A Paris, 16 février 2013.




L'ignorance ou l'incertitude de telle ou telle nature sont des domaines récents de l'économie politique.


1. "Risque systémique" et "aléa moral".

"Risque systémique" et "aléa moral" en sont des conséquences relatives à telle ou telle considération de ces domaines prises par des économistes.


 Par exemple, il y a, en France, le "Conseil de régulation financière et du risque systémique" :

"Le conseil de régulation financière et du risque systémique (Coréfris) a été créé par la loi de régulation bancaire et financière du 22 octobre 2010.
Cette instance, composée de représentants de la Banque de France et des autorités de contrôle du secteur financier, est désormais chargée de conseiller le ministre chargé de l'économie dans la prévention et la gestion du risque systémique.
Participant au renforcement de la régulation du secteur financier et des marchés, ce conseil vise à mieux prévenir les risques et à mieux coordonner l’action de la France dans les enceintes internationales et européennes."

Soit dit en passant, longtemps le système monétaire international a été une entité totale et certaine envisagée par ceux qui en parlaient.
Désormais, un petit bout semble leur échapper : le système est incertain ou, si on préfère les écouter, le risque est systémique.
Et le conseil doit s'efforcer d'y répondre...


S'agissant de l'aléa moral, cette notion procède de deux autres grandes notions, l'une de l'assurance et l'autre de l'inefficacité économique qui curieusement y est ajouté par des déformateurs:

"According to research by Dembe and Boden,[1] the term dates back to the 17th century and was widely used by English insurance companies by the late 19th century.
Early usage of the term carried negative connotations, implying fraud or immoral behavior (usually on the part of an insured party).

Dembe and Boden point out, however, that prominent mathematicians studying decision making in the 18th century used "moral" to mean "subjective", which may cloud the true ethical significance in the term.[2]

The concept of moral hazard was the subject of renewed study by economists in the 1960s and then did not imply immoral behavior or fraud.

Economists would use this term to describe inefficiencies that can occur when risks are displaced or cannot be fully evaluated, rather than a description of the ethics or morals of the involved parties."

Ce que certains dénomment "risque systémique" ou "aléa moral" témoigne ainsi d'une inculture de l'économie politique à défaut de vouloir parader auprès de certains autres pour y être qualifié de hauts scientifiques.


2. Innovations et monnaie.


Indépendamment de l'ignorance ou de l'incertitude dans quoi on peut les mettre, il faut savoir que risque systémique et aléa moral sont  des conséquences malheureuses
tout autant que peuvent l'être certaines innovations économiques mises à jour. 

Et ce qu'on dénomme "monnaie" aujourd'hui est un type d'innovation exemplaire.

Il n'est pas la cause de l'échange économique que certains veulent bien dire et s'efforcent de faire connaître, mais il en est une conséquence importante.

Reste, en particulier, la difficulté que soulève la notion de "pouvoir d'achat" de la monnaie et qui tend à en être le - mauvais - point de départ pour beaucoup...


3. Législations et autres réglementations.

A l'opposé, le monde de l'échange économique crève des réglementations successives que sont arrivés à faire accepter,
puis oublier..., à vous et moi  des gouvernements ou législateurs depuis au moins près de trois siècles.

Ce qu'on dénomme "monnaie réglementée" aujourd'hui, toute honte bue, n'est que les conséquences voulues par tel ou tel gouvernement national qui serait bien incapable d'expliquer les bénéfices économiques que leurs prédécesseurs avaient affirmé apporter hier avec ces choix.


4. Un peu d'histoire monétaire.

Il faut savoir que, jusqu'en 1945, les monnaies réglementées, nationales, avaient d'abord supporté, chacune, progressivement, le privilège de monopole d'émission d'une banque (depuis la fin du XVIIè siècle).

Puis cette dernière s'était vue adjoindre l'expression de banque centrale pour contraindre les autres banques, celles dites "de second rang" du pays en question.
Et, en 1913, la banque centrale des Etats-Unis d'Amérique, la "Fed", voyait le jour.

Ensuite, au lendemain des rapports des prétendus experts de la Conférence de Gênes (1922), une des nombreuses qui allaient voir le jour suite à la fin de la guerre de 1914-18, a été convenu que, désormais, les substituts de monnaie bancaires convertibles à taux fixe, à la demande, en monnaie or seraient échangeables internationalement, soit dit en passant "pour économiser de l'or".

Mais, en 1933, les éminences du gouvernement des Etats Unis d'Amérique qui n'avaient pas eu à connaître les difficultés destructrices de la guerre de 1914-18, convinrent de rendre impossible aux citoyens américains l'emploi de la convertibilité des substituts de monnaie réglementée bancaires en monnaie or.
En 1934, le dollar des Etats-Unis redevenait convertible en monnaie or, mais uniquement pour les substituts de monnaie nationale bancaires des gouvernements, i.e. les "agents officiels".

Le taux de change du dollar était fixé à:

                         $ 35 = 1 once d'or = 31,1g d'or.

au lieu d'un peu plus de $ 20, fixé depuis mars 1900.


Ces décisions n'ont rien apporté, bien au contraire.

Dans la nouvelle grande guerre de 1939-45, les gouvernements d'un certain nombre de pays décidèrent qu'il fallait apporter un élément monétaire à ce qui existait. 

Et ce fut en 1944 la création d'un organisme original, le Fonds monétaire international, qui devait venir en aide aux pays qui connaîtrait des difficultés dans leur équilibre de balance de paiements internationaux.

Ce point ignoré ou confidentiel mérite attention.
Ce sont les éléments cités depuis la fin XVIIè siècle qui ont conduit à faire accepter la magie croissante aux gouvernements de l'Occident et dont ils ne sont jamais sortis.

Sans banque centrale - de privilège de monopole d'émission de billets et de gestionnaire de dépôts -, le gouvernement de n'importe quel pays n'aurait pas eu la faculté d'avoir une action quelconque sur la balance de ses paiements internationaux.

4.A. La banque centrale.


Avec la banque centrale, il s'était donné la faculté d'avoir une action sur la balance des paiements internationaux où coexistaient biens, titres financiers et monnaie (dont substituts de monnaie nationale bancaires) et où la variation de la quantité de monnaie or était une information importante pour chacun.

Etant donné ce qui précède et avec le XXè siècle, les réglementations gouvernementales se sont accumulées.

4.B. L'interdiction de la convertibilité des substituts de monnaie bancaires en monnaie or.

Avec le supplément convenu de la convertibilité des substituts de monnaie nationale bancaires en monnaie or, façon conférence de Gènes, chaque gouvernement s'était donné  une faculté supplémentaire.

Avec le supplément convenu de l'interdiction faite aux citoyens, il s'était donné une faculté supplémentaire.

Avec le supplément convenu de la création d'un organisme dit "international", il s'était donné une faculté supplémentaire pour autant que l'organisme ne devenait pas prépondérant.

Bref, en 1945, l'une des plus grandes magies mondiales en cours, en opposition totale avec le communisme à quoi il ne pouvait que s'opposer, était vue d'un bon oeil par tel ou tel économiste.


D'autres économistes s'y opposaient et annonçaient ce qui allait arriver.
Interviendrait un moment où un gouvernement renoncerait à son engagement.
Et le moment est intervenu en 1971-73 avec le président des Etats-Unis (cf. ce billet de juillet 2011).

4.C. Le système monétaire européen.

Malgré le réalisme des économistes qui s'opposaient à toute l'histoire précédente et qui expliquaient pourquoi étaient nocives (1)
(1) "Toxiques" comme l'avouent aujourd'hui, de façon maligne, depuis 2000, certains "financiers" (cf. par exemple ce billet de janvier 2010).

les réglementations, les gouvernements de certains pays européens sont parvenus à s'entendre au lendemain de 1971-73 pour mettre en oeuvre un système monétaire européen et sont convenus à partir de 1999-2002 de fusionner leurs monnaies réglementées nationales dans une monnaie réglementée régionale dénommée "€uro".

Telle est la situation actuelle où se trouve l'€uro quand on oublie de mentionner ce dernier traité que peu de gens évoquent, à savoir le "mécanisme européen de stabilité" (octobre 2012) (cf. ce billet de décembre 2012).


5. Un dernier point.

Comme s'y efforcent certains, l'accent mis sur le budget de tel ou tel Etat, national ou autre, voire sur l'échange économique qu'il est supposé permettre, n'y changera rien.

Répétons le, le monde crève de ces absurdités économiques manipulées par les politiques.

Et les réglementations d'où qu'elles viennent pour s'opposer aux innovations s'accroissent.

Où cela amènera-t-il si rien ne s'y oppose comme c'est le cas pour l'instant (cf. par exemple ce texte)?






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