Paris, le 23 août 2013.




Etant donné la situation économique future qu'il est vraisemblable de prévoir, ce que vous avez l'obligation de donner aujourd'hui en "cotisation retraite" à l'organisation de la  "sécurité sociale retraite" est très supérieur à ce que vous recevrez demain, la retraite venue - si vous y parvenez -.

Il en est ainsi d'après la règle des intérêts composés ou toute autre règle, sauf s'il y a une réforme, une modification significative de la réglementation de la retraite obligatoire en vigueur.


1. Les faits.

On peut écrire en effet que :
pour k, l'instant présent, et 
(k+n) l'instant de la retraite,

                                      cot (k) >> ret (k+n)
ou bien 
                                      cot (k) = A.ret (k+n), A>>1,

cot (k) est le montant de la cotisation retraite,
ret (k+n) est le montant de la pension de retraite, 
ret (k+n) < 50% du montant du plafond de sécurité sociale,
A est un paramètre aisément calculable.

Le plafond de l'organisation de la sécurité sociale existe depuis 1946 (cf. ce texte de décembre 2007).
Au départ, c'était un montant arbitraire fixé par les dirigeants de l'organisation de la sécurité sociale en harmonie avec les hommes de l'Etat.
Aujourd'hui, on ne sait trop...

La notion introduit une réglementation de plus dans le marché du travail à propos du salaire de la personne: en deçà, elle verse la cotisation, pour le montant qui peut se situer au delà, elle n'en verse pas.

Pour 2013, le plafond mensuel est à 3 086 €.

Autre grande réglementation du marché du travail (considération niée par J.M. Keynes), le salaire minimum interprofessionnel garanti qui a été décidé, quatre ans plus tard, en février 1950 et qui deviendra salaire minimum interprofessionnel de croissance (S.M.I.C.) à partir de janvier 1970.
Ce sont les hommes de l'Etat qui fixent son montant.

Le S.M.I.C. définit le plancher du salaire en France.
Pour 2013, le plancher mensuel est officiellement à 1 430,22 € (S.M.I.C. brut).
Il représente donc faussement:

                                46.3% du plafond précédent.

Le montant de pension maximum est donc, grosso modo, le montant du S.M.I.C.

Soit dit en passant, le vrai S.M.I.C., à savoir le salaire complet ou encore le salaire "non chargé" comme certains le dénomment, bref le prix du travail qu'achète le chef d'entreprise, vaut non pas €1430.22, mais:
                                 €2 319.04,

il est supérieur de :
                                       62%.

Il représente ainsi :

                         75,1 % du plafond de sécurité sociale,

au lieu de 46.3%.

Le montant de la pension maximum est de l'ordre de:

                        62% du S.M.I.C. complet en fin de carrière.


Ces éléments m'avaient amené en collaboration avec Jacques Garello à écrire trois livres sur la retraite (cf. ce texte de mai 2009).


Dans ce qui suit, je laisse de côté les retraites complémentaires obligatoires des organismes compléments de l'organisation de la sécurité sociale retraite.

Soit dit en passant, toute obligation de faire est coûteuse en opportunité pour qui la fait supporter et qui la supporte.
Le coût n'est pas compensable, loin de là, par un revenu.

L'obligation provoque aussi des réactions coûteuses, parfois compensables par des revenus pour ceux qui ne s'y soumettent pas.

Pour cette raison, l'obligation n'est pas perpétuelle ou irréversible et ne peut l'être. Et ceux qui disent ou pensent le contraire sont des fous qui font s'accroître les coûts.


2. De quoi tirez-vous ce que vous devez verser?

Pour employer le vocabulaire habituel, les cotisations retraite proviennent, depuis l'origine du système, des revenus du travail et, depuis récemment, des revenus du capital comme si le capital n'était pas un effet indirect du travail, i.e. des services des êtres humains.
J'inclus, pour simplifier le développement, le revenu de la terre, de la propriété foncière, dans le capital.

Hier, une partie de ces revenus était prise par l'organisation de la sécurité sociale retraite qui concurrençait à cette occasion l'Etat.

Aujourd'hui, le capharnaüm est complet entre les deux : on ne sait plus qui reçoit quoi.


3. Quelle solution. 

Dans les conditions présentes, pour se sortir de l'avenir prévisible, la réglementation à mettre en oeuvre devrait être telle que :
- vous ayez l'obligation de verser davantage aujourd'hui, mais un temps avant de dépenser moins, à l'organisation de la sécurité sociale retraite et que
- vous receviez demain au moins autant que ce que vous avez versé aujourd'hui - actualisé -.

Ce que vous versez en plus aujourd'hui a deux éléments:
- l'un est destiné à disparaître, c'est la cotisation de prétendue répartition de la sécurité sociale retraite - qui inclut la cotisation "employé" et la cotisation "employeur" -, et
- l'autre élément vise à s'institutionnaliser, c'est la cotisation de capitalisation retraite que le bon sens n'aurait jamais dû faire disparaître de la connaissance comme il l'a fait à partir de 1941 et qui consiste à faire intervenir des taux d'intérêt.

En d'autres termes, la réforme devrait faire en sorte que, au minimum: 

                                      cot (k) + B = ret (k+n)
ou, si vous préférez,
                                      C.cot (k) = ret (k+n),

Pour cela, il faut que:
                                      B = B1+B2
ou bien que
                                      C = C1+C2

B (C) sont l'élément nouveau de la réforme,
B1 (C1) est l'élément "répartition", vouée à disparaître et
B2 (C2) l'élément "capitalisation", vouée à s'institutionnaliser.

Les façon d'y parvenir sont nombreuses mathématiquement, en particulier grâce à la multiplicité des taux d'intérêt qui ont vu le jour et qu'on peut employer.


4. Les faits sont têtus.

La situation économique dans quoi on va se trouver dans l'avenir était inscrite dans le marbre dès l'origine.

Alors, ce que vous aviez versé en cotisations retraite était perdu pour votre famille dès lors que vous décédiez avant ou peu après l'heure de la retraite.

D'après les tables de mortalité en vigueur, il apparaît que, aujourd'hui,
pour 100 000 habitants nés (cf. tableau ci-dessous), 

                                Tableau

         en vie                 hommes             femmes
âge

20                                99 201               99 435
30                                98 398               99 168

60                                87 744               94 087

Delta                           11 457                 5 348
                                    10 654                 5 081

99 201 hommes vivent encore à 20 ans; 98 398 à 30 ans et 87 744 à 60 ans ;
99 435 femmes à 20 ans, 99 168 à 30 ans et 94 087 à 60 ans.

En d'autres termes, dans leur période active (entre 20 ou 30 et 60 ans), il ressort du tableau précédent que les hommes ont fait en sorte que l'organisation de la sécurité sociale retraite perdait un delta d'"hommes" entre 10 654 et 11 457 personnes et un delta de "femmes" entre 5 081 et 5 348.

Schématiquement, l'organisation a gagné à ne pas payer en pension de retraite de l'ordre de 11 000 habitants "hommes" et de l'ordre de 5 200 "femmes" - à supposer que tout le monde soit assujetti à l'organisation, ce qui n'est pas le cas, mais c'est pour fixer les idées -.


Le phénomène a été faiblement atténué par la "pension de réversion" accordée aux veuves depuis la décennie 1970 qui retrouvent une faible partie de la pension.


Aujourd'hui, c'est une partie significative du montant de la pension de retraite qui est désormais en jeu, vous en vie.

Il amène le gouvernement à faire des projets qui n'ont rien à voir avec le projet présenté ci-dessus (même le M.E.D.E.F., cf. ce texte d'août 2013), mais tout avec les fausses réformes passées qui ont montré leur lancinante inefficacité.





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