Paris, le 31 janvier 2011.



On ne le répétera jamais assez : le cataclysme économique – à l’échelle de l’histoire – qu’ont constitué les décisions prises par les gouvernements de l’Occident au XXème siècle, en matière monétaire, est sans précédent.

Et nous vivons les effets destructeurs.
Et ceux-ci ne sont pas près de disparaître tant ils sont renforcés par une méconnaissance extraordinaire, plus ou moins entretenue, dans le domaine qui sous-tend les nouvelles décisions prises et actions menées.


1. Le bouc émissaire.

La guerre de 1914-18 a eu bon dos pour expliquer l’interdiction par les gouvernements des pays belligérants de la convertibilité des « substituts de monnaie bancaires » (billets et dépôts à vue) en or à taux fixe.

Elle ne saurait expliquer néanmoins le choix rhétorique qui va faire florès par la suite, jusqu'à aujourd'hui inclus, de dénommer « monnaie » ces substituts de monnaie bancaires, désormais « substituts de rien », mais dont l’emploi en paiements est réglementairement obligatoire.
Dans le pire des cas, celui de la France, on ne parle même pas de "monnaie", mais d'argent !

Elle n’explique pas plus que la livre anglaise, monnaie du pays dont le marché financier était alors le premier du monde, presque sans concurrent, redevienne convertible en 1925 et que six ans plus tard, le 21 septembre 1931, il y a donc quatre-vingt ans ans, l’Angleterre, suivie par vingt et un autres pays, abandonne définitivement l’étalon or :
« depuis 70 ans, l'Angleterre était la chambre de compensation de tous les paiements de l'univers » remarqueront certains !

Et cela près de dix ans après la conférence de Gènes (Le péché monétaire de l'Occident ou crime des hommes de l'Etat, selon la formule qu’on préfère) qui avait réformé une première grande fois l’étalon or.

Elle n’explique pas que le franc français,  monnaie du pays « banquier du monde » en 1913, dont le marché financier était le deuxième du monde, redevienne convertible en 1928, puis que, après plusieurs dévaluations, le gouvernement de l’Etat de la France abandonne la convertibilité intérieure du franc en or en 1937 ("accord Tripartite" ) et enfin que, tout simplement, le 1er janvier 1999, la monnaie créée de toutes pièces dénommée « euro » le remplace pour les paiements des Français.

Elle n’explique pas encore que le dollar des Etats-Unis, monnaie d’un pays en développement remarquable alors, resté convertible en or pendant les événements (cf. ce texte), soit significativement dévalué en 1934 , que les Américains reçoivent simultanément l’interdiction de détenir de l’or et qu’en 1971, le président des Etats-Unis décide que, désormais, le dollar ne serait plus convertible extérieurement en or, comme convenu pour la dernière fois en 1944 (accords de Bretton-Woods  ).

Etc.

Bref, la guerre de 1914-18 n’explique pas la « faillite de l’étalon-or »  comme certains vont le soutenir car celle-ci est purement fictive comme l'avait démontré Ludwig von Mises.

Et aujourd’hui la Chine communiste , dernière grande trace du sentier où les hommes de l'Etat avaient engagé, à des degrés divers, leur pays au XXème siècle (cf. ce texte) et où mène leur intervention nécessairement aveugle dans la vie de ceux dont ils disent vouloir le bonheur, a bon dos pour expliquer certaines disparités statistiques mondiales en matière économique... 
Elle ne saurait prendre le relais de la guerre de 1914-18 pour donner lieu à une "guerre des monnaies".


2. La présomption monétaire.

Seule explique à la fois la généralisation de l’interdiction de la convertibilité des substituts de monnaie bancaires en or, à taux fixe convenu à l’origine, la généralisation de l’emploi du mot « monnaie » pour désigner autre chose que la vraie monnaie, fruit de l’intelligence humaine, et l'"épouvantail chinois" la présomption des hommes de l’Etat, leurs forfaits accomplis, de pouloir gérer la « monnaie », un domaine de connaissance scientifique peu défriché hier et politiquement ravagé aujourd'hui.

Hier, la présomption s’était limitée à une gestion de la monnaie de leur pays, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une banque centrale avec les succès qu’on sait … avant que tout vole en éclats : dévaluation, réévaluation, intervention d’un fonds créé en 1944 pour ces dernières occasions – le Fonds monétaire international - et inflation mondiale.

Aujourd’hui, et malgré tous ces échecs reconnus, loin d’être réduite, la présomption monétaire est étendue via une gestion indirecte de la monnaie soit par l’intermédiaire d’une banque centrale régionale (cas de la banque centrale européenne avec la « monnaie euro »), soit par l’intermédiaire de quelques fonds créés pour l’occasion, non prévus par des textes juridiques votés par le peuple, ou de quelque « Gx (x=6, 8, 10, 20, etc.)» sortis, chaque fois, du chapeau d’une conférence dite internationale, de fait interétatique (cf. ce texte ou celui-ci ou encore celui-ci ) .

Bref, on continue, on s’entête à aller dans le même sens.

Soit dit en passant, le comble de la dérive – apparue dans la décennie 1930 - transparaît de temps à autre avec l’emploi du mot « liquidité » à la place du mot « monnaie ».
La monnaie, i.e. les substituts de monnaie bancaires, substituts de rien car les législateurs leur ont volé la propriété d’être convertibles en or, à taux fixe contractuel, a reçu de leur part la propriété d’être « liquide » ! Selon J.M. Keynes (1936, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie , chap.15), la monnaie est même la "liquidité absolue".

Et des économistes ou prétendus tels vont vous parler dans la foulée d’une « préférence pour la liquidité » du public, à leurs yeux, aussi néfaste pour l’équilibre ou la croissance économique que la « spéculation », quoiqu’elle en soit le strict opposé.

Qu'à cela ne tienne, les gouvernements ne sauraient gérer ce qu’ils dénomment « monnaie » soit directement soit indirectement.

Jusqu’à preuve du contraire, se gère quelque chose de délimitée et selon des règles.
Or, qu’ils le veuillent ou non (cf. ce texte ), ce qu’ils dénomment « monnaie » ne saurait être délimité par leurs soins et est susceptible d’innovations qui leur échappent.
Et ils n’ont aucune règle de gestion. D’ailleurs, quand ils tirent de leur chapeau de prétendues règles qu’ils s’engagent à respecter – exemple du système monétaire international de 1944 ou de l’euro de 1999 -, il s’avère à l’expérience que rapidement, ils ne les respectent pas et qu’ils n’hésitent pas justifier pourquoi ils ne les ont pas respectées.


3. Le G20, « C 20 »...

Bref, et en particulier, le G20 est a priori non seulement vain, mais pernicieux.

Comment pourrait-il en être autrement quand on constate que les économistes ou prétendus tels sur quoi nos hommes de l’Etat s’appuient ou qui les conseillent en matière monétaire
- ne s’intéressent pas ou n’expliquent pas le fait primordial historique qu’a été l’émergence de la monnaie sous des formes bien tangibles, ici et là dans le monde, à des époques différentes,

- n’expliquent pas plus le fait premier de la permanence de la monnaie sous une ou plusieurs formes malgré les coups qui lui ont portés,

- se moquent de l’évolution chronologique des formes – au nombre de quoi l’organisation - de la monnaie,

- ne mettent pas l’accent sur l’intervention ou la réglementation monétaire - dont l’interdiction de la convertibilité - et ses effets économiques,

- dénomment donc « monnaie » aujourd'hui des substituts de monnaie bancaires réglementés, de fait substituts de rien, mais couverts comptablement et en apparence dans les bilans bancaires par des « actifs », vrais ou faux, pour ne pas dire "toxiques" - terme forgé récemment - selon des règles que les législateurs font varier à leur guise et qui n’ont de la vraie comptabilité que le nom, d’où les supercheries qui sont débusquées périodiquement et qui l'ont été jusqu’à aujourd’hui inclus, mais toujours trop tard, i.e. les désastres survenus,

- confondent « monnaie » et « crédit », parlent à l’occasion d’ « offre de crédit » par les banques au lieu de « demande de créances » ...,

- mélangent « monnaie » et « liquidité »,

- confondent « monnaie » et « quantité de monnaie » ou « masse monétaire » - "…non ce n’est pas qu’une façon de parler…" - tout en faisant abstraction de la monnaie de qualité ou de la qualité de la monnaie : pourtant "la 'mauvaise monnaie' chasse la 'bonne' " (cf. R. Mundell, 1998, « Uses and Abuses of Gresham's Law in the History of Money », Zagreb Journal of Economics , Volume 2, No. 2 !

Parce qu’en interdisant la convertibilité des substituts de monnaie bancaires en or comme ils l'ont fait au XXème siècle, ils ont détaché, sans le vouloir ou en le cherchant, la monnaie des règles de droit et de l'échange considéré pour ce qu’il est, à savoir une action humaine,
les hommes de l’Etat et leurs économistes préférés d’aujourd'hui se sont déboussolés.

Aujourd'hui, tout se passe comme s'ils s'efforçaient d'accrocher ce qu’ils dénomment « monnaie » - ou "argent" en France... - à une considération, d’ordre réglementaire ou, si on préfère le mot, "politique", qu’ils n’ont pas encore trouvée.  L'euro en est une tentative très partielle.

Pendant ce temps, les effets destructeurs du cataclysme économique peuvent continuer à se dérouler.




Addendum au 17 février 2011.

Selon Bloomberg, Theophilos Argitis et Rebecca Christie :

"G-20 Ministers Squabble Over Diagnosis of Global Imbalances Before Meeting.

Group of 20 finance chiefs remain divided over the next steps to narrow global economic imbalances as they squabble over how to reach a diagnosis.

French Finance Minister Christine Lagarde, who is hosting a meeting starting tomorrow in Paris of G-20 central bankers and her counterparts, said she’s hoping for an accord on which indicators should be used to analyze imbalances that economists blame in part for the financial crisis.

While there’s broad agreement to use the current account as a key measure, some countries are opposed, said a Canadian official who briefed reporters yesterday in Ottawa. Even if they reach consensus on a set of indicators, the ministers probably won’t agree on numerical targets for monitoring trade imbalances. A deal is unlikely this week on specific guidelines, a U.S. Treasury official told reporters in Washington Feb. 15.
“The G-20 is not about breakthroughs,” Angel Gurria, secretary-general of the Organization for Economic Cooperation and Development told Bloomberg Television’s Francine Lacqua today.
“The G-20 is about coordination and a gradual convergence.
It’s about diagnosis, measuring comparing and then proposing public policies.”

As the crisis that forged the G-20’s role in 2009 fades, global leaders’ efforts to coordinate policies are increasingly stumbling over their differences.
China will probably face renewed pressure to allow its currency to appreciate, a German aide said.
One approach under discussion is to add the yuan to the International Monetary Fund’s special-drawing-rights basket, the Canadian official said.

1. Food Prices

Ministers may also express concern at commodity-price inflation that has sent global food prices soaring.

A meeting of G-20 leaders in South Korea in November was marked by clashes over whether Chinese or U.S. policies were more to blame for global trade imbalances. China has rejected policy prescriptions that fault its exchange-rate regime.

G-20 leaders agreed last year to find a set of “indicative guidelines” designed to identify large imbalances and seek actions needed to fix them.
“We have a China that saves and exports, a Europe that consumes and grows slowly and a U.S. that consumes and borrows,” Lagarde said in a speech today in Paris. “We have to consider whether we can carry on like that.”

Trade and current-account balances, as well as growth differentials and foreign-exchange reserve accumulation, are among indicators France has proposed for discussion to narrow imbalances, she has said.

2. ‘Blindingly Obvious’

“They’ll do what is blindingly obvious” and agree to use current-account indicators, said John Kirton, a professor at the University of Toronto, who monitors the G-20.

Policy makers are trying to avoid a repeat of the last expansion when U.S. consumers relied on borrowing from abroad to finance their purchases, contributing to an export boom from Asia. As China and other Asian nations accumulated dollars from trade surpluses, they bought U.S. Treasury debt and depressed global yields. Lower borrowing costs helped stoke the U.S. housing and credit booms that later turned to bust.

China, the world’s largest exporter of goods, had a trade surplus of $183 billion in 2010. That represented a narrowing for a second year after a record $295 billion surplus in 2008, customs data show.

U.S. Treasury Secretary Timothy F. Geithner said in October that a ratio for current-account surpluses or deficits of 4 percent of gross domestic product could be seen as a benchmark for G-20 countries. China and Germany, the world’s two biggest exporters, rejected any move to set a target for current-account imbalances as a percentage of GDP.

3. Working Groups

The G-20 meeting will also set up working groups on capital flows and on commodity prices, the German official told reporters yesterday. The challenge is to find ways of avoiding excessive capital inflows into emerging nations such as Turkey without limiting the free flow of capital, the official said. One solution may be to strengthen bond markets in local currencies, the official said."


Addendum du 18 février 2011.

Selon Bloomberg, James G. Neuger et Mark Deen :

"G-20 Stung by Faster Inflation Amid Imbalance Dispute "

"Group of 20 policy makers, at odds over smoothing over global economic imbalances, confront a new threat as higher inflation ripples from emerging markets to advanced economies.

A report of greater-than-expected U.S. inflation yesterday followed a jump in the European cost-of-living index to a two- year high and a pickup in Chinese prices, further fraying a tentative global consensus over how to sustain the recovery.

Rising consumer prices, a byproduct of the recovery from the worst recession since World War II as commodity costs surge, have put higher interest rates back on the agenda as the rich world grapples with a debt overhang and developing countries try to escape the boom-bust syndrome.
“Clearly, if interest rates are raised too quickly it can hamper growth and it would be very detrimental for the objective that we pursue,” French Finance Minister Christine Lagarde, host of today’s G-20 meeting in Paris, told Bloomberg Television’s Francine Lacqua. “Growth is the objective that we pursue.”

China’s central bank today raised reserve requirements half a percentage point for lenders, the second increase this year to counter inflation and curb property-price gains. Policy makers may also use means “including rates and currency” to tackle inflation, Central bank Governor Zhou Xiaochuan said in an interview in Paris after the reserve-ratio announcement.


1. Accelerating Inflation

In China, inflation accelerated to a 4.9 percent annual pace in January, exceeding the government’s 2011 target for a fourth month. U.S. year-on-year inflation reached 1.6 percent in January, the highest since May, figures showed yesterday.
The euro area’s January rate of 2.4 percent was the fastest since October 2008, skidding past the European Central Bank’s 2 percent target ceiling.

Higher inflation in the industrialized world has driven up central bank interest rates in Canada, and momentum built this week for the Bank of England to follow suit after the central bank forecast inflation will quicken from a two-year high and peak at about 4.4 percent.

Among the G-20’s up-and-coming powers, China, Brazil, India, Indonesia and South Korea have raised borrowing costs this year, while rates have declined in Turkey.


2. BRIC Swaps

Underscoring rising prices in the fastest-growing economies, the average cost of credit-default swaps tied to the debt of so-called BRIC nations -- Brazil, Russia, India and China -- is about 47 basis points more than those of the Group of Seven, near a four-month high, according to data provider CMA. That’s up from a record low 18 basis points Jan. 5.

With China, the emerging world’s dynamo, four months into a rate-rise cycle to put a lid on surging inflation, the specter of higher prices casts a political as well as an economic shadow over the two-year-old global upturn.

A burst in food prices was behind the democratic uprising in Tunisia, spilling over to Egypt and neighboring Arab countries with the potential to remake the balance of power in the Middle East.

Dairy, sugar and grain costs spurred food prices to another record last month, and the World Bank this week said that climb has pushed 44 million more people into “extreme” poverty. Oil prices last month reached the highest level since 2008.

G-20 finance ministers and central bankers come to Paris with diminished ambitions, with French President Nicolas Sarkozy no longer talking of a relaunch of the global monetary system to knock the U.S. dollar off its perch as he did last year.


3. ‘Unstable Hybrid’

“We need a system that functions better,” Bank of Canada Governor Mark Carney said at an Institute of International Finance conference in Paris yesterday. The current monetary order “is an increasingly unstable hybrid of fixed and floating exchange-rate regimes. It promoted in our opinion the enormous buildup of debt that preceded the crisis.”

One ingredient would be a greater stake for China’s currency, the yuan, possibly by making it a component of the International Monetary Fund’s special drawing rights, once seen as an alternative reserve asset to the dollar. That system is next up for review in 2015.

China is facing renewed pressure to push up the yuan, even though it has allowed the currency to strengthen 3.6 percent since a two-year dollar peg was scrapped on June 19.

4. ‘Defeat the Fear’

“China should look into experiences of other countries,” Mexican central bank Governor Agustin Carstens told Bloomberg Television in Paris yesterday. “Some Asian economies should defeat the fear of floating by looking into successful events for example, like Chile, Mexico, Brazil.”

The yuan reached a 17-year high today on speculation China’s will allow faster appreciation to tackle inflation and appease trading partners who say the currency is undervalued.

For his part, China’s Zhou said the government didn’t heed the complaints. “We never really cared about external pressure,” Zhou told reporters in Paris late yesterday. “We always focus more on domestic development.”

The yuan remains undervalued, a U.S. official told reporters in Washington this week. Trans-Pacific unease over currencies underlies the G-20’s November pledge to “move toward more market-determined exchange rate systems” without singling out China or setting a timeline.

The aim of the Paris meeting, which starts tonight and ends tomorrow afternoon, is to edge toward agreement on the use of economic indicators to monitor the skewed trade and financial flows that pitched the world into crisis.

5. U.S. Limits

China and Germany, the world’s two biggest exporters, fended off U.S. Treasury Secretary Timothy F. Geithner’s call in October for current-account surpluses or deficits to be capped at 4 percent of gross domestic product.

European Union officials want the scorecard to include the current-account balance, public deficit and debt, savings ratio, net foreign assets, reserve adequacy, real effective exchange rate and private date, according to an EU position paper.

Closer surveillance comes as the economic recovery in the U.S. and Europe edges the world closer to equilibrium. China’s trade surplus, for example, narrowed for the second year in 2010, to $183 billion.
“Global imbalances have been falling for some time,” Morgan Stanley economists Manoj Pradhan and Alan Taylor said in a Feb. 16 report. “While cyclical factors have clearly played a role of late, we believe that deeper fundamental drivers are still the more important factors.”


Addendum du 19 février 2011

Selon Bloomberg, James G. Neuger and Mark Deen

"China Leads Fight Against West's Economic Formula in Scrap at G-20 Meeting"

China led resistance to making bulging foreign-exchange reserves a measure of economic imbalances as Group of 20 finance officials struggled for consensus on realigning the skewed world economy.

Sparring over early warning indicators reflected the split among fast-growing emerging countries and debt-laden advanced economies over how to prevent a repeat of the harshest recession since World War II. A deal remained elusive as of early afternoon, two G-20 officials said.
“G-20 discussions to date have revealed a limited willingness of countries genuinely to coordinate over policies outside a global crisis,” Bank of England Governor Mervyn King said as the two-day Paris meeting got under way yesterday. “The major surplus and deficit countries are currently pursuing economic strategies that are in conflict.”

With the world recovery entering a second year, the unity forged during the crisis is dissipating as up-and-coming powers challenge the deficit-scarred West’s formula for managing the international economy.

China will remain the world’s fastest growing major economy in 2011, with a 9.6 percent expansion, the International Monetary Fund predicts. The Washington-based lender sees 3 percent growth in the U.S. and 1.5 percent in the 17-nation euro area.

1. ‘Reasonable Forecast’

“Most people see a world in which the emerging world’s growing 5, 6 percent; we’re growing between 3 and 4 percent, Europe and Japan somewhere between 1 and 2 percent,” U.S. Treasury Secretary Timothy F. Geithner said in Paris yesterday. “That seems a reasonable forecast.”
In a concession to U.S.-led pressure to push up its currency, China raised bank-reserve requirements yesterday for the eighth time in a year and indicated that a four-month old cycle of interest-rate rises will go on.
The yuan advanced to 6.5732 per dollar, the highest since late 1993, and Chinese officials signaled that further gains are in the offing to muffle domestic inflation and spur export-led growth in the U.S. and Europe.
Higher reserve standards are not “the only method that we’ll use to battle inflation, it’s about using all means including rates and currency,” People’s Bank of China Governor Zhou Xiaochuan said in an interview in Paris yesterday. “One method doesn’t exclude the other.”

2. Defusing Tension

While the Chinese moves may have defused some tension at the meeting, western officials continued to push for a longer- term yuan boost and a realignment of the global economy to stoke growth. China’s “moves with respect to their currency have been relatively minor,” Canadian Finance Minister Jim Flaherty told Bloomberg Television yesterday. “It’s important as part of rebalancing they are more flexible with respect to their currency. China promised to do more.”

Finance ministers and central bankers from the G-20, representing about 80 percent of world output, came with scaled- back ambitions. French President Nicolas Sarkozy welcomed them to Paris by dropping last year’s talk of a relaunch of the global monetary system to end the U.S. dollar’s supremacy.

France’s main aim for the meeting, which ends in late afternoon, is to move toward an accord on the use of economic indicators to monitor the trade and investment distortions that pitched the world into crisis.

3. ‘Endless Discussion’

“I hope that your discussions will avoid getting bogged down in endless discussions on these indicators,” Sarkozy told the finance officials late yesterday at his Elysee Palace.

European Union officials want the scorecard to include the current-account balance, public deficit and debt, savings ratio, net foreign assets, reserve adequacy, real effective exchange rate and private debt, according to an EU position paper.
Chafing at restraints imposed by the richer world, the rapidly growing BRIC states -- Brazil, Russia, India and China - - don’t want the scorecard to include the current account, the broadest measure of trade in goods and services.

China has “its own view” on the current account, Flaherty told reporters.
He said it is “likely” that the imbalance measure will include public and private debt. Germany plumped for those two along with current account, the real exchange rate and currency reserves.

Russia refused to make management of its foreign-exchange reserves -- the world’s third-biggest stash, at $449 billion -- the subject of international bargaining.

4. Imbalances Ebbing

“If the U.S. and the U.K. will put an amount of reserves as a kind of indicator, that’s our biggest concern,” Russian Deputy Finance Minister Dmitry Pankin told reporters in Paris yesterday.

In any event, imbalances are ebbing.
The IMF predicts that
China’s current-account surplus will narrow to 5.1 percent of gross domestic product in 2011 from as high as 10.6 percent in 2007, while
the U.S. shortfall slims to 2.6 percent from 5.1 percent.

Moves are also afoot to bind China more closely into the world economy by adding the yuan to the IMF’s synthetic currency basket, known as special drawing rights.
Created in 1969 and last reweighted in November, the SDR is a composite of the dollar, euro, Japanese yen and British pound, though its role in financial markets is minimal.
Current SDR rules would require China to first make the yuan fully convertible, a step that would put it on the upward track desired by the U.S. and Europe.
“We will discuss ways to enlarge the SDR basket,” German Deputy Finance Minister Joerg Asmussen said in a Bloomberg Television interview yesterday.
“One might think of adapting the rules in order to ease the way for more currencies to be part of the SDR.”



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