A Paris, le 2 juillet 2018




1. Joseph Salerno (1976)


Dans une conférence donnée en 1976, publiée en 1978 (cf. https://www.researchgate.net/publication/237492207_COMMENT_ON_THE_FRENCH_LIBERAL_SCHOOL),
traduite récemment par Arthur Gautier de l'Institut Coppet ), Joseph Salerno a montré qu’il existait dans l’économie politique anglo-saxonne une véritable « conspiration du silence » concernant le travail et les réalisations du "Groupe de Paris" et de l’"École libérale française" en économie politique.


Il s’avère que le propos de Salerno complète des billets antérieurs que j’ai écrits sur le sujet et qui mettaient l'accent sur des économistes américains qui remettaient en question ce qu'il était convenu d'accepter aveuglément:
- l'un à propos de la "boite d'Edgeworth Bowley" de juillet 2014,
- l'autre à propos de la préférence donnée à Marshall sur Cournot, d’octobre 2016.

Bien d’autres billets du même ordre pourraient être cités comme celui qui dénonçait la causalité de la "quantité de monnaie" sur l'activité économiqueen juin 2014.


2. «Bannissement" ou «proscription",

J’ajouterai à la démonstration de Salerno que je partage, qu’il existe aussi dans l’économie politique française un véritable «bannissement" ou, si on préfère, une véritable «proscription", méconnu des économistes qui essaient de développer les idées du "Groupe de Paris" plutôt que ceux du «néo socialo marxisme» ambiant en France.

Sur ce dernier point, je ne saurais trop faire allusion au sort réservé au jury du Concours de l'agrégation de sciences économiques de l'enseignement supérieur en 2004 (cf. ce billet de juillet 2007).


3. les hommes de l’état.

Le moteur de la situation se trouve dans l’initiative permanente des hommes de l’état de France depuis la décennie 1870 qu’a évoquée, mais sans y insister, Salerno dans le texte.

On peut y lire en effet que:

… "En réalité, la domination du Groupe de Paris sur la science économique française fut si complète et son adhésion aux principes du laissez-faire si tenace que le gouvernement français lui-même, sentant la menace, chercha à réduire l’influence du groupe.

En 1878, lorsque le gouvernement créa des chaires d’économie politique dans toutes les facultés de droit [cf. ce billet de 2016], il s’arrangera pour nommer le moins de professeurs possibles qui fussent favorables aux idées du Groupe de Paris.

Cet épisode marqua la fin de l’autorité incontestée de l’Ecole libérale, dont l’influence sur la science économique française déclinera progressivement jusqu’à la guerre,
'même si le noyau dur des champions du laissez-faire, non moins remarquable pour sa longévité que pour sa force de conviction, résistera tel les Spartiates de Léonidas aux Thermopyles' (Joseph A. Schumpeter, History of Economic Analysis (New York: Oxford University Press, 1954), p. 843)."


Soit dit en passant, à sa façon, l’absence de scientificité que reproche Joseph Schumpeter à l’Ecole libérale française, n’est en réalité qu’une démonstration de son acceptation tacite du scientisme qui fait qu'il n'a pas à être considéré comme un "économiste autrichien", contrairement à l'habitude des historiens de la pensée économique...


4. S’opposer au bannissement.

Il s’agirait de s’opposer une bonne fois pour toutes, à ce lancinant bannissement qui ne tient pas à une prétendue faiblesse analytique de l’Ecole libérale française dans la "théorie de l’équilibre économique général", la seule qui existait alors, comme certains s’en sont formalisés contre toute attente.


5. Développer l’Ecole libérale française.

Il s'agit de faire connaître, et de développer, la vision lucide de l’Ecole sur les soubassements méthodologiques propres à  l'économie politique qu'elle a adoptée et qu'ont toujours refusés
- non seulement les hommes de l’état français,
- mais aussi ceux d'autres pays,
entichés qu'ils sont désormais d’"approches de théorie macroéconomique", pour le moins déraisonnables.

C'est à cela que vise le présent blog.









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