Paris, le 26 juin 2015.






Quitte à devoir choisir le marché de l'économie politique "le plus important" pour les hommes de l'état, faut-il préférer le marché de la monnaie ou le marché du travail ?

Longtemps, ni l'un ni l'autre n'ont intéressé les économistes.
On était, au mieux, dans la théorie de l'équilibre économique général qui les laissait de côté en tant que tels, ainsi que les principes de droit (propriété, responsabilité et contrat) sous-jacents.

En particulier, ce qu'on dénommait "monnaie" n'était qu'une marchandise intermédiaire de l'échange indirect des marchandises par les personnes, l'échange indirect excluant la double coïncidence des besoins/désirs des personnes, support de l'échange direct, et contribuant à faire se suivre, pour chaque personne, un premier échange d'offre de marchandises, puis un second, de demande de la marchandise désirée (cf. texte de juin 2015) qui excluent un équilibre économique général du type de celui adoré par les économistes du "mainstream", de l'ordre de l'infini actuel (cf. ce texte de mai 2012).


1. La théorie de l'équilibre économique général (T.E.E.G.).

Les marchés de marchandises cernés, concepts économiques de la T.E.E.G., étaient, pour leur part, cannibalisés par un équilibre économique "général" qui recouvrait
- soit un ou deux marchés,
- soit un certain nombre de marchés comparables et indépendants les uns des autres ou bien interdépendants (du fait de la mathématique utilisée, géométrie ou autre).

Kenneth Arrow en était arrivé, dans la décennie 1960, à parler de la "complétude" des marchés (cf. Cot et Lallement, 2007)!


2. La macroéconomie (ou l'équilibre macroéconomique).

L'autre grande théorie comparable, à savoir la théorie macroéconomique, est à la fois plus simple et plus compliquée que la théorie de l'équilibre économique générale, de fait sa matrice.

Les macro économistes s’intéressent à un petit nombre de marchés, concepts idéels les identifiant et organisant, et à leurs équilibres supposés, individuellement ou globalement...

Ils « mesurent » les résultats de ces échanges de marchandises par l’intermédiaire de la comptabilité nationale (en France, I.N.S.E.E. depuis 1946, cf. Desrosières, 2003), une comptabilité qui situe ex post et met de côté les règles de droit, tout comme le faisait dans le passé la comptabilité de l’Etat – mesure de la "finance publique" et de ses lois– depuis des décennies.

a. Les hommes de l'état.

Pour leur part, les macro économistes se sont chargés de donner des fonctions économiques aux hommes de l'état que n'évoquait pas la théorie de l'équilibre économique général.

Soit dit en passant, remarquons qu'antérieurement, les économistes avaient donné des fonctions ou des rôles à ce qu'ils dénommaient "monnaie" !
Hommes de l'état et monnaie, même combat ?

Ils ont développé l'idée que les hommes de l’état pouvaient faire varier à leur guise offre et demande de tel ou tel marché, à savoir ce qu'ils dénommaient ses « forces », par échange, don ou vol des marchandises des contribuables.

b. Les deux marchés.

La macroéconomie a beaucoup moins de marchés que la théorie de l'équilibre économique général, il faut insister sur le point.

Les macro économistes ont innové en introduisant, au départ de leur théorie, la notion de "marché de la monnaie" (cf. Hicks, 1937 et le modèle géométrique "IS-LM" qu'il a construit), puis celui de "marché du travail".

i. Marché de la monnaie.

Le marché de la monnaie spécifié par John Maynard Keynes (1936) est supposé, majoritairement, donner l'offre de monnaie à une entité, la "banque centrale".

Il s'est vu développer la demande de monnaie de différentes façons, principalement à partir du taux de l'intérêt manipulé par la banque centrale ou des taux de rendement du patrimoine de vous et moi...

Les économistes monétaristes ont développé, à leur façon mais dans le même sens, la théorie sans y apporter des modifications fondamentales.

ii. Marché du travail.

Le marché du travail, toujours spécifié par Keynes, a donné un rôle essentiel à la demande de travail par les firmes.
A l'extrême, on peut considérer que le marché du travail n'existait pas en tant que tel à l'époque.

Aujourd'hui, on en arrive à des propos de ce type (cf. juin 2015) qui ont absorbé les thèses monétaristes et fusionné (néo) keynésiens et monétaristes.

Soit dit en passant, le fait est que la notion de "marché de l'emploi" a été préférée par certains, économistes ou non, statisticiens ou non, à  la notion de "marché du travail" (par exemple, les hommes de l'I.N.S.E.E.).
En conséquence, et sans raison, l'"offre de travail" a été transformée en "demande d'emplois" et la "demande de travail", en "offre d'emplois".

Le même passage absurde a été effectué dans le cas du marché des prêts (ou, si on préfère, les marchés financiers), les "officiels" dénommant "demande de crédit" l'"offre de crédit" des banques (cf. par exemple les statistiques de la Banque de France encore aujourd'hui)!


3. Un dernier mot.


Malgré leur irréalité, les théories macroéconomiques évoquées (keynésiennes ou monétaristes) font l’hypothèse que la banque centrale a la maîtrise de l’offre de monnaie et peut fixer la quantité de monnaie au niveau qu’elle désire (principe du "quantitative easing program" actuel, cf. texte de mai 2015) !

Autant la théorie de l'équilibre économique général qui continue à exister en théorie au travers de mathématique issue du groupe Bourbaki, ne dit rien de particulier sur la quantité de travail ou, si on préfère, sur la quantité d'emploi, autant les théories macroéconomiques ont la prétention d'expliquer la quantité de travail ou d'emploi d'équilibre avec ses agrégats prétendument économiques et d'en tirer des conséquences pour la politique économique (cf. ce texte de février 2013).

Et les politiques d'élucubrer, malgré tout, sur l'emploi !

Tout cela repose sur une kyrielle de théories qui vont de la courbe de Phillips (cf. ce texte de 2009) aux théories dominantes actuelles (par exemple, le modèle économétrique de la banque centrale européenne) sans oublier d'autres textes intermédiaires (cf. Meyer, 2001) qui sont passées de l'équilibre économique à la croissance économique (cf. ce texte de juin 2015).

Il faut le regretter.

Folles thèses, foutaise!






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