Paris, le 8 janvier 2011
(premier billet de l'année).




1. Equilibre économique général et action humaine

Selon les mots de Vilfredo Pareto (1896) – « successeur pessimiste de Molinari » comme le dénommait Murray Rothbard -, l’économie politique s’intéresse aux phénomènes économiques qui résultent de l’action humaine, au nombre desquels le principal est l’équilibre économique général (cf. son Cours d'économie politique, §3).

Elle ne s'intéresse donc pas à l’action humaine elle-même que Pareto dénomme « occupation » ou « fonction » en relation avec les actions des hommes de l'Etat qu'il analyse à l'occasion et, en particulier, celle de spoliation ou redistribution.

A priori, en économie politique, l’équilibre économique général est un concept qui semble donc aux antipodes du concept d’ « action humaine », i.e. de l’action de vous ou moi, de cette action dont on évalue le coût d’opportunité par la pensée et dont on espère avec incertitude tirer un profit dès lors qu’on mène telle ou telle.


2. Equilibre économique, égalité arithmétique, marché conclu en droit.

Pour expliquer les phénomènes économiques et, en particulier, l’équilibre économique général, l'économie politique "à la Pareto", mais aussi d'autres comme on va le voir, font intervenir non pas l'action humaine, mais, principalement, des concepts d’offre et de demande de biens rares.

Il reste que l’équilibre économique général est un concept construit par des économistes, à commencer par Léon Walras – prédécesseur de Pareto à l'université de Lausanne -, à partir d’une analogie avec la mécanique classique des XVIIIème et XIXème siècles, cette mécanique dont le point de départ oublié aujourd'hui par beaucoup est l’application de la loi de l’économie à la nature sous la forme « du moindre temps », « du moindre effort » ou encore « de la moindre action ».

Soit dit en passant, loin d'être, au mieux, dépendante de la physique - au pire, ne pas être une science - comme le veulent beaucoup de critiques, l'économie politique impose sa marque à la science via sa loi, la loi de l'économie, expression de la rationalité de la pensée humaine.


La façon de parler qu'est le concept d'équilibre économique général ne saurait cacher ou faire mettre de côté deux autres façons synonymes et complémentaires de s’exprimer de l’économie politique, la vraie.

L’une tient à l’égalité arithmétique de la quantité offerte et de la quantité demandée d’un bien pour un prix en monnaie convenu contractuellement.

Celle-ci transparaît d’ailleurs, déjà déformée voire dénaturée, dans ce qu’a écrit Keynes à propos de l’offre et de la demande globales puisqu’il ne fait pas intervenir de prix… (cf. ci-dessous).

Alors que l’équilibre, métaphore, peut laisser imaginer les forces qui le réalisent, l’égalité quantitative arithmétique est, si l’on peut dire, « terre à terre », stricte, elle ne fait pas rêver...


L’autre façon de s’exprimer synonyme de l’économie politique tient à l’accord des volontés des personnes juridiques, aux « marchés conclus » entre les parties de l’échange, êtres de pensée et de raison et non pas analogues des planètes du système solaire ou des électrons libres de la toute nouvelle - alors - mécanique quantique.


3. Quatre résultats de l'échange à ne pas méconnaître.

Soit dit en passant, un des résultats de l’échange libre est donc, comme on le disait en « vieux françois », le  « marché conclu ».

On était bien loin alors des représentations géométriques du marché de la fin du XIXème siècle « à la Marshall », à la « Edgeworth Bowley » ou de l’équilibre économique général « à la Walras », « à la  Hicks-Hansen » (mi XXème siècle), à la façon « monétariste, à la façon « néo néo keynésienne » (2001), à la façon « nouveau monétarisme » (2010)...

A fortiori, on était loin des élucubrations des représentations résultant de l’application de la  « théorie mathématique des jeux » ou des représentations résultant de l’application de la "théorie des ensembles" « à la Arrow-Debreu et consorts » qui fleurissent mi XXème siècle et qui tendent, entre autres, à mettre l’accent sur la question de la détermination "mathématique" de l'équilibre (ah Kakutani ou Brouwer !) comme pour faire oublier la différence à faire entre la question de l’existence mathématique et la question de l’existence empirique (cf. par exemple, Poincaré, Science et méthode, 1908).


Un deuxième résultat de l’échange libre est la spécialisation réalisable de l’action humaine.
Sans échange libre, pas de spécialisation imaginable.

Il reste que, pour certains, l’échange libre est à maudire car c’est la « division du travail » et car ils jugent celle-ci néfaste pour le travailleur ou … pour la nation – du fait de la dépendance, "avancée dans la foulée", vis-à-vis de l’étranger, dépendance alimentaire, énergétique, etc. (ah le patriotisme économique !)-.


Troisième résultat à ne pas cacher, ni à oublier : le gain à l’échange.

En vérité, le gain à l’échange est tellement évident que ceux qui condamnent la division du travail en arrivent à faire référence à une mauvaise distribution du gain et à parler de l’ « échange inégal » plutôt qu’à s’escrimer à essayer de réfuter l’existence empirique du gain.


Le quatrième et dernier résultat de l’échange libre que j’évoquerai est cela même sur quoi insistait en fait Pareto, à savoir le prix du marché conclu, le prix en monnaie du bien « non monnaie » échangé.

Un prix en monnaie n’est jamais qu’une quantité de monnaie convenue entre des personnes juridiques par unité du bien en question.
Il n’est pas a priori un prix en monnaie affiché à quoi il faut se soumettre ou se démettre, quand l’échange n’est pas réglementairement obligatoire et quand on peut donc y échapper….

Contrairement à ce que supposent beaucoup d’économistes mathématiciens qui n'ont d'"économistes" que le mot, il n’y a pas, d’un côté, des prix et, de l’autre, des quantités de marchandises…
Il n’y a que des quantités de biens en propriété échangeables - ou échangées - évaluées  par les êtres humains et des quantités de monnaie que ceux-ci détiennent, le prix en monnaie étant une façon de schématiser le « marché conclu » en droit, en insistant sur une de ses caractéristiques.

Mais, bien sûr, quand, en hypothèse, on a mis de côté la monnaie - car on ne sait pas ce que c'est - et qu’ainsi on s’est mis dans une impasse, il faut trouver un stratagème pour s’en sortir "au moindre coût qu'on évalue à sa façon" : ce sera, dans ce cas, la plupart du temps, l’appel à la rhétorique - au mauvais sens du terme - et la référence à la « dualité » : il y aurait des prix et des quantités de marchandises !


Qu'à cela ne tienne, les personnes échangent toujours des biens en propriété soit synallagmatiquement (via des contrats bilatéraux) soit catallactiquement (il s'agit alors d'"échanges dépersonnalisés" pour reprendre le concept de Douglas North qui tend à conforter le concept à consonance un peu barbare de "catallaxie" de Hayek).

Chaque fois que l’échange débouche sur un accord en droit, il y a « marché conclu ».

Et a priori, l’échange libre débouche davantage sur un accord que l’échange réglementé.

A l'opposé, un prix minimum fixé réglementairement interdit des échanges et crée des marchés conclus « au noir »...

S’il n’y a que des marchés conclus librement, a priori il ne peut y avoir qu’un accord général des volontés des uns et des autres, qu’un marché conclu général, qu’une égalité quantitative générale, qu’un équilibre économique général.

S’il y a des échanges réglementés, il en est tout autrement : ce qu'en définitive, l’application de telle ou telle mathématique choisie arbitrairement... sanctionne en amenant à parler d’indétermination…


4. Trois façons interdépendantes de dire la même chose

Bref, accords des volontés de vous et moi – "marchés conclus" -, égalités arithmétiques des quantités des biens en propriété et équilibre économique général ou, si on préfère l'ordre inverse, équilibre, égalité, « marché conclu » sont trois façons complémentaires, interdépendantes de l’économie politique de dire la même chose avec des mots différents.

Rien ne justifie de donner une priorité à l’une d’elles sur les autres comme c’est, par exemple, le cas depuis la décennie 1930 (cf. Cot et Lallement, 2007 ) avec la déformation, la dénaturation voire le dévoiement de la pensée de Pareto sous l’intitulé « économie parétienne » ou « économie du bien être » (le fameux « Pareto revival » en langue américaine) sauf à vouloir faire un mauvais coup.

C’est aussi le cas depuis la fin de la décennie 1930 avec le domaine de l’économie politique dénommé « macroéconomie » dont l’expérience en cours est de plus en plus coûteuse.

4.a. Indétermination parétienne

Au passage, et ceci est curieusement passé sous silence, Pareto avait souligné que, quand les prix sont libres, la monnaie est vraie et l’équilibre économique général est déterminé.

Quand ils ne sont pas libres, mais réglementés, la monnaie est fausse et l’équilibre économique général est indéterminé car il y a une variable de plus, de trop..., le prix de la monnaie (cela ne signifie pas que l’équilibre n’existe pas…, je laisse de côté le point).

4.b. Indétermination keynésienne

Quarante ans plus tard (1936), John Maynard Keynes, le « magicien de Cambridge » comme l'avait dénommé Jacques Rueff, impute une indétermination à la « loi de Say » au terme de laquelle l’offre crée sa propre demande.

Selon Keynes, les courbes d’offre globale et de demande globale sont égales pour toute valeur du revenu, pour tout volume de la production et de l’emploi (cf. par exemple T. Sowell qui y insiste dans un livre sur la loi de Say, 1972 - 1991 en français, p.151-). En d’autres termes, implicitement, en économie politique keynésienne, peu importent les prix en monnaie !

4.c Double indétermination

Etant donné ce qu’a écrit Pareto – que Keynes ne cite pas dans sa Théorie générale… mais cela n'est pas étonnant car, selon Friedrich von Hayek, son niveau de connaissances économiques est celui d’un étudiant de première année de licence -, on peut ajouter, si on se place dans la perspective du magicien, que, quand les prix ne sont pas libres, mais réglementés, la monnaie est fausse et il y a une double indétermination mathématique de l’équilibre économique général…

C'est la caractéristique de la situation mondiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui depuis l'échec retentissant des manipulations de la monnaie à l'échelle mondiale dont le glas à sonné en 1971, sauf à changer de mathématique...


Dans le cas spécifique de la France, ont été aussi développés des succédanés de ces deux domaines de l'économie politique que sont l'économie parétienne et la macroéconomie qui ne doivent pas éconduire l’attention, mais bien au contraire faire en sorte qu'elle reste rattachée à leur souche. Ils végètent en effet sous la forme de « modèles mathématiques», par exemple, au monopole institué en 1946 qu’est l’I.N.S.E.E. (cf. Desrosières 2003) ou à la C.N.A.V. créée par ordonnances en 1967.

L'honnêteté profonde des scientifiques français (cf. les noms cités par exemple) le fait transparaître, certes peut-être à leur corps défendant...


5. Actions "4D.F." de vous et moi.

Tout pousse au contraire à vouloir cimenter davantage ces trois façons de s’exprimer de l’économie politique, au besoin en faisant intervenir une quatrième façon.

Encore faut-il, et d'une part, pour comprendre la démarche ne pas (se) mutiler la pensée, ne pas raisonner en termes de résultats d’actions - nécessairement non précisées... - dans un monde sans règle de droit, mais perclus de réglementations parachutées, ne pas rejeter le concept d’action humaine, de vous ou moi, et, en particulier, le concept d’échange, type d’action humaine, ou ne pas les déformer, déguiser, dévoyer, dénaturer, falsifier (sigle "D.D.D.D.F.") comme c'est le cas depuis la décennie 1940.
Car malheureusement, même dans le meilleur des cas, il en est ainsi.

Les concepts d’action et d’échange que se sont forgés les économistes dits aujourd’hui de l’  « école de pensée économique autrichienne », mais que se sont forgés aussi des économistes français auxquels font d’ailleurs référence les « Autrichiens » – Hayek à propos de Bastiat, Mises ou Rothbard à propos de Rueff -, sont déformés, déguisés, dénaturés, dévoyés, falsifiés ("D.D.D.D.F.").

L’action ne saurait se définir autrement qu’en termes de coût d’opportunité et de profit attendu avec incertitude par qui la mène.

Une action à profit certain (hypothèse de Koopmans par exemple) ou à coût autre qu’un coût d’opportunité est une action "D.D.D.D.F." (ou, si on préfère, "4D.F.")

Les concepts d'action et d'échange sont "4D.F." depuis essentiellement la décennie 1940 du fait des premiers économistes de la « théorie des jeux » ou des disciples de T. Koopmans dont Edmond Malinvaud (1954) , futur directeur général de l'I.N.S.E.E., rendait compte du livre intitulé Activity Analysis of Production and Allocation (Proceedings of a Conference, New York), John Wiley and Sons, (Cowles Commission, Monograph no 13), 1951,  en ces termes :

« Le livre est une œuvre collective qui rassemble vingt-cinq contributions différentes présentées à une conférence réunie en 1949 pour l'étude spé­ciale de [plusieurs] questions.
Il ne vise donc pas à fournir un exposé systé­matique. »

Plus précisément :

« La méthode d’approche consiste à définir dans chaque cas un nombre restreint d’activités élémentaires susceptibles de représenter correctement les conditions techniques du problème
Une activité élémentaire est caractérisée par la transformation de certains facteurs en certains produits, les quantités des uns et des autres se trouvant dans des proportions bien définies
Si on multiplie par deux les quantités de tous les facteurs, alors on obtiendra nécessairement deux fois plus de tous les produits
[…]
« Une particularité frappera le lecteur dès le premier abord; c'est le formalisme mathématique de cet ouvrage.
Même pour des économistes doués d'une bonne culture mathématique, la lecture peut s'en avérer très difficile.
En effet, lès auteurs utilisent des concepts pris davantage dans la théorie des ensembles et des matrices que dans que dans l'analyse différentielle classique.
A vrai dire, ce n'est pas la première fois que des économistes font appel à ces nouvelles méthodes de déduction.
L'emploi des mathématiques moder­nes pour l'étude économique remonte aux années 1930 à 1937, période durant laquelle un groupe de chercheurs d'origines allemande et autri­chienne étudia de façon rigoureuse les questions posées par l'existence de l'équilibre économique général.

Malheureusement, leurs travaux passèrent à peu près inaperçus à l'époque et furent seulement découverts après le succès de la « Théorie des Jeux ».

Aujourd'hui, on en vient de plus en plus à penser
- que les mathématiques modernes sont mieux adaptées que l'analyse classique à la nature logique des problèmes économiques géné­raux, et
- qu'elles sont appelées à des applications de plus en plus nom­breuses dans notre science. »

Et vogue la galère jusqu'à aujourd'hui.

Mais la galère est devenue "Titanic"...


Le « coût de transaction »

La dernière étape en date du concept d'action humaine "4D.F." est celle du concept de « transaction cost », expression traduite par des économistes français par « coût de transaction », véritable anglicisme puisqu'en français, la transaction n'est qu'un moment de l'échange, le moment du débat des parties avant l'accord, si accord, comme l'avait analysé par exemple Frédéric Bastiat dans la première moitié du XIXème siècle.

Au prétexte que nos économistes « non autrichiens » admettent désormais que ce qu’il dénomme « coût de transaction » n’est pas nul (cf. Ulph et Ulph, 1975), contrairement à ce qu’ils avaient supposé jusqu’à la décennie 1960 après être parvenu à cerner le concept "à leur mode" – rappelons que ce n'est pas Ronald Coase (1937) qui s'en est chargé comme certains l'imaginent et le colportent encore aujourd'hui -, ils l’imputent aux règles de droit, à leurs imperfections ou aux obstacles à leurs bonnes applications, aux frictions économiques, et à la monnaie !

Mais ainsi, ils font un merveilleux tête à queue méthodologique complet… car ils n’ont pas compris que l’action et la pensée humaines ont, depuis la nuit des temps, diminué petit à petit les coûts de pensée et d’action incommensurables de chacun, mais pas à zéro jusqu’à présent de sorte qu’il existe un "coût résiduel".

Loin de prendre en considération le concept de "coût résiduel" qui échappe à leur pensée et de se féliciter de la diminution, i.e. du progrès, qu’il sanctionne grâce, entre autres, à l’application des règles de droit ou aux innovations en matière monétaire - ou financière -, et malgré les réglementations légales iniques, ils imaginent un coût fantoche qu’ils dénomment « coût de transaction », qui n'a rien à voir avec un coût d'opportunité de l'action humaine et ils l’imputent à ces malheureuses règles de droit et à la monnaie.

Soit dit en passant, puisque les règles de droit ne conviennent pas, on va les remplacer par des réglementations de son crû, et puisque la monnaie ne convient pas non plus, on ne va pas la remplacer par quoi que ce soit - on ne sait pas le faire ! -, mais on va s'en rendre maître en monopolisant sa production et en rendant obligatoire sa demande !

De fait, acculés dans leur impasse méthodologique où les a conduits leur hypothèse qui consistait à raisonner en termes de résultats d’action, puis en termes d’actions "4D.F.", ils ont construit un machin qu’ils pensent être un tremplin pour leur permettre d’en sortir : c’est le concept de « coût de transaction » !


6. Les actions des hommes de l’Etat.

Encore faut-il, d'autre part, pour comprendre la démarche ne pas privilégier non plus les politiques des hommes de l’Etat, qui ne sont jamais que des actions extraordinaires, "exorbitantes du droit commun" de l'être humain.

En effet ces actions coercitives qu’ils n’inscrivent plus dans un « plan » ou une « planification », indicative ou autre, comme ils le faisaient au XXème siècle, mais dans une « régulation », une « supervision » (dans le domaine de la monnaie en particulier), nos économistes « non autrichiens » continuent à les dénommer « politiques » et à les envisager en termes de moyens et de fins et toujours pas sous l’angle des « coûts d’opportunité » et des « profits attendus avec incertitude » par qui les mène.

A les écouter, il faut se le dire et le répéter : les hommes de l’Etat sont des gens désintéressés qui n’ont comme fin que l’ « intérêt général » ou la « justice sociale » qu’ils (se) fixent (au XIXème siècle, on parlait aussi d’ « utilité publique » et au XXème, en particulier en France, de « sécurité sociale »).

Malgré eux, à leur corps défendant, vous disent-ils, ils ont comme moyen général le monopole de la contrainte des actions de vous et moi et, en particulier, de nos échanges.

Et à l’occasion, les hommes des syndicats demanderont davantage de moyens « pour que ça marche… »

En conséquence logique puisqu’il y a contrainte, coercition, les volontés de vous et moi ne peuvent qu’être désaccordées, les marchés mal conclus, les quantités offertes et demandées inégales, bref l’équilibre économique général non réalisé.

Mais malgré tout, les hommes de l’Etat se font forts de réaliser l’équilibre un jour… ainsi qu’une croissance et un développement équilibrés…

De toutes les façons, à les entendre, s’ils n’étaient pas là et ne faisaient pas ce qu’ils font, la situation serait pire.

Il reste que rien ne justifie de continuer à ne pas parler du coût d’opportunité des politiques menées et des profits attendus avec incertitude par les hommes de l’Etat du fait de ces actions…

Avec l’augmentation du rythme des changements de personnels gouvernementaux (et des collaborateurs qu’ils cachent), on peut faire apparaître aisément les bénéfices obtenus par les uns et les autres.
La liste est désormais longue, très longue.
Et l’actualité récente vient encore de l’allonger. Lisez par exemple Le Canard enchainé pour la connaître…

En résumé, attestent d’une grande supercherie :
- que, dans leurs raisonnements, les économistes non autrichiens mettent de côté ou 4D.F. les actions ou échanges de vous et moi et
- qu’ils prennent en considération les seules actions des hommes de l’Etat ... en les dévoyant.


7. Le double paradoxe.

Pour conclure, plus important peut-être est de souligner que, loin de réaliser l’équilibre économique général (macroéconomique ou autre, peu importe) - ou, en termes plus élégants, la "croissance équilibrée" - sur quoi ils insistent après l’avoir mal individualisée, les hommes de l’Etat ont donc des actions – sous le sobriquet de « politiques économique et sociale » – qui en éloignent - et qui éloignent, entre autres, du contrat synallagmatique, fondement de l'état de droit – et qui confortent ainsi leur fonds de commerce, ce contre quoi ils affichent combattre et être les seuls à pouvoir le faire, à savoir la dissolution du tissu social ou de la nation.

Ils sont aidés en cela par les économistes non autrichiens qui, depuis le XXème siècle, ont la prétention de développer des domaines autonomes de l’économie politique fondés sur des hypothèses qui nient ou déforment, déguisent, dévoient, dénaturent, falsifient l’action humaine, i.e. l’action de vous ou moi, êtres de pensée et de raison, et donc en définitive, qui annihilent leur propre action d’économiste !
Ils sont, de fait, des "vivants morts" qui tentent de diviser ... peut-être pour mieux régner…

Ce double paradoxe, cette double antinomie pour ne pas parler d’absurdité devraient pour le moins faire réfléchir, puis agir

 














Les malices de Plick et Plock) avant qu’il ne soit trop tard.

D’ailleurs, en France, chaque jour qui passe ou presque, on constate des résultats… diamétralement opposés aux résultats prévus et souhaités par les hommes de l'Etat en place et leurs économistes non autrichiens, preuves s’il en était besoin de l’absurdité car, comme l’a écrit Chateaubriand :

… "[...] regardez à la fin d'un fait accompli, et vous verrez qu'il a toujours produit le contraire de ce qu'on en attendait, quand il n'a point été établi d'abord sur la morale et la justice" ;

seule définition en définitive de la rationalité économique.


Les « Tea parties » ont, semble-t-il, réussi l’année dernière, aux Etats-Unis, à rembarrer des actions des hommes de l’Etat en place.

Qu’en sera-t-il en France, aux élections cantonales de mars prochain et à l’élection présidentielle prévue pour mai 2012 ?

Tout est possible.




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