Paris, le 25 octobre 2009.



1. De la justice qualifiée

Hier, on glosait sur le "juste prix" et on faisait abstraction de la nature de l'échange libre.

Aujourd'hui, c'est toujours le cas mais on semble préférer de plus en plus gloser sur l'"impôt juste", sur la "justice fiscale" et on fait abstraction du "vol légal" qu'est l'impôt (cf. Pareto).

Entre temps, en particulier dans la seconde partie du XXème siècle, on a glosé sur la "sécurité sociale" puis sur la "justice sociale" qui autoriseraient, - mieux – qui impliqueraient des "prélèvements obligatoires" : on prendrait aux uns pour donner aux autres, le cas échéant, on redonnerait aux premiers, mais, dans tous les cas, on se serait servi au passage, "il faut bien vivre…"


2. De la fiscalité parisienne.

Le fait est que les sommes qu'"on", i.e. le législateur ou les "hommes de l'Etat" prélèvent, en France, aux citoyens à ces titres sont de plus en plus considérables.

Par exemple, derniers exemples en date pour Paris, il y a une augmentation de l'impôt foncier de:

                                            + 28%

(somme à payer avant le 15 octobre 2009)

et une augmentation de la taxe d'habitation de

                                         plus de 10%

(somme à payer avant le 15 novembre 2009).

Ces augmentations sont tout bonnement hors de proportions étant donnée l'évolution des prix en monnaie sinon stable, du moins peu pentue.

Etonnamment, les politiques de la majorité comme de l'opposition parisienne n'y voient guère à redire : il n'y a aucun débat public et les uns et les autres semblent s'en accommoder.
Extraordinaire.

On prête à une personnalité royale d'avoir dit à une certaine époque du passé : "ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche".

J'acclimaterai l'argument à aujourd'hui et prêterai à la majorité municipale ces mots : "ils ne veulent pas vivre hors de Paris, qu'ils y vivent à nos conditions de prélèvements".


3. L'action humaine et l'enrichissement.

De tous temps, l'être humain a été confronté aux résistances de la nature où il se trouve et dont il est un élément, mais aussi à celles de ses semblables.

Face aux premières, pour les réduire, les surmonter et s'en affranchir, il doit faire œuvre scientifique.
Il doit aussi supporter des pénalités s'il se trompe dans ses recherches, s'il est dans le faux, aussi grandes ces pénalités soient-elles : il peut à l'extrême y perdre la vie.

S'il réussit dans son entreprise, il s'enrichit.
L'enrichissement est certes l'accumulation de biens, mais c'est aussi et, peut-être d'abord, l'acquisition d'une supériorité d'homme à homme – qui bénéficie à tous – et est obtenue par l'effort.
En d'autres termes, c'est le résultat de l'action d'échange ou de production libre, c'est un gain.

Face aux secondes, aux résistances de ses semblables, il peut encore faire œuvre scientifique, mais les pénalités sont moins évidentes, ainsi que l'enrichissement, celles-là expliquant pour une bonne part celui-ci.

Mais l'expérience montre qu'il cherche surtout à faire œuvre magique et tenter de convaincre ses semblables de lui faire confiance et de lui donner le pouvoir de coercition ou de spoliation, le pouvoir de les contraindre.


4. Les prélèvements.

Manifestation exemplaire de la démarche : le "prélèvement".

Il y a "prélèvement" chaque fois qu'une être humain acquiert un pouvoir économique sur une chose en propriété d'autrui, sans l'accord direct ou indirect de celui-ci.

Il y a alors substitution de ce pouvoir au pouvoir économique exercé jusque là par le propriétaire, il y a substitution d'un état de fait à un état de droit.

Le prélèvement englobe ainsi le crime (au point de vue juridique) et l'acte le plus répréhensible (au point de vue moral).

Le prélèvement synthétise des circonstances de fait que certains classaient au début du XXème siècle en deux grandes catégories.

Il y a le prélèvement "lucratif et forcé" quand le procédé est la violence pure et simple (asservissement, pillage, vol, contrainte physique ou morale).

Il y le prélèvement "lucratif et dolosif" quand le procédé est l'illusion fiscale.
L'être humain acquiert alors un pouvoir économique en usant de manœuvres frauduleuses et de tromperie de toutes sortes.

Il en est ainsi des prélèvements que pratiquent les hommes de l'Etat.

A cet égard, parler comme on le fait aujourd'hui de "prélèvements obligatoires" est proférer un pléonasme qui tend à masquer l'alternative précédente…


5. Le déplacement de l'assiette des prélèvements.

Il convient aussi de souligner que les prélèvements pratiqués par les hommes de l'Etat ont un acte générateur, à savoir, les achats de produits qu'ils effectuent.

Contrairement à ce que beaucoup colportent, l'Etat prélève au moment où il achète les produits et où le fournisseur les lui vend. On ne peut prélever que ce qui existe, que des produits disponibles.

L'Etat ne prélève pas au moment où il fait payer le contribuable ou emprunte sur le marché financier. Il a alors déjà prélevé.
Il ne fait que "déplacer l'assiette des prélèvements" depuis ses fournisseurs qu'il doit payer - pour ne pas les voler - vers les contribuables, les créanciers ou les banques centrales, ou, quand il dévalue la monnaie, vers les étrangers en général.

Pour cette raison, autre erreur courante, l'emprunt de monnaie ne permet pas de reporter le prélèvement sur les générations futures comme on veut bien le faire croire.
Un achat actuel donne lieu à un prélèvement actuel. Il y a éventuellement report de la charge de l'intérêt en monnaie.

Tout cela avait ouvert la voie aux discours sur la "fameuse" redistribution pour réaliser la sécurité sociale ou la justice sociale…

Mais, malgré le temps écoulé et les sommes considérables redistribuées, non seulement sécurité sociale et justice sociale n'ont pas fait disparaître l'inégalité, un de leur moteur, mais encore elles n'arrivent plus à dissimuler l'"inégalité" croissante et amènent leurs hérauts à reprendre le flambeau de la "justice fiscale" ou de la "fiscalité juste".


6. Le prélèvement et l'enrichissement.

Il reste que ne pas mettre le prélèvement en relation avec l'enrichissement est une autre erreur. Comme toute action humaine, le prélèvement est source d'enrichissement bien que s'en défendent ceux qui la mènent.

A la différence de celui de l'échange ou de la production, l'enrichissement n'est pas gagné, mais prélevé et cela à court terme.

Il est prélevé par les récipiendaires en raison de l'acquisition artificielle de la supériorité d'homme à homme et de la dispense d'efforts.

 Mais à long terme, du fait de la concurrence des politiques pour tirer parti du prélèvement, il ne saurait continuer à exister : l'enrichissement est dissipé en coûts subis pour l'obtenir (loi de Bitur Camember , Pourquoi  ,   Pourquoi pas  )



http://yacast.dailymotion.com/video/xatbrt_lumiere-101-pourquoi-pas-bitur-came_news 


7. Les frais de gestion de la fiscalité locale.

Les hausses des prélèvements "fiscaux" ( respectivement de 28% et de 10%) dont l'assiette a donc été déplacée, une année de plus, des fournisseurs vers les contribuables parisiens en 2009 démontrent en fait l'augmentation des coûts subis par les politiques pour obtenir l'enrichissement.

J'en veux pour preuve le montant des "frais de gestion de la fiscalité locale" qui figure sur les rôles.

Il augmente de près de

                      27% dans le cas de l'impôt foncier et

      de près de 12 % dans le cas de la taxe d'habitation.

Sauf à ce qu'une fois de plus, ce que désigne logiquement l'expression " frais de gestion de la fiscalité locale" ne soit pas ici en question, mais que l'expression recouvre autre chose - dans ce cas il faudrait le dire aux contribuables et ne pas les prendre pour des bestiaux –, de telles augmentations sont insensées.

Et elles le sont d'autant plus que les taux d'augmentation sont différents!
Aurait-il coûté "plus cher" d'établir l'impôt foncier que la taxe d'habitation ?
Tout cela est à l'évidence farfelu. Les trop fameux bonus des "traders" des intermédiaires financiers font pâles figures dans le domaine du farfelu à côté de telles augmentations magiques.

A l'extrême, que les prélèvements augmentent d'un chiffre aussi grand soit-il, + 1000%, + 10000%, pourquoi pas ? Soit.  Le maître affirme l'assujettissement de l'esclave.

Mais que les "frais de gestion de la fiscalité en question" augmentent dans les mêmes proportions que le montant des prélèvements, rien ne saurait l'expliquer sinon la négation de la gestion économique, l'état de non droit parisien, l'absence de comptabilité en droits constatés, bref la loi de Bitur Camember.


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