A Paris, le 1er novembre 2013




Le fait est assez rare pour être noté : en 2002, le prix Nobel d’économie a été accordé à un homme qui avoue n’avoir jamais pris un seul cours d’économie.

Que penser, dans ces conditions, des choix du Comité Nobel?

Si Daniel Kahneman est, avec son ami Amos Tversky, à l'origine de la nouvelle « économie comportementale » qui a significativement influencé l’administration Obama depuis 2008, avec les succès qu'on peut observer aujourd'hui..., c’est en faisant œuvre de psychologue, primé par le Comité Nobel.

Soit dit en passant, la "théorie de la perspective" qu'ils ont organisée a pour origine une analyse de leur article de 1974 sur les heuristiques et les biais qui vient en quelque sorte clore et conclure la série de critiques issues du champ de l’expérience, entamées par Maurice Allais.
Le problème portait sur la possibilité d’établir une mesure de probabilité subjective.

La pensée de Daniel Kahneman est une mise en pièces méthodique, scientifique, imaginative aussi, de l’idée selon laquelle nous serions des agents rationnels : à l’évidence, selon lui, l’homme est l’animal qui se prend souvent les pieds dans le tapis. (cf. ce texte).

Et alors ?


1. La praxéologie.

Qu'on le veuille ou non, l'économie politique est un domaine de la science de l'action humaine, c'est-à-dire de la praxéologie (cf. ce texte de Ludwig von Mises de 1969).

1.a. Ni microéconomie.

Elle n'a pas pour domaine l'âme, l'esprit ou la psyché dénaturé de tel ou tel comme s'y efforcent de le montrer beaucoup de savants en relation avec la "microéconomie" et l'homo economicus guidé par ses choix rationnels .

1.b. Ni fonctions, ni macroéconomie.

Malgré ce qui est avancé en permanence, elle n'a pas non plus pour domaine particulier les fonctions des choses (ressources naturelles, capital ou autres) prédéterminées.
Une chose n'a pas de fonction, on lui trouve une fonction. 

A cet égard, parler des fonctions de ce qu'on dénomme "monnaie",, comme le font bon nombre de "macroéconomistes" aujourd'hui, est une absurdité qui laisse présager où ils peuvent aboutir (cf. ce texte de Gérard Bramoullé).


2. Le profit attendu avec incertitude.

Très précisément, l'économie politique a pour domaine les profits attendus avec incertitude par les entrepreneurs qui mènent
des actes fondés sur leurs talents (sur leur capital humain, certes mal défini, résultat de leur âme et de leur corps) dans le but d' améliorer les situations économiques des uns et des autres, dont la leur.

Ex post, le profit attendu avec incertitude d'un acte ou de plusieurs successifs est soit un gain - un bénéfice comptable -, soit une perte - un déficit comptable - (cf. ce texte de Guido Hülsmann).

Tout profit attendu avec incertitude cache un coût d'opportunité laissé de côté en général par les économistes non praxéologues - dénommés le plus souvent "orthodoxes" -, plus ou moins calculé, lui-même revenu d'actes humains.

2.a. L'acte d'échange.

Les profits attendus avec incertitude vont de pair, en particulier, avec les actes d'échange.

Quand ils aboutissent, ils donnent lieu, entre autres, à taux d'échange aboutis - i.e. de marché conclu - dénommés "prix en monnaie des biens" ou "quantité de monnaie unitaire" (sous-entendu "de ces derniers").
Quand ils n'aboutissent pas, on peut tout imaginer et rien n'en vaut la chandelle...

2.b. La monnaie.

Sans monnaie, peut-être les échanges observés de biens n'auraient-ils pas vu le jour.
Mais il n'est plus à débattre que la double coïncidence des besoins entre deux personnes juridiques - qu'on connaît "sans monnaie" - est plus difficile à réaliser qu'avec l'échange indirect, lequel fait intervenir la monnaie.

Malgré les réglementations
 intempestives  de tous ordres qui la dénaturent et qui devrait la faire dénommer aujourd'hui "banque/monnaie réglementée" pour ne pas dire "substitut de rien bancaire", la monnaie explique encore son évolution jusqu'à aujourd'hui inclus (cf. ce texte de décembre 1999).


3. La diminution du coût.

Pour autant, et si on laisse de côté la rhétorique au mauvais sens du mot, cette diminution de coût d'opportunité de l'acte d'échange que fait se réaliser le recours à la monnaie est le plus souvent mise de côté par les savants non praxéologues.
On ne peut que s'en étonner.

Il le faut d'autant plus qu'aujourd'hui, ce qu'on dénomme "monnaie" est, pour le moins, un abus de langage, autre forme de rhétorique au mauvais sens du mot.

Existent en effet des banques/monnaies réglementées par des législateurs et des réglementeurs du XXè siècle que les gens doivent employer dans leurs échanges de biens (... pour des raisons de fiscalité...) et, le cas échéant, faire apparaître dans des comptabilités, elles aussi réglementées.

Ces banques /monnaies réglementées cachent les économies de coût d'opportunité  à quoi avaient donné lieu, hier, les vraies monnaies qu'avaient introduites les gens dans un passé plus lointain et que les législateurs ou réglementeurs se sont accoquinés, sans aucune raison, sinon fallacieuse, progressivement jusqu'à aujourd'hui inclus.

Législateurs et réglementeurs ont pu ainsi pervertir et dénaturer les trois grandes conséquences de ces vraies monnaies qui amélioraient les actes d'échange, à savoir
- les gains à l'échange des participants,
- les prix en monnaie des échanges et
- la comptabilité des échanges de biens exprimés en monnaie.

Des trois conséquences, seule la question des prix a retenu, un temps, l'attention des savants non praxéologues.
Les deux autres ont été perdues de vue.


Aujourd'hui, la question est oubliée pour une question d'un autre ordre, à savoir celle de l'emploi ou du chômage.

En effet, avec les hypothèses de nos savants non praxéologues, la monnaie et ses conséquences ne sont plus conséquences des actes d'échange de chacun.

Ils ont cannibalisé ces derniers par l'hypothèse qui veut que, alternativement, importe, seule, la production ou la consommation.


4. L'€uro.

Summum par excellence de la démarche aveugle poursuivie ainsi, ce qu'on dénomme "€uro" et tout ce qui s'y rattache.

Au nom de l'€uro, ceux qui ont amené au capharnaüm actuel (cf. ce texte de septembre 2011), et qu'ils ne comprennent pas, veulent imposer, dernier dada réglementaire, une union bancaire aux banques de second rang (cf. ce texte d'actualité).
A leurs yeux, ce nouveau dirigisme améliorera la situation !

Honte à eux.






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