A Paris, le 12 janvier 2013.




Le paquet de réglementations évolutif dénommé "€uro" vient d'avoir quatorze ans (cf. ce billet du 1er janvier 2012).

Il se trouve être la base d'un marché dont il convient de faire le tour en quelques lignes.


 1. Les billets en €uro.

Fin 2000, le montant des billets inscrit au passif du compte de bilan du système européen des banques centrales aux ordres de la banque centrale européenne - l'€urosystème - s'élevait à (1) :

                    € 371 milliards

Fin 2012, il atteignait :

                    € 914 milliards

source : B.C.E.


En douze ans, le montant des billets a été multiplié par :

                         2,5


2. L'or.

Le montant de l'or figurant à l'actif du compte de bilan était
en 2000 de:

                       € 117 milliards

et en 2012 de

                      €  479 milliards

soit une multiplication par :

                           4,1

dont l'évolution est retracée sur le graphique 1 ci-dessous :


                                             Graphique 1.

                                   Avoirs en or de la B.C.E.
                                     en valeur et en volume
                                             1999-2012




et à la lumière de l'évolution du prix de l'once d'or (cf. graphique 2):


                                         Graphique 2.

                               Avoirs en or de la B.C.E.
                                   et prix de l'once d'or
                                          1999-2012





Source : http://www.merkfunds.com/merk-perspective/insights/2012-07-31.html


La contrepartie comptable "or" des billets est donc passée de 31,5% du montant des billets en 2000 à 43,8% en 2012, malgré les ventes d'or à quoi se sont livrées telle ou telle banques centrales de l'€urosystème (cf. graphique 1) (2).


3. La base "€uroïque" (3).

Le total du compte de bilan diminué des capitaux propres et de la réserve de réévaluation, c'est-à-dire la base monétaire "€uroïque", était en 2000 de:

                       € 661milliards

Il est passé en 2012 à

                      €  2479 milliards

soit une multiplication  par :

                             3,8

du total net du bilan, de la base
"€uroïque".


Pour sa part, le montant des billets est tombé  en % du total net du bilan, de la base
"€uroïque",
- de 56,1% en 2000
- à 36,9% en 2012, soit près d'un tiers.

Cette diminution ne doit pas cacher le phénomène complémentaire, à savoir une augmentation des dépôts du système européen des banques centrales - €urosystème - de 43,9% à 63,1%, près des deux tiers de la base
"€uroïque".


4. L'offre d'€uro.

a) La quantité d'€uro, définie sur la base de M1, était en 2000 de:

                  € 2085 milliards

et est passée en 2012 à :

                  € 5691 milliards

soit une multiplication par :

                           2,7

source : B.C.E.

Le rapport à la base
"€uroïque" passait ainsi de 3,2 à 2,3, soit une diminution significative du chiffre du multiplicateur...


b) La quantité d'€uro M2 était en 2000 de:

              € 4300 milliards

et est passé en 2012 à :

              €  8960 milliards

soit une multiplication par plus de 2,

Le rapport à la base
"€uroïque" est passé de 6,5 à 3,6, le multiplicateur a ainsi diminué plus que significativement.


c) La quantité d'€uro M3 - indicateur que privilégie la banque centrale européenne sans justification ... - a eu des variations dont l'évolution est retracée dans le  graphique 2 ci-dessous.


                                 Graphique 3.

                       Evolution de l'offre d'€uro
                            (sur la base de M3)
                                 1999-2012



Source : B.C.E.


La quantité d'€uro M3 était :
* au 1er janvier 1999:
                 
                 € 4500 milliards

* fin décembre 2000:

                € 5080 milliards

* et en septembre 2012 - dernier chiffre officiel connu -:

                € 9724 milliards.

Ce qui fait apparaître une évolution de M3 parallèle à celle de M2, M3 a plus que doublé.


5. La demande d'€uro.


La demande d'€uro (en pourcentage du revenu de la zone €uro mesuré par le P.I.B.) était

* en 2000:
sur la base de M1:
                               0,31,

sur la base de M2:
                               0,63 ;

* en 2012, elle est - en données provisoires -
sur la base de M1:
                              0,52,

sur la base de M2:
                              0,93.

Il y a donc eu une augmentation significative de la demande d'€uro (par unité de revenu) dans la période 2000-2012:
- augmentation des deux tiers de M1 et
- augmentation de près de 50% de M2.


6. Quelles espérances se former.

Ces variations de l'offre et de la demande d'€uro sont considérables et cachent une situation  nécessairement transitoire: la demande d'€uro ne peut que diminuer.

Comment sera atteinte la situation permanente ?
A priori,
- par variation des prix en monnaie ou
- par variation de l'activité économique.

Espérons que l'augmentation de l'activité sera sans commune mesure avec l'évolution des prix en €uro et non pas l'inverse, à savoir une augmentation des prix en €uro sans commune mesure à avec l'évolution de l'activité économique.

Dès à présent, on peut s'inquiéter de l'évolution récente des variations de prix (cf. graphique 3 ci-dessous) :


                                              Graphique 3.

                                  Evolution des prix en euro
                                               1999-2012




Pour mémoire, on pourra se reporter à ce billet de mai 2009 ou à celui-ci d'avril 2009 ou encore à celui-ci de juillet 2009.


7. Le marché de l'€uro.

Au seuil de 2013, le marché de l'€uro, c'est donc:

* une offre en augmentation considérable qui n'a pas eu l'effet sur les revenus - et l'activité ou l'emploi (mesuré par le P.I.B.) - dont rêvaient vraisemblablement les manipulateurs ;

* une demande en augmentation extraordinaire qui ne peut qu'être annonciatrice d'un point de retournement sur quoi devraient commencer à s'interroger les magiciens de la banque centrale européenne
s'ils veulent éviter de renverser la marmite de la potion (pour mémoire, entre autres, ce billet de mai 2010).


Notes :

(1) Je pars de décembre 2000 pour partir d'une année "ronde" et fixer les idées.
J'aurais pu partir de janvier 1999 (cf. ci-dessous M3) et les augmentations en question auraient été pires.

(2) Il convient de ne pas confondre les réserves en or de l'€urosystème et ses prétendues "réserves internationales" qui ne sont que du "néant habillé en monnaie" pour reprendre l'expression de Jacques Rueff (cf. ce billet de mars 2011).

(3) ... comme l'illusion du même métal (cf. ce billet de mai 2012)





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