A Paris, le 23 mars 2009.
Faut-il renforcer les moyens d'un pompier pyromane ? Quand on ne sait pas que
le pompier en question est pyromane, on sera tenté de répondre par
l'affirmative.
Quand il est de notoriété privée et non pas publique qu'il en est ainsi, un
problème se pose, il faut d'abord informer.
François Guillaumat et moi-même avions informé dans
Le Spectacle du Monde, en novembre 1998, avec un article intitulé
"Le monde entre crise et krach".
Un an plus tard, en novembre 1999, la Hoover Institution (Stanford University)
a publié une étude non signée intitulée " The Case Against the
International Monetary Fund".
Soit dit en passant, une coïncidence fera qu'un ami - qui avait choisi
d'émigrer aux Etats-Unis -, sera chargé de la partie
économétrique de l'étude.
Il m'informe aujourd'hui qu'en gros, celle-ci montre qu'il y a un biais
systématique dans les études du Fonds :
"le FMI voit la vie en rose dans les pays où il finance des 'plans de
stabilisation'".
Merci à lui dont j'ai déjà eu l'occasion de parler dans
ce texte.
L'étude fait le point sur les récents - alors – événements financiers de la fin
de la décennie 1990, à savoir la "crise mexicaine", la "crise des pays de
l'Asie du Sud Est", la "crise russe".
Elle explique pourquoi et comment il faut imputer ces événements par priorité à
l'action d'une institution internationale qui ne devrait plus exister car le
système dont elle procédait a disparu par faillite, vingt ans auparavant
.
Enfin, elle laisse entrevoir que la même cause provoquera le même effet.
Et l'histoire postérieure - jusqu'à aujourd'hui inclus - a apporté de
nouvelles preuves de la justesse de l'analyse.
Quelle institution d'un système failli est en question dans l'étude ? C'est
donc le Fonds monétaire international (F.M.I.).
Pourquoi est-il néfaste ? A cause du "risque d'abus de pouvoir" qu'il
personnifie et que des économistes dénommeront aussi "hasard
moral" comme on va le voir ci-dessous.
Pourquoi parler de cela aujourd'hui ? Parce que, à l'occasion de la
prochaine réunion du G20, le 2 avril 2009, certains ont fait savoir qu'ils
voudraient voir accroître les fonds dont dispose le F.M.I. dans
des proportions importantes et augmenter ainsi ses missions, malgré ce
qu'en dit l'étude citée et ce qu'ont confirmé les faits antérieurs et
postérieurs à cette étude, s'il en était besoin.
1. L'institution Fonds monétaire international.
En juillet 1944, les délégués de quarante-quatre nations se sont réunis à
Bretton Woods, New Hampshire (Etats-Unis), pour concevoir un système monétaire
international d'après-guerre qui promouvrait le commerce mondial,
l'investissement et la croissance économique.
Les concepteurs ont créé le Fonds monétaire international (F.M.I.) pour
surveiller que le "nouveau régime monétaire de Bretton Woods " cherchait à
garder les monnaies nationales convertibles à des taux de change stables et
pour fournir le financement temporaire, bon marché, des déficits des balances
des paiements résultant de taux de change désordonnés.
En réalité, les concepteurs du régime de Bretton Woods ont créé un accord de
fixation des prix internationaux qui a été mis en application par le FMI.
Après avoir rejoint le Fonds, chaque pays membre a déclaré un prix de sa
monnaie en dollar américain.
Le Trésor américain, de son côté, a lié le dollar à l'or en consentant à
acheter et vendre de l'or à d'autres gouvernements à 35 $ l'once ;
l'inflation des années 1960, cependant, a rendu l'engagement américain de
vendre de l'or à ce prix impossible à respecter.
Pour préserver les réserves d'or des Etats-Unis, le Président Richard Nixon a
fermé la "fenêtre de l'or" en août 1971, désolidarisant en fait le dollar de
l'or et mettant fin à la mission originelle du Fonds de surveiller un système
de taux de change fixes.
2. Près de trente années plus tard.
En février
2008, le FMI détenait 103,4 millions d’onces (3217 tonnes) d’or, qui sont
confiées à des dépositaires désignés.
Au 20 février, les avoirs en or du FMI se chiffraient à $95,2 milliards (aux
prix courants du marché à cette date).
Une partie de ces avoirs —12,97 millions d’onces (403,3 tonnes)— ont été acquis
depuis le deuxième amendement des Statuts du FMI, adopté en avril 1978, et
avait une valeur de marché de $11,9 milliards au 20 février 2008.
Cette partie des avoirs en or du FMI n’est pas sujette à restitution aux pays
membres.
Le FMI a acquis la majeure partie de ses avoirs en or avant le deuxième
amendement des Statuts, dans le cadre de quatre grandes catégories d'échanges
:
a) il avait été établi que 25 % des souscriptions initiales et des
augmentations ultérieures de quotes-parts devaient être réglées en or. Cela a
représenté la principale source d’avoirs en or du FMI.
b) toutes les commissions — c’est-à-dire les intérêts acquittés sur l’encours
des crédits du FMI aux pays membres — étaient normalement payables en or.
c) un pays membre souhaitant acquérir la monnaie d’un autre pays membre pouvait
vendre de l’or au FMI. Les ventes d’or au FMI par l’Afrique du Sud en 1970–71
représentent les plus importantes des transactions effectuées dans cette
catégorie.
d) les pays membres avaient la possibilité de rembourser en or les crédits
accordés par le FMI.
3. Politique actuelle du FMI concernant l'or.
Le deuxième amendement des Statuts du FMI a mis fin à l'utilisation de
l'or comme dénominateur commun dans le régime de change instauré après la
deuxième guerre mondiale et comme base d'évaluation des droits de tirage
spéciaux (DTS).
Le prix officiel de l'or a également été aboli et l'emploi de l'or dans les
échanges entre le FMI et ses membres a cessé d'être obligatoire.
L'amendement exigeait en outre du FMI qu'il s'abstienne de diriger le prix de
l'or dans ses échanges ou de lui attribuer un prix fixe.
Les Statuts du FMI limitent désormais l'utilisation de l'or dans ses
opérations et échanges.
Le FMI peut vendre de l'or directement au cours du marché; il peut accepter de
l'or de la part d'un pays membre en paiement de ses obligations, l'échange
étant effectué à un prix convenu sur la base du prix du marché au moment de
l'acceptation.
Ces échanges sur or requièrent une décision à la majorité de 85 % du nombre
total de voix attribuées.
Le FMI n'est toutefois pas autorisé à utiliser de l'or pour d'autres échanges
tels que les prêts, les prêts sur or et les swaps, ni comme garantie ; il n'est
pas non plus autorisé à acheter de l'or.
Les Statuts prévoient également la restitution aux pays membres du FMI
à la date du 31 août 1975 de l’or détenu par le FMI à la date du deuxième
amendement.
La restitution fait intervenir la vente d’or à ce groupe de pays membres à
l’ancien prix officiel de 35 DTS l’once, étant entendu que l’or serait vendu
aux pays membres qui accepteraient de l’acheter au prorata de leurs
quotes-parts à la date du deuxième amendement.
Toute décision de restitution d’or doit être approuvée par une majorité de 85 %
des voix totales attribuées.
Les Statuts ne prévoient pas de restitution de l’or acquis après la
date du deuxième amendement.
La politique du FMI dans ce domaine de l'or est régie par les principes
suivants :
* L'or, actif sous-évalué détenu par le FMI, confère une solidité fondamentale
à son bilan.
Toute mobilisation d'avoirs en or du FMI devrait éviter d'affaiblir sa position
financière globale.
* L'institution doit continuer à détenir une quantité d'or relativement
importante parmi ses actifs, non seulement par souci de prudence, mais aussi
pour faire face à des situations imprévues.
* Elle a pour responsabilité systémique d'éviter de perturber le fonctionnement
du marché de l'or.
* Les gains réalisés sur toute vente d'or doivent servir dans la mesure du
possible à créer un fonds de placement dont seuls les produits seraient
utilisés.
4. Nouvelle mission.
En recherchant de nouvelles missions dans la décennie 1970, le FMI a rapidement
évolué vers celle de "médecin financier" des pays en voie de
développement.
Ses dirigeants ont habilement utilisé une série de crises économiques mondiales
pour faire augmenter son capital de base, ses "capitaux propres", et ses
activités de financement.
Mais l'expansion des activités de financement du FMI ont-elles résolu les
problèmes de balance des paiements des Etats membres et encouragé des
politiques économiques prudentes et favorisant la croissance ?
L'évidence, en grande partie apportée par les études du FMI soi-même, montre
que le Fonds fait plus de mal que de bien.
Des études historiques aussi bien que par exemple les initiatives prises par le
F.M.I. pour le Mexique, l'Asie de l'Est et la Russie à la fin de la décennie
1990 révèlent que les programmes de financement du FMI qui prescrivent rarement
des politiques économiques appropriées ou des réformes institutionnelles
suffisantes, sont au mieux inefficaces.
Au pire, elle sont des incitations à des investissements imprudents et à des
décisions de politique publique qui réduisent la croissance économique,
encouragent la dépendance à long terme au FMI, donnent lieu à des transferts de
patrimoine par l'intermédiaire des taux d'intérêt bonifiés et ouvrent la
portent à la réalisation du hasard moral et à ses conséquences.
5. Le hasard moral.
Selon l'étude de la Hoover Institution, il est un fait peu controversé
aujourd'hui, c'est celui que l'accès au crédit du FMI dépend de la balance des
paiements d'un pays - principalement du niveau ou de la tendance de ses
réserves en monnaies étrangères – et que les gouvernements sont les premiers
responsables de leur problèmes de balance des paiements. (1)
1 Plusieurs études ont examiné les caractéristiques économiques des pays
qui empruntent au FMI et des pays qui n'empruntent pas.
Les pays qui empruntent ont des problèmes de balance de paiements plus
importants, des réserves de change moindres et des politiques économiques
nationales relativement expansionnistes.
Pour une discussion détaillée, voir
- Bird, IMF Lending to Developing Countries, pp. 118-24, and
- Patrick Conway, 1994, "IMF Lending Programs: Participation and Impact,"
Journal of Development Economics 45, December, pp. 365-91.
Un gouvernement peut induire une baisse de ses réserves en monnaie en
maintenant un taux de change surévalué ou un taux de croissance monétaire
excessif.
Aucune politique n'indique une situation d'urgence, mais chacune peut
déclencher l'aide du FMI.
Une étude du FMI (1981) non publiée conclut que la politique monétaire et
fiscale surexpansionniste est la cause principale des problèmes de balance des
paiements, en empruntant aux pays; les facteurs exogènes sont les moins
importants (2)
2 Roland Vaubel, "The Political Economy of the IMF: A Public Choice
Analysis," in Bandow and Vasquez, Perpetuating Poverty, p. 40.
L'affirmation que les gouvernements sont principalement responsables de leurs
problèmes de balance de paiements est confirmée par des preuves
supplémentaires. (3)
3. Voir Thomas M. Reichmann, 1978, "The Fund's Conditional Assistance and
the Problems of Adjustment, 1973-75," Finance & Development 15,
December, pp. 38-41;
- Mohsin S. Khan and Malcolm D. Knight, 1983, "Determinants of Current Account
Balances of Non-Oil Developing Countries in the 1970s: An Empirical
Analysis," IMF Staff Papers 30, December 1983, pp. 819-42; and
- Sebastian Edwards, (1984) "The Role of International Reserves and Foreign
Debt in the External Adjustment Process," in Adjustment, Conditionality,
and International Financing, ed. Joaquin Muns, Washington, D.C.:
International Monetary Fund, pp. 143-73.
Les politiques économiques nationales fragiles, et non pas les chocs externes
momentanés, expliquent la demande persistante de l'aide du FMI.
En outre, la garantie implicite de sauvetages subventionnés par le FMI réduit
le coût des politiques fiscalement irresponsables, quoique rapportant
politiquement, qui encouragent une imprudence encore plus grande.
Les économistes appellent "hasard moral" cette réponse comportementale.
Dans les marchés d'assurance privés, le hasard moral est restraint par des
franchises.
Dans des marchés de crédit privés, le hasard moral est restraint par des taux
d'intérêt du marché et des conditions de prêt comme l'engagement de garantie
adéquate.
Ni les taux d'intérêt ni des conditions de prêt ne restraignent réellement le
hasard moral des programmes de financement du FMI.
6. Le hasard moral du gouvernement : l'expérience russe.
Toujours selon l'étude de la Hoover Institution, le hasard moral était évident
en juillet 1998 quand la Russie a promis de mettre en oeuvre des politiques
économiques clés en échange d'un engagement de prêt du FMI de $11.2
milliards.
Bien que la Russie ait manqué à sa parole sur plusieurs accords antérieurs et
que le personnel du FMI à Moscou ait déconseillé une aide supplémentaire, le
conseil de direction a approuvé le prêt.
Moins d'un mois après la réception du premier versement de $ 4.8 milliards -
qui a été gaspillé à étayer le rouble assez longtemps, selon les mots d'un
officiel du fonds, "pour que les oligarques puissent sortir leur argent du
pays" (4)
4. David E. Sanger, 1998 "As Economies Fail, the IMF Is Rife with
Recriminations," New York Times, 2 October, p. A10. Extrait de
McQuillan and Montgomery, International Monetary Fund, pp. 22-23,
136-37, and 147-48.
- le gouvernement de Yeltsin a abandonné ses engagements, a dévalué le rouble,
a manqué à ses engagements sur la dette, a commencé à faire tourner la planche
à billets avec abandon, a renvoyé pratiquement chaque réformateur du
gouvernement et a échoué à faire voter beaucoup des réformes promises.
Les prêts du FMI à la Russie, poussée par le Département d'Etat de Clinton sous
la doctrine du "Trop nucléaire pour faire faillite", ont permis au gouvernement
russe de reporter les réformes institutionnelles qui étaient politiquement
difficiles, mais nécessaires pour une croissance économique autonome.
Les prêts ont été souvent utilisés pour subventionner des entreprises publiques
inefficaces.
Sans les renflouements, des officiels russes auraient été forcés de vendre des
actifs au secteur privé pour payer leurs factures.
Pendant ce temps, l'économie de la Russie continue à s'enfoncer, appauvrissant
les Russes avec elle. Le PNB réel par personne a baissé de 37 % depuis
l'écroulement de l'Union soviétique en 1991.
Trois quarts des Russes - avec un revenu mensuel moyen de 100 $ - survivent à
peine. Un quart de la main-d'œuvre de Russie reçoit ses salaires tard, en
espèce, ou pas du tout. Les taux d'intérêt ont atteint 150 %. L'espérance de
vie à la naissance pour les mâles est tombée en trois ans, à soixante et un
ans, depuis 1990.
Il n'y a aucune preuve que les prêts du FMI ont aidé le peuple russe.
Au lieu de cela, l'aide des renflouements isole les oligarques et, plus
largement, les hommes de l'Etat des conséquences négatives de leur politique
insouciante en sapant le processus naturel de réforme qu'autrement la
concurrence mondiale promouvrait.
7. Le hasard moral des investisseurs : la "cause" mexicaine et
l'"effet" Asie du Sud Est.
Selon l'étude de la Hoover Institution, les programmes de financement de FMI
encouragent aussi le hasard moral des investisseurs internationaux.
Considérons, par exemple, la crise de la monnaie mexicaine de 1994-95.
Dans une tentative de créer l'illusion d'une économie en fort développement
avant l'élection présidentielle d'août 1994, le gouvernement mexicain a gonflé
l'offre de monnaie, accrut les dépenses sources de déficit et a épuisé les
réserves de change dans une tentative futile de maintenir un peso
surévalué.
Le gouvernement mexicain a financé cette expansion illusoire en émettant
presque $30 milliards d'obligations à court terme liées au dollar connues sous
le nom de "tesobonos".
La plus grande partie de cette dette a été achetée par les banques des
Etats-Unis, japonaises et européennes.
Suite aux politiques surexpansionnistes du gouvernement mexicain, vers la fin
de 1994, le Mexique avait seulement $5 milliards de réserves pour couvrir $23
milliards de dettes "tesobono", qui seraient sûrement retiré du Mexique comme
elles arriveraient à échéance et aucun investisseur privé ne désirerait prêter
la monnaie forte.
En février 1995, le FMI a engagé $17.8 milliards au Mexique avec l'accord que
tous les créanciers étrangers seraient gardés intacts.
Le paquet de prêts a sauvé des Américains et d'autres ressortissants étrangers
qui investissaient dans les "tesobonos", les "cetes" (la dette gouvernementale
"intérieure" à court terme) et les titres des sociétés non financières du
Mexique.
Cet accord signala aux prêteurs internationaux qu'ils n'avaient pas besoin de
s'inquiéter des risques d'investissement futur - le FMI les sauverait de leurs
décisions imprudentes.
Le sauvetage des investisseurs au Mexique par le FMI en 1995 a réellement
privatisé les profits d'investisseur et socialisé les pertes
d'investisseur.
En enlevant le risque de défaut, le FMI a encouragé des investissements
mondiaux plus risqués qui, comme Friedman le remarque, "ont aidé à alimenter la
crise de l'Asie de l'Est qui a éclaté deux ans plus tard." (5)
5 Friedman, "Markets to the rescue," p. A22.
La garantie implicite du fonds a contribué en 1995 à un apport de capitaux de
$90 milliards en 1996 en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, en Corée du
Sud et en Thaïlande. Des banques commerciales étrangères ont fourni la plus
grande partie du crédit privé extérieur à ces pays - $58 milliards sur un total
$76 milliards.
En juin 1997, la dette bancaire étrangère avait cru à 25 % du PIB de la Corée
du Sud, à 35 % de celui de l'Indonésie et à 45 % de celui de Thaïlande, la plus
grande partie de la dette était de la dette à court terme. La dette à court
terme de la Corée était trois fois ses réserves en monnaie étrangère.
Les banques et les sociétés de l'Asie du Sud Est ont emprunté à court terme en
monnaies étrangères - yens, marks et dollars - pour baisser leurs coûts de
financement.
Par le prêt de banque dirigée par le gouvernement, beaucoup de cette monnaie a
été canalisée dans des entreprises à long terme douteuses, souvent contrôlées
par des "copains" politiques, qui ont remboursé en monnaies locales quand ils
le faisaient.
Cette pratique a exposé les emprunteurs asiatiques à trois risques :
(1) une incapacité de rembourser les créanciers à cause des rendements des
investissements inadéquats,
(2) un refus des créanciers étrangers de renouveler leurs prêts à court terme
et
(3) une cassure des parités de change qui dévaluait la monnaie nationale et
augmentait le fardeau de payer la dette libellée en monnaie étrangère.
Les trois risques se sont réalisés en 1997, apportant une insolvabilité
largement étendue et des sauvetages supplémentaires d'investisseurs étrangers
par le FMI.
Le fonds a engagé $3.9 milliards en Thaïlande en août 1997, $11.5 milliards en
Indonésie entre novembre 1997 et juillet 1998 et $21 milliards en Corée du Sud
en décembre 1997.
Allan Meltzer, professeur d'économie politique à l'Université de Carnegie
Mellon, observe que,
' Si des banques [étrangères] et des institutions financières avaient supporté
des pertes au Mexique, elles auraient exercé un jugement élémentaire sur les
risques d'Asie. ' (6)
6 Allan H. Meltzer, 1998, "Asian Problems and the
IMF," Cato Journal 17, winter, p. 269.
Grâce aux sauvetages du FMI, néanmoins, les prêteurs étrangers ont ignoré les
principes de base de la bonne banque.
Meltzer donne des détails :
"La prudence est l'élément manquant des problèmes mexicains et
asiatiques.
En son absence, les banquiers et autres prêteurs ont pris des risques
excessifs.
Ils n'ont aucune incitation à apprendre combien de prêts les emprunteurs ont en
circulation, combien les emprunteurs ont emprunté à court terme pour prêter à
long terme, ou quel risque de change a été pris.
Les prêteurs n'ont guère de soucis parce qu'ils ramassent avec peu ou pas de
perte quoiqu'il arrive.
Avec le régime de sauvetage actuel, les investisseurs et les hommes de l'Etat
ne supportent pas le coût complet de leur comportement insouciant.
Les prêts du FMI encouragent des investissements mondiaux plus risqués et des
politiques économique nationales surexpansionnistes qui contribuent au chaos
financier mondial. "
Voir addendum ci-dessous à propos des errements des "experts" du F.M.I. dans le
cas de l'Argentine.
8. La solution du marché financier.
Loin de donner de nouvelles missions au FMI et d'augmenter les capitaux dont il
pourrait disposer ($500
milliards !), il est plus que temps de l'abandonner.
Certes, sa bureaucratie s'y opposera,
ne serait-ce vraisemblablement qu'à cause du régime de retraite par
capitalisation extraordinaire et du régime fiscal des rémunérations plus que
privilégié dont elle bénéficie.
Mais il en va de l'intérêt général, cet intérêt dont les dirigeants
d'icelui ont plein la bouche mais à quoi ils tournent le dos en bons
socialistes
qu'ils sont.
Il faut se rendre compte en effet qu'en définitive, le FMI est un ensemble
d'entraves spécifiques aux possibilités qu'ouvre le marché financier et dont la
disparition promouvrait un système monétaire international ordonné et
efficace.
L'ajustement financier actuel est dans la droite ligne des ajustements
antérieurs et, en particulier, de ceux évoqués ci-dessus, même s'il est
beaucoup plus important en raison des autres risques d'abus de pouvoir qui se
sont réalisés (par exemple, "subprime"
et assureurs
mis en difficultés), à rattacher vraisemblablement au risque d'abus de
pouvoir du F.M.I..
Il ne semble pas excessif de conclure dans les termes de l'étude citée et en
disant d'abord que les banques n'ont strictement rien appris en matière de
gestion des risques financiers - à défaut de continuer à s'en moquer -
depuis l'étude de la Hoover Institution.
Les réformes clés sur quoi conclut l'étude sont à rappeler car elles n'ont pas
vieilli d'un pouce. Elles concernent les marchés des changes : il faut des taux
de change libres, non manipulés par les pouvoirs publics.
Elles portent aussi sur les règles d'enregistrement des échanges économiques :
il faut une comptabilité et des pratiques de révélation de l'information
internationalement acceptées.
Elles ont trait encore aux marchés financiers : il ne faut plus qu'ils soient
perclus du "hasard moral", fruit des réglementations étatiques aveugles et
paralysantes pour ne pas dire destructrices.
Bref, il faut retrouver des règles fondamentales légales, politiques et
constitutionnelles – les "règles de juste
conduite" comme les dénommait Friedrich von Hayek - qui permettront, d'une
part, à de nouveaux marchés libres d'apparaître et de combler des éventuelles
insuffisances de la réalité économique actuelle et, d'autre part, aux pays de
réussir ainsi, chacun, une croissance économique autonome et le
développement.
Cela permettra de
sortir du socialisme mondial où le XXème siècle a jeté le monde.
Addendum : exemple de l'Argentine.
IMF Says Its Policies Crippled Argentina.
Selon Paul Blustein, Washington Post Staff Writer, 30 July 2004,
Page E01 :
Internal Audit Finds Warnings Were Ignored
The International Monetary Fund's handling of the crisis in Argentina three
years ago almost certainly deepened a recession that threw millions of
Argentines into poverty and sparked political chaos throughout the country,
according to a report released yesterday by the IMF's internal audit
unit.
By overlooking Argentina's growing indebtedness in the 1990s and continuing to
lend the country money when its debt burden had become unsustainable, the fund
significantly contributed to one of the most devastating financial crises in
history, the report concluded.
The crisis peaked when the Argentine government defaulted on nearly $100
billion in debt to private creditors and had to abandon the "convertibility"
system that pegged the peso to the dollar at a one-to-one rate. The ensuing
crash led to an 11 percent decline in Argentine output in 2002, sent the
jobless rate soaring and toppled a series of presidents in a country that the
IMF had once hailed as a model of free-market reform and development.
"It would have been an ugly crisis anyway, but perhaps not quite as bad if the
fund had supported a change in strategy earlier,"
said Isabelle Mateos y Lago, an economist from the IMF's Independent Evaluation
Office, which produced the report.
The report provides potent ammunition to critics who contend that IMF rescues
often fail to save developing countries from investor panic and even make
matters worse. It also reinforces the complaint that the IMF's loan packages
frequently bail out private lenders without requiring them to accept reductions
in their claims, causing countries' debt burdens to build and their problems to
fester.
At the same time, the study helps rebut criticism that the fund insists on
excessive austerity in developing countries. In Argentina's case, the report
concluded that officials were too lenient.
Although it remains to be seen whether IMF policies will change as a result,
fund officials have long said that the Argentine debacle taught them harsh
lessons. The report echoes criticisms made by IMF staffers, including Michael
Mussa, the fund's chief economist from 1991 to 2001.
The report's critique is exceptionally damning, showing how fund officials
overlooked vulnerabilities, ignored warnings from some staffers and shrank from
confronting the economic forces that brought Argentina to its knees. It goes
considerably further than earlier assessments by citing internal IMF memoranda,
minutes of meetings and other previously undisclosed facts about key
developments in the crisis.
For example, the report questions why the IMF agreed in the late 1990s to a
three-year program that would provide loans on a contingent basis if Buenos
Aires needed the money. A memo by the fund's research department in November
1997 complained that the program, and in particular the list of reforms
required of Argentina, was "not ambitious enough to warrant Fund support,"
according to the report. Those concerns, however, were downplayed by others at
the IMF, especially top management, the internal report concluded.
Although Argentina's yearly budget deficits were not overly large, the
government's indebtedness was rising at an alarming rate because of off-budget
spending. Yet the size of the debt "became the main focus of [IMF] briefing
papers and policy discussions only in late 1999 or early 2000," when it was
approaching 50 percent of gross domestic product, the report says. "By then,
the economy was in recession, and efforts to reduce the debt . . . were
difficult and possibly also counterproductive," the IMF study found.
The report also disparages the IMF's strategy for the two rescues it marshaled
for Argentina beginning in late 2000, when investors began pulling money out of
the country and interest rates spiked.
The first rescue included a $14 billion loan package from the fund, and IMF
officials knew the risk of failure was high, according to the report. At a
meeting of the 24-member board, which represents member countries, several
directors "articulated the view that, under realistic assumptions, the debt
dynamics were unsustainable and therefore the program was very unlikely to
succeed," the report states.
The report does not fault the board for giving Argentina the benefit of the
doubt so late in the crisis, because the alternative -- forcing the country
into default and devaluation -- would have been painful. But "the critical
error," according to the report, was that the IMF didn't prepare an exit
strategy that could have been used once it became clear the rescue wasn't
working. Such a strategy -- presumably including a change in currency policy
and a restructuring of debt, bolstered by fresh IMF assistance -- might have
limited the fallout if it had been used before the recession deepened and the
country's banks were weakened in 2001, according to the report.
The report is especially scathing concerning the second rescue, an $8 billion
loan in August 2001. At a meeting of senior staffers, management sided with
advocates of the loan who argued that giving the country one last chance would
"ensure that the [Argentine] authorities, not the IMF, took responsibility" for
the painful changes that might have to be made, including a deep devaluation of
the peso.
The loan was granted, the report says, despite an assessment that the chances
of success were "at most . . . 20-30 percent," and even though a majority of
staffers had concluded that "the additional few billion dollars would not buy
enough time to make a difference, but would be more likely to disappear in
capital flight." The net result, IMF staff members argued, would simply be more
government debt, not a more stable economy -- which is precisely what happened,
the report noted.
The report makes six recommendations for changes in IMF policy, strongly urging
the fund to design alternative fall-back plans when it mounts rescues of
countries.
An appended response from the staff agrees with many of the findings but takes
issue with others, saying, "some of its conclusions depend very much on
hindsight."
The report comes at a time when the IMF and Argentina are again at loggerheads
over the country's policies, and it could have an impact on the dispute,
although officials of the evaluation office said they have no position on the
situation.
The fund this week delayed a loan disbursement to Buenos Aires, and although
Argentine officials didn't respond as they have in the past -- by threatening
to withhold scheduled debt payments to the IMF -- Economy Minister Roberto
Lavagna suggests he might use the findings to justify a hard line.
Noting the report that Argentina is not solely responsible for its "huge debt,"
Lavagna writes: "It should be recognized that this institution has the courage
to expose and analyze its own mistakes. This should be commended. Recognizing
errors is, however, just the first step in a healthy self-criticism exercise.
The second step is bearing responsibility for failures, namely sharing the
burden of redressing their consequences."
Sans commentaire.
Retour au sommaire de
Finance
internationale.
5. Finance internationale
lundi 22 août 2005
Le F.M.I., pompier pyromane de notoriété pas encore publique.
Par Georges Lane le lundi 22 août 2005, 19:39
« billets précédents - page 2 de 6 - billets suivants »