Paris, le 30 mai 2008.



L'organisation de la sécurité sociale repose sur des cotisations obligatoires.
Et le gouvernement et les partenaires sociaux les ont multipliées depuis 1968, dans des proportions inconsidérées.

En sécurité sociale vieillesse (cf. Futur des retraites et retraites du futur ci-contre),



la toute nouvelle – alors, car tout juste et enfin individualisée dans les "assurances sociales" - cotisation obligatoire vieillesse au taux de
                             8,5% du salaire brut sous plafond

est devenue, en 2008,
                    - une cotisation sur le salaire sous plafond (au taux de 14,95%),
                    - une autre sur le salaire brut hors plafond (au taux de 1,7%) et 
                    - une portion de la CRDS en relation avec des déficits vieillesse passés et consolidés un beau jour dans le passé (au taux de 0,5% du salaire brut hors plafond ou des autres revenus).

Grosso modo, le taux de cotisation vieillesse a donc doublé en 40 ans!

Dans le même temps, le "plafond de sécurité sociale" a été multiplié par seize.
Il est passé de :
           173,79 € à 2 773 € le mois (plafond x 15,96 très exactement).

Quant aux retraites que la sécurité sociale obligatoire vieillesse verse et que le salarié de l'industrie et du commerce peut espérer obtenir, elles n'ont pas varié et sont restées dans la même fourchette "un quart du plafond, un demi plafond".


Le SMIG/SMIC.

Il reste que, dans le même temps, le SMIG ("salaire minimum interprofessionnel garanti" créé en 1950 et devenu le SMIC - … de croissance - en 1970) a été multiplié par vingt-cinq.
Il est passé de :
                0,34 € à 8,63 € l'heure (SMIC x 24,8 très exactement…),
                                40,1 € à 1 308 € le mois.

En d'autres termes, le gouvernement et les partenaires sociaux ont augmenté le SMIC plus que le plafond, mais le SMIC lui reste bien évidemment inférieur.

Il est surtout à remarquer qu'en 1968, l'employé payé au SMIG mensuel versait par an, en cotisations vieillesse, l'équivalent grosso modo d'un SMIG mensuel, i.e. son "treizième" mois !
En 2008, payé au SMIC mensuel, l'employé verse, par an, grosso modo l'équivalent de deux SMIC mensuels, i.e. un "treizième" et un "quatorzième" mois.

Soit rappelé en passant que tous ces versements ne sont pas mis en réserve, ne donnent pas lieu à intérêt et qu'en d'autres termes, dans la mesure des montants des versements en question, l'employé a l'interdiction d'épargner !

Comparé à son homologue de 1968, mutatis mutandis, le "smicard" de 2008 verse donc à la sécurité sociale vieillesse un mois de salaire de plus pour espérer avoir la même retraite.
 

Le coût de la sécurité sociale vieillesse.

En d'autres termes, la sécurité sociale vieillesse lui occasionne une perte comparative de pouvoir d'achat de un mois de salaire !

Indépendamment de toute autre considération, la sécurité sociale vieillesse occasionne donc à tout salarié "non smicard" une perte comparative de pouvoir d'achat égale à un certain multiple d'un SMIC mensuel.

Cette perte comparative de pouvoir d'achat, à 40 ans d'intervalle, est un indicateur de l'augmentation contrainte et forcée du coût de la sécurité sociale vieillesse de base, un coût dont personne ne s'enquiert bien qu'explique sa croissance la loi de Bitur Camember.

En conséquence, on ne voit pas ce qui pourra arrêter son augmentation sinon la FAILLITE de l'organisation ou… le bon sens des hommes de l'Etat qui en ont la tutelle, un peu avant que celle-ci se produise, pour la raison que donnait Vilfredo Pareto il y a 110 ans :

"Ce qui limite la spoliation, c'est rarement la résistance des spoliés ; c'est plutôt les pertes qu'elle inflige à tout le pays et qui retombent sur les spoliateurs.
Ceux-ci peuvent, de la sorte, finir par perdre plus qu'ils ne gagnent à l'opération. Alors ils s'en abstiennent s'ils sont assez intelligents pour se rendre compte des conséquences qu'elle aurait.
Mais si ce bon sens leur manque, le pays marche de plus en plus à sa ruine, comme cela s'est observé pour certaines républiques de l'Amérique du Sud, le Portugal, la Grèce moderne, etc." (Pareto, Cours d'économie politique, 1896-7, §1049).

J'ajouterai aujourd'hui :
        "... comme cela s'observe désormais pour la France...".


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