Paris, le 18 avril 2010.



Libéralisme, capitalisme, communisme, socialisme sont des mots galvaudés. La réalité que chacun désigne a été malheureusement perdue de vue aujourd'hui.

Dans le cas du communisme et du socialisme, le mythe l’a même souvent transfigurée et a tendu à enlever toute chance de la percevoir.

En France, de plus, l’"instruction publique", devenue "éducation nationale" au XXème siècle, a renforcé le conditionnement.

Quand la réalité est inoffensive, peu importe en définitive la démarche ou le mouvement orchestré.
Quand elle fait intervenir la force violente des hommes de l’Etat comme c’est ce qui se produit dans le cas du socialisme et du communisme, il en est tout autrement.


C’est le cas des régimes de retraite – qualifiés par le sobriquet « par répartition » – ou, si on préfère, de la «sécurité sociale vieillesse» créés ici ou là de par le monde, dans la première moitié du XXème siècle.

Leur pilier, véritable tête d’épingle sur quoi tiennent encore certains, c’est l’obligation réglementaire de vous et moi décomposée, par exemple en France, en "immatriculation", "affiliation" et "assujettissement" (je vous renvoie à mon livre sur la sécurité sociale ou à ce billet … pour plus d'éclaircissements).
Il n’y en a pas d’autre malgré ce qui est colporté.

Aux dires de certains et des constructeurs des "machins" - qui ne méritent guère d'autre nom -, ces organisations artificielles obligatoires devaient être des remèdes à des échecs du marché, à des défauts, à des problèmes de la vie en société au début du vingtième siècle.

Selon les autres, elles ne pouvaient qu’être sources de destructions et de difficultés croissantes.
Pour être édifiés sur les raisons avancées, vous pouvez écouter l’interview de Friedrich von Hayek à propos de son livre intitulé La route de la servitude - The Road to Serfdom






1. Démythification.


A un moment où il semble que le gouvernement en place de l’Etat de la France veuille procéder à une réforme du para Etat – défini seulement en 1967 - qu’est la « sécurité sociale vieillesse », il faut d’abord démythifier l’organisation.

Cette démythification n’est plus à faire.

Entre autres, Milton Friedman s’y est employé il y a quelques décennies dans le cas des Etats-Unis.
Il a disséqué le mythe de la sécurité sociale vieillesse créée en 1935 par le président Roosevelt.

Je vous laisse écouter son propos intitulé "Le mythe de la sécurité sociale" - "The Social Security Myth".
 





2. Explication
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Il faut expliquer aussi les manques à gagner - pour ne pas dire "pertes" - occasionnés par cette organisation artificielle imposée à la place des organisations spontanées qui avaient vu le jour.

A la dissection friedmanienne, je juxtaposerai ainsi l’explication que Jacques Garello (ci-contre, à ma droite quand on regarde la photographie) a développée dans La Nouvelle Lettre de mi-avril 2010 et qu'il a intitulée «La Capitalisation : ça peut rapporter gros».  La voici.




"2.A. L’effet 'boule de neige'.


Une boule de neige qui dévale une pente se grossit au fur et à mesure de la descente. Au bas de la piste elle est deux, trois ou quatre fois plus grosse qu’au départ. Cela dépend de la texture de la neige, de la vitesse de départ, de l’angle et de la longueur de la pente. Cet effet est purement mécanique, il n’y a aucun miracle.
C’est la même chose pour la capitalisation. Vous placez une somme de 100 euros (grosseur de la boule au départ) à un taux de 5 % (angle de la pente) pendant cinq ans (longueur de la pente) et vous avez finalement près de 128 euros à votre disposition. Votre mise s’est accrue de près d'un tiers, elle peut doubler en 14 ans, tripler en 22,5 ans, etc. La loi arithmétique élémentaire qui joue ici est celle des intérêts composés.
On l’apprenait jadis en classe de CM1.

2.B. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Cela dit, le calcul est exact du point de vue arithmétique, mais pas du point de vue financier. En effet pour un individu, avoir 128 euros dans 5 ans n’équivaut pas à avoir 128 euros tout de suite.
Il y a une « préférence pour l’immédiat », et cette dépréciation a un prix ; on peut ramener une valeur future à une valeur actuelle en appliquant un taux d’actualisation. Par exemple avec un taux d’actualisation de 2% les 128 euros ne deviennent plus que 125 euros aujourd’hui. Puisqu’il traduit le sentiment de l’individu concernant le « prix du temps », le taux d’actualisation est a priori purement subjectif, même si par commodité les spécialistes du calcul actuariel établissent des taux considérés comme « normaux ».

2.C. Que vaudra l’euro dans cinq ans ?

Jusqu'à présent, il n’a pas été tenu compte d’un autre paramètre qui peut fausser le calcul : c’est que la valeur de la monnaie peut elle-même se déprécier. Avec l’inflation les 125 ou 128 euros n’auront pas le même pouvoir d’achat qu’aujourd’hui si l’euro perd de sa valeur.
A supposer que la dépréciation monétaire soit de 12 % sur les 5 ans considérés (ce qui correspond à un taux annuel d’inflation de 2 % environ) le résultat de la capitalisation sera bien mince, et la somme encaissée représentera un pouvoir d’achat accru de 10 % seulement.
L’inflation est donc l’ennemie de la capitalisation.
Mais, d’une part, l’inflation n’est pas une fatalité, il faut simplement que les banques centrales veillent à la stabilité de la monnaie qu’elles émettent et résistent aux pressions politiques en général inflationnistes, et, d’autre part, il y a des manières de se prémunir de l’inflation en choisissant certains placements automatiquement indexés sur la valeur de la monnaie, c’est le cas des actions des entreprises.

2.D. L’origine des performances de la capitalisation

Il s’agit de la texture de la neige : si votre boule est lancée sur une poudreuse, elle grossira fortement, si la neige est glacée, la boule glissera sans grossir.
Il faut savoir où l’argent est placé pour espérer en retirer un bon rapport. Quand un fonds de pension ou un emprunteur quelconque vous promet un taux d’intérêt de 5% c’est qu’il a dans l’idée qu’il sera capable de recycler l’argent qui lui est confié dans des activités qui rapportent au moins du 5% l’an. La capitalisation est une anticipation de la croissance économique.
La performance financière est toujours liée à la performance économique. C’est parce que davantage de biens et services seront produits et auront les débouchés voulus que l’argent placé va rapporter. Ce sont les clients futurs qui en réalité rémunèrent les capitaux qui ont été engagés. En même temps, ces capitaux permettent aux entreprises de s’équiper, de s’organiser, d’innover : la capitalisation est source de croissance, tout comme la croissance est source de performances pour la capitalisation.
Semer pour récolter n’est pas l’apanage du paysan, c’est le principe de la vie économique : épargner pour investir.

2.E. La capitalisation n’est pas un gros mot

Un travers idéologique donne une connotation péjorative à la capitalisation.
Capitalisation évoque capitalisme, donc exploitation capitaliste, etc.
On devrait se défaire de ces préjugés et comprendre que capitaliser ce n’est pas accumuler pour accumuler, mais prévoir et préparer le futur.

C’est une idée qu’il faut restaurer dans ces périodes où l’on parle des retraites du futur : on ne pourra se dispenser de la capitalisation, de ses performances et de ses bienfaits."




3. Généralisation avec raison.

Il faut enfin appeler un chat un chat et prendre la défense du libéralisme ou du capitalisme.

Je conclurai le billet en vous renvoyant à l'écoute de Ayn Rand et des propos qu'elle a tenus "en défense du capitalisme", de ce capitalisme mis en coupe réglée en définitive par les hommes de l'Etat, les "partenaires sociaux" et autres groupes de pression stipendiés.

Ils généralisent avec raison la démythification et l’explication de la réalité.

Ayn Rand les donne en particulier dans les interviews “In Defense of Capitalism” réunis sur : http://www.youtube.com/watch?v=e7CjdJ1QyxI&feature=related





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