erreur plus ou moins importante due à la mesure employée par les mesureurs sauf à prendre la quantité de monnaie totale, mesure erronée, comme référence et dans ce cas, le rapport devait être inférieur à 100%. 
__________

Quoiqu’il s’en soit défendu, avec cette formulation, Fisher a ouvert la voie à la causalité de l’influence de « la quantité de monnaie en circulation » sur le niveau des prix en monnaie des marchandises qu’il a évoquée et sur d’autres variables économiques qu’il n’a pas évoquées (Friedman s’en est chargé par la suite, cf. ci-dessous).

Fisher d’avancer en effet :

… «Notre première question est donc: étant donné (par exemple) un doublement de la quantité de monnaie en circulation (M), quels sont les effets normaux ou ultimes sur les autres grandeurs de l'équation des échanges, à savoir : M ', V, V', le P et le Q ? "(25)
______________
(25) En anglais:
« Our first question therefore is: given (say) a doubling of the quantity of money in circulation (M), what are the normal or ultimate effects on the other magnitudes in the equation of exchange, viz.: M', V, V', the p's and the Q's?” (Fisher, op.cit. 8, §1)
______________


De fait, à la confusion près, Fisher n'a rien expliqué de la causalité à quoi il se référait puisqu'il était passé du chapitre 1 de son ouvrage où il avait défini les éléments dont il avait besoin, au chapitre 2 où il avait introduit la causalité d'emblée, sans en préciser la moindre cause.

Selon lui, les variations de la quantité de monnaie - qu’il précisait être « en circulation » -provoquaient un niveau des prix en monnaie des échanges (26).
_______________
(26) En français :
« Le but principal des chapitres qui précèdent est d'énoncer les causes qui déterminent le pouvoir d'achat de la monnaie.
Ce pouvoir d'achat a été étudié comme l'effet de cinq ans, et seulement cinq, groupes de causes.
Les cinq groupes sont de la monnaie, les dépôts, leurs vitesses de circulation, et le volume des échanges.
Ceux-ci et leurs effets, les prix, nous avons vu qu’ils étaient relié par une équation appelée équation de change, MV + M'V '= PQ. »

En anglais:
« The chief purpose of the foregoing chapters is to set forth the causes determining the purchasing power of money.
This purchasing power has been studied as the effect of five, and only five, groups of causes.
The five groups are money, deposits, their velocities of circulation, and the volume of trade.
These and their effects, prices, we saw to be connected by an equation called the equation of exchange, MV + M'V' = pQ. » (Fisher, op.cit. 8, §1)
_______________

Il n'a rien expliqué, il aurait bien été incapable de le faire, même dans le chap. 8 où il a écrit :

… "Nous pouvons maintenant réaffirmer, donc, dans quel sens causal la théorie de la quantité est vraie.
Elle est vraie en ce sens que l'un des effets normaux d'une augmentation de la quantité de monnaie est une augmentation exactement proportionnelle du niveau général des prix".(27)
________________
(27) En anglais:
“We may now restate, then, in what causal sense the quantity theory is true.
It is true in the sense that one of the normal effects of an increase in the quantity of money is an exactly proportional increase in the general level of prices” (ibid. §2)
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Et quelques lignes plus loin:

"[...] cette équation est le moyen de démontrer le fait que normalement le P varie directement tout comme M, c’est-à-dire, ce qui démontre la théorie de la quantité". (28)
____________
(28). En anglais:
“[…] this equation is the means of demonstrating the fact that normally the p's vary directly as M, that is, demonstrating the quantity theory.”
____________


Autant une proportion de deux grandeurs est une identité mathématique ou une tautologie, autant l’effet de la variation d’une grandeur sur une autre n’en est pas une, mais une causalité qui repose sur une relation de grandeurs différentielles au sens mathématique des termes.

La « théorie de la quantité de monnaie » n’a jamais été une causalité entre les variations de l’une, la quantité de monnaie en circulation, et les effets de celle-ci sur l’autre, le niveau des prix en monnaie des marchandises.

Qu’à cela ne tienne, il a été admis qu’Irving Fisher en avait donné une prétendue rationalisation dans ce sens même si, à aucun moment de son travail, il n’avait justifié la causalité.

Le travail de Fisher a contribué à renforcer la causalité de la « théorie de la quantité de monnaie ».

Il a donné lieu à un mélange d’approches sur les effets de la quantité de monnaie - non seulement sur le niveau des prix en monnaie des marchandises, - mais aussi sur d’autres variables économiques.

On peut y voir une falsification de la « théorie de la quantité de monnaie ».

Tout ce qui a trait à ces notions théoriques articulées ou non sur l’« équation des échanges » a surtout été laissé de côté progressivement au profit de mesures comptables ou statistiques sur la quantité de monnaie totale, sur un niveau des prix en monnaie des marchandises restrictif et sur le revenu national réel, notion sur quoi Mises avait pu écrire en 1962 :

… «Illustrons un aspect des erreurs de la méthode macroéconomique par une analyse de l'un de ses programmes les plus populaires, l'approche dite revenu national. [...]

Le caractère illusoire de ce concept de revenu national doit être vu dans sa dépendance à l'évolution du pouvoir d'achat de l'unité monétaire.
Plus l'inflation progresse, plus augmente le revenu national. »(29)
________________
(29) En anglais:
« Let us exemplify one aspect of the fallacies of the macroeconomic method by an analysis of one of its most popular schemes, the so-called national income approach. […] The illusiveness of this concept of national income is to be seen in its dependence on changes in the purchasing power of the monetary unit. The more inflation progresses, the higher rises the national income. » (Mises, 1962, p.77) 
________________



6.b. Le pouvoir d’achat de la quantité de monnaie.

Le pouvoir d’achat de la quantité de monnaie de la relation (4) n’est rien d’autre que la notion du rapport de la quantité de monnaie en circulation M* au niveau des prix p (30).
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(30) Il résulte de la notion d’ « encaisses désirées » autre façon de dénommer la quantité de monnaie en circulation « M* », employée par de nombreux économistes (dont Léon Walras, son inventeur selon Marget (1935)).
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Il fait clairement référence à un passé convenu et non pas à l’avenir non convenu, comme on pourrait le comprendre aussi et comme on le comprend souvent.

Le « pouvoir d’achat » de la quantité de monnaie n’est pas, rappelons-le, un achat potentiel, un type d’échangeabilité, ni même un risque d’échangeabilité, mais une façon de parler rhétorique très ambigüe dès lors qu’on ne précise pas qu’il s’agit d’accords passés convenus et dans quoi Mises voyait une valeur d’échange objective...

A sa façon, la notion devrait caractériser la non dissociation de la quantité de monnaie échangée convenue et du niveau des prix en monnaie des marchandises échangées.

La relations (4) ne change rien à l’épigraphe de Mises selon quoi:

« Les prix ne sont pas mesurés en monnaie, ils consistent dans de la monnaie » ;
bien au contraire, elle l’illustre : le niveau des prix en monnaie des marchandises (p) consiste, symboliquement ou formellement, dans la quantité de monnaie en circulation (M*) à l’échelle de coefficients près « E » (31).
______________
(31) Mises (1912) considérait que la notion de « niveau des prix en monnaie » était caché par la « valeur d’échange objective » du pouvoir d’achat de la monnaie.   
_____________ _


7. Les faux problèmes de la mesure de la théorie de la quantité de monnaie.

Reste que beaucoup de gens, économistes ou non, n’ont pas accepté, semble-t-il, le sort que la démarche qu’est l’identité (4) lui faisait implicitement.

Ils se sont immiscés dans de faux problèmes qu’ils ont créés de toutes pièces, au moyen de mesures.

Ils se sont fait forts de mesurer les notions de la quantité de monnaie en circulation et de niveau des prix en monnaie des marchandises en termes - de comptabilité ou - de statistiques.

C’est ainsi que les uns se sont intéressés implicitement à la comptabilité de la quantité de monnaie … et les autres, qui peuvent être les mêmes, aux statistiques en relation avec la construction du niveau des prix en monnaie des marchandises.

Ils sont parvenus à y susciter des difficultés illusoires, par exemple, celle de l’inflation ou de la déflation (cf. ce texte de juillet 2009).

Ils ont fait naître l’une d’elles sur la relation entre la quantité de monnaie comptabilisée et les indices statistiques de niveau des prix en monnaie.

7.a. Comptabilité de la quantité de monnaie en circulation.

D'un côté donc, des économistes ont employé des méthodes de la comptabilité bancaire pour rendre compte,
- non pas de la quantité de monnaie en circulation,
- mais de la quantité de monnaie totale qu’ils ont souvent dénommée … « en circulation » (par exemple, Fisher qui ne faisait pas référence alors à la comptabilité).

En effet, depuis qu’ils pouvaient émettre des substituts de monnaie , les banquiers comptabilisaient la quantité de monnaie qu’ils avaient produite (32).
_____________
(32) On se place au lendemain de l’invention des substituts de monnaie par les banquiers.
_____________

En résultaient des calculs comptables
- non pas de la notion de quantité de monnaie en circulation (M*) (33),
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(33) Du genre donné ci-dessus (1).
_____________

- mais de la quantité de monnaie totale ou « comptabilisée » (notée « M »).

D’un jour à l’autre, toutes choses égales d’ailleurs, la quantité de monnaie en circulation n’était pas nécessairement la même et variait en conséquence.

Cela revenait à dire aussi qu’une partie de la quantité de monnaie totale ou comptabilisée (M) n’avait pas été échangée d’un jour à l’autre.

Si une partie de la quantité de monnaie totale n’avait pas été échangée, c’est qu’il y avait eu une quantité de monnaie en circulation inférieure à la quantité de monnaie totale « pour cause de thésaurisation ».

Et des économistes ont privilégié la quantité de monnaie totale (M) par rapport à la quantité de monnaie en circulation (M*), sans vraisemblablement y prêter attention.

Ils avaient estimé, sans raison,
- que la quantité de monnaie totale (M) était plus importante économiquement que la quantité en circulation (M*), peut-être du fait de l'échelle des volumes, pour s'y intéresser, ou
- que la quantité de monnaie totale (M) était déterminante comparée aux prix en monnaie des marchandises, sans raison.

Il convient de souligner que la "théorie de la quantité de monnaie" insistait sur le fait qu’en pratique, les variations de la quantité de monnaie en circulation et les variations du niveau des prix en monnaie des marchandises allaient de pair et renvoyaient les unes aux autres (identité 5), sauf (dé)thésaurisation.

Reste que la théorie faisait intervenir la quantité de monnaie échangée, convenue.
L’emploi de la quantité de monnaie totale à la place, empiriquement, était donc une erreur.

Les quantités de monnaie dites « Mo », « M1 », « M2 », etc. sont des quantités totales qui se distinguent les unes des autres par les formes monétaires choisies par les comptables et ne disent rien sur le principe de la quantité de monnaie échangée, convenue, en circulation.

7.b. Statistique du niveau des prix en monnaie des marchandises.

D'un autre côté, des économistes ont fait intervenir des méthodes statistiques dites « des indices » (34),
____________
(34) En anglais: « index numbers ».
____________

méthodes en relation avec les prix en monnaie des marchandises ou, si on préfère, avec les quantités de monnaie unitaires convenues.

Ils ont construit des indices de la notion de niveau des prix en monnaie (noté "p"), du genre vu ci-dessus (3), à savoir:

                  p = b1.p1 + b2.p2 + ... + bn.pn

où les "bi" étaient des coefficients introduits par leurs soins.

Les bases des indices sont en général créées pour une addition initiale des "bi" égale à 100 et pour une addition initiale des multiplications des "bi" et des "pi" égale à 100.

On remarquera que, d’une façon générale, les indices sont des restrictions significatives de la notion de niveau des prix des marchandises.

En pratique, le fait est que les indices n’incluent qu’une faible partie des prix en monnaie des marchandises, ce qui anéantit dès le départ la véracité de l’indice du niveau des prix en monnaie en jeu.

Faut-il souligner qu’a priori, rien ne justifie, par exemple, de ne pas inclure dans l’indice statistique du niveau des prix en monnaie des marchandises le prix d’une créance/dette en monnaie convenu entre le banquier et son client dans l’indice choisi du niveau des prix en monnaie comme le font en pratique, depuis toujours, les statisticiens alors que ce prix est identique à une quantité de monnaie unitaire convenue et que l’addition de ce prix dans les autres prix pourrait être pris pour une augmentation de la quantité de monnaie en circulation.

Peu importent les statisticiens qui voudraient donner au niveau des prix en monnaie des marchandises qu’ils calculent, des mesures « plus précises encore » (comme ils disent) et les cautionner, indirectement ou non.

Ainsi, nos économistes déduisaient-ils d’une erreur, à savoir l’équation des échanges, des éléments qu’ils prétendaient implicitement être « exacts » alors qu’ils ne pouvaient qu’être « inexacts »… (35)
______________
(35) Selon Rueff (1925), il y a « L’économie politique, science statistique » (cf. http://philpapers.org/rec/RUELPS ), article qui n’est pas très éloigné de l’article de Lucien March (1921), “La méthode statistique en économie politique. » Revue de Métaphysique et de Morale 28 (2):137 – 173 (cf. http://philpapers.org/rec/MARLMS ).
N’oublions jamais que les statistiques sont un domaine des mathématiques.
Mais il a évolué sur ce point tout au long de sa vie.
Soit dit en passant, on peut toujours considérer qu’a priori les indices statistiques disponibles du niveau des prix en monnaie en marchandises sont meilleurs ou pires que les représentations comptables de la quantité de monnaie en circulation.
_______________

7.c. La mesure de l’inflation impossible.

Pour mesurer empiriquement l'inflation, la démarche des économistes, comptables, statisticiens ou économètres, a consisté
- à mettre de côté la mesure comptable de la quantité de monnaie en circulation et
- à mettre l’accent sur des indices statistiques du niveau des prix en monnaie des marchandises, définis restrictivement par nécessité.

Cela a été une double erreur.

Il conviendrait de distinguer la quantité de monnaie en circulation et la quantité de monnaie totale tirée des comptes des banques et de mettre l’accent sur la seule quantité de monnaie en circulation.

Il conviendrait aussi d’envisager les indices statistiques de façon non restrictive, ce qui est a priori impossible.

Les inconvénients des mesures doivent intervenir simultanément pour compléter leur information.

Aujourd'hui, mais seulement en apparence, un problème se pose toujours pour l'économiste de savoir, d'une part, dans quelle mesure la quantité de monnaie des banques M diffère de la quantité de monnaie en circulation M* et, d'autre part, dans quelle mesure la variation de la quantité de monnaie des banques diffère de la variation de la quantité de monnaie en circulation.

Il ne semble pas excessif de dire que, relativement à la théorie de la quantité de monnaie, les statisticiens ou économètres ne testent pas la théorie de la quantité de monnaie - comme on dit-, mais l'imagination – erronée - qu'ils s'en font.

En conséquence, il faut reconnaître que les propos tenus aujourd'hui sur la théorie de l’inflation ou de la déflation à partir de ces éléments, i.e. selon les mesures précédentes, sont sans valeur économique.


Conclusion.

La "théorie de la quantité de monnaie" a été, initialement, une identité ou une tautologie entre les variations de la quantité de monnaie en circulation et les variations du niveau de prix en monnaie des marchandises dans le passé observé. Elle liait logiquement ces variations.

En tout état de cause, elle n’avait pas besoin de vérification.
La démarche était indiscutable.
Toute recherche de falsification eut été vaine.

En effet, il n’est guère de proposition de logique - au bon sens du mot (cf. Peikoff, 1967) - plus certaine que celle qu'elle était.

La "théorie de la quantité de monnaie" était d’une logique imparable malgré son origine mal cernée par les économistes,
Peut-être même, pour cette raison, aurait-il été plus efficace d’éviter de parler de « théorie », mais plutôt, en permanence, de tautologie ou d’identité.

La tautologie reposait sur les trois faits de la réalité économique que sont:

a) le fait que les quantités de monnaie unitaires convenues par les personnes juridiques physiques ou, si on préfère, les prix en monnaie des marchandises échangées étaient des notions synonymes,

b) le fait que les quantités de monnaie unitaires convenues, sous couvert de la notion de niveau des prix en monnaie des marchandises, allaient implicitement de pair avec la notion de quantité de monnaie en circulation à quoi elles étaient liées, à chaque instant, par le simple calcul arithmétique: quantité de monnaie en circulation et niveau des prix en monnaie des marchandises renvoyaient l’un à l’autre ;

c) le fait qu’il en était ainsi à l'instant de temps "t" passé, mais qu’il en était de même sur une succession d’instants intermédiaires passés observés : la variation de la quantité de monnaie en circulation et la variation du niveau des prix en monnaie des marchandises allaient de pair (36).
_____________
(36) Et quand la variation était positive, on parlait d’inflation.
Mais c’est là où le bât a blessé comme on le verra ci-dessous.
_____________

En d'autres termes, le tout et les parties de la « théorie de la quantité de monnaie » allaient doublement de pair, la tautologie était parfaite, achevée.

Mais sans hypothèse spécifiée, des économistes ont transformé la « théorie de la quantité de monnaie » en une causalité.

La causalité consiste en des effets des variations d’une quantité de monnaie comptabilisée sur les variations d’indices statistiques du niveau de prix en monnaie des marchandises et d’autres éléments économiques (revenu réel, emploi, etc.).

Et la vérification de la théorie a été menée à partir de ces méthodes comptables ou statistiques.

De fait, des comptables et surtout des statisticiens, économistes ou non, ont contribué :
- primo, à faire oublier la synonymie du prix en monnaie d’une marchandise et de la quantité de monnaie unitaire convenue et
- secundo, à faire abandonner l’identité (4) de la quantité de monnaie en circulation (M*) et du niveau des prix en monnaie des marchandises (p).

Ils semblent surtout avoir oublié qu'elles provenaient d'une logique précise, infalsifiable et que, par définition, la recherche de la mesure n’était pas nécessaire, mais superfétatoire, et ne pouvait que conduire à des débats sans fin et vains.

Ils l'ont fait en employant des méthodes différentes comme si les éléments en question pouvaient ne pas renvoyer l’un à l’autre.

Les identités ou égalités (4 ou 5) ne sauraient - non seulement être falsifiables (au sens de K. Popper, 1990) par quelque méthode que ce soit, - mais encore devoir être mesurées.

Avec la démarche, nos économistes se sont coupés du point de vue initial de la « proportion » des variations de la quantité de monnaie en circulation, convenue, et des prix en monnaie des marchandises et cela explique les mauvaises interprétations et les erreurs où ils se sont fourvoyés depuis lors et ont fourvoyé autrui.
Monsieur Trichet est exemplaire.

La démarche générale a contribué à détruire un peu plus la compréhension des notions de prix en monnaie des marchandises, de quantité de monnaie unitaire convenue, de quantité de monnaie en circulation et de niveau des prix en monnaie des marchandises (37).

________________
(37) Elle a aussi contribué :
- à continuer à laisser de côté la notion de « coût de l’échange,
- à distinguer de la marchandise qui peut parfois être prise pour synonyme d’échange. fondement de l’existence de la monnaie, ou 
- à la confondre indûment avec celle de «coût de la monnaie ».
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Références bibliographiques.

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Claassen, E.M. (1967), Monnaie, revenu national et prix, Dunod, Paris.

Dechesne, L. (1914), “Pour la théorie quantitative de la monnaie”, Revue d’économie politique, 28, (4) : 401‐420.

Fisher, I. (1911), The Purchasing Power of Money, Its Determination and Relation to Credit, Interest and Crises, New York: Macmillan. http://oll.libertyfund.org/?option=com_staticxt&staticfile=show.php%3Ftitle=1165&Itemid=27

Friedman, M. (1956), « The Quantity Theory of Money : A Restatement » - http://www.luk-korbmacher.de/Schule/VWL/milton.htm

Gwartney J. et Lawson, R. (2006), “The Path to Development: When Does the Legal Environment Become Critical? », CATO Institute Economic Development Bulletin, No. 7, April 10 - http://www.cato.org/pubs/edb/edb7.html

Lane, G. (2015), http://blog.georgeslane.fr/

Menger, C. (1892) "La monnaie, mesure de valeur", Revue d’économie politique, Vol. VI http://www.institutcoppet.org/2011/06/10/menger-la-monnaie-mesure-de-valeur-1892/

Mises, L. von (1962) The Ultimate Foundation of Economic Science: An Essay on Method. http://oll.libertyfund.org/titles/1820

Mises, L. von (1938) “The Non-Neutrality of Money” dans R. Ebeling, Money, Method and the Market Process, Auburn, Alabama: Ludwig von Mises Institute, and Norwell, Massachussetts: Kluwer Academic Publishers, 1990. http://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=9vFhOVbumSMC&oi=fnd&pg=PT3&dq=Mises,+L.+von+(1938)+%E2%80%9CThe+Non-Neutrality+of+Money%E2%80%9D+dans+R.+Ebeling,+Money,+Method+and+the+Market+Process,+Auburn,+Alabama:+Ludwig+von+Mises+Institute,+and+Norwell,+Massachusetts:+Kluwer+Academic+Publishers,+1990&ots=y5of69VUvs&sig=4ax4P8itKLNplu8mJPdWNOEyYBM#v=onepage&q&f=false

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