Paris, le 26 décembre 2015.




Aujourd'hui, ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" (sigle C.Q.D.A.M., cf. ce texte de mai 2015) et sa quantité sont dénaturés par les décisions des législateurs et, en conséquence, difficiles à comprendre pour l'honnête homme.

Une double chose est certaine : la monnaie d'hier a été détruite, la monnaie n'existe plus.


1. Les législateurs.

Depuis bien longtemps, l'instauration d'instruments juridiques qu'aucun des initiateurs de ceux-ci ne saurait justifier avec de bonnes raisons, a  réglementé C.Q.D.A.M. à défaut de pouvoir expliquer ses tenants et aboutissants économiques.

Ces réglementations, dont l'accélération du nombre n'a jamais été aussi importante qu'au XXème  siècle, ont eu bien évidemment des effets économiques désastreux dont il n'est jamais question dans les discours et dont nous supportons les coûts ...

Dernier exemple en date : la "zone €uro" depuis 1999 (cf. ce texte de novembre 2015 et celui-ci de juillet 2015).


2. Les personnes.

C.Q.D.A.M. est aussi, provisoirement, le dernier acte d'un processus beaucoup plus vieux où les hommes de l'état n'existaient pas et où chacun pouvait échanger des choses à sa guise.

pacific montparnasse

Toutes proportions gardées, le processus peut être illustré, quant à la vitesse, par le «Pacific 231» de Arthur Honegger (cf. la musique) et, quant à l’issue probable, il est comparable au résultat qu'a connu une locomotive, et donc son train, dans le passé, en 1895 (cf. photographie ci-contre).


Le premier acte de ce processus qui a vu le jour il y a donc bien longtemps, a été le fait de gens qui avaient mis le doigt sur ce qu'ils avaient à gagner à échanger des choses en faisant intervenir un intermédiaire de leur choix dans les échanges plutôt qu'en cherchant à les échanger directement.

L'intermédiaire de l'échange, quoiqu'existant sous de multiples formes, devint progressivement ce qui allait être dénommé "monnaie" par la suite (cf. Say, 1815 repris par Menger, 1892).

Echange et monnaie allaient donc de pair.
A ce titre, la monnaie a été une invention, puis un processus d'innovations trop méconnu (cf. ce texte de novembre 2014).


3. La protection contre la contrefaçon.

Contrairement au corbeau de la fable..., les hommes de l'état, apparus entretemps, n'ouvrirent pas alors un large bec ... - pourquoi auraient-ils désiré d'ailleurs le faire ...-, mais accaparèrent la monnaie en imaginant et en faisant valoir à l'opinion qu'elle pourrait être contrefaite par des malfaisants et qu'ils devaient la protéger.

Ainsi naquirent les "pièces de monnaie" à leur initiative dont la face montrait un homme de l'état ou une de ses vertus bien connues, et le pile un nombre, attestant que les caractéristiques n'étaient pas contrefaites.

Ainsi naquirent aussi les contrefaçons, non pas à l'initiative des personnes privées ciblées et diffamées au départ, mais à celle des hommes de l'état en relation avec les pièces qu'ils disaient protéger contre la contrefaçon et dont la contrefaçon leur permettait justement d'abonder leurs richesses en toute impunité.

Contrefaçons, hommes de l'état et mensonges allaient ainsi en triplet.
Et ce processus portait atteinte au processus d'innovations qu'était la monnaie (cf. ce texte de juin 2013).


4. Les banquiers.

Qu'à cela ne tienne, les banquiers inventèrent quelques siècles plus tard, vers les XVIIème-XVIIIème siècles, l'émission de coupures de billets en papier assise sur la monnaie-or ou -argent.

Mais par la suite, les hommes de l'état des pays, toujours en existence, enlevèrent aux banques leur capacité d'émission et en donnèrent progressivement, dans chaque pays, le privilège à une banque extraordinaire, à savoir la banque centrale.
Ce fut, par exemple, la "Banque de France" en France au XIXème siècle et la "Federal Reserve Bank" aux Etats-Unis à partir de 1913.

Dénommés "banquiers de second rang" par les économistes, ils conservèrent, sous contraintes du législateur, la capacité d'émettre des dépôts qu'ils créèrent quelques temps plus tard.

Pour les comptables, "pièces de monnaie", "billets" et "dépôts" constituèrent la quantité de monnaie dont ils mesuraient les échanges en monnaie.

Mais le triplet "contrefaçons", "hommes de l'état" et "mensonges" perdura et ne fit que croître au XXème siècle.


5. Les équilibres des marchés.

Qu'on le veuille ou non, les raisonnements économiques actuels s'articulent sur des équilibres de marché.

Le marché est un concept d'économistes de certaines théories économiques, ainsi que son équilibre.

Le concept de marché inclut la notion de réglementation même si ses auteurs ne sont pas prolixes sur les règles de droit qu'ils ont en tête et qu'ils ont avancées en hypothèses pour les cerner.

Il exclut, en revanche, sans le dire, les notions d'inventions et d'innovations.

En d'autres termes, le socle de raisonnement des hommes de l'état, qu'est l'équilibre macroéconomique, ignorait inventions et innovations.

Nos hommes ont beau jeu de pérorer sur ce qu'il y a à gagner de l'invention et des innovations.
Ils sont seulement infirmes, incapables de quoi que ce soit dans le domaine dont ils parlent.

Longtemps, le concept de marché a aussi exclu la monnaie, nos économistes ne la distinguant pas des autres choses échangeables.

Depuis qu'ils ont introduit la quantité de monnaie dans la théorie économique - souvent dénommée curieusement, en français, "masse monétaire" -, ils disputent d'un "marché de la monnaie" qui, en fait, ne mérite pas le nom.


6. Réglementations et inventions (ou innovations).

A défaut d'être expliquées par l'équilibre économique qui n'en peut mais, les réglementations et inventions (ou innovations) sont l'objet d'études séparées des économistes (cf. ce texte).

a. Elles ne sont pas de même nature.

Certains économistes mettent en parallèle réglementations et inventions (ou innovations) sans distinguer ce qu'elles cachent, à savoir le juridique, le technique et l'économique.

Et ils comparent les effets qu'ils imaginent comme si la réglementation et l'invention (ou l'innovation) étaient de même nature.
Et des économistes de mettre en parallèle, par exemple, ce qu'est le protectionnisme économique et l'absence d'un pont sur un fleuve.

Une chose est au moins certaine: l'invention (ou l'innovation) est irréversible et les gens s'en félicitent alors que la réglementation ne l'est pas contrairement à des idées reçues et à ce qu'en dit le politique.
Elle est réversible par réforme ou par révolution au prix de coûts plus ou moins importants supportés par les uns et les autres.

b. Une réglementation ne saurait être prise pour une invention ou une innovation.

D'autres économistes qui peuvent être les mêmes, veulent faire croire que les réglementations sont des innovations. 

Ils en témoignent, par exemple, en disant qu'on "n'est plus du temps de la lampe à huile ou de la marine à voile" pour tenter de faire aboutir telle ou telle réglementations jugées synonymes d'innovation.

c. La course poursuite perpétuelle.

D'autres économistes encore, peu nombreux, mettent l'accent non pas sur les démarches précédentes, mais sur la course poursuite entre les deux phénomènes de réglementations et d'innovations qui ont vu le jour dans l'Histoire (cf. ce texte de novembre 2010).

Exemplaire est ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui.

Dans le passé et jusqu'à aujourd'hui, l'invention de la monnaie à partir de l'échange, puis ses innovations, ont été déformées, voire dénaturées par les réglementations en la matière choisies par les hommes de l'état et leur législateur (cf. ce texte de janvier 2014 ou celui-ci de mai 2011).


7. Un dernier mot.

C.Q.D.A.M. aujourd'hui ne repose plus que sur le rapport "obligations-respect" du processus, obligations instaurées par le législateur et respect des obligations par les personnes. 

Si le rapport venait à changer "dans le mauvais sens", peu en importent les causes, on ne serait plus très loin de la gare, la course poursuite perpétuelle serait devenue infernale pour l'observateur ...

Espérons qu'il n'en est pas ainsi en cette nouvelle année 2016.






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