Paris, le 29 juillet 2016.








1. Le choix.

Pour changer de situation économique, les gens ont, chacun, deux possibilités :
- produire des choses, marchandises ou autres,
- échanger des choses, ce ne peut être que des marchandises.

Il n'y en a pas d'autre.

Soit dit en passant, si l’on en croît John Maynard Keynes (1936), ce sont les propos de David Hume (1711-1776) qui auraient incité les écrivains, devenus par la suite « économistes », à s’intéresser non pas au changement, mais à l’équilibre économique (cf. ce texte de juin 2015).

Quiconque a choisi de produire des choses doit se satisfaire de ce qu'il a produit ou alors il doit recourir à l'échange pour offrir le produit dont il dispose et demander, à la place, ce qu'il préfère.

Quiconque a choisi d'échanger des choses laisse entendre qu'il avait un patrimoine dont il a offert des éléments pour demander d'autres éléments qu'il préfère.

Dans tous les cas, l'échange a donné lieu à prix en monnaie (laissons de côté le cas de l'échange direct).


2. Besoin ou désir d’échanger des choses.

Sans besoin ou désir d'échanger des choses pour changer de situation économique, dans le passé, les gens n'auraient pas inventé ce qu'on a dénommé "monnaie" (acronyme "CQDM"), CQDM n'aurait pas existé.

Avec besoin ou désir d'échanger des choses pour changer de situation économique, les gens auraient mené des échanges synallagmatiques et directs de choses, des échanges directs se seraient faits.

Avec besoin ou désir d'échanger des choses pour changer de situation économique et des coûts donnés à des échanges jugés "trop élevés", les gens n'auraient pas mené ces échanges directs, ces échanges directs ne se seraient pas faits.

Avec besoin ou désir d'échanger des choses pour changer de situation économique et des coûts donnés à ces échanges amoindris par l'action d'intermédiaires, les gens auraient mené ces échanges qualifiés d'"indirects".

Les échanges indirects se seraient faits selon diverses méthodes (échange synallagmatique, échange de marché, etc.), il y aurait eu alors marchandises échangées.

Intermédiaire des échanges, échanges indirects et marchandises sont donc synonymes. 
Ils cachent seulement des points de vue différents de l'économiste.


3. Définition de CQDM.

CQDM a été un type d'intermédiaire des échanges.

Et Jean Baptiste Say a insisté sur la définition, en particulier, en 1815, dans son Catéchisme.

Tout cela est ignoré aujourd'hui, depuis le développement de l'école de non pensée économique qu'est le socialisme.

Et c'est, en particulier, la confusion entre ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" et les banques ou les taux d'intérêt depuis les absurdités de J.M. Keynes et de sa "préférence pour la liquidité" qui n'a rien de général (cf. ce texte de juillet 2016)...

De plus, banques et taux d'intérêt sont des considérations financières et non pas des considérations monétaires (banques d'émission de CQDM exceptées).

Ils font référence à des promesses de choses futures, plus ou moins incertaines, liées à des échanges présents.

Ce qu'on dénomme "monnaie", abusivement ou non, n'a que faire des promesses de choses futures et du risque y afférant.


4. Des qualifications.

De même qu'il existe des choses corporelles ou incorporelles, chères aux juristes, de même, on peut parler de marchandises corporelles ou incorporelles.

De même qu'il existe des choses matérielles (objets) ou non matérielles (services), de même, on peut parler de marchandises matérielles ou non matérielles.

CQDM a été jusqu'à la décennie 1930 pour les uns (vous et moi), jusqu'à la décennie 1970 pour les autres (les états et autres organismes internationaux), une marchandise matérielle.
C'était l'argent, mais surtout l'or, en pièces, en barres, en lingots...

Aujourd'hui, ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" (acronyme "CQDAMA") est une marchandise non matérielle (que les billets en papier contrefont...) du fait des réglementations étatiques qui ont vu le jour depuis au moins le XIXème siècle (création de banque centrale privilégiée sous tutelle des banques dites de second rang).


5. La fausse limitation.

CQDAMA a une quantité dans quoi les hommes de l'état croient voir une limitation de la croissance économique qu'ils espèrent et qu'ils cherchent à franchir (cf. ce texte d'octobre 2012).

a. La permanence détestable.

La démarche n'est pas nouvelle.

Elle a fait fureur depuis le début du XXème siècle tant internationalement (conférence de Gènes, 1922, cf. ce texte de décembre 2009) que nationalement (cf. les réglementations étatiques de la décennie 1930 ou de la décennie 1970, cf. ce texte de novembre 2010).

Dans le pire des cas, elle n'a aucune raison d'être (cf. ci-dessus)...

b. Le malheureux Fisher.

Dans le meilleur, les hommes de l'état se réfèrent à l'absurdité qu'a introduite Irving Fisher en 1911 (deux ans avant la création de la banque centrale privilégiée des Etats-Unis, 1913) et qui a pour nom Le pouvoir d'achat de la monnaie (cf. ce texte de janvier 2014).

Hormis ce qu'en a écrit Murray Rothbard (1962) dans le chapitre 11 de son ouvrage Man, Economy and the State (cf. ce texte d'octobre 2014), l'absurdité a encore au moins quatre éléments:
- gains différenciés de l'offre et de la demande satisfaites laissées de côté,
- offre et demande non satisfaites laissées de côté,
- introduction de la notion non économique de "temps" ou de "durée",
- l'équation prise pour causalité.

Ce dernier élément est exemplaire : Fisher a transformé son "équation des échanges" en causalité, sans aucune raison (cf. ce texte de mai 2015).

Au terme de cette causalité qu'il a évoquée à partir du chapitre 4 de son ouvrage, sans relation avec les chapitres précédents, la variation de la quantité de CQDM provoquerait une variation de même sens des prix en monnaies et des quantités de marchandises échangées.

c. Et Friedman...

Et, dans la décennie 1960, Milton Friedman n'a pas hésité à modifier la démarche afin que les hommes de l'état puissent dire que la variation de la quantité de CQDM (en partie CQDAMA) provoque une variation de même sens des prix en monnaie et des revenus réels (activité, emploi...).

Il a aussi essayé de faire apparaître les proportions de la variation des prix en monnaie et de celle des revenus réels.


6. Le coût des échanges.

Tout cela est absurdité car la démarche laisse de côté ce qui devrait être le point de départ du raisonnement, à savoir que les échanges de choses ont un coût qui leur est donné par les gens (cf. ce texte de février 2015).

Laissons de côté, pour simplifier le propos, qu'ils ont aussi un profit que Fisher a laissé de côté et qu'on peut schématiser (cf. ce texte de mai 2016).

Les échanges de choses ne dépendent pas, en effet, de la quantité de CQDM ou de CQDAMA comme il l'est implicitement admis par le discours sur la limitation.

Les échanges dépendent de leur coût, un coût que les statisticiens et autres comptables nationaux ne sauraient cernés avec des chiffres.

Très précisément, les échanges varient en sens contraire de leur coût.

Ainsi, toutes choses égales par ailleurs, les échanges augmentent au fur et à mesure que leur coût diminue.

a. Le coût de CQDM ou de CQDAMA

Certes, un coût important du coût des échanges n'est autre que le coût de CQDM ou de CQDAMA (cf. ce texte de juillet 2016).

Mais ce coût ne peut qu'être inférieur ou égal au coût des échanges.

Et le coût des échanges est, de toutes façons, en grande partie indépendant du coût de CQDM ou de CQDAMA.

b. La limitation.

Pour que la quantité de CQDM ou de CQDAMA limite les échanges, il faudrait que le coût des échanges devînt trop élevé et que la diminution du coût de CQDM ou de CQDAMA ne l'en empêche pas.

Mais, dans ce cas, la limitation serait extrême: il n'y aurait plus en fait de marché de quelque genre que ce soit, il n'y aurait plus d'offre ni de demande.
Bref, dans ce cas, "limitation" signifierait "fermeture du marché".

Cela s'est produit dans le passé, et même dans un passé récent (cas du marché interbancaire cf. ce texte d'octobre 2009), mais jamais de façon générale.


Hormis ce cas extrême où le coût des échanges serait trop élevé et cacherait un coût de CQDM lui aussi trop élevé qui n'y pourrait rien, dans les autres cas, le coût des échanges n'est pas trop élevé, mais est supérieur au coût de CQDM ou de CQDAMA dans une certaine mesure, inconnue, et sans relation avec ce dernier.

Bref, la quantité de CQDM ou de CQDAMA ne limite pas les échanges.

Et il est vain de vouloir faire croire que la quantité de CQDM ou de CQDAMA peut augmenter les échanges.





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