A Paris, le 14 juillet 2009.


Les lignes qui suivent tiennent d'abord dans ma traduction de Mises, L. (von) (1966), Human Action, Contemporary Books Inc., 1ère ed. 1949, chap. 16, § 5, pp. 350-357. 
Les intertitres entre [...] sont de mon cru. 

Ce texte reprend, en partie, un article intitulé "Bemerkungen über die mathematische Behandlung nationalökonomischer Probleme", publié en 1953 dans Studium Generale, VI, No 2, Springer Verlag, Berlin-Goettingen-Heidelberg. 
Ce dernier a été traduit en anglais par Helena Ratzka et publié en 1977 sous le titre "Comments about the Mathematical Treatment of Economic Problems" dans le Journal of Libertarian Studies, 1, 2, pp.97-100.
Sa traduction par mes soins figure ci-dessous, dans un second temps, avec le titre "Quelques commentaires sur le traitement mathématique des problèmes économiques".

Soit dit en passant, François Guillaumat vient de traduire le texte écrit en allemand et j'ai reproduit sa traduction en français dans le billet intitulé "The end of the line..."

Il convient de souligner que les idées de Ludwig von Mises sur ce sujet sont en total décalage avec celles de Jacques Rueff qu'on peut découvrir dans Théorie des phénomènes monétaires, 1927, Sirey, Paris.
On pourra le constater en se reportant à la réédition de ce livre dans E.-M. Claassen et G. Lane (eds.) (1979), Oeuvres complètes de Jacques Rueff, tome II : Théorie monétaire, livre 1 et, en particulier, aux textes intitulés
- "Rôle des mathématiques en économie", pp.120-142 et 
- "L'économie politique, science statistique", pp.151-166.

Il reste que j'ai connu et collaboré avec Jacques Rueff dans la décennie 1970. Un soir où nous nous quittions, en Normandie, en 1975, 1976 ou 1977, il me demanda de lui laisser pour la nuit, pour le consulter, un livre que j'avais apporté et qu'il m'avait vu lire dans la journée, à savoir Leçons de théorie économique (Dunod, Paris) de Edmond Malinvaud. Le lendemain matin, il me le rendit et me dit, entre autres :
"j'espère que vous ne croyiez pas à tout cela".

Malheureusement, j'y croyais. Mais, depuis, "je me suis soigné"...

De fait, et rétrospectivement, je dirai que Jacques Rueff lui-même "s'était soigné" depuis 1927 et ses idées sur le sujet avaient ainsi rejoint celles de Mises.



I. Catallaxie logique ou catallaxie mathématique.


Mises 2009 "Les problèmes de prix et de coûts ont été traités aussi avec des méthodes mathématiques.
Il y a même eu des économistes qui ont soutenu que la seule méthode appropriée pour traiter les problèmes économiques est la méthode mathématique et qui ont tourné en dérision les économistes logiques en les traitant d'économistes «littéraires».

Si cet antagonisme entre les économistes logiques et les économistes mathématiques n'était qu'un désaccord sur la procédure la plus adéquate à appliquer dans l'étude de l'économie, il serait superflu d'y faire attention.
La meilleure méthode prouve sa prééminence en apportant de meilleurs résultats.
Il peut aussi arriver que différentes variétés de procédure soient nécessaires pour la solution de problèmes différents et que, pour certains d'entre eux, une méthode soit plus utile que l'autre.

Néanmoins, ce n'est pas un différend sur des questions heuristiques, mais une controverse concernant les fondements de la science économique.

La méthode mathématique doit être rejetée pas seulement en raison de sa stérilité. Elle est une méthode entièrement fautive, partant d'hypothèses fausses et conduisant à des inférences erronées.
Ses syllogismes ne sont pas seulement stériles, ils détournent l'esprit de l'étude des problèmes réels et faussent les relations entre des phénomènes variés.

Les idées et procédures des économistes mathématiques ne sont pas uniformes.
Il y a trois grands courants de pensée qu'on doit traiter séparément. 

[I.A. Les lois statistiques prétendument économiques]. 

La première variété est représentée par les statisticiens qui cherchent à découvrir des lois économiques à partir de l'étude de l'expérience économique.
Ils visent à transformer la science économique en une science "quantitative".
Leur programme est condensé dans la devise de la Société d'économétrie : "La science est mesure."

L'erreur fondamentale implicite dans ce raisonnement a été indiquée ci-dessus. [1]

L'expérience de l'histoire économique est toujours l'expérience de phénomènes complexes.
Elle ne peut jamais exprimer la connaissance du genre de celle que l'expérimentateur tire abstraitement d'une expérience de laboratoire.

La statistique est une méthode de présentation des faits historiques concernant les prix et d'autres données importantes de l'action humaine.
Elle n'est pas la science économique et ne peut pas produire des théorèmes et des théories économiques.

La statistique des prix est de l'histoire économique.
L'idée que, ceteris paribus, une augmentation de la demande doit avoir pour résultat une augmentation des prix n'est pas issue de l'expérience. Personne n'a jamais été ou ne sera jamais en position pour observer un changement dans une des données du marché ceteris paribus.

Il n'y a rien de tel que l'économie quantitative.
Toutes les quantités économiques que nous connaissons sont des données de l'histoire économique.
Aucun homme raisonnable ne peut soutenir que la relation entre le prix et l'offre est, en général ou à l'égard de certaines marchandises, constante.

Nous savons, au contraire, que des phénomènes extérieurs affectent différentes personnes de différentes façons, que les réactions de ces mêmes personnes aux mêmes événements extérieurs varient et que ce n'est pas possible d'assigner des personnes à des catégories d'hommes réagissant de la même manière.
Cette idée est un produit de notre théorie a priori.

Il est vrai que les empiristes rejettent cette théorie, ils prétendent que leur objectif est de n'apprendre qu'à partir de l'expérience historique.

Toutefois, ils contredisent leurs propres principes dès qu'ils passent au-delà du pur et simple enregistrement de prix uniques et commencent à construire des séries et à calculer des moyennes.

Une donnée d'expérience, et un fait statistique, est seulement un prix payé à un moment et dans un lieu défini pour une quantité déterminée d'une certaine marchandise.
Le rangement des différentes données de prix dans des groupes et le calcul des moyennes sont guidés par des choix théoriques qui sont logiquement et temporellement antérieurs.

La mesure dans laquelle certains traits en suspens et des contingences circonstancielles de données de prix en question sont pris ou non en considération dépend du raisonnement théorique de même nature.

Personne n'est assez audacieux pour affirmer que la hausse de "a %" de l'offre d'une marchandise doive toujours avoir - dans tous les pays et à tout moment – pour résultat une baisse de "b %" de son prix.

Mais comme aucun économiste quantitativiste ne s'est jamais aventuré à définir précisément, sur la base de l'expérience de la statistique, les conditions particulières produisant un écart à la proportion a:b défini, la futilité de ses efforts est manifeste.

En outre, la monnaie n'est pas un étalon de mesure des prix ; c'est un moyen dont le taux d'échange varie de la même manière, même si, en règle générale, cela ne se fait pas à la même vitesse et dans la même mesure où les taux d'échange mutuel des marchandises et des services vendables varient.

Il n'est pratiquement pas besoin d'insister plus sur l'exposition des revendications de l'économie quantitative.
En dépit de toutes les déclarations à haute portée de ses avocats, rien n'a été fait pour la réalisation de son programme.

Le regretté Henry Schultz a consacré ses recherches à la mesure des élasticités de la demande pour des marchandises variées.
Le professeur Paul H. Douglas, a loué le résultat des études de Schultz comme «un travail aussi nécessaire pour aider à faire de la science économique une science plus ou moins exacte que l'a été la détermination des masses atomiques pour le développement de la chimie [2] ».

La vérité est que jamais Schultz n'a entamé la détermination de l'élasticité de la demande d'une marchandise en tant que telle ; les données sur quoi il s'est appuyé étaient limitées à certaines zones géographiques et à des périodes historiques.
Ses résultats pour une marchandise déterminée, par exemple des pommes de terre, ne se réfèrent pas aux pommes de terre en général, mais à des pommes de terre aux États-Unis dans les années 1875- 1929 [3]

Ce sont des contributions, au mieux, plutôt douteuses et insatisfaisantes aux divers chapitres de l'histoire économique.
Elles ne sont certainement pas des pas vers la réalisation du programme confus et contradictoire de l'économie quantitative.

Il faut souligner que les deux autres variétés d'économie mathématique sont pleinement conscientes de la futilité de l'économie quantitative.
Car elles n'ont jamais osé faire entrer les grandeurs trouvées par les économètres dans leurs formules et équations et donc les adapter pour la solution de problèmes particuliers.
Dans le domaine de l'action de l'homme, il n'existe pas de moyen pour traiter des événements futurs autre que celui fourni par la compréhension.

[I.B. La relation des prix et des coûts]

Le deuxième domaine traité par les économistes mathématiques est celui de la relation des prix et des coûts.

En traitant ce problème, les économistes mathématiques ne tiennent pas compte du fonctionnement du marché et, en outre, prétendent s'abstraire de l'utilisation de la monnaie inhérente à tous les calculs économiques.

Toutefois, comme ils parlent des prix et des coûts en général et confrontent les prix et les coûts, ils impliquent tacitement l'existence et l'utilisation de la monnaie.
Les prix sont toujours des prix en monnaie et les coûts ne peuvent pas être pris en compte dans le calcul économique s'ils ne sont pas exprimés en termes monétaires.
Si l'on n'a pas recours aux termes de la monnaie, les coûts sont exprimés en des quantités complexes de divers biens et services qui seront dépensés pour l'obtention d'un produit.

D'autre part, des prix - si ce terme est applicable aux ratios d'échange déterminés par le troc – sont l'énumération de quantités de divers biens contre lesquels le "vendeur" peut échanger une offre définie.
Les biens qui sont visées par ces «prix» ne sont pas les mêmes que ceux à quoi les «coûts» se rapportent. Une comparaison de ces prix en nature et des coûts en nature n'est pas faisable.

Que le vendeur évalue les biens qu'il abandonne moins que ceux qu'il reçoit en échange, que le vendeur et l'acheteur ne soient pas d'accord sur l'évaluation subjective des deux biens échangés ; et qu'un entrepreneur se lance dans un projet seulement s'il attend à recevoir pour les biens produits qu'il évalue plus que ceux qu'il a dépensés dans leur production, tout cela nous le savons déjà sur la base de la compréhension praxéologique.

C'est cette connaissance a priori qui nous donne la capacité d'anticiper la conduite d'un entrepreneur qui est en mesure de recourir au calcul économique.

Mais l'économiste mathématique se trompe lui-même quand il prétend traiter ces problèmes d'une manière plus générale en omettant toute référence aux termes de la monnaie.

Il est vain d'enquêter sur les cas de divisibilité imparfaite des facteurs de production sans référence au calcul économique en termes de monnaie.
Un tel examen ne peut jamais aller au-delà des connaissances déjà disponibles, à savoir que chaque entrepreneur a l'intention de produire ces articles dont la vente lui apportera un produit qu'il évalue plus que l'ensemble complexe des biens dépensés dans leur production.
Mais s'il n'y a pas échange indirect et si aucun moyen d'échange n'est d'usage commun, il ne peut réussir, pourvu qu'il ait anticipé correctement l'état futur du marché, que s'il est doté d'une intelligence surhumaine.
Il aurait à prendre en un coup d'oeil tous les ratios d'échange déterminés au marché de manière à attribuer dans ses délibérations précisément la place due à chaque bien en fonction de ces ratios.

On ne peut pas nier que toutes les recherches sur la relation des prix et des coûts supposent à la fois l'utilisation de monnaie et le processus de marché.

Mais les économistes mathématiques ferment les yeux sur ce fait évident. Ils formulent des équations et tracent des courbes qui sont censées décrire la réalité.
En fait, ils ne décrivent qu'un hypothétique et irréalisable état des affaires, en aucune manière semblable aux problèmes catallactiques en question. Ils substituent des symboles algébriques aux termes déterminés de la monnaie tels qu'ils sont utilisés dans le calcul économique et ils croient que cette procédure rend leur raisonnement plus scientifique.
Ils impressionnent fortement le profane crédule.

En fait, ils ne font que confondre et désordonner des choses qui sont traitées de façon satisfaisante dans les manuels d'arithmétique et de comptabilité commerciales.

Certains de ces mathématiciens sont allés jusqu'à déclarer que le calcul économique peut être établi sur la base d'unités d'utilité. Ils dénomment leurs méthodes analyse d'utilité. Leur erreur est partagée par la troisième variété d'économie mathématique.

[I.C. Les problèmes catallactiques prétendument "résolus" sans référence au processus de marché.]

La marque caractéristique de ce troisième groupe est qu'ils ont ouvertement et consciemment l'intention de résoudre les problèmes catallactiques sans référence au processus de marché.
Leur idéal est de construire une théorie économique selon le modèle de la mécanique.

Ils recourent encore et encore à des analogies avec la mécanique classique qui, à leur avis, est le modèle unique et absolu de la recherche scientifique.
Il n'est pas besoin d'expliquer à nouveau pourquoi cette analogie est superficielle et trompeuse et à quels égards l'action humaine à objet se distingue radicalement du mouvement, le sujet de la mécanique.

Les équations différentielles.

Il suffit de souligner un point, à savoir la signification pratique des équations différentielles dans les deux domaines.
Les délibérations qui ont pour résultat la formulation d'une équation sont nécessairement d'un caractère non mathématique.
La formulation de l'équation est la fin ultime de nos connaissances, elle n'agrandit pas directement nos connaissances.

Pourtant, en mécanique, l'équation peut rendre des services pratiques très importants.
Comme il existe des relations constantes entre des éléments mécaniques variés et comme ces relations peuvent être constatées par des expériences, il devient possible d'utiliser des équations pour la solution de problèmes technologiques définis. Notre civilisation industrielle moderne est essentiellement une réalisation de cette utilisation des équations différentielles de la physique.

De telles relations constantes n'existent pas, cependant, entre les éléments économiques. Les équations formulées par l'économie mathématique restent un exercice de gymnastique mentale sans utilité et le restent même si elles en ont été à exprimer beaucoup plus que ce qu'elles expriment réellement.

Une bonne délibération économique ne doit jamais oublier ces deux principes fondamentaux-ci de la théorie de la valeur:
primo, évaluer que ce qui a pour résultat l'action veut toujours dire préférer et mettre de côté ; cela ne veut jamais dire équivalence ou indifférence ;

secundo, il n'y a aucun moyen de comparer les évaluations d'individus différents ou les évaluations de ces mêmes individus à différents instants autrement qu'en établissant si ou non ils rangent les possibilités en question dans le même ordre de préférence.

Dans la construction imaginaire de l'économie en rotation permanente, tous les facteurs de production sont employés de telle manière que chacun d'eux rend le service estimé le plus précieux.
Aucun changement pensable et possible ne pourrait améliorer l'état de satisfaction, aucun facteur ne serait utilisé pour la satisfaction d'un besoin "a" si cet emploi empêche la satisfaction d'un besoin "b" qui serait considéré plus précieux que la satisfaction de "a".
Il est, bien entendu, possible de décrire cet état imaginaire de l'allocation des ressources dans des équations différentielles et de le visualiser graphiquement dans les courbes.
Mais ces dispositifs n'affirment rien sur le processus du marché. Ils visent simplement à marquer une situation imaginaire dans quoi le processus de marché cesse de fonctionner.

Les économistes mathématiques ne tiennent pas compte de toute l'élucidation théorique du processus de marché et s'amusent de façon évasive avec une notion auxiliaire employée dans son contexte et dépourvue de tout sens lorsqu'elle est utilisée en dehors de ce contexte.

En physique, on est confronté à des changements qui surviennent dans des phénomènes de significations variées.
Nous découvrons une régularité dans la séquence de ces changements et ces observations nous conduisent à la construction d'une science de la physique.
Nous ne savons rien sur les forces ultimes manœuvrant ces changements. Elles sont, pour l'esprit en recherche, finalement données et défient toute analyse autre.
Ce que nous savons à partir de l'observation est l'enchaînement ordinaire des différentes entités et attributs observables. C'est cette interdépendance mutuelle des données que le physicien décrit dans des équations différentielles.

En praxéologie, le premier fait que nous savons, est que les hommes ont des intentions à objet de provoquer quelques changements.
C'est cette connaissance qui intègre le sujet de la praxéologie et le distingue du sujet des sciences naturelles.
Nous connaissons les forces à l'origine des changements, et cette connaissance a priori nous conduit à une connaissance du processus praxéologique.

Le physicien ne sait pas ce qu'"est" l'électricité. Il connaît seulement des phénomènes attribués à quelque chose dénommée électricité.
Mais l'économiste sait ce qui actionne le processus du marché. Ce n'est que grâce à ce savoir qu'il est en mesure de distinguer les phénomènes de marché d'autres phénomènes et de décrire le processus de marché.

Maintenant, l'économiste mathématique n'apporte rien à l'élucidation du processus de marché.
Il décrit simplement un auxiliaire de fortune employé par l'économiste logique comme une notion limite, la définition d'un état de choses où il n'y a plus d'action et où le processus de marché est à l'arrêt. C'est tout ce qu'il peut dire.

Ce que l'économiste logique énonce en mots quand il définit les constructions imaginaires de l'état final de repos et de l'économie en rotation permanente et ce que l'économiste mathématique lui-même doit décrire en mots avant qu'il entame son travail mathématique, est traduit en symboles algébriques. Une analogie superficielle est trop développée, c'est tout.

Tant les économistes logiques que les économistes mathématiques affirment que l'action de l'homme vise à la fin à la création d'un tel état d'équilibre et qu'elle l'atteindrait si tous les autres changements dans les données devaient cesser.

Mais l'économiste logique sait bien plus que cela.
Il montre comment les activités des hommes entreprenants, les promoteurs et spéculateurs, avides de tirer profits des écarts dans la structure des prix, tendent à éliminer ces écarts et, par conséquent aussi, à effacer les sources de profits et pertes entrepreneuriaux.
Il montre comment ce processus aboutit finalement à l'établissement de l'économie en rotation permanente. C'est la tâche de la théorie économique.
La description mathématique de divers états d'équilibre est simple jeu.
Le problème est l'analyse du processus de marché.
Une comparaison des deux méthodes d'analyse économique nous fait comprendre la signification de la requête, souvent soulevée, d'élargir le champ d'application de la science économique par la construction d'une théorie dynamique au lieu de la simple préoccupation des problèmes statiques.

En ce qui concerne la science économique logique, ce postulat est dénué de tout sens.
La science économique logique est essentiellement une théorie des processus et des changements. Elle recourt aux constructions imaginaires du non changement seulement pour l'élucidation des phénomènes de changement.

Mais c'est différent avec l'économie mathématique. Ses équations et formules sont limitées à la description des états d'équilibre et de non action. Elle ne peut affirmer quoi que ce soit en ce qui concerne la formation de ces états et leur transformation en d'autres états aussi longtemps qu'elle reste dans le royaume des procédures mathématiques.
A l'encontre de l'économie mathématique, la requête d'une théorie dynamique est bien étayée. Mais il n'y a aucun moyen pour l'économie mathématique de se plier à cette requête.

Les problèmes de l'analyse des processus, c'est-à-dire les seuls problèmes économiques qui importent, défient toute approche mathématique.
L'introduction des paramètres de temps dans les équations n'est pas une solution. Elle n'indique même pas les lacunes essentielles de la méthode mathématique.
Les déclarations que chaque changement prend du temps et que le changement est toujours dans la séquence temporelle sont simplement une façon d'exprimer le fait que, dans la mesure où il existe une rigidité et une inchangeabilité, il n'y a pas de temps.

Le principal défaut de l'économie mathématique n'est pas le fait qu'elle ignore la séquence temporelle, mais qu'elle ne tient pas compte du fonctionnement du processus de marché.

La méthode mathématique est à la peine pour montrer comment, à partir d'un état de non équilibre, apparaissent ces actions qui tendent à l'établissement de l'équilibre.
Il est, bien sûr, possible d'indiquer les opérations mathématiques exigées pour la transformation de la description mathématique d'un état de non équilibre défini dans la description mathématique de l'état d'équilibre.

Mais ces opérations mathématiques ne décrivent en aucun cas le processus de marché actionné par les écarts dans la structure des prix.
Les équations différentielles de la mécanique sont supposées décrire précisément les mouvements en cause à tout instant du temps traversé.

Les équations économiques n'ont aucune référence d'aucune sorte aux conditions telles qu'elles sont réellement à chaque instant de l'intervalle de temps entre l'état de non équilibre et celui d'équilibre.
Seuls ceux qui sont totalement aveuglés par l'obsession que la science économique doit être une pâle copie de la mécanique vont sous-estimer le poids de cette objection.
Une très imparfaite et superficielle métaphore n'est pas un substitut aux services rendus par la science économique logique.

Dans chaque chapitre de la catallaxie, les conséquences dévastatrices du traitement mathématique de l'économie peuvent être testées. Il suffit de se référer à deux exemples seulement.

L'un est fourni par ce qu'on dénomme l'équation des échanges, l'essai inutile et fallacieux des économistes mathématiques de traiter des changements du pouvoir d'achat de la monnaie. [4]

Le second peut être exprimé le mieux en se référant à l'opinion du professeur Schumpeter selon laquelle les consommateurs, dans l'évaluation des marchandises des consommateurs "ipso facto, évaluent aussi les moyens de production qui entrent dans la production de ces biens." [5]
Il n'est guère possible de considérer le processus de marché d'une façon plus erronée.

La science économique ne porte pas sur les biens et services, elle porte sur les actions des hommes en vie.
Son but n'est pas de s'attarder sur des constructions imaginaires telles que l'équilibre.
Ces constructions ne sont que des outils de raisonnement.
La seule tâche de la science économique est l'analyse des actions des hommes, c'est l'analyse des processus.


Notes

[1] Cf. ci-dessus, pp. 31, 55–56.
[2] Cf. Paul H. Douglas in Econometrica, VII, 105.
[3] Cf. Henry Schultz, The Theory and Measurement of Demand (University of Chicago Press, 1938), pp. 405–427.
[4] Cf. ci-dessous, p. 399.
[5] Cf. Joseph A. Schumpeter, Capitalism, Socialism and Democracy (New York, 1942), p. 175.
Pour une critique de la proposition, cf. Hayek, "The Use of Knowledge in Society", Individualism and the Social Order (Chicago, 1948), pp. 89 ff. "



II. Quelques commentaires sur le traitement mathématique des problèmes économiques.


Les lignes qui suivent sont donc ma traduction de Mises, L. (von) (1953), "Bemerkungen über die mathematische Behandlung nationalökonomischer Probleme", publié en 1953 dans Studium Generale, VI, No 2, Springer Verlag, Berlin-Goettingen-Heidelberg.

Est le support de la traduction le texte traduit en anglais par Helena Ratzka et publié en 1977, soit vingt-quatre ans plus tard, sous le titre "Comments about the Mathematical Treatment of Economic Problems" dans le Journal of Libertarian Studies, 1, 2, pp. 97-100.



II.A. Introduction.

Il n'est pas possible d'examiner de manière approfondie la question du traitement mathématique des problèmes économiques dans le cadre d'un bref essai. Des questions fondamentales de philosophie et d'épistémologie, impossibles à exposer en quelques phrases, devraient être posées.
Par conséquent, seuls quelques points seront présentés ici et discutés par aphorismes.
Pour le reste, nous devons renvoyer le lecteur aux livres de Cairnes, Boehm-Bawerk, Cuhel, Rickert et Max Weber et à des écrits de l'auteur lui-même.[1]


II.B. Le problème de la gestion.

Le slogan de la Société d'économétrie est la déclaration positiviste:
... ... ... "La science est la mesure."

La Société souhaite mettre en place une science mathématique exacte de l'économie pour remplacer la science économique d'exposition ou logique supposée inexacte, que les positivistes tournent en dérision en la dénommant «littéraire».

Que mesurent-ils ?

Dans le septième tome d'Econometrica, le périodique de la Société, le sénateur (ancien professeur) Paul H. Douglas dit de l'ouvrage écrit par le regretté Henry Schultz, La théorie et la mesure de la demande, qu'il est
«un travail aussi nécessaire pour aider à rendre la science économique une science plus ou moins exacte comme l'a été la détermination des masses atomiques pour le développement de la chimie."[2]

Quant au travail de Schultz, nous constatons que ses recherches ne traitent pas d'un produit en général, mais des prix et de l'offre de marchandises définies dans une certaine zone et au cours d'une période déterminée du passé.
Par exemple, il ne parle pas de pommes de terre en général, mais des pommes de terre aux États-Unis de 1875 à 1929. Son livre est une contribution à l'histoire économique, une déclaration avec laquelle peuvent aussi être d'accord ceux qui considèrent son livre comme à la fois erroné et inutile.

Il y avait une fois une doctrine de la science économique qui voyait une relation fixée entre l'offre et le prix dans un cas. On croyait que le pouvoir d'achat de l'unité monétaire était inversement proportionnel au montant de monnaie en circulation. Sauf pour cette notion, depuis longtemps réfutée et abandonnée, personne n'avait jamais osé déclarer que la relation entre l'offre et le prix de toute marchandise était immuable.
Tout ce qui peut être découvert au moyen de l'expérience statistique à propos de l'offre des marchandises et de leur prix est une donnée de l'histoire économique. La statistique est l'une des méthodes dont l'histoire économique peut faire usage.

Les profanes disent avec insistance souvent qu'on peut prouver n'importe quoi avec des statistiques. En réalité, l'expérience statistique dans le domaine de l'action humaine ne peut rien prouver dans le sens où les sciences de la nature parlent familièrement de preuve.
L'expérience historique, qui est toujours l'expérience de phénomènes complexes, ne peut pas aboutir à une connaissance des lois théoriques. L'expérience historique, doit être interprétée et expliquée à l'aide des lois générales acquises indépendamment de l'expérience historique.

Le sujet de l'économie n'est pas des pommes de terre, des chemises ou des lames de rasoir, mais l'action de l'homme, qui est dirigé par des jugements de valeur.
Un jugement de valeur ne mesure pas, il donne un grade. Il ne dit pas A est égal à B. Il dit: je préfère A à B. Seule, de tels choix, émerge l'action. Lorsque le jugement de valeur estime que A est égal à B, aucune action n'a lieu. La production et l'échange ne sont pas le résultat de l'égalité de valeur, mais de la différence de valeur.

Par conséquent, dans le domaine de l'action humaine, il n'y a pas d'unité de mesure et ni aucune mesure.
Les prix ne sont pas mesurés en monnaie, ils sont exprimés en monnaie.

Dès que nous introduisons une donnée concrète dans notre réflexion sur l'action de l'homme, telle que le prix d'une marchandise exprimé en termes de monnaie, nous quittons le domaine de la science économique et entrons dans celui de l'histoire économique, même si c'est l'histoire de ce tout dernier moment.
Tout ce qui peut être dit dans les chiffres de prix futurs est une anticipation spéculative. Nous pouvons spéculer correctement ou incorrectement, mais on ne peut jamais être certain à l'avance que nous spéculerons correctement.

Le positivisme n'autorise pas de différence entre les sciences naturelles et les sciences traitant de l'action de l'homme. De même que la chimie a progressé de la phase qualitative à la phase quantitative, de même la science économique doit passer de l'analyse qualitative de ses problèmes à une analyse quantitative. Le positiviste ne voit pas qu'il n'y a pas de constantes dans l'action de l'homme et que son postulat est donc sans réalité.


II.C. Les choix.

Quotidiennement, un nombre croissant de livres et d'essais de l'école mathématique traitent des choix que les individus et les sociétés font dans la conduite de leurs activités quotidiennes. Un regard plus restreint montre qu'ils traitent de l'algèbre et de la généralisation des "dents" de la pensée enseignée dans les écoles de gestion sous le nom d'arithmétique des affaires et qui ont été depuis longtemps appliqués par des hommes d'affaires qui ne sont jamais allés à une telle école.

Les auteurs de ces textes déclarent que leurs recherches sont de grande valeur dans la pratique des affaires aussi bien dans une société capitaliste et dans un Etat socialiste. Ils ne soulèvent jamais la question de savoir pourquoi les hommes d'affaires ne prêtent aucune attention à leurs recherches.

La vérité est que ces traités de savants donnent seulement un conseil aux hommes d'affaires: acheter quand il s'attend à la hausse des prix et vendre quand il s'attend à les voir chuter.
Tout le reste qu'ils offrent est insignifiant.
Il s'agit d'un gaspillage de temps que de publier des ouvrages volumineux sur la meilleure taille d'un stock. Une telle décision dépend des plans de l'entrepreneur qui sont fondées sur son jugement des conditions à venir. Toutes les décisions dans la vie professionnelle ainsi que dans la vie de l'individu et dans les affaires gouvernementales sont guidés par l'attente d'un développement défini des conditions à venir. Elles s'avèrent de fausses spéculations si les choses se développent différemment.
Cela s'appliquent aussi aux politiques de gestion du chef d'une société socialiste. Lui, aussi, s'il pouvait calculer, ne calculerait pas autrement que ne le fait l'homme d'affaires qui recherche le profit. Le fait qu'il ne peut pas calculer appartient à un autre ensemble de problèmes.

À l'instar de Marx et de tous les socialistes, les économistes mathématiques ne parviennent pas à réaliser que l'action de l'homme a à faire avec les conditions à l'avenir sur lesquelles on ne sait rien de certain. Si on fait abstraction de l'incertitude de l'avenir, on peut, bien sûr, construire de magnifiques maisons de cartes mathématiques.

Il y a un accord tacite entre tous les économistes mathématiques de ne pas révéler les nombreuses contradictions dans les hypothèses sur lesquelles ils fondent leurs recherches.
Le concept de l'action humaine se référant à un avenir qui n'est en aucune façon incertain, est logiquement inconcevable.
La vie des gens pour qui l'avenir ne contient rien d'inconnu serait tellement différente de la vie que nous connaissons qu'aucune imagination n'est suffisante pour donner une image d'elle. Serait-ce au moins la vie au sens où nous l'entendons ?

Le rapport de la plus haute autorité en matière d'économie mathématique, la Commission Cowles, pour la période allant du 1er janvier 1948 au 30 juin 1949, a tenté une défense dérisoire de la méthode mathématique.
Le rapport ne peut pas nier que réellement aucune "constante de comportement" n'existe.

Mais il s'accroche à l'affirmation que la méthode mathématique suppose simplement que les données présentées "restent sensiblement constantes à travers une période de plusieurs années ."[3]
Si cette hypothèse est vraie, cependant, cela ne peut qu'être constatée après-coup, c'est-à-dire par l'expérience historique.
Ainsi, toutes les hypothèses des économistes mathématiques s'effondrent. Leur méthode se révèle être une méthode traitant des données de l'histoire économique. Les équations tant appréciées sont, dans la mesure où elles s'appliquent à l'avenir, seulement des équations dans lesquelles toutes les quantités sont inconnues.


II.D. Les équations

Dans la science économique moderne, la notion d'économie en rotation permanente (économie statique ou économie en état d'équilibre) a un rôle important.
Selon cette notion, les procédés de production toujours les mêmes sont orientés de telle manière que les biens d'ordre supérieur passent par ces processus dans une identité de genre et de quantité répétée régulièrement, jusqu'à ce que finalement les produits finis atteignent les consommateurs et soient utilisés.

Dans ce système, l'état de repos du marché est continuellement perturbé de la même manière, et est continuellement restauré de la même manière.
Toutes les données, y compris les facteurs perturbant, restent inchangées, et par conséquent les prix de tous les biens et services restent aussi inchangés.
Dans le monde de l'action humaine réelle, dans la vie d'un être humain vivant, il ne peut jamais y avoir un état qui corresponde à la construction mentale d'une économie statique.

Toutefois, afin de comprendre les changements de conditions et les mouvements irréguliers de l'économie réelle, nous devons les opposer à un état des affaires où les changements et leurs effets sont absents.
Bien que le développement tout à fait logique de cette construction aboutisse à des contradictions insolubles, nous pouvons et nous devons y recourir sans hésitation car elle est la seule méthode de clarifier les problèmes de l'entreprise, le profit entrepreneurial et la perte.
Nous partons d'un état des affaires hypothétique irréalisable dans lequel les changements de facteurs de conditionnement des prix sont absents, et puis nous supposons qu'un changement d'un seul de ces facteurs trouble seul l'état des affaires, et nous examinons les conséquences de ce seul changement jusqu'au moment où un nouvel état de repos et d'équilibre émerge.

Dans le laboratoire, le scientifique de la nature observe les conséquences d'un changement d'un seul élément isolé.
Dans les sciences de l'action humaine, une telle expérimentation n'est pas concevable. Sa place est prise par la méthode des constructions imaginaires qui, après tout, est essentiellement une enquête sur les effets que le changement d'un seul facteur provoque, toutes choses égales par ailleurs.

Sur l'analogie avec la mécanique classique, l'état des affaires dans une économie en rotation permanente a été dénommé métaphoriquement état d'équilibre. Il est possible de décrire cet état dans les termes d'un système d'équations différentielles simultanées. La formulation de telles équations est l'essence de ce que les économistes mathématiques essaient de faire.

Mais la formulation de ces équations, n'élargit en aucune façon nos connaissances. Ce que l'économie logique dit en mots, et ce que les économistes mathématiques doivent aussi dire en mots avant de mettre en place des équations, est présenté en symboles mathématiques.
Mais ces équations diffèrent entièrement dans leur application pratique, aussi bien que dans leur référence cognitive à partir des équations de la mécanique.

Dans les équations de la mécanique, nous pouvons introduire des constantes qui ont été déterminées avec une exactitude raisonnable grâce à des expériences empiriques.
De cette façon, nous pouvons rendre certaines des quantités inconnues à partir d'éléments donnés fournis avec une précision suffisante pour la technologie.

Dans le domaine de l'action humaine, cependant, il n'existe pas de telles constantes. Les équations de l'économie mathématique sont donc inutiles pour tous problèmes pratiques.

Mais elles sont aussi sans valeur comme savoir.
Les équations de la mécanique décrivent le mouvement à chaque point, la façon dont les éléments se déplacent et leur position à chaque instant.

Les équations économiques décrivent seulement une condition imaginaire qui diffère de la condition réelle et qui ne peut jamais être réalisée. Elles ne disent rien sur les actions des hommes qui agissent, ce qui, à la supposition irréalisable qu'aucun autre changement ne se produise dans les données, aboutirait à un tel état d'équilibre.
Bien sûr, on pourrait montrer mathématiquement comment un état des affaires qui diffère de l'état d'équilibre devrait changer de façon à arriver à l'état d'équilibre. .
Mais une telle démonstration d'un processus mathématique n'est pas une description de la façon dont une économie qui n'est pas dans l'état d'équilibre se déplace réellement dans la direction qui, finalement, pourvu qu'aucun autre changement dans les données n'apparaisse, conduirait à l'équilibre. Une telle démonstration ne dit rien sur les actions qui constituent ce processus.
L'économie catallactique doit montrer comment les prix du marché se développent hors de l'action des individus.
L'école de pensée économique mathématique s'épuise dans l'effort de décrire une situation hypothétique où il n'y aurait pas d'action humaine.


II.E. La vogue des analogies.

Carl Menger a dit un jour qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de réduire à l'absurdité une variété de pensée fallacieuse que de la laisser vivre complètement d'elle-même.

L'école de sciences économiques mathématique est déjà sur cette voie. .
Des moyens financiers considérables sont à sa disposition.
Elle contrôle un grand nombre de périodiques dans de nombreuses langues, organise des congrès et des conférences et est enseignée dans la plupart des universités comme la seule méthode de sciences économiques vraie.

Elle bénéficie aussi d'une faveur particulière de la part des gouvernements et de l'UNESCO.
Mais tous les éloges que les représentants de l'école s'adressent les uns aux autres ne suffiront pas, à long terme, pour dissimuler le fait que cette activité conduit à une impasse.
Dès qu'un critique écrira un livre posant la question des résultats de la méthode mathématique, les illusions disparaîtront.

Aucun représentant de l'école mathématique n'a jusqu'ici considéré qu'il fallait passer du temps à répondre aux arguments de la critique dévastatrice qu'exigeait la méthode.
Ils croient qu'il suffit de rappeler l'exemple des sciences naturelles.
Quiconque nie le dogme positiviste est étiqueté comme un métaphysicien et un adepte des "philosophies idéalistes de l'histoire, en particulier de la variété moderne allemande.''~ [4]
S'occuper de ces machins pré-scientifiques et non scientifiques est naturellement en deçà de la dignité d'un positiviste.

Dans le troisième quart du XIXème siècle, l'analogie biologique a été très populaire chez les économistes et sociologues positivistes.
Des hommes sérieux écrivirent ensuite des traités sur des questions telles que, quelle est la substance intercellulaire du "corps social".

Personne ne nie plus que ces études de Spencer, Schaeffle et Lilienfeld étaient une façon de jouer avec les mots, dénuée de sens.

La mode a changé.
Aujourd'hui, les hommes préfèrent l'analogie mécanique.
Mais cette façon disparaîtra aussi sans laisser de trace.


Notes

1. Nous pouvons aussi citer un remarquable mathématicien à ce propos, Paul Painlevé. Voir sa préface à l'édition française du travail de William Stanley Jevons intitulé Theory of Political Economy, Paris, 1909.
2. p. 10
3. p.7.
4. A comparer à Sigmar von Fersen, dans l'article "Philosophy of History" in Runes, Dictionary of Philosophy (New York, 1942).


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