Paris, le 12 novembre 2016.



L'invention, dans un lointain passé, de ce qu'on a dénommé "monnaie" avait bien évidemment des avantages et des inconvénients.

Je laisse de côté les avantages tant ils sont nombreux et ont permis longtemps de cacher la réalité économique.

Fallait-il pour autant accepter que les hommes de l'état s'en donnent d'abord le privilège de monopole de production, puis celui d'émission comme ils l'ont décidé? (cf. ce texte de septembre 2016)

Fallait-il accepter qu'ils obligent chacun à utiliser pour ses échanges les "machins" réglementés?

Le fait est que les inconvénients se sont accumulés malgré les réglementations successives adjacentes créées par les hommes de l'état et à cause de celles-ci.


1. Le processus d'amoindrissement des coûts des actes d'échanges.

Il ne faut pas voir dans ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui, une étiquette donnée à quelque chose de cernée par les gens.

J.B. Say avait bien vu, au début du XIXème siècle, c'est-à-dire bien avant les absurdités que nous vivons où les taux d'intérêt interviennent, sans raison valable, que:

"[...]  La monnaie n’est pas le but, mais seulement l’intermédiaire des échanges."(Say, 1815, p.49)


étant entendu que :


"[...] les ventes et les achats ne sont, dans la réalité, que des échanges de produits.
On échange le produit que l’on vend et dont on n’a pas besoin, contre le produit qu’on achète et dont on veut faire usage.
[...]
[la monnaie] entre passagèrement en notre possession quand nous vendons ;
elle en sort quand nous achetons, et va servir à d’autres personnes de la même manière qu’elle nous a servi..[...]

Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que
lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer,
il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie,
afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire. (Say, 1815, pp.49-55)


Peu importent la "monnaie-or" ou "-argent" d'hier ou le "pouvoir d'achat" à quoi certains économistes font référence dans le meilleur des cas.

. La "loi de l'économie".

Il faut y voir un long processus d'amoindrissement des coûts des actes d'échanges des choses entre les gens dont ceux-ci ont bénéficié et qui utilisaient ses formes au fur et à mesure qu'elles éclosaient.

Ce processus n'est qu'une illustration de la fameuse "loi de l'économie" qui continue à interloquer même les physiciens (cf. Omnès, 1994 et ce texte de juillet 2015).

Les formes ont fait que les coûts de  ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui (sigle "C.Q.D.A.M.A.") sont toujours restés "un peu plus" inférieurs ou, à l'extrême, égaux aux coûts des actes d'échange amoindris (cf. ci-dessous).


2. Un peu d’histoire.

Le processus d'amoindrissement a déjà connu beaucoup d'étapes depuis son invention attribuée à personne par les historiens, malgré les recherches sur le sujet ...

Les dernières grandes étapes ont donné lieu, dans une majorité de pays, à la "pièce de monnaie", puis s'y sont juxtaposé les "billets en monnaie" et les comptes de dépôts bancaires, rassemblés sous la notion de "substituts de monnaie bancaires".

Et contre toute attente, ces éléments de droits de propriété ont été, chaque fois, privilégiés par les hommes de l'état au prétexte de garantir les formes de monnaie et de s'opposer à la contrefaçon.

Ils ont transformé l'invention en privilège de monopole de production de la "pièce de monnaie" ou en privilège de monopole d'émission du "billet en monnaie" pour eux-mêmes.

Et ils n'ont pas hésité à se vautrer dans la contrefaçon.

Avec les interdictions de conversion de ces substituts en monnaie-or ou -argent convenues par nos falsificateurs internationalement au XXème siècle, une nouvelle forme est apparue insidieusement au grand dam de certains (cf. ce texte de juillet 2011).


3. L’obstacle de l’illiquidité.

En d'autres termes, C.Q.D.A.M.A. est une réponse permanente à la triple question:
- comment rendre échangeables des choses qui ne sont pas jusqu'à présent "marchandises"?
- comment abaisser les coûts des actes d'échanges de choses entre les gens?
- comment libérer les ressources économiques jusqu'à présent dédiées au développement de CQDAMA?

Et les hommes de l'état y ont fait obstacle de mainte façon par toutes les contrefaçons qu'ils ont introduites.

Et, aujourd'hui, en France, il n'en est pas un ou une qui s'y oppose!

Tous semblent vouloir s'en gaver sans tenir compte des coûts croissants qui vont de pair et qui finiront par les ensevelir.


4. Un sursaut d'innovation.

Les interdictions du XXème siècle n'ont pas empêché que se soit formée une nouvelle grande étape aujourd'hui, encore dans l'enfance, à savoir ce qu'on dénomme "monnaie électronique" (cf. ce texte de 1999 et 

http://www.cryptovest.co.uk/resources/Bitcoin%20paper%20Original.pdf

https://bitcoinmagazine.com/articles/as-scaling-bitcoin-retargets-in-milan-focus-shifts-to-fungibility-1476193042

Money: What They've HIDDEN (Part 1)
Money: What They've HIDDEN (Part 2)
Blockchain : l’automate comme autorité ?
http://www.revue-banque.fr/management-fonctions-supports/article/blockchain-automate-comme-autorite

Bitcoin and the Blockchain .
Neuf livres sur la blockchain.

Microsoft and Bank of America begin making beautiful blockchains together.

https://www.bloomberg.com/view/articles/2016-11-01/bitcoin-isn-t-anonymous-enough

http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21709329-another-crypto-currency-born-known-unknown
Zcash is based on Bitcoin’s code, but its creators, a bunch of cryptography researchers, have tweaked it.

https://www.bloomberg.com/news/articles/2016-08-29/new-digital-currency-spikes-after-giving-criminals-more-secrecy
The two-year-old currency Monero has more than quadrupled this month after gaining support from prominent websites that anonymously peddle drugs.

https://moneroforcash.com/monero-vs-dash-vs-zcash-vs-bitcoinmixers.php

https://www.cryptocompare.com/mining/calculator/xmr ).

Il faut reconnaître que les inventions sont toujours cernées quelques temps après leur première mise au point (exemplaire a été "Internet" ces derniers temps).

Il en est ainsi de ces "monnaies électroniques".


5. La relation entre les coûts.

La relation entre le coût des actes d'échange et le coût de CQDAMA est essentielle.

On ne peut qu'admettre que le coût des actes d'échange ait été amoindri, au départ, par l'invention de ce qu'on a dénommé "monnaie" et donc de son coût.

On ne peut aussi qu'admettre que la dernière étape actuelle du processus a donné lieu à la fois
- à un amoindrissement du coût de CQDAMA et
- à un amoindrissement du coût des actes d'échanges,
le coût du premier restant inférieur ou égal au coût du second.

Et il y a fort à parier que si, dans l'état où il se trouve, le coût de CQDAMA venait à lui être supérieur, CQDAMA disparaîtrait au moins sous cette dernière forme (cf. ce texte de juillet 2016).

Mais la relation ne saurait être expliquée rationnellement car elle repose sur l'invention des gens, et non pas par celle des hommes de l'état incapables de le faire, et car ce phénomène échappe à l'économie politique comme à toute science.


6. Le dédain des falsificateurs.

Rien ne justifie la démarche des économistes majoritaires qui consistent
- soit à laisser de côté de leur théorie, la "monnaie réglementée" et son coût,
- soit à supposer que le coût de la "monnaie réglementée" est nul.

Rien ne justifie leur dédain de la relation entre les deux coûts qu'ils conseillent aux falsificateurs d'avoir.

Dans les deux cas, ils nous situent dans une utopie et donc dans l'absurde où ils nous astreignent, à coûts croissants (cf. ce texte d'avril 2016).

Exemplaires sont ceux de l'Union européenne comme l'a expliqué Vaclav Klaus le 4 novembre dernier(https://www.youtube.com/shared?ci=QMjPNpVgZZE).






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