Suivi du cours d'économie industrielle, Université Paris Dauphine, département d'économie appliquée, année de licence 2004-05, (spécialisation "Finance"), 2nd semestre.


Première séance du lundi 31 janvier 2005

I. Présentation et synthèse du cours
La première partie de la séance a été consacrée à la présentation et à la synthèse du cours.
Point de départ du cours, un fait d'actualité : l'OPA de la bourse de Francfort sur la bourse de Londres, "La bataille boursière entre Deutsche Börse et Euronext". Description du fait à partir de concepts de l'économie industrielle. Et accent mis sur l'originalité non pas de l'OPA (décennie 1960), mais de l'instigateur, la bourse de Francfort. Ce fait était impossible il y a encore une dizaine d'années. Ce fait était aussi alors imprévisible pour certains économistes alors qu'il l'était pour d'autres.
Le cours est finalisé par une explication rationnelle du fait.

1. L'économie industrielle en perspective.
L'économie industrielle est à la fois un domaine de l'économie pure et un domaine de l'économie appliquée. L'économie pure et appliquée de la production a conduit à forger le concept de l'économie industrielle ou de l'organisation industrielle au fur et à mesure que le développement définissait à son tour un nouveau domaine théorique. Par oubli ou inversion de la démarche, l'étude du concept de l'économie industrielle ou de l'organisation industrielle donne lieu aujourd'hui à deux grandes approches étant donné l'approche "traditionnelle" (que pour fixer les idées, on dénommera "approche à la Marshall"): l'approche "économie industrielle moderne" EIM (… "à la Lecaillon" ) et l'approche "nouvelle économie industrielle" NEI (… "à la Lepage"). De fait, l'approche "NEI", englobe les deux autres. La présenter, c'est présenter les deux autres et les liens qu'elles entretiennent.
On peut schématiser les principales étapes de sa ligne directrice ainsi. Point de départ: l'individu ignore en partie la réalité économique dans laquelle il vit, dont il est un élément et, parce qu'il préférerait connaître plus, il évalue par comparaison coûteuse sa situation d'ignorance limitée. Ce coût est envisageable comme un obstacle premier à ses actions. Parce qu'il ne vit pas au jour, il pense et se forme des espérances morales avec incertitude. Parce qu'il est rationnel, il décide et agit selon des règles pour réduire le coût évalué, pour changer de situation. Les actions de l'individu constituent le premier type de moyens pour réduire le coût.
Deuxième type de moyens découvert: le(s règles de) droit, à commencer par (le droit de) la propriété. Mais il n'y a pas réduction à zéro. Certains expliqueront ce fait en introduisant l'imperfection du droit de propriété. Ils introduiront ainsi une définition du concept de "coût de transaction". Mais, il en est de même du contrat/échange de droit de propriété sur les choses: il ne réduit pas à zéro le coût. Bref, les règles de droit contribuent à réduire le coût de l'ignorance limitée, mais pas à zéro, il y a des coûts de transaction. Ronald Coase (1937) a mis en exergue un élément qui a contribué à cerner le concept de "coût de transaction", à savoir la "variabilité des prix des facteurs de production attendue avec incertitude" par le producteur. Celui-ci l'évalue coûteuse. Rationnel, il cherche à réduire le coût et a été découvert un moyen juridique d'y parvenir, l'"association" ou la "société" qui va cerner l'organisation "firme". Bref, troisième type de moyens de réduction du coût de l'ignorance limitée ou du coût de transaction, la firme de production. Autres concepts de coût, le coût d'opportunité d'une action humaine et le coût de production de la firme. Le coût de production donne lieu à d'autres concepts tel le "revenu net de coût de production attendu avec incertitude" (profit). De ce profit maximum positif, on déduit, selon les cas, les prix et quantités de produit de la firme ou de l'industrie. Quels cas? Certains diront des "cas de concurrence" et d'autres des "cas de concurrence ou de monopole".
Des firmes "prennent conscience" de leur (inter)dépendance et choisissent de réduire le coût à quoi elles évaluent celle-ci. Un moyen découvert est de passer entre elles des accords. Autre moyen: une firme fusionne ou acquiert successivement toutes les firmes de l'industrie et devient monopole. ..

2. La finance à la lumière de l'économie/organisation industrielle.
Domaine de l'économie appliquée, l'économie industrielle (ou l'organisation industrielle) permet d'éclairer la réalité économique et de l'analyser avec les concepts originaux qu'elle fournit. Le cours sera ponctué d'éclairages de la réalité économique qu'est la finance. Primo, éclairée par l'économie industrielle, la finance devient une "industrie financière" .
Secundo, son produit tient dans des contrats financiers et des paniers de services financiers.
Tertio, on peut étudier des aspects de la finance à partir des réponses données à des questions théoriques, par exemple :
- les marchés financiers (par ex. bourses de valeurs ou de commerce) ne sont jamais que des firmes de services (dénommées aujourd'hui "entreprises de marché", marchés organisés) ou, si on préfère, des firmes produisant des contrats financiers et des paniers de services (dont des informations via les prix ou des indices par ex.); ces marchés ne sauraient être confondus avec le principe de l'échange, du contrat, du marché, de la concurrence qui explique les prix en monnaie des choses échangeables ;
- les marchés financiers sont aujourd'hui des firmes en concurrence alors qu'hier ils étaient des monopoles réglementaires.
- ces dernières années, des marchés financiers ont fait le choix de fusionner avec d'autres : par ex. la "bourse de Paris" a fusionné avec d'autres bourses pour constituer "Euronext" et, aujourd'hui, la "bourse de Francfort" tente d'acheter la "bourse de Londres".

3. La concurrence en finance à la lumière de l'économie industrielle.
Une grande différence existe entre les approches de l'économie industrielle : l'approche traditionnelle et l'EIM sont plutôt des approches normatives alors que la NEI est une approche positive.
Les auteurs de la NEI s'efforcent d'expliquer ce qui est observable, voire ce qui pourrait arriver si telle ou telle condition variait ...
Les auteurs de l'EIM portent un jugement de valeur sur la situation qu'ils expliquent (par ex., la concurrence est imparfaite). Dans la foulée, ils cherchent des moyens pour que celle-ci devienne parfaite. Ce qu'ils imaginent constituent des aspects de la "politique de la concurrence" (la "politique 'antitrust'") et le droit de la concurrence.
La politique ou le droit de la concurrence ne fait pas partie de la NEI, sinon pour montrer son inanité et les dommages qu'elle provoque.
Que dire de la concurrence en finance ? Selon les auteurs, elle est une concurrence plus ou moins réprimée par le législateur, ou bien une concurrence dont les imperfections sont à corriger par ce dernier à moins que des monopoles soient jugées devoir être maintenus, voire que de nouveaux soient créés.


II. Plan - des questions - du cours.

1. Ignorance limitée de l'être humain, incertitude et coût de l'ignorance limitée.
2. Droit de propriété, coût de transaction, échange/contrat: réduction (du coût) de l'ignorance limitée par les règles de droit : Application : le contrat financier (de gré à gré) par opposition au contrat financier standardisé, réglementé.
3. La firme : réduction du coût de transaction (ou du coût de l'ignorance limitée) par l'organisation "firme". : Application : la bourse, un marché financier organisé : une firme -"entreprise de marché"-
4. Coûts de production de la firme (ou de l'industrie) et fonctions de coût de la firme (ou de l'industrie) : Application : les règles techniques employées par un marché financier organisé (bourse) et les coûts qui en résultent.
5. Demande de produits attendue avec certitude (ou avec incertitude) par la firme ou par l'industrie, fonction de demande, fonction de recette moyenne/unitaire et fonction de recette marginale : Application : gain à l'échange
6. Détermination des prix et quantités d'un produit (service ou non) :
Application : les intermédiaires financiers, les fonds financiers et les marchés financiers organisés.
7. Concurrence et monopole public ou monopole réglementaire : Application : les bourses de valeurs hier, en France et dans le monde : des sociétés ou des associations mutuelles en situation de monopole réglementaire.
8. Concurrence et monopole naturel : Application: les bourses de valeurs sont-elles des monopoles naturels ?
9. Déréglementation des services publics : application: la déréglementation des bourses de valeurs, en France et dans le monde, (démonopolisation, démutualisation et cotation sur un ou plusieurs marchés financier organisés, voire chez soi).
10. Interdépendance stratégique : oligopole, cartel et fusion : Application: Euronext, marché financier organisé résultat de la fusion de plusieurs marchés organisés et coté par ses soins ; l'OPA de Deutsche Boerse sur London StockExchange.
11. Concurrence ou concurrence contre monopole : la politique de la concurrence (politique antitrust) et le droit de la concurrence. Application : la concurrence en finance.


III. Références bibliographiques.

- Alchian, A.A. (1950), "Uncertainty, Evolution, and Economic Theory", The Journal of Political Economy, 58, pp.211-21.
- -------------et Demsetz, H. (1972), "Production, Information Costs, and Economic Organization", The American Economic Review, 62, pp.777-95.
- Dickinson, G. (1993), "Market Services and Europe Integration", European Economy (Social Europe), n°3, pp.183-210.
- Elzinga, K.G. (1999) "Industrial Organization and Human Action", Cato Journal, 19, 2, pp.233-245. Site internet : http://www.cato.org/pubs/journal/cj19n2/cj19n2.html
- Gual, J. et Neven, D. (1993), ""Market Services and Europe Integration : Banking", European Economy (Social Europe), n°3, pp. 151-182.
- Guillaumat, F. (2001), "Comment l'étude des structures industrielles peut-elle être scientifique" (thèse de sciences économiques), Université Paris IX Dauphine, Paris, 584p.
- Lecaillon, J. (1988), Eléments d'économie industrielle, Montchrestien (Domat économie), Paris, 210p.
- Lepage. H. (1989) La Nouvelle économie industrielle, Hachette (coll. Pluriel), Paris, 450p.
- Olsem, J.P. (1991), Economie industrielle, Armand Colin (coll. cursus), Paris, 192p.

La seconde partie de la séance a été l'occasion d'introduire la question de l'ignorance limitée de l'individu, de son incertitude, du risque et du coût de l'ignorance limitée.
L'être humain ignore en partie la réalité (univers des choses où il vit et dont il est un élément, et avenir). Par figure de rhétorique (métonymie), on dit qu'il est dans l'ignorance, dans l'incertitude. Cf. Ludwig von Mises et Action Humaine.
Pour "gérer son incertitude", l'être humain se forme des espérances morales que le cas échéant, il rationnalise en introduisant des instruments mathématiques (probabilités ou espérances mathématiques, voire moments d'ordre supérieurs à un). Il est possible de distinguer une incertitude déterministe et une incertitude non déterministe.


Deuxième séance du lundi 7 février 2004.
 
La séance a d'abord été consacrée à la présentation de la fin de la question préliminaire intitulée "Ignorance limitée, incertitude et coût de l'ignorance limitée ou de l'incertitude".

1. L'être humain ignore en partie la réalité.
a) Ignorance, incertitudes déterministes et certitude.
b) Imperfections des hypothèses d'incertitudes déterministes .

2. L'essence de l'action humaine est l'ignorance limitée de l'être humain.

3. L'être humain ignore en partie son être, sa situation, i.e., de fait, l'action de possession fondamentale qu'il mène en permanence.

4. L'être humain ne vit pas au jour le jour, il pense, il imagine, il s'attend avec incertitude, il se forme des espérances morales, des anticipations.

5. L'être humain évalue toute chose avec une règle d'évaluation qui lui est propre.
a) L'être humain évalue le patrimoine qu'il possède avec incertitude
b) L'être humain évalue sa propriété d'ignorance limitée.
c) L'être humain évalue la propriété d'ignorance limitée de la situation qu'il imagine.

Cela a été l'occasion d'insister sur le fait que l'être humain pense, veut et agit car il ignore en partie la réalité et sa situation dans la réalité dont il est un élément.
- Dans la réalité, l'être humain ignore en partie son action de possession fondamentale du patrimoine qu'il est.
- l'être humain ne vit pas au jour le jour, il pense, il imagine, il s'attend avec incertitude, il espère ou "anticipe" ;
- l'être humain évalue le patrimoine qu'il possède avec incertitude.
- Le coût de l'ignorance limitée ou de l'incertitude.
C'est la différence entre la valeur que l'individu donne à la situation d'ignorance limitée où il se trouve et la valeur qu'il donne à la situation de non ignorance (ou de moindre ignorance partielle) qu'il imagine et où il préférerait se trouver, les deux situations pouvant être schématisées par ses patrimoines de référence et par son ignorance limitée. En d'autres termes, pour l'être humain, l'ignorance limitée est coûteuse, a un coût.

La séance a tenu ensuite dans le développement de la question 1. intitulée "Droit de propriété, coût de transaction et échange (contrat)"
L'individu réduit le coût de l'incertitude par les actions qu'il choisir de mener. S'il n'ignorait pas en partie la réalité, il n'agirait pas.
Les individus ne vivent pas en "autarcie", sur des îles désertes, mais en "société". Ils ont des relations entre eux et des relations à propos des choses. Ils sont incertains sur les unes et sur les autres. Ils réduisent le coût de l'incertitude par les actions qu'ils mènent. Ils ne mènent pas des actions n'importe comment, mais en général en appliquant ou respectant des règles, ils mènent des actions rationnelles. Et ils ont découvert progressivement des voies, moyens ou méthodes pour réduire le "coût de l'ignorance limitée ou de l'incertitude".
Ces règles sont de trois grands types :
- juridique : le droit en comprend lui-même de nombreux instruments : la propriété et l'échange (contrat) en sont deux exemples.
- technique/scientifique : les règles de la logique en sont un exemple, la science en est un autre,
- économique (cf. suite du cours). L'échange est un type d'action pour ne pas dire l'action par excellence. Les individus n'échangent pas des "biens" et "services" : personnes juridiques physiques ou morales, ils échangent des "droits de propriété" sur des choses de type "bien" qu'ils possèdent, en suivant les règles juridiques de l'échange/contrat. Les "biens" ne sont pas le contraire des "services" comme la façon de parler habituelle le suggère. Les biens ne sont jamais que des choses évaluées de type "bien" tandis que les services sont des choses immatérielles, incorporelles, dont la production et la consommation coïncident. Un service peut être de type bien ou de type mal.

La propriété.
Selon les articles du Code civil:
Art. 544 : la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.
Art. 545 : Nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n'est pour cause d'utilité publique, et moyennant une juste et préalable indemnité.
On soulignera que ces articles font référence aux choses et non pas aux biens.

On remarquera que le Code Civil fait état des biens d'après leur appartenance aux individus dénommés "particuliers" :
Art.537 : Les particuliers ont la libre disposition des biens qui leur appartiennent, sous les modifications établies par la loi. Les biens qui n'appartiennent pas à des particuliers, sont administrés et ne peuvent être aliénés que dans les formes et suivant les règles qui leur sont particulières.
Art. 713 : Les biens qui n'ont pas de maîtres, appartiennent à l'État.

Le droit d'accession.
Art. 546 : La propriété d'une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne droit sur tout ce qu'elle produit ; et sur ce qui s'y unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement. Ce droit s'appelle droit d'accession.

On remarquera que le Code Civil distingue juridiquement les biens en tant que "biens meubles" ou "immeubles" (cf. Code civil, art.546).
Le droit d'acquisition ou de cession.
Rappelons les articles du Code civil qui portent sur l'acquisition ou la cession de la propriété d'une chose :
Art.711 : La propriété des biens s'acquiert et se transmet par succession, par donation entre vifs ou testamentaire, et par l'effet des obligations.
Art. 712 : La propriété s'acquiert aussi par accession ou incorporation et par prescription.
Art. 545 : Nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n'est pour cause d'utilité publique, et moyennant une juste et préalable indemnité.

En passant, on soulignera que l'"échange" est à classer sous la rubrique "effet des obligations".

Le droit de propriété.
Rappelons les articles du Code civil qui définissent le droit de propriété :
Art.543 : On peut avoir sur les biens, ou un droit de propriété, ou un simple droit de jouissance, ou seulement des services fonciers à prétendre.

Ce qu’on appelle couramment un droit de propriété est en réalité un panier de droits de propriété. Le droit de propriété est décomposable en usus, fructus et abusus ou bien en usufruit et nue propriété ou bien en intérêt et principal…
D'un point de vue juridique, propriété et droit de propriété contribuent à définir et à préciser les relations entre les personnes juridiques à propos des choses ou des "biens". A ce titre, ils réduisent le coût de l'incertitude de chacune.
D'un point de vue économique, ils précisent d'abord la définition des choses durables ou non (services). Ils précisent aussi l'action de possession.


Troisième séance du lundi 14 février 2005.

La séance a été consacrée à terminer la présentation de la question 1. "Droit de propriété, coût de transaction et échange/contrat : réduction de coût de l'incertitude via les règles de droit".

Le droit de propriété contribue à réduire (le coût de) l'incertitude de l'être humain, qu'il s'agisse des choses à quoi il peut être sensible, de l'action de possession des choses ou de l'action de recherche qu'il peut vouloir mener. D'une certaine façon, il fournit une incitation à mener ces actions même si
Art 1384 du C.C. :
"On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde [...]".

Si le droit de propriété a cette "propriété" de donner la capacité d'exercer une action sur telle ou telle chose (service ou non), il ne réduit pas à zéro le coût de l'incertitude. D'autre part, pour autant qu'"il ne s'auto protège pas", qu'il n'exclut pas le vol, des économistes considèrent qu'il présente des imperfections.
Conséquence, il faut le protéger (police, justice) et, de ce fait, il fait supporter un type de coût qu'on dénomme "coût de transaction" (on le dénommera "coût de transaction de type I").
Le concept de coût de transaction a d'autres définitions qui ne recoupe pas nécessairement la précédente et, à ce titre, pose maints problèmes. Pour autant qu'on fait abstraction des règles de droit comme le font certains économistes et qu'on met l'accent sur la transaction – sous-entendu économique - ou son synonyme, l'échange, que les individus désirent mener entre eux, il en vient à désigner les dépenses en facteurs d'action d'échange qu'entraîne l'action d'échange, la transaction (Hicks, 1935) :c'est ce qu'on peut dénommer le "coût de transaction de type II".
Et on sait que ces dépenses ont été réduites au fil des siècles par des découvertes successives comme la monnaie ou la banque (le système monétaire), voire le marché organisé (cf. question suivante du cours sur la "nature de la firme" (Coase, 1937). Pour autant qu'on ne fait pas abstraction des règles de droit, il convient d'introduire l'instrument juridique qu'est l'échange avant d'envisager l'échange ou la transaction au sens économique restreint. L'échange est en effet d'abord un type de règle qui permet la cession ou l'acquisition de propriété de chose. Rappelons l'art.711 :
"La propriété des biens s'acquiert et se transmet par succession, par donation entre vifs ou testamentaire, et par l'effet des obligations".

Il est ensuite un type de contrat qui permet le transfert de droit de propriété entre les parties contractantes ou, si on préfère, une modification de la distribution des droits de propriété dans la société.
Art 1702 : l'échange est un contrat par lequel les parties se donnent respectivement une chose pour une autre.
Art. 1703: l'échange s'opère par le seul consentement de la même manière que la vente
étant entendu que
Art. 1101 : le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose.
Art. 1134 : les conventions légalement formées tiennent de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou par les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi.

L'"échange" est donc à distinguer du "contrat" en général, mais aussi de la "vente" et ou du "paiement", autres notions d'abord juridiques.

Comme l'action d'échange quand on fait abstraction du droit, l'échange de droits de propriété sur les choses fait supporter des dépenses à ceux qui le mène, dont on peut dénommer l'ensemble "coût de transaction de type III". Comme l'instrument juridique "droit de propriété", l'instrument juridique "échange" présente des imperfections et donne lieu à ... des coûts de transaction. De fait, le coût de transaction de type III en relation avec l'échange/contrat doit prendre en compte ces coûts. Mais l'échange/contrat contribue à réduire (le coût de) l'incertitude de l'être humain sur ses relations avec ses semblables à propos des choses. D'une certaine façon, il lui fournit une incitation à mener les actions de possession, de recherche et d'échange.
Pour autant que les actions d'échange sont menées en appliquant les règles de droit, il faut reconnaître que la réduction du coût de l'incertitude à quoi celles-ci contribuent est supérieure en valeur absolue aux coûts de transaction (tous types confondus).

Application : le contrat financier de gré à gré (over the counter, OTC) par opposition au contrat financier standardisé, "réglementé".
Le contrat financier est un double swap de choses lié.
Sa standardisation ou "réglementation" traduit une réduction de coût de transaction supplémentaire.

Remarque (hors cours): à la différence de l'instrument juridique "droit de propriété, l'instrument "échange" peut jouer un rôle dans la distribution des droits de propriété dans la société. Et c'est le "théorème de Coase":
si les coûts de transaction sont nuls ou n'existent pas, l'allocation des ressources dans la société est indépendante de la distribution des droits de propriété. Et, en conséquence, on peut laisser de côté la définition des droits de propriété. Sinon, chaque distribution recèle un ensemble de coûts de transaction.


Quatrième séance du lundi 28 février 2005.

La séance a eu pour objet la deuxième grande question du cours intitulé "La firme : réduction du coût de transaction (ou du coût de l'incertitude/ignorance limitée) par l'organisation "firme".

Pendant longtemps, dans la théorie de l'équilibre économique général, la firme a existé tout en n'existant pas. Pourtant la firme existe juridiquement et économiquement sous diverses formes observables. Il conviendrait de savoir pourquoi elle existe.

La firme, contrat de société.
Juridiquement (étymologiquement, de l'italien, "firma" qui signifie "convention"), la firme est un type de contrat, un "contrat de société" défini par le Code Civil ou par le Code du Commerce.
Art 1832 du Code Civil : "La société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d'affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter [...] Les associés s'engagent à contribuer aux pertes".
Art. 18 du Code de Commerce: "Le contrat de société se règle par le droit civil, par les lois particulières du commerce et par les conventions des parties".
Art. 19 : "La loi reconnaît trois espèces de sociétés commerciales : la société en nom collectif, la société en commandite et la société anonyme".
Art. 1835 du Code Civ.: "Les statuts [...] déterminent, outre les apports de chaque associé, la forme, l'objet, l'appellation, le siège social, le capital social, la durée de la société et les modalités de son fonctionnement".
Il en résulte que la firme est une personne juridique morale comparable à toute personne juridique physique et distincte des personnes juridiques, morales ou physiques, qui la crée.

La firme, panier de contrats.
En tant que personne juridique, la firme a elle-même la capacité d'échanger/contracter avec d'autres personnes juridiques, physiques ou morales. Elle peut échanger/contracter d'une façon spécifique avec des personnes juridiques qui seront dites "faire partie" de la firme (salariés par exemple) : c'est l'"internalisation" par opposition à l'"externalisation" (en anglais "outsourcing"). En conséquence, la firme apparaît comme un panier de contrats.

Coût de transaction de type IV.
Comme à tout instrument juridique, des économistes imputent à la firme des imperfections ou des incomplétudes qui sont évaluées coûteuses et donnent lieu à un nouveau type de coût de transaction (de type IV).

Economie de marché et "coût du mécanisme des prix" (coût de transaction de type V).
En 1937, dans un article intitulé "The Nature of the Firm" paru dans Economica, Ronald Coase a proposé une première explication du pourquoi la firme existe : elle contribue à réduire le "coût du mécanisme des prix".
De fait, ce coût est à la fois un aspect du coût de transaction de type II en relation avec l'économie de marché et un aspect du coût de l'incertitude de la personne juridique physique qui mène, par exemple, une activité de production (qu'on dénommera "coût de transaction de type V").
Le producteur s'attend avec incertitude aux prix des facteurs de production qu'il transforme quotidiennement et il préférerait les connaître avec certitude. Par la création de la firme/contrat de société/panier de contrats, le producteur a la capacité de réduire le "coût du mécanisme des prix", le coût de transaction de type V. Mais il ne le réduit pas à zéro. La réduction du coût de transaction de type V est comparable au coût de transaction de type IV.

L'organisation.
Parallèlement, il apparaît que la firme est une organisation explicite comparable à l'organisation implicite qu'étudie la TEEG, à savoir l'économie de marché.

Coût d'organisation interne de la firme.
Il reste qu'économiquement, la firme est un ensemble de personnes qui ont choisi de coopérer, de coordonner leurs activités. Elle est un exemple d'organisation de quantités de choses en fonction de leurs spécificités et en fonction des règles qui contribuent à leurs combinaisons.
Comme toute action, l'organisation fait supporter un coût, c'est le "coût d'organisation interne". Ce coût varie avec l'organisation interne de la firme et est comparable au coût de l'organisation qu'est l'économie de marché (coût de transaction de type II et coût de transaction de type V quand on fait abstraction du droit). On peut en déduire une taille optimum de la firme en tant qu'organisation.


Cinquième séance du lundi 7 mars 2005.

La séance a d'abord porté sur le développement de la fin de la question 2 et son application : "la bourse", une firme/"entreprise de marché"/"marché financier organisé".

La spécialisation permise par la firme.
On peut ne pas mettre au premier plan le coût de l'incertitude pour définir la firme (quoique...), et on peut expliquer la création de la firme par le désir de spécialisation des personnes juridiques dans certaines activités qui décident à cette fin de créer la firme et d'obtenir l'économie de coût de transaction - coûts comparatifs - qui en résulte pour chacun. Il suffit de transposer, du "pays" à l'individu, la "division du travail" d'Adam Smith et la théorie des coûts/avantages comparatifs de Ricardo, Mill, Eckscher, Ohlin, Samuelson, etc. Les coûts comparatifs d'actions sont à distinguer du coût d'opportunité de n'importe quelle action. Et d'une certaine façon, la division en question est la "division de l'incertitude".

Application : la "bourse" (cf. West, R.R. et Tinic, S.M. (1971), The Economics of the Stock Market, Praeger Publishers, New-York, 222p.
Les marchés financiers (stock exchange en anglais, voire exchange) dont les journalistes parlent sont en général de simples firmes.
Il est à souligner que le "marché walrassien" n'est pas d'abord un marché, mais une firme.  Il convient de cerner le stratagème employé à tort par Walras pour développer ou faire comprendre son explication de l'équilibre économique général : l'analogie entre les "marchés" de la théorie -le "concept de marché" - et certains marchés observables, i.e. organisés avec, chacun, son commissaire priseur (hôtels des ventes, marchés boursiers de valeurs ou de commerce)!
Le marché walrassien est de fait doublement organisé :
- par l'économiste walrassien et
- par l'observateur quand celui-ci, comme Walras lui-même, identifie "marché" et "bourse" et fait implicitement ou non, l'hypothèse qu'il n'existe pas de coût de transaction.
Cette double organisation implicite cache la réduction du coût de transaction qu'a permise la firme mise en place, à savoir la réduction du coût auquel est évaluée par le producteur "agent de change" la variabilité des prix du "commissaire priseur" qui est maître du service de cotation (s6), à quoi il s'attend avec incertitude. En pratique, le marché à quoi faisait référence Walras, a disparu ces dernières années car "trop onéreux" en termes de coûts de transaction !

La séance a eu pour fin le début du développement de la question 3 intitulé "fonctions de coût de la firme ou de l'industrie".
Il convient de distinguer le coût de production (sous-entendu les dépenses en facteurs de production qui vont être transformés par la technique de l'action de production) et le coût total de production (qui est en vérité la dépense minimum pour un niveau de production donné et des prix en monnaie des facteurs de production donnés).


Sixième séance du lundi 14 mars 2005.

La séance a porté sur le développement de la question 3 intitulé "Fonctions de coût de la firme et de l'industrie". Elle a été l'occasion de donner deux façons distinctes de définir la fonction de coût total d'un producteur/firme.
La première découle d'un calcul économique reposant sur des hypothèses faisant abstraction de l'incertitude et du coût de transaction (même si les règles juridiques de la propriété et de l'échange/contrat sont sous jacentes et essentielles) et, en particulier, sur celle de la règle technique et celle de la rationalité technique (minimisation). De cette définition, on peut déduire les fonctions de coût moyen (ou unitaire) et de coût marginal. On peut établir une relation entre les variations de la fonction de coût marginal et de la fonction de coût moyen en faisant intervenir l'élasticité de la fonction de coût moyen à la quantité produite. Il apparaît que
- soit les fonctions sont décroissantes (et on a Cm < CM quelle que soit la quantité produite),
- soit elles sont croissantes (et Cm>CM quelle que soit la quantité produite).

La seconde résulte d'une approche pratique, "évolutive", tout autant rationnelle, qui tient dans l'augmentation progressive des unités de la quantité de produit à partir de l'unité et qui fait intervenir, pour chaque unité successive, le coût moyen et le coût marginal, et par conséquent le coût total.

Grandes différences entre les deux définitions: l'évolutive ne fait pas d'hypothèse particulière sur la règle technique, sur l'efficacité avec quoi celle-ci est employée, et amène à s'interroger sur l'éventuel gaspillage des facteurs de production (irrationalité technique). Ces deux définitions ne doivent pas cacher la question des coûts quand la quantité fabriquée est "nulle" et des coûts possibles de cette non fabrication.

C'est l'occasion d'introduire la distinction entre coûts fixes et coûts variables de fabrication d'une quantité de produit. Cette distinction conduit à envisager une relation particulière entre les fonctions de coût moyen et de coût marginal de la quantité produite quand le coût variable moyen est croissant et quand, pour des quantités produites faibles, le coût fixe moyen l'emporte de façon incommensurable sur le coût variable moyen (cas pratique d'investissements matériels ou immatériels, en "matière grise", très importants). L'introduction du "coefficient d'échelle" (rapport entre le CM et le Cm) permet de distinguer les structures de production les unes des autres. On peut en distinguer trois grandes :
- la structure de coûts croissants (CE < 100%),
- la structure de coûts décroissants (CE > 100% et
- la structure de coûts "paradoxaux" (CE > 100%).

Il a été convenu en fin de séance que le contrôle de connaissances intermédiaire aurait lieu le lundi 11 avril 2005.


Septième séance du lundi 21 mars 2005.

La séance a eu d'abord pour objet la présentation de la fin de la question 3, à savoir celle des fonctions de coût d'une industrie.
Définition de l'industrie :
"Marshall (1929) took the world as it is ; he sought to construct an 'engine' to analyse it, not a photographic reproduction of it. In analyzing the world as it is, Marshall constructed the hypothesis that, for many problems, firms could be grouped into 'industries' such that the similarities among the firm in each group were more important than the differences among them" (M. Friedman, 1974, p.35)

Il est à remarquer que Keynes n'hésite pas à parler de "individual industry or firm" (T.G., p.293). Il parle aussi de "single industry" qu'il oppose à "industry as a whole" (ibid, p.294). Et toujours selon M. Friedman :
"In one connection Chamberlin implicitly defines an industry as a group of firms having identical cost and demand curves" (Friedman, 1953, p.35-39)

Hypothèse : les firmes de l'industrie fabriquent le même produit (mais problème de droit...).
Hypothèse alternative :
* les firmes emploient la même technique de transformation des facteurs de production
* les firmes n'emploient pas la technique avec la même efficacité.

A partir de ces définitions, il est possible de considérer trois grandes approches de l'économie/organisation industrielle:
- approche marshallienne (en certitude),
- approche économie industrielle moderne (avec incertitude déterminste),
- approche nouvelle économie industrielle (avec incertitude indéterministe et règles de droit).

Ensuite, comme application de la question, la séance a été l'occasion de s'interroger sur ce que sont les fonctions de coût d'un marché financier organisé, d'une "entreprise de marché".

La séance a porté enfin sur la question 4 intitulée "Demande de produits attendue avec certitude par la firme ou par l'industrie, fonction de demande (fonction de recette moyenne ou unitaire) et fonction de recette marginale.
En économie/organisation industrielle, le concept de loi de demande se démarque du concept de loi de demande du marché d'un produit de la théorie de l'équilibre économique général.  Dans la TEEG, il y a la loi de demande de type Walras - quantité expliquée par le prix -, et la loi de demande de type Marshall - prix expliqué par la quantité -...
Cela a été l'occasion de définir la structure de la demande à quoi s'attend avec certitude une firme par la fonction de recette moyennne ou unitaire (prix maximum unitaire que les "clients" sont prêts à demander et à quoi s'attend avec certitude la firme) et par la fonction de recette marginale ("prix marginal" que les clients etc.).
A la différence du coefficient d'échelle de la firme qui a priori peut être supérieur, égal ou inférieur à 100%, le coefficient de structure de la demande - "du marché" - ne peut qu'être égal ou supérieur à 100%.


Huitième séance du lundi 4 avril 2005.

La séance a été d'abord consacrée à la présentation de la fin de la question 4.  La fonction de demande de produit à la firme ou à l'industrie (individuelle ou non) est, de fait, la fonction de demande d'un ensemble d'individus, "du marché". On peut s'interroger sur cet ensemble et faire des hypothèses à son propos. On peut ainsi supposer que la demande est :
- soit l'addition des fonctions de demande d'individus "semblables", ayant les mêmes préférences et prêts à payer le même prix maximum pour la même quantité de produit;
- soit l'addition des fonctions d'individus "ayant des préférences semblables à des nuances près", prêts à payer des prix qui sont différents pour la même quantité mais qu'on peut ordonner par ordre décroissant (méthode analogue à celle employée pour les fonctions de coût).

On a montré les conséquences qu'on peut tirer de cette hypothèse alternative sachant que :
- on peut déduire de la fonction de demande du marché la fonction de recette marginale de l'industrie ;
- dans certain cas, la fonction de recette marginale est nulle pour une quantité de produit qui fait que le prix que les individus sont prêts à demander est positif ; pour une quantité supérieure à cette quantité, il y a "exclusion" de la demande ;
- dans un autre cas, pour une certaine quantité, le prix que les individus sont prêts à payer est, en théorie, nul ("gratuité").

On a évoqué en conclusion que :
- la fonction de recette marginale de la firme peut s'expliquer par le prix que les individus sont prêts à payer, la "part de marché" de la firme dans l'industrie, l'élasticité prix de la demande, et les variations conjecturales quantitatives (i.e. le taux marginal de réaction de la production du reste de l'industrie à la production de la firme) ;
- la firme peut chercher à s'attacher la demande à quoi elle s'attend avec certitude ou avec incertitude.


Application : gain à l'échange et discrimination des acheteurs.
La recette totale d'un producteur, firme ou industrie peut être agrandie - géométriquement - à un triangle incluant une situation individuelle de gratuité. La séance a été ensuite l'occasion d'introduire la question 5 intitulée "détermination des prix et quantités d'un produit (service ou autre)" à partir de la prise en considération simultanée des "conditions de structure de l'offre" (CSO) et des "conditions de structure de la demande" (CSD).
Au minimum, six situations - elle-même au minimum double - sont à analyser.


Neuvième séance du lundi 11 avril 2005.

Dans la première partie de la séance, il y a eu le contrôle intermédiaire des connaissances. Le sujet a été :

Dans la seconde partie, on est entré dans le détail de deux situations (I et IV) où on a expliqué la détermination du prix ou de la quantité d'un produit par un producteur individuel ou une firme (industrie individuelle).
L'explication repose d'abord sur l'introduction de l'hypothèse de la rationalité du producteur ou de la firme. Elle repose ensuite sur deux démarches : le calcul économique et la démarché évolutionniste. Quelle que soit la démarche empruntée, la quantité de produit ou son prix résultent
- de l'égalisation du revenu (ou de la recette) marginal(e) et du coût marginal,
- d'un taux de marge sur coût marginal égal à l'opposé de l'inverse de l'élasticité prix de la demande.


Dixième séance du lundi 18 avril 2005.

La séance a été l'occasion de terminer la présentation du point 5 du cours intitulé "détermination des prix et quantité d'un produit (service ou autre) par la firme ou l'industrie". Six grands scenarii de structure d'offre/demande sont possibles, trois méritent analyse, deux ont été traités (I et IV), le troisième (V) correspond au point 7 intitulé "monopole naturel" qui sera traité.
Etant donné ces scenarii, il convient de souligner que le producteur/la firme peut être "autiste" ou non, l'observateur peut être "idéologue" ou non. Une synthèse des situations I et IV a été proposée dans le cas explicite ou non de l'"autisme".
Dire que le producteur ou la firme n'est pas "autiste", c'est dire qu'il s'attend à certaines réactions de son environnement aux décisions qu'il prend en matière de fabrication de produit. En d'autres termes, c'est faire intervenir la variable "variation conjecturale quantitative" dans la recette marginale et montrer qu'elle joue un rôle dans la détermination du prix ou de la quantité de produit quand on se place du point de vue du calcul économique.
Quand on se place du point de vue évolutionniste, le rôle de la variable "variation conjecturale quantitative" apporte des éléments informatifs. En effet, avant qu'une industrie soit observable, un producteur innovant est apparu, une firme de production innovante a été créée ("industrie individuelle" ou firme "isolée"). Le producteur ou la firme a fixé prix et quantité du produit fabriqué étant données les conditions structurelles d'offre et les conditions structurelles de demande (i.e le "business plan" à présenter éventuellement au "capital risqueurs").
Etant données les conditions initiales (à production zéro), la règle de détermination tient dans la prise en considération de la RM, du Cm, de leur comparaison par différence, de l'égalisation de la Rm et du Cm ou, si on préfère, dans l'égalisation du taux de marge sur coût marginal à zéro, étant donné un taux de marge sur coût moyen positif. S'en déduit une quantité de produit et un prix "optimaux" pour la firme rationnelle de fait en situation de monopole (un seul vendeur du produit) au départ, mais plus nécessairement en cours de route, en raison de la "concurrence - potentielle -". De deux choses l'une,
- il imagine rester seul à produire ou
- il imagine que des producteurs vont "entrer dans l'industrie en formation"
Son imagination, i.e. ses espérances, est rendue par la variable "variation conjecturale quantitative" à "part de marché" égale à 100%, à partir de la production nulle. Dire qu'il imagine rester seul, revient à dire que la variable est égale à zéro. Dire qu'il imagine de nouveaux arrivants, revient à dire que la variable est positive. Dans ce cas, bien que "monopole" et de part de marché égale à 100%, il se sait "en concurrence" : il imagine que des producteurs "entrent dans l'industrie en formation" et proposent, chacun, un produit qui paraîtra semblable à la demande à défaut de l'être en droit.
Etant données leurs informations sur les résultats de la firme en place, d'autres producteurs peuvent en effet choisir, le cas échéant, de s'y juxtaposer en fabriquant chacun une quantité de produit ("discrimination des prix" et "discrimination technique"). Le monopole devient alors duopole, tripole, multipole, i.e. industrie à N firmes (N>1) et sa PM devient inférieur à 100%.
Que faut-il entendre par le "cas échéant" ? Tout simplement, dans la concurrence définie par la liberté d'établissement et de fabrication/production du produit ou, si on préfère l'expression, par la libre entrée/sortie de l'industrie. Bien évidemment, ce qu'on dit sur la base de la production d'unités successives peut être dit sur la base de la production calculée en se situant dans un voisinage de celle-ci.
Le reste de la séance a consisté à calculer le coefficient d'Hirschman-Herfindahl, caractéristique d'une industrie.


Onzième séance du lundi 9 mai 2005.

La séance a commencé par une application à des firmes aussi différentes que des intermédiaires financiers, des fonds financiers et des marchés financiers organisés de la relation ou du coefficient d'Hirschman-Herfindahl caractéristiques d'une industrie.

La séance a été ensuite consacrée à la question 6 intitulée "concurrence et monopole, monopole public, monopole réglementaire, etc".
Le développement de la réponse à la question sera envisagé à la lumière de ce que Friedrich von Hayek a formulé à diverses reprises, en particulier dans "Constitution de la liberté" sous la forme :
"Mais il y aura toujours des monopoles inévitables, dont le caractère transitoire et temporaire ne se transformera en caractère permanent que sous l'effet de l'intervention des gouvernements" (Hayek, 1959, 1994, p.266).
On a vu que toute industrie, à son émergence, se compose toujours d'une firme, seule, qui a été créée (libre établissement) et qui, étymologiquement, est dénommée "monopole" (seule à vendre). La firme en question, personne juridique morale de droit privé, est seule car elle a innové en fabriquant le produit (service ou non) - dont elle a la propriété (marque)- selon un processus technique de fabrication qu'elle a breveté (propriété industrielle).

Conditions structurelles d'offre:
- a priori, la firme est un monopole concurrentiel, "contestable" sauf coût d'entrée/sortie (E/S) à préciser (en particulier propriété industrielle).
- la concurrence et le monopole ne sont pas des notions économiques diamétralement opposées (forme de concurrence, monopole relatif par opposition au monopole absolu). L'hypothèse de la liberté entrée/sortie (LE/S), c'est, en d'autres termes, celle de la "contestabilité du monopole", façon de parler de la concurrence à quoi la firme en place est exposée et qu'elle prend en considération dès lors qu'elle s'est formée des variations conjecturales quantitatives.
Si les producteurs évaluent coûteuse l'E/S, le coût d'E/S est à distinguer du coût de production. Pour mettre en évidence le cas, il y a, dans le cas I (CE<100% et élasticité prix infinie), à faire intervenir l'hypothèse du gain d'opportunité a priori indéterminé pour des raisons techniques, l'hypothèse de l'attrait pour ce gain de firmes autres, l'hypothèse de la LE/S des firmes, etc. Conditions structurelles de demande:
- la demande est attendue par la firme,
- la demande est attendue prête à substituer le produit de marque à un autre.

Si les producteurs/firmes n'entrent pas dans l'industrie, c'est qu'ils évaluent trop élevé le coût d'E/S et on en déduit qu'ils rencontrent des obstacles, qu'ils ne surmontent pas des barrières. Les obstacles à la LE/S sont de deux grands types : juridiques (légaux, réglementaires, artificiels) ou techniques (efficacité).

Obstacle juridique par excellence : la firme se fait accorder par le législateur le privilège d'être producteur unique.
Le législateur lui donne le privilège ou le lui vend (licence) : le monopole est légal. Le coût de s'établir devient infini pour les rivaux à qui il est interdit de le faire. Il est à remarquer que, dans certains cas, le législateur accorde des privilèges (licences) au monopole et aux premiers rivaux : c'est le "numerus clausus" et l'industrie, en tant qu'ensemble de firmes non discernées les unes des autres, à classer monopole fermé (cas particulier des licences UMTS).
Il y a, dans le cas IV (CE=100% et élasticité prix finie négative de la demande), à faire intervenir l'hypothèse du gain à l'échange maximum, l'hypothèse du gain à l'échange perdu qui explique que des producteurs veuillent se juxtaposer au producteur initial. Si les producteurs/firmes n'entrent pas dans l'industrie, c'est là encore qu'ils évaluent trop élevé le coût d'E/S et on en déduit qu'ils rencontrent des obstacles, qu'ils ne surmontent pas des barrières.

Les obstacles à la LE/S sont de deux grands types : juridiques (légaux, réglementaires, artificiels) ou économiques (en relation avec le prix ou la quantité à produire). Dans les deux cas, il y a aussi à faire intervenir des obstacles illégaux quand les dirigeants du monopole peuvent empêcher les rivaux en créant des obstacles d'ordre juridique, par la violence, ce qui est coûteux pour ceux qui veulent entrer (non respect du droit, inefficacité de la police de l'état). De fait, le monopole se conduit illégalement, se situe dans un état de non droit. Mais la démarche est coûteuse et le coût croissant et insoutenable à terme.

Il y aura une séance de rattrapage du lundi de Pâques : elle aura lieu le mercredi 18 mai de 13H45 à 17H00.


Douzième séance du lundi 16 mai 2005.

La séance a commencé par un point sur "concurrence et monopole", une application de au marché organisé, entreprise de marché, qu'était la Bourse de Paris (voire les bourses en général jusqu'au début des années 1990). Elle s'est poursuivi par une étude générale des firmes de droit public et des monopoles du même droit. Elle s'est terminé pas une analyse du "monopole naturel" par opposition au "monopole artificiel" (cas V) (question 7.)

Remarques.
1. La concurrence corrigée par l’égalitarisme.
D’une part la concurrence ne saurait se concevoir qu’entre firmes ou individus fonctionnant dans des conditions comparables, offrant une égalité des chances à tous les compétiteurs : l’égalité serait une condition préalable à la concurrence. La concurrence serait comparable à une compétition dans laquelle ne seraient engagés que des coureurs d’égale valeur, et où les gagnants devraient partager les prix avec les perdants.

2. La concurrence, un processus de découverte
L’approche égalitariste souffre d’une double incohérence.
La première consiste à définir la concurrence en termes statiques, comme une situation de marché. La théorie économique traditionnelle est à l’origine de cette erreur d’optique. Elle qualifie un marché de concurrentiel quand, en un moment donné, sont satisfaits des critères précis : un grand nombre de compétiteurs, tous de faible taille, proposant des produits identiques ou comparables, libres d’entrer et sortir du marché sans aucun coût, et parfaitement informés sur les conditions d’offre et de demande des autres concurrents. De telles exigences, qui définissent la concurrence « pure », ne sont jamais satisfaites dans la réalité. Malheureusement ce sont ces critères que retiennent le plus souvent le droit de la concurrence et les juges chargés de l’appliquer. Au contraire, à la suite d’HAYEK, les économistes autrichiens définissent la concurrence en termes dynamiques. Par nature elle est un processus de découverte : un marché concurrentiel est celui qui est appelé à évoluer, sous l’effet de comparaisons permanentes entre solutions alternatives pour améliorer l’adaptation des moyens aux besoins. Elle s’intègre dans la série d’essais et d’erreurs qui engendrent et guident le progrès. Elle suppose donc la diversité, l’inégalité. Pourquoi concourir si tout le monde agit de même, et si l’on ne peut distinguer a priori ce qui est préférable ? Comment saurait-on d’ailleurs ce qui est préférable ? La concurrence est la réponse à l’ignorance radicale dans laquelle s’inscrit l’action humaine.

3. La concurrence, une diffusion du progrès
Une deuxième erreur consiste à voir dans la concurrence l’occasion pour les uns d’accroître leur puissance et leur richesse au détriment des autres. Il y a une large part d’idéologie dans cette croyance, réminiscence de la lutte des classes. Mais il y a aussi une incompréhension fondamentale de l’économie, assimilée à un jeu à somme nulle, où ce que gagnent les uns est perdu par les autres. En fait tout le monde est gagnant dans le processus concurrentiel : la concurrence améliore les performances et, si elle est libre et ouverte, elle aboutit à une baisse des prix et à une augmentation du pouvoir d’achat du plus grand nombre. La concurrence met le progrès au service de la communauté. Au lieu que le progrès demeure l’apanage de quelques pionniers, il peut se diffuser sans limite. BASTIAT en tirait la conclusion que la concurrence est une bonne affaire pour la multitude des consommateurs qui vont bénéficier des progrès réalisés, mais une rude exigence pour les producteurs qui ont été les artisans de ces progrès. Voilà pourquoi le premier mouvement des producteurs n’est jamais en faveur de la concurrence.


Treizième séance du mercredi 18 mai 2005.

La séance a conclu la question du monopole naturel par une discussion des fonctions de coûts décroissantes. Elle portera ensuite différentes facettes de la concurrence (indépendance ou interdépendance des firmes). Elle s'est intéressée enfin aux tenants et aboutissants de l'offre publique d'achat que la Deutschbörse avait lancée sur le London Stock Exchange... (questions 8 et 9 respectivement de "la déréglementation des services publics" et de "l'interdépendance stratégique des firmes")

Remarques.
1. Concurrence tous azimuts
La concurrence a une vocation très élargie, et ses vertus peuvent s’exercer en de nombreux domaines. Elle peut résoudre la plupart des grands problèmes de la société contemporaine. En effet nous vivons désormais dans un monde ouvert, et nous découvrons la diversité. Cette découverte inspire aux uns une vue pessimiste : ils pronostiquent un choc des civilisations, un affrontement entre des hommes divisés par leurs modes de vie, leurs religions, ou leurs races. Et la seule issue serait de confier le sort de la planète à une autorité politique mondiale. Mais d’autres nourrissent au contraire l’espoir d’une concorde universelle respectueuse des différentes cultures, des identités régionales et nationales. Une confrontation pacifique s’appelle une concurrence, et elle peut déboucher sur le bien commun, c’est à dire créer les conditions d’une vie harmonieuse enrichie par la diversité. Un ordre spontané peut naître d’un processus de découverte de bonnes règles de vie en commun, de bonnes institutions. La concurrence institutionnelle est la solution.

2. Contre le monopole du législateur, la créativité juridique.
Nombreux sont ceux qui ne peuvent imaginer la concurrence des règles de droit, parce que le déclin du droit en a fait la chose des pouvoirs publics. Peu ou prou, nous sommes persuadés que le droit ne peut consister qu’en un corps de textes édictés par des autorités législatives démocratiquement élues. BASTIAT (1850) s’inquiétait déjà de cette dérive. En réalité, dans la pratique des affaires, mais aussi dans d’autres domaines, les individus ont une grande aptitude à inventer et respecter des règles de comportement mutuel. Les vertus du contrat, de l’association volontaire, réapparaissent (cf. l’article 1134 du Code Civil). Les particuliers peuvent se passer d’un décret ou d’un juge public pour résoudre leurs problèmes ou trancher leurs différends. Les procédures d’arbitrage international et de médiation sont en pleine expansion. Les gens n’ont pas renoncé à faire leur droit et rejettent le droit public, la règle unique et souveraine. L’ouverture de l’espace mondial et la constitution de réseaux transnationaux leur permet de contourner les décrets inadaptés et injustes des pouvoirs publics. Le monopole public sur la production de droit résistera-t-il à la créativité juridique stimulée par la concurrence institutionnelle ?

3. De la dénationalisation à la privatisation.
La vraie concurrence est une mise en responsabilité. Il ne peut y avoir de concurrence que dans un système de droits de propriété privés. La concurrence est aujourd’hui rendue plus efficace encore par les techniques de communication de l’information. Les nouveaux produits financiers se prêtent facilement à la concurrence, comme le laisse présager le spectaculaire développement de la finance électronique. La qualité des partenaires, les garanties mutuelles qu’ils se reconnaissent, la mise en jeu de la responsabilité, le respect des droits de propriété se substituent peu à peu aux intempestives interventions et aux fallacieuses sécurités de la puissance publique.

4. Société de puissance, société de confiance.
Il en est de la finance comme des règles de droit et de toutes les institutions : tandis que le monopole relève de la souveraineté et implique le recours à la coercition, la concurrence s’inscrit dans la liberté et suppose la responsabilité. Le choix entre monopole public et concurrence est en réalité un choix entre société de puissance et société de confiance -comme dit Francis Fukuyama -.

Sujets de contrôle des dernières années.
I. Examen du mercredi 2 juin 2004 ; durée : 14H00 - 16H00.

Question de cours (5 points)
Sur la base des principes vus en cours et à l'aide d'un vocabulaire précis, expliquer pourquoi un producteur qui fabrique un produit dont la marque A qu'il a choisie, lui est reconnue, bénéficie de quelque chose.

Question de réflexion (15 points)
Sur la base des principes vus en cours et à l'aide des concepts qui en résultent, répondre dans l'ordre aux questions ci-dessous qui portent sur les deux textes ci-joints intitulés "La SNCF a perdu 243 millions d'euros…" (article signé Anne Denis, publié dans Les Echos du 24 septembre 2003) et "EDF publie de bons résultats…".(article signé R.C., publié dans Les Echos du 3 octobre 2003) Q 1 (5 points).
a) Sélectionner les informations données dans l'article sur EDF qui permettent de caractériser industriellement la situation d'EDF.
b) En les complétant par des concepts théoriques à justifier (on identifiera "chiffres d'affaires" à quantité de produit et "résultat net" à "revenu net"), donner une représentation géométrique de la situation.

Q 2 (5 points).
a) Sélectionner les informations données dans l'article sur SNCF qui permettent de caractériser industriellement la situation de SNCF.
b) En les complétant par des concepts théoriques à justifier (on identifiera "chiffres d'affaires" à quantité de produit et "résultat net" à "revenu net"), donner une représentation géométrique de la situation.

Q 3 (5 points).
a) En quoi les situations de EDF et de SNCF sont-elles industriellement comparables ?
b) En quoi ne le sont-elles pas ?

Contrôle intermédiaire des connaissances du lundi 26 avril 2004, 13H45-15H15
Sujet
Sur la base des principes vus en cours et à l'aide d'un vocabulaire précis, répondre aux deux questions qui suivent.
Question de cours (8 points) Le taux de marge (développer la réponse sans démontrer les "formules" algébriques).

Question de réflexion (12 points).
Etant donné l'article ci-dessous intitulé "Mort au big bang, place au cycle court" (tiré de Les Echos du 19.12.2003) :
a) Inscrire, dans la mesure du possible, les éléments de la "théorie du big bang" proposée dans des concepts des approches de l'économie industrielle.
b) Y a-t-il des inscriptions impossibles ? Répondre par oui ou non et justifier la réponse.
c) Conclure sur l'intérêt analytique de la "théorie du big bang" à la lumière de l'économie industrielle.
Ligne de correction de la question de réflexion.
Le texte proposé a été écrit par deux "gestionnaires" et fait état d'une "théorie du big bang" à opposer à une "théorie - nouvelle -du cycle court" pour expliquer le lancement de nouveaux produits. Ils distinguent deux types d'innovation : l'innovation continue à la base de la première et l'innovation discontinue à la base de la seconde. Si ces deux théories partent du produit fabriqué, elles font abstraction des conditions d'offre ou des conditions de demande au sens de l'économie industrielle.
a) De fait, on peut les y raccorder, les y inscrire. Les auteurs considèrent comme exemple de produit relevant de la théorie du big bang : la lessive. N'étant pas un produit enveloppé d'un droit de marque ou définis précisément en relation avec soit la demande soit l'offre, le produit est en harmonie avec les approches marshallienne ou EIM de l'économie industrielle et en décalage avec la NEI. Ce qu'ils dénomment "marchés" tient dans des aspects des conditions de demande (à préciser). Et ils s'intéressent beaucoup à des coûts, aspects des conditions d'offre (à préciser). Ils s'intéressent aussi implicitement à la concurrence, à définir comme la LE/S.
b) Il n'y a pas d'inscription impossible. Seulement le développement est dans un grand désordre, sans ligne d'analyse précise, pour l'économiste. Force est de reconnaître que tous les éléments donnés s'inscrivent dans les concepts communs aux approches de l'économie industrielle comme la fonction de demande attendue par le producteur (et par conséquent la recette marginale fonction de la quantité produite), les fonctions de coûts moyen et marginal, le gain à l'échange ou le revenu net attendu selon les hypothèses économiques qu'on fait.
c) Dans le dernier paragraphe, les auteurs écrivent que "le big bang n'est pas une erreur en soi ; simplement, il correspond à une étape bien précise du lancement d'un nouveau produit, celle du déploiement d'une innovation continue". A la lumière de l'économie industrielle, ce résumé du développement fait sur la théorie du big bang ne présente guère d'intérêt analytique. L'important de l'innovation est son cadre (ensemble de causes) et l'évaluation de son coût par le producteur : à commencer par l'ignorance partielle où se trouve tout individu, le droit de propriété, la responsabilité et l'échange contrat qui permet de réduire le coût évalué de cette ignorance à un niveau qu'on peut dénommer aussi niveau du coût de transaction, l'efficacité du processus de production jusqu'au jour où le producteur considère qu'il n'est plus efficace, i.e. coûteux.
 
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