Paris, le 5 janvier 2009.


Pour remettre l'information dans le chemin d'où certains s'efforcent de l'écarter, vous trouverez ci-dessous deux textes sur les idées politiques de Vaclav Klaus, président de la République tchèque en exercice (ci-contre) :

- l'un intitulé "Euroscepticisme et Européisme" qui est paru dans le bulletin trimestriel de l'aleps Liberté économique et progrès social , n°117, octobre 2006 et qui n'est autre que son discours inaugural de la «XXIXème Université d’Eté de la Nouvelle Economie », Aix en Provence, 27 août 2006 - traduit par François Guillaumat et moi-même - ;

- l'autre qui a été écrit "online" par des journalistes de Bloomberg, le 22 juin 2007 et s'intitule "Le président tchèque ne voit pas de 'catastrophe' si l'accord sur le traité de l'UE ne se fait pas" - ma traduction -.

Ces textes montrent que Vaclav Klaus a de la suite dans les idées, mais pas celle que ceux qui tentent de conditionner l'opinion lui prêtent sous prétexte que la République tchèque est pour six mois (janvier 2009-juin 2009) en charge de la présidence tournante de l'Union européenne


                   I. Euroscepticisme et européisme 
                               -
par Vaclav Klaus -.

L'Europe de ces cinquante dernières années ne peut pas se décrire comme dominée par l’un ou l’autre des "–ismes" – bien traités par les encyclopédies – parce que chacun d'eux est partiel et exprime seulement une composante de notre réalité multidimensionnelle. La pensée actuelle en Europe est fondée sur une doctrine plus large, plus générale et, à l'évidence, hétérogène. C’est ce que j’appelle Européisme.

C'est une doctrine qui ne se présente pas sous la forme d'un système (de facto, seulement quelques critiques en parlent sérieusement). Malheureusement, il n'est pas possible de se référer à des sources clairement définies à partir de quoi on pourrait la "lire". Le texte de la constitution européenne était un certain "résumé" de l'Européisme, mais ce n'est pas une bonne source parce que ce texte a fait de son mieux pour en supprimer maints traits et manifestations importants.

Je vois des interconnections dans cet "amalgame d'idées" et l'énorme force de synergie qui en découle. A cause de cela, l'Européisme rassemble des gens dont les visions du monde sont très différentes. Ils ne sont pas trop d'accord les uns avec les autres, en revanche tous tiendraient l'Européisme pour un blasphème. Je crains que – par exemple, dans le système politique tchèque d'aujourd'hui – les démocrates Sociaux, Chrétiens et Citoyens et peut-être même les Communistes acceptent plus ou moins l'idéologie de l'Européisme, quoique aucun d'eux n'admette un tel "copinage" en public.

L'Européisme peut amener à s'entendre ceux qui sont d'accord avec la guerre en Irak et ceux qui lui sont opposés, ceux qui souhaitent des impôts plus élevés et ceux qui veulent les baisser, ceux qui acceptent ou non la mise sur écoute massive des citoyens, ceux qui souhaitent ou non le commerce avec la Chine, ceux qui soutiennent ou non "le partenariat enregistré" et beaucoup d'autres encore.

Je conçois l'Européisme horizontalement, de la façon suivante :


1. La dimension politico-économique (ou sociale).

Un des éléments clés de l'Européisme que partagent à la fois la droite européenne politiquement correcte et la gauche (quoique moins dans l'Europe anglo-saxonne que dans la "continentale" ou franco-allemande) se trouve être le modèle de l'économie dite sociale de marché. Quoiqu’une telle approche se fasse l'avocate d'un système paternaliste improductif, sur réglementé, démotivant et excessivement redistributeur, c’est là-dessus que les Européistes fondent leur position et qu’ils s’y accrochent. Le "marché sans adjectif", ils le refusent, ils ne veulent pas des "marchés libres". Ils n'aiment pas le mot « capitalisme ». Ils défendent tous les types d'intervention de l’Etat au nom du slogan de la "régulation civilisée de l'anarchie du marché".

Les hérauts de l'Européisme n’ont pas admis l'enseignement fondamental d’Adam Smith, ni les idées libérales des économistes et de leurs représentants des autres sciences sociales qui lui succédèrent. Le paradigme fondamental de l'Européisme est à l'opposé – pour eux, le marché est essentiellement anarchique et l’Etat est là pour corriger cette anarchie.

C’est un regrettable manque intellectuel et aussi une faute de caractère dangereuse de la part des Européistes de ne pas se rendre compte que dans une majorité écrasante de cas, les dégâts que l’Etat cause sont beaucoup plus importants et beaucoup plus dangereux que les insuffisances du marché, et que le gouvernement n'est pas une entité neutre maximisant le bien-être de ses citoyens, mais un instrument pour faire valoir des intérêts privés très étroits (de différents groupes d'intérêt et aussi d'hommes politiques et de bureaucrates qui satisfont principalement leurs intérêts propres). Les Européistes ne se rendent pas compte du fait que la réglementation étatique est une arme dans les mains des groupes d'intérêts bien organisés (et par conséquent bruyants), et qu’elle ne protège pas les intérêts d’anonymes, non organisés, de citoyens presque sans défense.

L'Européisme ne veut pas tirer les leçons de l'épisode tragique du communisme et autres variantes non moins malfaisantes de la société et de l'économie centralisée (les différents régimes fascistes ou autoritaires). Il ne veut pas davantage tirer une leçon de l'expérience récente de la "régulation civilisée de l'anarchie du marché en Europe". Il interprète celle-ci comme un succès extraordinaire.

Ce modèle social européen est accepté à la fois par le SPD et par le CDU en Allemagne. Il passe pour partie intégrante de l'identité culturelle en France (à l'exception de quelques libéraux). La Scandinavie concourt pour être reconnue comme l'auteur du modèle. En Autriche, on le considère comme le contrepoids nécessaire à un "capitalisme sauvage" à l’américaine. Les Conservateurs britanniques sont restés longtemps hors du courant mais je ne suis pas sûr que cela continuera avec la nouvelle équipe dirigeante qui est politiquement beaucoup plus correcte que les précédentes. La question est de savoir si notre "nouvel" ODS (parti démocratique citoyen) ne devient pas plus réservé à cet égard aussi bien.


2. La manière d'intégrer l'Europe.

Pendant un demi siècle, il y eu une discussion incessante entre les avocats du modèle d'intégration européenne par la libéralisation – qui était d'abord fondé sur la coopération intergouvernementale des pays européens (lesquels conservaient en mains une majorité significative des paramètres de leurs systèmes politique, social et économique) et sur la mise à bas de toutes les barrières non nécessaires aux activités humaines existant aux frontières des états – et les partisans du modèle de l'intégration par l'harmonisation (ou l'homogénéisation) qui est fondé sur l'unification à partir d’en haut, orchestrée par les autorités de l'Union européenne, avec l'ambition de niveler tous les aspects de la vie pour tous les Européens et de le faire dans une entité supranationale, qui déterminera une majorité écrasante des paramètres systémiques de l'Europe intégrée toute entière par l'intermédiaire d’institutions supranationales.

Le premier de ces modèles a été fondé le plus souvent sur l'hypothèse que le démantèlement des barrières conduirait à une concurrence désirable entre les états aussi bien qu'à la libéralisation subséquente dans chacun des pays pris individuellement. Le second de ces modèles a voulu et veut toujours l'opposé. Fondamentalement, il ne souhaitait pas que le meilleur système (le moins réglementé) gagne, mais que tous se soumettent au système le plus réglementé (réglementé par les avocats de cette approche).

Dans la phase initiale de l'intégration européenne (approximativement jusqu'au commencement de l'ère Delors au milieu de la décennie 1980) le premier modèle a prévalu quoique Jean Monnet ait voulu le second depuis l'origine. Dans la phase actuelle, c'est quand même le second modèle qui, à l'évidence, a prévalu. L'Européisme s'y identifie totalement.

Le problème de l'intégration a bien sûr maints aspects ponctuels. L'un d'eux tient dans la question de savoir qui, ou quoi, est l'entité de base (ou la fondation) de l'intégration européenne. Est-ce l'homme (l'individu masculin ou féminin) ou est-ce l'état ? La construction d'une entité supranationale, qui est une ambition évidente et non dissimulée de l'Européisme ou des Européistes, affaiblit les états et renforce la relation directe des individus à l'égard de l'U.E.

L'Union européenne reste, cependant, un simple "ensemble d'autorités supranationales", tandis que l'Etat est une entité qui est fondamentalement, de par sa vraie nature, plus que cela. Il est possible d'aimer ou de ne pas aimer le pays où on vit. Il est possible, par exemple, d'applaudir ou de ne pas applaudir à un match de football. Il est possible de le défendre l'arme à la main. Il est (d'ordinaire) possible de parler la langue. Il est possible de l'adorer et de le haïr. Il n'est pas possible, néanmoins, d'avoir une telle relation avec un ensemble d'autorités supranationales.

Un autre aspect important du modèle européiste est la tentative pour introduire – dans la mesure où le cadre législatif et institutionnel est concerné – un système cartellisé, dit par conséquent « harmonisé » dans lequel les éléments individuels de l'Europe ne rivalisent pas les uns avec les autres parce que un système unique y domine déjà.

Le problème est que l’harmonisation imposée d’en haut ne peut se faite qu’à la hausse. Les économistes le comprennent parce que ils sont familiers avec le terme "rigidité à la baisse". Les intérêts particuliers profondément enracinés ne permettent pas un mouvement à la baisse. Cela signifie fondamentalement l’accroissement des charges et la diminution de la concurrence. La politique d'harmonisation n'est rien d'autre qu'une tentative pour exporter des coûts élevés et un moindre degré de concurrence vers les autres pays de l'UE ; vers des pays qui sont – pour diverses raisons historiques – à un niveau différent de développement économique, ont des priorités, des coutumes et traditions différentes, de même que des ambitions différentes.


3. Quelques considérations sur la liberté, la démocratie et la société.

Les Européistes sont aussi caractérisés par la clarté de leurs positions dans les discussions sur la démocratie parlementaire ou la société civile ou dans les discussions sur la démocratie ou sur la post-démocratie. Ils n’ont aucune inclination pour les processus démocratiques normaux. Ils préfèrent l' « efficacité » de la décision « pragmatique ». Ils préfèrent la collectivité à l'individualisme, le partenariat social et le corporatisme à la démocratie classique.

Puisque les Européistes sont (et aiment être) éloignés des citoyens, puisqu’ils ne voient pas ces citoyens et ne les touchent pas directement, il leur faut des collectivités, des groupes et groupements variés avec qui ils essaient de s'entendre. C'est pourquoi ils aiment le concept corporatiste de « partenariat social », c'est pourquoi ils veulent de grosses entreprises et de gros syndicats, c'est pourquoi ils veulent les puissances contrepoids de Galbraith (au niveau macroéconomique, pas à celui du marché, fonctionnant au niveau microéconomique). Souhaitant échapper au contrôle des citoyens, ils trouvent bon de s'entendre avec des ONG variées, qui – au moins c'est ce qu'ils souhaitent – leur donnent une légitimité dont ils seraient dépourvus autrement.


4. Dimension de la politique étrangère et des relations internationales.

Les Européistes n'aiment pas la "politique intérieure" (qui est sous contrôle démocratique beaucoup plus strict) et promeuvent la prise de décision – et le déficit démocratique – au niveau supranational. Ils apprécient les visions larges, mondiales, géopolitiques et c'est aussi pourquoi ils constituent une organisation internationale ou supranationale après l'autre. Le souci d’émanciper les politiques et les politiciens de l’obligation démocratique d’avoir des "comptes à rendre" est un de leurs premiers objectifs.

C'est pourquoi les Européistes avancent le slogan : "moins d'état nation, davantage d'internationalisme", c'est pourquoi les Européistes associent à dessein l'état nation avec le nationalisme, c'est pourquoi ils promeuvent le multiculturalisme et le principe de « désassimilation », c'est pourquoi ils développent la dénationalisation de la citoyenneté, c'est pourquoi on a fondé et on soutient des « partis politiques européens ». C'est pourquoi ils attendent la naissance de l'identité européenne et du "peuple" européen. C'est pourquoi ils veulent construire une espèce de "fraternité européenne". C'est pourquoi ils se font avocats de l'universalisme abstrait des droits. C'est pourquoi ils préconisent un monde homogénéisé, "décaféiné". C'est pourquoi ils suggèrent que quelque chose comme "la psyché collective de l'Europe" existe.

Je considère que ces ambitions (et arguments) ne sont qu’un écran de fumée, un emploi de mots agréables pour cacher des intérêts très terre-à-terre. Voici les intérêts de se débarrasser de l'état en tant que garant irremplaçable de la démocratie, en tant qu'unité politique fondamentale d'un système démocratique (à l'opposé du « Reich », de l’empire, de l’unions, de la ligue de pays), en tant qu'arène unique vraiment organisable de la vie politique, en tant que base de la représentation politique et de la représentativité la plus grande possible, mais en même temps aussi la plus petite raisonnable.

Contrairement à la coopération entre gouvernements, le supranationalisme européen engendre la rivalité vis-à-vis des Etats-Unis, en d'autres termes, l'antiaméricanisme. Au lieu de l'Atlantisme ou de l'alliance transatlantique, il mène aux tendances opposées. Il conduit aussi bien à l'acceptation de l'idée que le conflit entre l'Ouest et l'Islam est une première image du conflit des civilisations inévitable dans l’avenir.


5. Développement philosophique de l'Européisme.

Dans sa "Weltanschauung" , l'Européisme entretient non pas une modeste croyance évolutionniste dans l'ordre spontané, mais une position radicalement constructiviste. Les Européistes ne croient pas à l'activité humaine spontanée, non réglementée et non contrôlée par d’autres. Ils ont confiance dans ceux qu’ils ont choisis (non pas dans ceux qui sont élus), ils ont confiance en eux-mêmes ou dans ceux qu'ils choisissent. Ils croient à une société humaine structurée verticalement et hiérarchisée. Ils veulent imaginer, planifier, réglementer, administrer à la place des autres, parce qu’il y en a (eux-mêmes tels qu'ils sont) qui savent et que les autres ne savent pas. Même si nous pensions qu'après l'effondrement du communisme, tout cela appartiendrait au passé, il n'en est rien. Voilà que tout recommence. L'Européisme est un nouvel utopisme et j'ajouterai que c'est un utopisme extrêmement naïf et romantique.

L'Européisme est un produit des élites. C'est le produit de gens qui ne veulent pas aller travailler chaque jour, de 8 heures à 17 heures, et avoir un vrai métier. C'est le produit de gens qui veulent diriger les autres, les commander, les dominer et « faire la loi chez eux ». Ils incluent des politiciens et à eux sont reliés des bureaucrates aussi bien que des intellectuels publics. C'est un grand groupe dans la sphère publique qui "très pragmatiquement" qui tire le plus grand parti possible de sa position :
- veut s'assurer que son statut privilégié et avec lui des bénéfices connectés dureront longtemps ;
- veut s'isoler de l'atteinte de l'électorat, de l'opinion publique et des mécanismes démocratiques normaux ;
- veut – au travers de la complexité et de la non transparence des procédures de décision de la loi communautaire et au travers de la distance des citoyens – se détacher des conséquences de sa décision et des charges (au sens le plus large) qu'ils infligent – par leur activité – aux citoyens des pays membres.

Ces trois groupes forment une coalition d'intérêts très forte qui n'a pas de contrepoids à sa mesure dans l'Europe hétérogène et au vaste territoire, avec autant d'intérêts différents. Il existe une majorité silencieuse qui pense que c'est faux mais elle est incapable de s'organiser et a – contrairement aux Européistes – un vrai métier qu'elle doit et veut exercer. Cette majorité se tient sur la défensive. De plus, les Européistes ont réussi à se faire passer pour l’incarnation d’un progrès et à présenter les autres comme celle de l’obscurantisme, ce qui est un « coup » extrêmement réussi. Nous avons une minorité bruyante, largement motivée, pas explicitement organisée, dont les membres cependant se rencontrent et se parlent, contre une majorité entièrement éparpillée avec des intérêts conflictuels et des problèmes, qui ne voit pas ce qui se trame. Mis à part cela, cette majorité pense que le projet de l'U.E. est une petite addition au cours normal des événements. Malheureusement, il n'en est pas ainsi. C'est un tournant révolutionnaire dans le cours normal des événements. 



    II.  Le président tchèque ne voit pas de "catastrophe" 
           si l'accord sur le traité de l'UE ne se fait pas.
             par Andrea Dudikova and Chris Burns 

Vaclav Klaus, le président tchèque, a déclaré qu'un échec de l'Union européenne pour parvenir à un accord sur un nouveau traité européen ne serait pas une "catastrophe" et que le bloc élargi va continuer à fonctionner sans lui.

Les dirigeants de l'UE tentent à Bruxelles de parvenir à un compromis sur le traité destiné à rationaliser la prise de décision et à ralentir l'expansion de la bureaucratie dans l'union des 27 pays, qui est partie de 15 pays depuis 2004. Le rejet polonais des changements dans le système de vote et les objections de la Grande-Bretagne à l'extension des pouvoirs de l'UE sont les plus grands obstacles.

Klaus, qui était premier ministre au cours de l'éclatement de la Tchécoslovaquie en 1993, est l'un des plus ardents sceptiques de l'Europe à l'égard de l'influence croissante de l'UE sur les intérêts nationaux, des bénéfices de l'euro et des preuves scientifiques sur le réchauffement de la planète.
Il a mis en garde contre les efforts visant à relancer la Constitution qui a été rejetée par les électeurs français et néerlandais en 2005.
"Rien ne se passerait'' si aucun compromis n'était trouvé, a déclaré Klaus dont la fonction est en grande partie honorifique, dans une interview dans le Château de Prague, hier.
`` L'Europe a existé pendant des années sans constitution européenne et l'Europe peut très facilement vivre sans une constitution pendant des années.''

Les commentaires de Klaus vont à l'encontre de ceux du Premier ministre, Mirek Topolanek, du ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg et d'autres membres du gouvernement. Schwarzenberg a déclaré dans une interview du 20 Juin ``que nous devons trouver un compromis entre tous les points de vue.''


1. Le processus d'élargissement

Le président, 66 ans, a écarté les revendications selon quoi, sans le traité, l'avenir du processus d'élargissement du bloc serait menacé, en disant qu'il n'a pas déraillé ces deux dernières années, depuis qu'une version antérieure du projet de la constitution n'a pas été votée. La Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE le 1er janvier, à la suite de l'adhésion de 10 pays en 2004, y compris la République tchèque.
`` Ce n'est que le mensonge de ces eurocrates qui nous disent que vous avez soit l'élargissement soit le traité'', a-t-il dit. ``C'est un tel truc."

La Pologne a mené une lutte solitaire contre la méthode de dénombrement des voix proposée, en vertu de laquelle les lois passent quand elles sont soutenues par au moins 55 pour cent des gouvernements qui représentent au moins 65 pour cent de la population de l'UE. Le système de la "double majorité'' oriente le pouvoir vers des pays plus grands comme l'Allemagne.

Klaus a déclaré que les objections de la Pologne étaient une "question marginale''.

Au contraire, il a dit que la principale question est de savoir si le traité ``fera passer la structure de base de l'UE de l'inter-gouvernementalisme au super-nationalisme.''


2. Un combat délibéré

Il a dit que ceux qui luttent pour le système de vote le font "délibérément `` car ils veulent ``faire faire silence à l'opposition à la substance réelle du traité constitutionnel.''

Le cabinet tchèque, qui a dit "qu'il ne mourra pas dans un fossé'' sur la proposition polonaise, prévoit d'adopter l'euro dès 2012.
Klaus a déclaré que le moment exact du passage à la monnaie était "sans importance.''
"La question importante est d'examiner à quel moment les avantages qui résultent d'adhérer à la monnaie commune sont plus grands que les coûts liés à son acceptation'', a-t-il dit. ``Je ne suis absolument pas pressé. Pour moi, aucune date n'est intéressante maintenant.''

Les pays candidats à l'adoption de l'euro doivent respecter les règles fixées par le traité de Maastricht telles que le maintien du déficit budgétaire en dessous de 3 % du produit intérieur brut, la tenue de la dette dans les 60 % du PIB, et une inflation, des taux d'intérêt et une monnaie stables.


3. Les intérêts tchèques

L'ancien ministre des Finances et premier ministre [qu'est Vaclav Klaus] a dit que les Tchèques ne seront concernés que quand il sera dans leur intérêt d'adopter l'euro, ``indépendamment des critères de Maastricht", qu'il a dit être intéressants seulement pour les pays actuels de l'euro.

Le président, qui est au sommet des classements de popularité politique tchèque, a critiqué les dirigeants du Groupe des Huit pays industrialisés pour leur vœu de renouveler un mouvement mondial de lutte contre l'élévation des températures.

Au sommet du G-8 au début de ce mois en Allemagne [donc juin 2007], l'Union européenne, le Japon et le Canada ont promis de réduire les émissions de carbone de moitié d'ici 2050.
"La décision est absolument vide de sens'', a-t-il dit. "Les braves hommes politiques du G-8 ont décidé de se projeter en avant et de promettre quelque chose pour l'année 2050, ce qui est au-delà de la pensée humaine et de l'imagination humaine. C'est une promesse 'bon marché' car les officiels en question ne seront probablement pas aux affaires alors", a-t-il dit.

Klaus a déclaré que les dirigeants devraient faire des promesses concrètes qui peuvent être tenues.

Le président a annoncé en février dernier [2007] qu'il envisageait de briguer un second mandat de cinq ans alors que son premier mandat expirera l'année prochaine.


Pour contacter les journalistes à propos de ce texte :
Andrea Dudikova à Prague à adudikova@bloomberg.net
Chris Burns à Berlin, Allemagne à  cwburns@bloomberg.net



N.B. 
Et Vaclav Klaus a été réélu en 2008 président de la République tchèque, pour cinq ans
.

Le 11 février 2009, il a donné une conférence sur le thème "L'Europe, écologie et la crise économique actuelle : un point de vue non conformiste" au restaurant Ledoyen, Paris, France.



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