Paris, le 15 février 2016.



L'économie politique est une science (cf. ce texte d'août 2015) qu'on peut décomposer rétrospectivement en (... de la plus ancienne à la plus récente):
- théorie de la quantité de monnaie,
- théorie de l'échange,
- théorie de la valeur,
- théorie de la production et de ses facteurs,
- théorie des prix,

- théorie de l'équilibre économique général,
- théorie de l'utilité ou des utilités,

et depuis le XXème siècle, s'y ajoutent :
- théorie de la planification,
- théorie macroéconomique,
- théorie microéconomique,
- etc.


Aujourd'hui, dominent malgré tout:
- des approches de la théorie macroéconomique, appuyées sur des domaines scientifiques anciens comme les statistiques (cf. ce texte de février 2001) ou celui-ci de juillet 2009), et des domaines récents comme la comptabilité nationale (cf. ce texte d'avril 2014) et l'économétrie (cf. ce texte), et
- des approches de la théorie microéconomique (cf. ce texte de mai 2009 ou celui-ci plus ancien).


1. Remarque sur les approches.

Les approches ont en commun de se situer ex post, c'est-à-dire une fois les échanges effectués, les marchés conclus, et non pas ex ante, quand les gens choisissent de mener une action et la mène (cf. ce texte de Mises, 1962).

A défaut de les ignorer, ces approches se moquent des échanges qui n'ont pas eu lieu, soit totalement (il n'existait pas d'échange ou de marché ...), soit en partie (une partie de l'offre ou de la demande du marché n'a pas échangé) (cf. ce texte de septembre 2015).

On ne peut que s'en étonner...
Tout cela va avoir des conséquences sur l'avenir.

Mais, me direz-vous, ces approches se moquent aussi, de fait, de l'avenir.
- Vous avez raison...

Qu'à cela ne tienne.

a. L'amélioration des échanges.

Rappelons que, depuis la nuit des temps, les gens ont cherché à améliorer leurs échanges et y sont parvenus (cf. ce texte d'avril 2013).

Ils ont découvert ou inventé des moyens de réduire les obstacles cernés et les coûts qu'ils leur donnaient, que ceux-ci soient d'ordre juridique, technique ou économique (cf. par exemple ce texte d'avril 2013).

b. Prix en monnaie et taux d'intérêt.

Il s'avère aussi que, dans ces approches, les prix en monnaie des marchandises et les taux d'intérêt des titres financiers sont en général donnés quand ils n'ont pas été tout simplement mis à l'écart du modèle mathématique.

Pourtant, les prix en monnaie ou taux d'intérêt ne sauraient être des variables manipulées par les économistes.
Si des variables doivent l'être et le rester, c'est bien ces deux types de notions.

Hormis le cas limite où les prix en monnaie ou les taux d'intérêt sont donnés quand des économistes ont supposé qu'existait la "concurrence", ceux-là
 ne doivent jamais être donnés sauf à vouloir se situer dans un monde socialiste, à vouloir ne pas parler des réglementations qu'ils cachent et accepter leurs conséquences désastreuses bien connues.

Il ne faut pas oublier que les prix en monnaie ou taux d'intérêt sont des solutions aux variations des actions économiques de chacun, de vous et de moi, qui sont décidées et que les réglementer ajoute aux troubles (cf. ce texte de janvier 2016 ou celui-ci d'octobre 2015).


2. Le socialisme ambiant.

En vérité, aujourd'hui, on est très loin de l'économie politique d'hier et on se trouve dans le socialisme fondé sur la production, l'utilité et la planification.

Tout y a été déformé, dénaturé au XXème siècle, à commencer par la notion de "nature" soi-même ... qui n'est plus ce qui doit être pris pour exemple comme c'était le cas supposé au XVIIIème siècle (cf. ce texte ou celui-ci de Mises, 1962), mais, pour beaucoup, ce qui doit être "protégé" (du genre "COP 21" et malgré les impostures, cf. ce texte de décembre 2002) ...


3. D'un "billet" à l'autre.

Dans le billet précédent du 11 février 2016, j'ai fait apparaître que l'intermédiaire de l'échange et l'échange indirect de marchandises étaient deux notions, deux grandes façons de parler de la même notion économique, sans forcément s'en rendre compte.

Dans le présent billet, j'en introduis une troisième, à savoir le taux d'intérêt des titres financiers, et j'affirmerai cette fois que, malheureusement, tout le monde ignore l'unité des trois notions, à savoir l'organisation que pratique chacun, vous et moi.


Certains diront que la finance est différente de l'économie politique dans le meilleur des cas.

Les financiers verront dans le principe du "titre financier" une forme de "swap pur", préférant au passage parler de "swap" plutôt que d'"échange direct": "cela fait plus moderne"...

Les économistes bien socialistes aimeront parler des "liquidités" dont les banques centrales conviennent avec les banques de second rang plutôt que de la "prétendue monnaie" qu'elles leur accordent.

Qu'à cela ne tienne.


Tout cela a conduit, aujourd'hui, à des taux d'intérêt pratiqués dans les relations entre banques centrales et banques de second rang proches de zéro, voire "négatifs", que personne n'explique... mais sur quoi beaucoup s'interrogent (cf. par exemple ce texte de la Banque de réserve fédérale de Saint Louis - Etats-Unis d'Amérique - du 8 février 2016 sur la notion de liquidités et celui-ci du même jour sur les taux d'intérêt négatifs). 

On est certes loin des absurdités de J.M. Keynes (1936), il y a donc quatre-vingts ans, et de ses "followers", néo keynésiens ou néo monétaristes, pour qui la notion de "préférence pour la liquidité" dominerait la notion de "demande de monnaie".

Mais personne ne s'interroge sur la situation.


4. Le taux d’intérêt du débiteur.

Plaçons-nous au point de vue du débiteur qui veut créer et vendre un titre financier (de montant en monnaie noté "dC1") pour recevoir, en contrepartie, une quantité de prétendue monnaie (notée "dM1").

Il veut aussi s'engager auprès du créancier - qu'il est parvenu à trouver - à lui rembourser une quantité de prétendue monnaie (notée "dM2") (cf. ce texte de décembre 2015) et ainsi à "racheter" - selon le mot français habituel - le titre financier  (de montant noté "dC2").

L'ensemble des actions précédentes définit un titre financier de base au point de vue du débiteur.

Il est représenté par la relation ou grandeur mathématique:

                     (dC2/dM2).(dM1/dC1),

caractéristique de l'échange indirect, du point de vue du débiteur.

Pour autant qu'il y a eu convention, que le débiteur a trouvé un accord avec un créancier, on peut encore écrire :

             (dC2/dM2).(dM1/dC1) = (1/p2).p1

où les "pi" représentent les taux convenus des quantités ou, si on préfère, leur prix en monnaie, à savoir :

                             dMi/dCi = pi.

Le taux d'intérêt convenu (noté "r") n'est rien d'autre que la grandeur convenue [(dC2/dM2).(dM1/dC1)] ou la grandeur[(1/p2).p1]:

                  (dC2/dM2).(dM1/dC1) =  1/r.


5. Un dernier mot.

Ainsi, intermédiaire de l'échange, échange indirect et taux d'intérêt sont trois notions synonymes.
Ce sont trois façons de parler, avec des mots différents, de l'organisation ou du système financier dépeint ci-dessus, au point de vue du débiteur.


Autant, relativement à la notion d'échange indirect, le prix en monnaie était incomplet pour les parties (cf. ce texte de février 2016), autant le taux d'intérêt ne l'est pas pour le débiteur, il s'y identifie.

Et les altérations des uns ou des autres par untel ou untel n'y changent rien.







Retour au sommaire.