Paris, le 3 novembre 2008.


* D'une part, des prélèvements obligatoires annuels – i.e. des vols légaux annuels de propriétés privées (cf. Pareto, Cours d'économie politique, 1897, §§1042-1051 et §§ 1058-67) - qui ne sont plus guère éloignés de 50 % du produit intérieur brut (P.I.B.) annuel que de quelques points, et,
* d'autre part, des dépenses publiques annuelles supérieures de plusieurs points à 50 % du P.I.B.,
* cela selon une tendance ascendante plus que trentenaire,
telle est la situation de l'économie de la France aujourd'hui fin 2008.

Etant donnée une telle situation, comment oser dire que l'économie de la France a pour cadre politique le libéralisme !
De qui se moque-t-on ?
Qui veut-on conditionner ?
"Cela aurait été pire si la la redistribution forcée n'avait pas été pratiquée !", crieront certains. Balivernes !
Pourquoi mentir ?


1. Le mensonge institutionnel

Si c'était le libéralisme qui régit politiquement les activités humaines en France comme l'affirment un grand nombre de gens, politiques ou autres, en France, les pourcentages précédents ne seraient pas de l'ordre de 50, mais de 10%, au plus de 15%.

Malheureusement, le mensonge est stratifié et répercuté par un marché de l'information où les hommes de l'Etat manipulent l'offre en grande partie par l'impôt-subvention, au moins jusqu'à présent.
Le législateur force donc le contribuable à payer la "désinformation", pour ne pas dire le "mensonge", en particulier des "journalistes" qui n'ont plus de l'estimé métier d'hier que l'étiquette fiscale.

Le cadre politique de l'économie française n'est donc pas le libéralisme, mais le mensonge, situation en opposition avec celle qu'elle devrait connaître selon la formule de Jacques Rueff en 1945 dans L'ordre social :

"soyez libéraux, soyez dirigistes, mais ne soyez pas menteurs".

Comment sortir de ce cachot ?
Les voies de la vérité, du vrai – "le seul déterminisme" selon François Lurçat (2003, p.101) - seraient-elles impénétrables quand on vit en France ?

Dans ce beau livre de 2003 à quoi j'ai déjà fait référence dans d'autres billets, Lurçat s'efforce de faire pénétrer dans ces mêmes voies en dénonçant la science dont se sont réclamés les deux grands totalitarismes du XXème siècle, le nazi et le communiste (ibid. p.19).
Il constate aussi que, malheureusement, les leçons des bouleversements scientifiques de ce même siècle n'en ont toujours pas été tirées.


2. La "crise financière" : une flibusterie pseudo scientifique

Par conséquent, loin devant ce qu'il est de bon ton de dénommer aujourd'hui la "crise financière" qui n'en est qu'une application particulière, il faut mettre la "crise scientifique".

La perception publique de la science organisée, en particulier, par le marché faussé de l'information avec la complicité de certains savants, ne permet plus au public de distinguer entre vraies et fausses découvertes et pas davantage entre vraies et fausses sciences, de même qu'entre "vraies" et "fausses créances" (entre vrais droits et faux droits pour reprendre les termes de Rueff).

Elle pousse dans la direction de la non distinction entre science et magie. En 1976, Rueff appelait Keynes, le "magicien de Cambridge".

Mais cela ... jusqu'au jour où le marché sanctionne !

Conformément à son essence, le marché financier mondial vient enfin d'exposer un grand mensonge institutionnel et d'informer sur le prix qu'il fallait donner à certains produits financiers qu'il permettait d'échanger, un prix qui n'a d'égal que la valeur à accorder aux activités de certains de leurs concepteurs qui se prennent pour des économistes, c'est-à-dire "zéro".

Heureusement que, pour "remettre les pendules à l'heure", ce marché fonctionne –i.e. que le cadre de la propriété naturelle, certes entravée ici ou là, perdure - heureusement qu'il échappe en partie aux législateurs nationaux, que ceux-ci s'en désespèrent ou non, heureusement qu'il ne subit pas la tutelle d'un "Etat mondial".

D'ailleurs, il n'y a plus des "savants" qui font la science, le mot "savant" a été banni.
Il n'y a plus que des "scientifiques" (Lurçat, op.cit, pp. 204-206), voire des "chercheurs" organisés, stipendiés d'argent volé par l'Etat qui, à les entendre, ne leur fournirait pourtant pas les moyens qu'ils méritent, eux et la société…
Il y aurait même une "communauté scientifique" (cf. Lurçat, 1995, chap. 12 ) qui formerait le consensus et à laquelle toute personne qui a choisi de mener une activité scientifique devrait faire allégeance, sinon… gare aux représailles, aux proscriptions, etc.

Exemple par excellence d'un certain bannissement, Henri Poincaré, celui dont la "conjecture" vient d'être enfin démontrée – ce qui montre tout de même que tout ce qu'il a fait n'a pas été attribué à d'autres ou dilué dans la "communauté" – (cf. le livre ci-contre de O'Shea, D., 2007 ).

En 1908, il y a donc exactement un siècle, Henri Poincaré publiait Science et méthode .
Sur le marché de l'information manipulé en France, s'est-il trouvé un opérateur pour écrire un article à propos du centenaire du livre ?
A ma connaissance, pas
 un seul.

On a préféré ressasser les non sens éculés du Capital de Karl Marx ou ceux des écrits d'une certaine école de pensée économique sur la "crise de 1929".


3. Une ébauche de la théorie du savant.

Cher internaute, si vous n'avez pas eu l'heur de lire le livre jusqu'à ce jour, sachez que Poincaré y propose, entre autres, une ébauche de la théorie du savant qui n'a rien à envier à certaines théories postérieures du consommateur, du producteur ou du gestionnaire de portefeuille chères aux "micro économistes".
Et quoique mathématicien, son ébauche est exprimée en langue naturelle contrairement à la plupart de ces théories microéconomiques !

De plus, son ébauche fournit un trait d'union entre Frédéric Bastiat (1801-1850) et des économistes de l'école de pensée économique dite "autrichienne" tels que Ludwig von Mises ou Friedrich von Hayek dont les écrits importants ont vu le jour dans les décennies 1920-1980.

L'ouvrage de Poincaré met en jeu l'harmonie du monde, son harmonie avec l'esprit de l'être humain (condition nécessaire de la découverte du savant, de la réduction de l'ignorance limitée spécifique à chaque être humain) et l'infirmité de cet esprit.

Bien évidemment, ces considérations – à l'opposé des normes socialistes en vogue alors, plus ou moins totalitaires, pour laisser de côté les marxistes - vont faire que, pendant cinquante ans, Poincaré restera sous l'éteignoir.
En particulier on oubliera largement ces travaux sur les relations instables des équations de la mécanique newtonienne pour le problème des trois corps seront largement oubliés (Lurçat, 2003, p.99)

Dans la seconde partie du XXème siècle néanmoins, quelques initiés savaient qu'il avait découvert des mouvements instables dans le système solaire, mais on n'en parlait guère.
C'est seulement à partir de 1963 quand Edward Lorenz, théoricien de la météorologie, eut redécouvert indépendamment des travaux de Poincaré (qu'il ignorait, "allez savoir pour quoi", comme la plupart des physiciens...) les solutions (ce qu'on dénomme aujourd'hui le "chaos") que l'on commença à mesurer la portée de ses travaux, à défaut de vraiment la comprendre : en fait Poincaré avait établi une distinction entre déterminisme mathématique et déterminisme physique.

Et comme le souligne Lurçat (2003, op.cit., p.100), celui qui a le mieux éclairé la question, Sir James Lighthill, l'a fait dans une conférence de 1986 qui se verra bannie des références des travaux scientifiques :
"En n'adorant pas les idoles de la tribu, ce diable d'homme aurait-il causé des blessures métaphysiques" (ibid., p.101)


4. Perspective.

Bref, le cadre politique de l'économie de la France n'est pas le libéralisme.

Ceux qui le prétendent sont des menteurs, a fortiori le sont les pseudo-scientifiques à la recherche de privilèges et de subventions pour vivre par la force sur le dos des autres.
Leur mensonge végète impunément sur la crise scientifique qui est en cours depuis plusieurs décennies et en relation avec l'idéologie du déterminisme dont les socialismes nazi et communiste du XXème siècle n'ont été en fait que des applications.

A l'opposé de cette idéologie, il y a la réalité que l'Etat ne saurait faire parvenir à la situation imaginée et désirée par les idéologues, même par la force violente.
Leur issue avait d'ailleurs été prévue, toujours en langue naturelle, en particulier par Mises et Hayek en 1935 (cf. Hayek, (ed.) L'économie dirigée en régime collectiviste, Médicis, Paris, 1939).

La désinformation fait oublier aujourd'hui ces issues inéluctables ou bien elle fait "comme si" celles-ci n'avaient pas été ce qu'elles ont été.
A fortiori, elle est muette sur les immenses pertes que ces socialismes ont infligées.

La dernière manifestation en date de la crise scientifique est sous nos yeux aujourd'hui : c'est la "crise financière".
Elle tient en particulier à des produits financiers qui ont été fabriqués par des scientifiques de la communauté "du même tabac", puis saupoudré de mensonges de diverse nature.

L'économie de marché mondiale, dans la mesure où elle est la concrétisation du libéralisme, ne pouvait que les cerner et les expectorer un jour ou l'autre. Et cela a commencé à se faire en 2007.  Certains dénomment le phénomène "crise financière".  Soit. 
Et les pertes sont déjà importantes en 2008.

La prochaine manifestation en France, me direz-vous ?
Voici ma réponse : on ne la voit pas, la communauté scientifique qui pèse sur le marché de l'information n'en parle pas, mais elle est vraisemblablement en cours étant donné que le marché, même entravé, est toujours un processus.

Elle ne peut conduire qu'à révéler  mensonge au terme duquel ce serait le libéralisme qui régit l'économie de la France et donc à changer le cadre politique de l'économie en France, à commencer par celui du marché de l'information. Les privilèges et autres subventions dont jouissent les opérateurs de l'offre sur ce marché et qui grèvent, entre autres, le pouvoir d'achat de chacun et le budget de l'Etat, n'y changeront rien.  Ils parleront alors vraisemblablement de "crise politique" !
 
Espérons que les pertes ne seront pas trop importantes.

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