Paris, le 31 août 2014.





1. "On ne fait rien sans rien", et cela depuis bien avant le temps où l'a expliqué Parménide (début VIè - finVè siècles avant J.C.)

"On fait quelque chose à partir d'autres choses" malgré ce qu'a soutenu, à l'opposé, Héraclite (contemporain de Parménide) et que beaucoup disséminent aujourd'hui, en particulier, par la violence ou l'obligation.


2. On fait avec ce que l'on a, à commencer par ses talents ou les marchandises, objets ou services, capital ou travail (cf. tableau ci-dessous pour la comparaison) qu'on possède en propriété ou en responsabilité. 

                                             Tableau

                   Marchandises  !  Objet     !  Service  !
                   ____________!________!________!
                                           !                !                !
                   Capital            !      X        !     X        !
                   ____________!________!________!
                                           !                !                !
                   Travail            !                 !      X       !
                   ____________!________!________!

Soit dit en passant, autant un objet ne peut qu'être capital, autant un service peut être capital ou travail dès lors qu'on ne reprend pas, au pied de la lettre, ce qu'écrivait Bastiat (1850) qui voulait que seuls importassent les services de vous et moi.
Mais un service ne saurait être identifié, comme il l'est en général, à un instant ou à une durée.

Ou bien on fait avec ce qu'on prend, en dépit des règles de droit, de justice naturelle existantes.


3. Quand on fait avec ce qu'on a, tout débouche sur des accords, des égalités, l'équilibre des résultats des actions des uns et des autres, un équilibre de méthode, non pas de mesure (cf. ce texte de mai 2012).

Tout cela a donné lieu à des profits, hier attendus avec incertitude, et des dépenses - souvent dénommées "coûts" ou "charges" -, des découvertes, de l'innovation et de la croissance économique.

On peut alors "juger l'arbre à ses fruits", diront certains, les fruits étant l'équilibre des résultats des actions de vous et moi et les découvertes ou autres innovations mises en œuvre entre temps.


4. Mais ce serait une erreur de se donner d'abord les fruits, puis de s'occuper de l'arbre pour qu'il parvienne aux fruits désirés par certains.

Cela exclut, en particulier, les découvertes et les innovations qui verront le jour grâce aux réussites des uns et des autres et que ne peuvent imaginer les "certains".

C'est malheureusement la démarche qui a été adoptée depuis le XXè siècle par l'école de pensée majoritaire en économie politique, qui situe plutôt "ex post" qu'"ex ante".

Le plus souvent, elle adosse même l'équilibre supposé des résultats au budget des hommes de l'Etat comme si ces derniers avaient le moindre effet sur les éventuels réussites.


5. Comme l'a écrit Vilfredo Pareto dans son Cours d'économie politique (1896-97) au §450 (pp.326-7) :

"Il faut se débarrasser du préjugé qui porte à croire qu'un vol n'est plus un vol quand il s'exécute dans les formes légales."

Et il faut reconnaître que, sans talent, les hommes de l'Etat font avec ce qu'"ils prennent" (cf. "loi de Bitur-Camember").


6. Dans le passé, en particulier, "ils ont pris" quand ils ont monopolisé la fabrication des pièces de monnaie via l'Etat et obligé les gens à employer les pièces dans leurs échanges.

"Ils ont pris" quand, par la suite, ils ont procédé au "décri" de la monnaie et accaparé ainsi une partie de la quantité de monnaie en circulation.

Face aux entrepreneurs d'un nouveau type, à savoir les banquiers qui émettaient des "substituts de monnaie" en contrepartie de la quantité de monnaie qu'ils recevaient en dépôt, "ils ont encore pris" quand ils ont créé et monopolisé une banque centrale veillant soi disant sur les autres banques dites "de second rang".

Et par la suite encore, "ils ont pris" quand ils ont donné le privilège de monopole des billets à la banque centrale, puis surtout quand ils ont interdit aux gens de convertir les dépôts bancaires qu'ils pouvaient détenir en monnaie et les ont obligés à utiliser ces substituts de monnaie dans leurs échanges.

Ce n'est pas l'idée de John Maynard Keynes (1936) qu'il y aurait une demande de monnaie - réduite à une "préférence pour la liquidité" - expliquée par le taux d'intérêt (cf. ce texte du 1er septembre 2014) qui s'y est opposée.


7. Récemment, depuis la décennie 1970, "ils ont pris" progressivement, de plus en plus, aux uns et aux autres. 

La France est, aujourd'hui, économiquement exsangue (cf. ce texte intitulé "La France, le nouvel homme malade de l'Europe").


8. Simultanément, ils ont fait tout cela en accumulant les déficits du budget de l'Etat (cf. ce texte d'avril 2005), en augmentant la dette de l'Etat - grâce au marché financier, n'en déplaise à certains - car ils ont aussi accru leurs dépenses, la dépense publique, dans une proportion plus importante (cf. graphique ci-dessous pour la période 1978-2012):

                                                Graphique

                       Source: Ministère.

avec, entre autres, la coïncidence des productions industrielles qui suit (cf. graphique ci-dessous pour la période 1976-2011):

                                             Graphique

                           Productions industrielles comparées
                                            (1976-2011)


                     Source : OCDE

Certains diront que, dans le cas de la France ("ligne bleue" du graphique ci-dessus), la situation aurait été pire s'il n'y avait pas eu les dépenses publiques.

Libre à eux.

Et ils déclameront qu'il faudrait continuer, davantage encore, dans ce sens aberrant (n'est-ce pas M. Montebourg...) comme si tout cela ne pouvait pas qu'avoir une fin tragique.

Malheur à eux.





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