Paris, le 9 février 2013.



Dans l'état ignoré où il se trouve aujourd'hui à cause d'absurdités économiques trop peu soulevées - même si elles commencent à se faire entendre, par exemple, ce texte -, une première façon de cerner l'échange économique, i.e. l'échange des biens de vous et moi – échanges intérieurs ou échanges extérieurs -, est d'abord de s'interroger sur l'offre de monnaie.

Cette interrogation ne saurait confirmer ce que, depuis longtemps, s'efforcent de faire croire certains autres. 
Le marché financier ou le budget de tel ou tel état qu'ils évoquent sont des leurres.

Il conviendrait d'être sensible à l'échange des biens, même si cela est gigantesque, et à rien d'autres.


1. L'offre de monnaie.

Il convient de distinguer les deux banques centrales que sont la banque centrale européenne qui a vu le jour depuis 1998-2002 et la banque centrale des Etats-Unis d'Amérique qui allait exister, il y a cent ans, en 1913.

Tandis que la B.C.E. était allée de pair avec la création de la monnaie réglementée dénommée "€uro", la Fed n'avait fait qu'organiser, à sa façon, la monnaie réglementée dénommée "dollar" qui existait depuis au moins l'année 1900. 

Il faut en effet savoir que, depuis le 14 mars 1900, l'unité monétaire de la République de l'Union des Etats Unis était le dollar-or, correspondant à un poids de:

                1,6728 g d'or au titre de 900/1000,
soit:
                1,504631 g d'or fin divisé en 100 cents

et équivalent à:
                              25,523851 francs.

Il est frappé 800 dollars dans 43 onces troy, soit:

                          1337,45 g d'or au titre de 900/1000.

La loi du 24 décembre 1913 créera la banque centrale des Etats-Unis d'Amérique, i.e. le système de réserve fédérale - dénommé "Fed" -.
La Fed émettra des billets qui s'ajouteront aux divers types de billets existants.

La loi l'instituera pour doter les Etats Unis d'une monnaie fiduciaire moins rigide que les certificats d'or et d'argent, et offrant une garantie supérieure aux billets des banques nationales.

Le prix de l'once troy (31,1g):

                        1 once d'or = $ 20,7

est peu éloigné des origines de la fin du XVIIIè siècle, mais il connaîtra une forte augmentation en 1934:

                                 1 once d'or = $ 35

après interdiction de l'inconvertibilité intérieure en 1933 puis, après 1971-73, de toute convertibilité.


1.A. La banque centrale européenne.


La banque centrale européenne donne l'évolution des actifs du bilan du système européen des banques centrales - S.E.B.C. - ou, si on préfère, la situation financière consolidée de l'€urosystème.

Depuis mi 2005 et jusqu'à début 2013, son évolution a été la suivante (cf. graphique 1):


                                          Graphique 1

                         Bilan de la B.C.E.-€urosystème
                                 mi 2005 - début 2013.


Source : http://goldsilverworlds.com/gold-silver-price-news/lower-euro-gold-stronger-euro-as-ecb-balance-sheet-is-shrinking/


De cette évolution, deux grandes stabilités méritent attention:
- hausse stable jusqu'à 2008 III,
- stabilité plus ou moins horizontale de 2008 IV à 2011 II.


1.B. La banque centrale des Etats-Unis d'Amérique.

Pour sa part, la base monétaire des Etats-Unis d'Amérique a eu l'évolution comparable qui suit (graphique 2) :


                                      Graphique 2

              Base monétaire des Etats-Unis d'Amérique
                            2005 – mi janvier 2013



Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?g=eFl&utm_source=Twitter&utm_medium=SM&utm_campaign=Twitter


Les trois grandes stabilités de l'évolution de la Fed sont :
- hausse stable jusqu'à 2008 III,
- stabilité de 2009 IV à 2010 IV,
- stabilité depuis 2011 III.


1.C. Remarque.

L'augmentation de l'offre de monnaie réglementée « dollar » par le Fed n'a pas varié depuis mi 2011 jusqu'à - semble-t-il - aujourd'hui inclus (à savoir 21 janvier 2013, cf. grap. 2).

A l'opposé, l'augmentation de l'offre de monnaie réglementée « €uro » par la B.C.E. (cf. grap. 1) est intervenu en 2011, deux trimestres après celle de la Fed et jusqu'à mi 2012 pour, semble-t-il, baisser depuis lors, à ce jour.

Que va-t-il en résulter ?
Difficile à dire.

Une chose est certaine : ces différences cachent des phénomènes qui vont, entre autres, affecter le marché financier ou les budgets des Etats.


2. Le marché financier.


Pour beaucoup de commentateurs, une façon de s'intéresser à la monnaie réglementée n'est pas de faire référence à l'offre de monnaie réglementée de telle ou telle banque centrale. 
Tout se passe comme si on se moquait des raisons de la réglementation qu'est le monopole privilégié de la banque centrale.

Elle est d'y lier des instruments financiers comme, par exemple, le "crédit default swap" et la "dette souveraine".


2.A. Le "credit default swap".


Le "credit default swap" est un instrument financier permettant aux créanciers de limiter, par assurance, tel ou tel actif financier dont ils jugent être porteurs.

Le graphique 2 peut ainsi être précisé par le graphique 3 sur les écarts de "credit default swap" :


                                      Graphique 3

                     Les écarts de "credit default swap"
                                    2007 – 2012


Source : http://chevallier.biz/2012/03/e-crise-de-la-pensee/
http://www.suomenpankki.fi/en/tutkimus/tutkimustiedote_online/2012_2/pages/2_2012_1.aspx


Le graphique 3 confirme que le début des errements des banques centrales en matière monétaire, celle dont on parle aujourd'hui, coïncide avec la faillite de Lehman Brothers de septembre 2008 et s'accroît avec le "flash crash" de mai 2010...

L'augmentation de l'offre de monnaie considérable qu'ont décidée les banques centrales évoquées précédemment a entrainé des effets qui ont empêché qu'elle en ait un significatif dans un premier temps et dont le flash crash sera le détonateur.

Ce que Lehman Brothers avait fait et ne pouvait plus faire à cause de sa faillite, les banques centrales l'ont réalisé avec les augmentations considérables de vente de monnaies réglementées évoquées ci-dessus.
Peu importent, par exemple, les achats de l'Etat grec convenus par telle ou telle banque centrale (cf. ce billet du 14 février 2010 ou celui du 21).


2.B. La dette souveraine.

Certains n'hésiteront pas à montrer néanmoins qu'un temps la monnaie réglementée « €uro » a permis que les taux d'intérêt à long terme des Etats des pays de la zone €uro soient égaux (cf. dettes souveraines à 10 ans dans la période 1995-2011 du graphique 4 ci-dessous:] :


                                         Graphique 4



Source : http://www.beammanagedforex.com/education/bonds_beammanagedforex.php


A sa façon, sans le dire, le graphique du marché financier a réhabilité ce qui se produisait avant 2001où il y avait une différence entre les dettes souveraines des pays de la zone €uro et où les incompétents affirmaient qu'il n'y en aurait plus à cause de la réglementation qu'ils se faisaient forts d'asséner la monnaie réglementée "€uro".

Force est de reconnaître que le marché financier n'a pas distordu, un temps, les règlementations des Etats de l'€uro sur quoi intervenait l'importante activité de Lehman Brothers et qui voulaient un même taux d'intérêt pour tous.

Le temps a passé et, malgré la faillite de Lehman Brothers, le marché financier a tendu à restaurer des réalisations antérieures, certes à des niveaux différents, et a essayé ainsi de s'en sortir depuis, au moins, cette date.

Rien n'est stabilisé pour l'instant aujourd'hui.


3. Les budgets des Etats.

A défaut de s'intéresser au marché financier, des commentateurs s'intéressent aux budgets des Etats.

Le graphique 4 faisait ainsi référence aux situations - présentes et à attendre – des budgets des Etats de la zone €uro.

Elles n'avaient pourtant rien à voir les unes avec les autres sauf à tenter de mettre en évidence l'importance de la monnaie réglementée dénommée « €uro » dans les dettes souveraines des pays de l'€uro, ce qui reste à prouver.

Celles-ci cachaient, chacune, des considérations économiques différentes qui ne sauraient être calculées ou envisagées en relation avec la monnaie réglementée €uro comme elles l'étaient, sans le dire, à cause de tel ou tel graphique improvisé.


Le fait est que les Etats ont causé de graves dérives avec leurs budgets et autres innombrables réglementations.

Le budget d'un Etat est le résultat de l'échange économique, il ne saurait en être celui qui fixe quoi que ce soit.

Peu importent les budgets des Etats à quoi ils donnent lieu, a fortiori celui de l'Union européenne qui permet à ces dirigeants de s'engraisser.


4. L'échange économique.

L'ignorance économique qui consiste à vouloir expliquer l'échange économique ou des échanges économiques par n'importe quoi doit être dénoncé.

L'important est l'échange économique et les conséquences à quoi il donne lieu, rien d'autres.

L'échange économique dont personne ne saurait altérer significativement les voies témoigne des troubles qu'on lui trouve, plus ou moins.


Les éléments de l'échange économique tendent à les faire comprendre
, non pas à les faire modifier.

Par exemple, le prix en monnaie d'un bien ou le budget d'un Etat – recette ou dépense, intérieure ou extérieure - n'est pas la cause de l'échange économique qu'on veut bien dire, il en est seulement l'effet!

Le prix en monnaie d'un bien est la conséquence de l'offre et de la demande de tel bien, voire des autres marchés. 
Et demain, il changera.

Le budget d'un Etat accentue telle ou telle considération de ressources ou de charges,
peu importe qu'elle soit dérisoire ou destructrice.
Mais jamais il ne saurait dominer l'échange économique, le fixer à ce qu'il souhaite, il en est une suite, non pas une voie d'accès.


L'ignorance économique qui consiste ainsi à expliquer les variations des monnaies réglementés €uro ou dollar par des budgets des Etats ne doit pas être suivie comme elle l'est depuis des années.

Il faut refuser l'argument spécieux qui contribue à faire oublier les ruines qu'ont causées les changements du XXè siècle (cf., par exemple, ce billet de juin 2012), à commencer peut-être par l'interdiction de la convertibilité en monnaie or, à la demande, à taux fixe,
des substituts de monnaie réglementée bancaires .

Cette interdiction alliée aux conséquences opposées de la Conférence antérieure de Gènes (1922) doivent être abandonnées. 
Pour sa part, le Fonds monétaire international, créé en 1944, sous des prétextes erronés, n'a plus de raison d'être depuis 1971-73.
Quant à l'euro, succédané du système monétaire européen conséquence de 1971-73, rien ne le justifie.  Il est d'autant moins justifié que le machin dénommé "mécanisme européen de stabilité" - entré en vigueur en octobre 2012 - est un scandale de plus dont sont exclus les peuples européens à quoi le vote n'a pas été demandé.




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