Paris, le 10 juillet 2009.



Etant donnée l'inculture économique démontrée quotidiennement en France par les propos tenus ou rapportés, étant donnés les avantages que semblent en tirer les hommes de l'Etat en contribuant à la semer, il faut rappeler des faits car les faits sont têtus et car les "carrosses redeviennent citrouilles quand minuit sonne" et quand on n'avait pas voulu prêter attention aux faits. 


1. La France était le "banquier du monde" en 1909.

Il y a cent ans, la France était le "banquier du monde" tandis que Londres était le "centre financier incontesté de l'univers", nous informent les historiens.
La banque centrale des Etats-Unis – la Fed comme on l'a dénomme aujourd'hui - n'avait pas été encore créée – elle le sera en 1913 - ; New-York – "Wall Street" – n'était qu'un "marché local"…
L'"impôt sur le revenu" n'avait pas été encore institué en France, il le sera à titre expérimental en 1913.

Avec la fin de la "Grande Guerre" qui allait commencer en 1914, tout changera. Les Etats-Unis deviendront la nation la plus riche du monde, créancière de toutes les autres.

De plus, les questions financières prendront une importance grandissante dont la croissance ne s'est jamais arrêtée jusqu'à aujourd'hui inclus.

Seulement, en France, tout ce qui a trait à la "finance" et, en particulier, à la "finance internationale", sera condamné d'avance, en bloc, par la vulgate en expansion, à savoir socialo-marxiste ou démocrate sociale, sans qu'on sache au juste quels sont les personnages mystérieux qui se dissimulent sous ces mots.

Le marché financier sera schématisé par des économistes - piégés par la vulgate ou désireux de l'abonder -, dans le meilleur des cas, par les marchés financiers organisés de Londres, Paris et New-York.
Dans le pire, ils laisseront de côté le marché financier dans leur développement théorique (c'est le cas de Keynes et des keynésiens autant que des monétaristes dans leurs premiers temps).
A partir de la décennie 1960, la sottise de l'exclusion éclatera et certaine autre démarche filtrera


2. 1909-2009 : un long intermède financier.

La finance restera, malgré tout, la "statue du Commandeur" pour beaucoup. 

Il y aura eu, dans la décennie 1920, le problème politique des "réparations allemandes" sur quoi, entre autres, se seront opposés J.M. Keynes et Jacques Rueff, et la prétendue solution financière sanctionnée par la création de la "Banque des règlements internationaux" (B.R.I.), société anonyme à capitaux publics et privés cotés en bourse suisse.

Il y aura eu, à la fin de cette décennie, la baisse importante des prix des actions à la bourse de New-York, puis celle d'autres marchés financiers organisés et des faillites retentissantes, bref tout le théâtre de la "crise de 1929".

Il y aura eu, au milieu de la décennie 1940, les créations du "Fonds monétaire international" (F.M.I.) et de la "Banque internationale pour la reconstruction et le développement" (B.I.R.D. - dénommée abusivement aujourd'hui "banque mondiale" - ; à la fin de la décennie, cela aura été la création de l'"Organisation européenne pour la coopération économique" (O.E.C.E.).
A la différence de la B.R.I., ces organismes financiers n'ont pas d'actionnaires privés, ni ne sont cotés en bourse.

Il y aura eu, dans la décennie 1960, l'émergence des marchés de l'"eurodollar", organisés ou "de gré à gré", et à la fin de la décennie, celle des marchés des "euromonnaies" (euroDM, euroYen, euroFranc, etc.).

Il y aura eu encore, dans la décennie 1970, la création de marchés financiers à terme organisés ("futures exchanges" en anglais) aux Etats-Unis, et dans la décennie 1980, dans le "reste du monde" et, en particulier, en France (M.A.T.I.F. pour "marché à terme des instruments financiers" devenu "marché à terme international de France, puis disparu par fusion dans Euronext, cf. ci-dessous).

Dé-mutualisés et devenus sociétés de capital, des marchés financiers organisés se seront alliés dans la décennie 1990.
C'est ainsi que la "Bourse de Paris" ne sera pas restée autonome et se sera fondue dans le nouveau marché financier organisé dénommé "Euronext S.A.".

Pour sa part, la B.R.I., qui aurait du être dissoute depuis longtemps en raison de la perte de sa mission initiale (les "réparations allemandes"), connaîtra une "révolution de palais" : les actionnaires publics excluront les actionnaires privés en leur rachetant leurs actions. Ils tenteront de le faire en fixant à l'action cotée en bourse un prix dérisoire. Les actionnaires privés se rebifferont et la justice leur donnera (petit) gain de cause : le prix de rachat de l'action sera augmenté.

De même, le F.M.I., toujours en existence aujourd'hui alors qu'il aurait du être dissous en 1971, à la suite de la disparition de sa raison d'être (l'équilibre de la balance des paiements en taux de change fixes), tente sans relâche, de se faire donner des missions par les pays membres.

L'O.E.C.E., elle, a été dissoute à la fin de sa mission – veiller au bon déroulement du "plan Marshall" – mais elle a ressurgi dans l'instant sous la forme de l'O.C.D.E. (Organisation de coopération et de développement économique). Et, aujourd'hui, à interpréter ses prises de position, l'O.C.D.E. semble faire des efforts pour acquérir une mission internationale en matière fiscale.


3. La fécondité en artifices des hommes de l'Etat de la France en 2009.

Aujourd'hui en 2009, loin d'être le "banquier du monde" comme en 1909, la France a, comme spécificités, un Etat et une "organisation de la Sécurité sociale", plus ou moins sous tutelle de l'Etat, qui sont eux-mêmes désormais plus ou moins sous tutelle de l'Union européenne et qui fonctionnent grâce aux emprunts que consent le marché financier, en définitive département du marché de l'épargne. Et cela est possible en raison, entre autres, de l'évolution financière passée riche d'innovations.
Certes, cet appel incessant au marché financier est le lot d'un maximum d'Etats. En d'autres termes, la France n'est pas pour l'instant le pays de l'"Etat le plus emprunteur du monde".

Il reste que les hommes de l'Etat de la France ont fait fort en empruntant de façon ininterrompue depuis 1974 et que les quantités de monnaie qu'ils ont empruntées a cru régulièrement malgré, entre autres, les artifices comptables employés: par exemple, les droits à retraite de la "sécurité sociale vieillesse" ne sont comptabilisés nulle part et ne font donc pas l'objet d'une consolidation.

Conséquence directe.

La charge de la dette est proche de devenir le premier poste du budget de l'Etat de la France. Un département du ministère des finances – l'Agence France Trésor  – a même été créé il y a quelques années pour gérer cette charge sans précédent.

Autre conséquence directe.

Les hommes de l'Etat s'efforcent maintenant de juxtaposer aux artifices comptables des artifices psychologiques.

Le dernier en date du genre, à savoir l'" endettement du troisième type ", est remarquable.

Il donne lieu en ce moment à la mise en place d'une commission "Jup.Roc." qui sera présidée par deux "fossoyeurs en chef" de la dette de l'Etat.
Les deux personnes en question sont fort respectables au demeurant – quoiqu'en apparence diamétralement opposées sur l'échiquier politique – mais on ne peut les dénommer autrement étant données les décisions qu'elles avaient prises, chacune, dans la fonction de "premier ministre" qu'elles ont occupée, à savoir l'une, la création de la C.S.G., qui devait contribuer à résoudre les difficultés financières de l'Etat, l'autre, les créations de la C.R.D.S. et de la C.A.De.S. ("caisse d'amortissement de la dette sociale") et l'augmentation de la C.S.G. qui, elles aussi, devaient contribuer à tout résoudre.

Il était certain alors, pour l'économiste, que ces artifices fiscaux ne résoudraient rien, que leurs résultats rejoindraient ceux des précédents et qu'ils enseveliraient un peu plus profondément encore la dette de l'Etat de "feu le banquier du monde". Et cela a été le cas comme en attestent les atermoiements actuels.

Il est tout autant certain qu'étant donnée la notion d'"endettement du troisième type", les travaux de cette commission n'apporteront rien sinon de rapprocher, voire d'atteindre "minuit".





4. Le jour de libération fiscale pour l'année 2009 sera le 15 juillet.

"Qu'est-ce qui pourrait alors apporter quelque chose aux hommes de l'Etat ?" demanderont certains.

La science économique n'en fait pas secret. Il faudrait
- qu'ils renoncent aux artifices de toutes sortes ;
- qu'ils renoncent aux mensonges ;
- qu'ils renoncent aux vols croissants de propriété ;
- bref qu'ils réduisent les dépenses de l'Etat.

N'oublions jamais qu'en 2009, ce n'est qu'à partir du 15 juillet, comme l'a calculé Contribuables associés, que les Français cesseront de travailler pour le seul profit de la sphère publique et pourront enfin bénéficier des fruits de leur labeur.
Au total, l'Etat leur aura ponctionné 195 jours cette année.
Combien l'année prochaine et les suivantes ? J'aurai l'occasion de revenir sur le sujet.

Mais dès à présent, j'avancerai que si la France était le "banquier du monde" en 1909, si elle ne l'est plus en 2009, son Etat, lui, n'a jamais été aussi spoliateur qu'en 2009 et que cette spoliation, loin de diminuer son endettement comme ses hommes semblent le croire, ne fait que l'accroître.
Puissent ces derniers le comprendre avant minuit.



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