Paris, le 31 août 2015.





1. Le discours économique contemporain.

Au moins en France, le discours économique contemporain consiste à se référer, plus ou moins implicitement,
- à l'équilibre économique (sous-entendu ... "de sous emploi" ou "de chômage"), voire à la croissance économique ou 
- aux comptes de l'état (sous la dénomination "dépenses budgétaires" ou "recettes fiscales") ou
- à la quantité de ce qu'on dénomme "monnaie"? et surtout
- aux trois en même temps, en faisant intervenir une relation d'égalité, "intuitive" plus qu'explicative.

L'équilibre ou la croissance économiques sont des notions limitées en général aux statistiques des notions de "revenu" ou de "produit", dénommées "valeurs ajoutées", et guère convaincantes (cf. ce texte de juin 2015).

Elles cachent, en particulier, des erreurs évidentes, trop nombreuses pour n'en donner qu'une seule (cf. ce texte d'avril 2014 et ceux qui suivent sur la doctrine monétariste, à vingt ans d'intervalle, de 1970 , de 1990 ou de 2010).

Pour sa part, la quantité de ce qu'on dénomme "monnaie" n'existe plus depuis les réglementations étatiques de la décennie 1930 (cf. ce texte de mai 2011).
Mais le discours utilisé fait comme si rien n'avait changé ou si les personnes étaient ignorantes ou n'avaient pas de mémoire

Une chose est certaine : la quantité de "monnaie" ne devrait jamais permettre de mettre de côté les réglementations étatiques de la décennie 1930 (cf. ce texte de  mai 2011), ni celles, inter états, du début de la décennie 1970 (cf. ce texte d'octobre 2011), ni leurs effets (cf. ce texte de janvier 2014)

La quantité de ce qu'on dénomme "monnaie" ne devrait pas cacher les actions de la banque centrale qui, selon les pays, existent depuis quelques siècles (comme la Banque centrale d'Angleterre, fin du XVIIème siècle) ou depuis juste un siècle (comme la Banque centrale des Etats-Unis, 1913), pour ne pas parler de la Banque centrale européenne qui n'existe que depuis 1999...

Il faut se rendre compte que, malgré tout, il est reconnu implicitement, contre toute attente, que l'action de la banque centrale qui donne lieu à l'augmentation de la quantité de ce qu'on dénomme "monnaie" par un moyen ou par un autre, augmenterait l'équilibre économique, ce serait le tremplin de la croissance économique (cf. ce texte d'octobre 2012 ou celui-ci d'août 2015).


2. La doctrine erronée.

Tout cela puise ses racines, implicitement ou non, dans l'"équation des revenus" de Milton Friedman (1970) qui avait modifié l'"équation des échanges" d'Irving Fisher (1911) et qui a donné lieu au modèle mathématico-économique "réduit" de la Banque de réserve fédérale de Saint Louis, aux Etats-Unis (1968-1986).

On remarquera en passant que l'"équation des échanges" reposait sur la comptabilité générale habituelle - en droits constatés et à partie double - alors que l'"équation des revenus" qui la remplace cache la comptabilité nationale, une comptabilité qui a vu le jour dans la décennie 1940 et identifie les revenus aux "valeurs ajoutées", au "produit intérieur brut" mesurés, notions non économiques.

Contrairement à l'autre, cette dernière comptabilité fait intervenir les opérations de l'état et permet ainsi à ceux qui s'y prélassent d'établir une relation d'égalité entre quantité de "monnaie", "opérations de l'état" et revenus, voire dépenses.

On remarquera aussi que la démarche exclut la relation étroite entre la quantité de "monnaie" et la quantité de crédit que gèrent les banquiers étant donné la comptabilité générale habituelle et dont Ludwig von Mises avait donné des effets, dès 1912, dans son livre The Theory of Money and Credit.


3. Des concepts sans valeur.

Ces concepts sont sans valeur à tous les sens du mot ...

En particulier, dans un certain sens, s'agissant de la production/offre de monnaie, personne ne devrait en tirer bénéfice - le bénéfice n'étant jamais qu'un aspect de la valeur -, comme le soulignait Ludwig von Mises en 1969:

"Si nous voulons avoir une monnaie, elle doit être quelque chose qu'on ne peut pas augmenter avec bénéfice, qu'on soit gouvernement ou citoyen.
Les pires défauts de la monnaie, les pires choses faites à la monnaie n'ont pas été le fait de criminels, mais de gouvernements qu'on devrait considérer, très souvent, d'une façon ou d'une autre, ignorants, plutôt que criminels. " (Ludwig von Mises, conférence à la Foundation for Economic Education, 8 novembre 1969).


Ceux qui prônent ces notions véreuses suivent, en fait, le discours de ceux qui ont commencé à détruire l'économie politique à partir de la décennie 1920.


4. L'économie politique.

Importaient jusqu'alors aux savants économistes, en général :
- les prix en monnaie des marchandises, objets ou services,
- leurs variations et
- leurs explications.

Le débat des économistes portait sur ces explications, fondement de l'économie politique.

Reste qu'à côté des prix en monnaie des marchandises, se cachent les échanges de choses que vous et moi avons menés, menons ou allons mener.

Les échanges de choses, dont prétend rendre compte l'équilibre économique, sont à la fois des prix en monnaie des marchandises (monnaie ou autres) et des quantités de ces dernières et rien ne justifie de les séparer par la raison.

Il faut savoir aussi qu'étant donné la démarche suivie, le prix en monnaie d'une marchandise est une façon de parler de sa quantité de monnaie unitaire convenue et qu'il va de pair avec une quantité de marchandises non monnaie ... à l'équilibre obtenu.

Il cache donc les règles de droit et leurs respects, voire des législations (cf. Hayek, Droit, législation et liberté).

On remarquera en passant que, quand les prix en monnaie ont été pris en considération, des économistes ont souvent jugés a priori qu'ils devaient être stables et, s'ils ne l'étaient pas, il fallait que la puissance publique intervînt pour les stabiliser, voire pour les fixer.

Ainsi s'efforça le socialo-communisme.


5. Le socialo-communisme.

Ces notions ont été malheureusement dénaturés depuis au moins la décennie 1930 par le socialo-communisme croissant.

N'oublions jamais que, par exemple, John Maynard Keynes a réussi à écrire un ouvrage en 1936 - La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie - qui a eu du succès auprès de l'opinion bien qu'il mît de côté la question des prix en monnaie des choses !

On n'en est jamais sorti.


6. La "cerise sur le gâteau".

L'application, a priori, de telle ou telle mathématique au raisonnement d'économie politique a accéléré l'essor du socialo-communisme (cf. ce texte d'octobre 2008).

Il faut regretter que, par exemple, la mathématique de ces dernières décennies ait contribué à cacher la dualité des quantités des marchandises et de la monnaie.

Il faut regretter aussi d'autres approches du même type tout aussi néfastes.

6.a. Mathématique, droit et législation.

Par exemple, en apparence, droit et mathématique ont des règles à la base de l'économie politique qui introduit les choix d'actes que vous et moi avons menés, menons ou sommes prêts à mener.

Mais rien ne justifie de donner la prééminence aux règles mathématiques pour oublier les règles de droit.
On s'attendrait même à l'inverse.

. Les réglementations étatiques.
Importent d'ailleurs les réglementations étatiques, aspect inattendu des règles de droit .

Elles
affectent les prix en monnaie des choses et leurs quantités échangées.

Curieusement, elles sont "parachutées" par les auteurs des modèles économiques après que ceux-ci ont mis de côté les règles de droit comme si les unes et les autres n'étaient pas intimement liées.

Elles sont l'objet d'interprétations économiques.
Ainsi, un prix en monnaie donné dans un modèle mathématico-économique devient parfois, selon les savants économistes ou prétendus tels,
- autant un indicateur de concurrence, voire de compétitivité, 
- qu'un indicateur de réglementation ou de législation,
alors que ces considérations n'ont rien à voir l'un avec l'autre.

6.b. Mathématique, physique et économique.

En apparence, aux variables près, prix en monnaie de l'échange et vitesse de déplacement de quoi que ce soit sont isomorphes, ce sont des rapports.

Mais si, de la vitesse, les physiciens tirent maintes déductions, du prix en monnaie, les économistes ne tirent pas grand chose!

De la vitesse, se déduisent directement soit, par intégration mathématique, la distance, soit, par dérivation, l'accélération.
Et de ces éléments, indirectement, d'autres éléments physiques se déduisent.

Du prix en monnaie, se déduit seulement, directement, par intégration, la quantité de chose échangée.
Et indirectement, de cet élément, l'imagination économique doit faire le reste, tout en oubliant, le cas échéant, le prix en monnaie ou en le vouant aux gémonies.
Cela devrait amener les économistes à s'intéresser davantage à la démarche qui sous-tend ce qu'ils racontent.

La mathématique cache aussi des règles, physiques pour l'une, économiques pour l'autre.

Les premières, physiques, ont des effets vérifiables par des instruments de même nature, les secondes, économiques, ont des effets mais non vérifiables par des instruments de même nature, lesquels n'existent pas (cf. ce texte de Leonard Peikoff, 1967).

6.c. Economie politique, mesure et statistiques.

Toutes ces notions sans valeur sont mesurées à l'envi par des statisticiens, non économistes le plus souvent, ou des économètres quoique les mesures n'aient pourtant pas lieu d'être en général, en tant que telles, dans les raisonnements choisis puisque l'économie politique et les statistiques, domaine des mathématiques, font deux, malgré ce qu'en a développé Jacques Rueff en 1925 (cf. le texte).

Les résultats des mesure transforment les modèles mathématico-économiques en suite de nombres ou en graphiques et attirent, le plus souvent, malheureusement seuls, l'opinion publique...


7. Le coup de pied de l'âne.

Bien qu'il s'en défendît, J.M. Keynes (1936) a contribué à l'approche mathématique précédente en introduisant, en particulier, la notion de son crû de "préférence pour la liquidité" qui sera démontrée, en 1958, dans des hypothèses spécifiques, par J. Tobin (cf. le texte).

Ce cheval de Troie de la connaissance qui tend à dénaturer la "demande de monnaie" doit être dénoncé.

En effet, pour des raisons personnelles, on préfère une chose "i" à une chose "j", une quantité "X" de chose "i" à une quantité "Y" de chose "j".
C'est un fait, ce n'est pas une relation donnée ou d'utilité, c'est une préférence individuelle, certes lourde de conséquences, mais un point c'est tout.

Il n'y a pas, pour de prétendues raisons générales, pour des "motifs psychologiques" comme le faisait valoir l'impétrant, une "préférence pour la liquidité", façon de dénaturer en passant la notion de "monnaie" (cf. ce texte d'août 2012).
On ne préfère pas une quantité de monnaie à une quantité de créance à revenu fixe, et cela d'autant plus que les taux d'intérêt seraient bas, comme le voulait Keynes, sauf à se placer dans des conditions très particulières, et donc non générales...

Malheureusement, à l'initiative de notre homme, la notion de "liquidité" a fait son chemin et le discours officiel n'a plus aujourd'hui que ce mot à la bouche qui, répétons-le, ne veut rien dire.


 8. Un dernier mot.

Reste que les résultats statistiques ou économétriques exigent des interprétations.

Et il faut que des économistes, ou prétendus tels, fassent preuve d'imagination pour atteindre le but d'expliquer à partir des chiffres ou équations.

Ils se retrouvent donc au point de départ où ils se trouvaient quand le socialo-communisme leur intimait l'ordre de ne pas interpréter la réalité et de l'expliquer logiquement, par sa fausse démarche.

Jusqu'à présent, l'opinion publique a semblé admettre la dérive et n'a rien dit ...

Cela perdurera-t-il ?

On aura l'occasion de le voir...





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