Paris, le 7 mars 2015.




1. Les faits.

Devant l'abondance des faits qui s'offrent à lui, le savant a une alternative:
- soit étudier ceux qui lui paraissent les plus pertinents (cf. Poincaré, Science et méthode, 1908),
- soit amalgamer des faits, cernés d'une façon ou d'une autre par ses soins ou par ceux d'autres, les agréger via l'idée fausse de l'interdisciplinarité (cela dans le meilleur des cas; dans le pire...).

Avec la première démarche sur quoi il a insisté, Henri Poincaré a fait toucher du doigt aux savants qui ne s'en doutaient pas, leur infirmité face à l'abondance des faits.
Pour le savant, le problème n'est pas, en effet, la rareté des choses, comme le soulignent des économistes en postulat, mais l'abondance des faits à quoi sont confrontés tous les savants, y compris les économistes ...

La seconde démarche que n'a pas évoquée Poincaré n'est autre que ce qu'on peut dénommer "le socialo-communisme".
La démarche n'a fait que croître aux XIXème et XXème siècles et a conduit aux errements dont on doit supporter en permanence les conséquences bien connues (cf. Hayek, La route de la servitude, 1944).


2. L'organisation de la sécurité sociale.

Le plus connu de ces errements est, en France, l'organisation de la sécurité sociale qui a vu le jour à partir de 1941-45 (cf. ce texte de décembre 2007), suite à son sommet de 1936 (cf. ce texte).

Il a conduit à amalgamer une grande partie de ce qui avait trait à la maladie, la totalité des retraites, les accidents du travail et la famille... sous le couvert de l'organisation indépendante, construite en juxtaposition de l'organisme "Etat", et non pas sous sa tutelle, sous le nom de "Sécurité sociale" (cf. texte de 2005).

L'amalgame n'a eu qu'un temps très court et, depuis lors, il implose et explose à la fois dans toutes les directions (cf. cet audio-video de mars 2015), même les plus invraisemblables (cf. ce texte de décembre 1993).

Loin d'être la centralisation désirée par certains, l'amalgame n'a fait qu'avoir l'évolution évoquée ci-dessus au grand dam de beaucoup d'ignorants (car il ne pouvait en être autrement...) malgré la myriade de "rustines" qui lui ont été appliquées (cf. par exemple ce texte de 2007 ou celui-ci de mai 2008).


3. Ce qu'on dénomme "monnaie".

Le plus inconnu des errements est celui qui a consisté à amalgamer trois façons successives de caractériser ce qu'on a dénommé "monnaie" jusqu'au début du XXème siècle, à savoir :
- moyen de paiement des échanges,
- réserve de valeur,
- unité de compte (et non pas "unité de valeur"...).

Soit dit en passant, pour beaucoup de gens, en France, l'errement semble être sans relation avec l'organisation de la sécurité sociale, mais en osmose avec l'économie mondiale.
Ils oublient le degré de la coercition socialo-communisme où ils se trouvent et qui supportent ce à quoi ils sont sensibles.
On ne peut que le regretter.

Ces façons ont vu le jour progressivement dans le passé, la première d'entre elles ayant été le moyen de paiement, la plus longue seule.

L'amalgame en a suscité d'autres.

a. La monnaie réglementée.

De fait, les hommes politiques se sont moqués, eux aussi progressivement, de l'évolution observable (cf. ce texte d'août 2013) pour en arriver aux destructions qu'ils ont accomplies au XXème siècle (cf. ce texte de janvier 2014).

En particulier, la démarche qui avait amené certains, au XIXème siècle, à privilégier dans leur pays une banque, dite "banque centrale" - par exemple, "Banque de France" en France -, à lui donner le privilège de monopole des coupures de billet sur les autres banques et la tutelle de celle-là sur celles-ci, a fait florès (la Banque centrale des Etats-Unis ne date que de fin 1913).

b. Le coût de l'échange.

La montée absurde des idées de ce genre dans des pays dits "libres" a conduit, au XXème siècle, les hommes politiques à la dénaturation du vrai principe de ce qu'on dénommait "monnaie" et qu'ils ignoraient, à savoir la "diminution des coûts des échanges de marchandises menés par vous et moi" (cf. ce texte de février 2015).

c. Le socialo-communisme monétaire.

Ce fut, à la place et par juxtapositions successives, l'abandon des règles juridiques de l'étalon-or (cf. ce texte de février 2012) et la création d'un organisme dit "international", dénommé "fonds monétaire international" (F.M.I.).

Pour sa part, le F.M.I. a eu l'occasion de montrer rapidement son inanité et sa faillite, mais il a perduré malgré tout jusqu'à aujourd'hui (cf. ce texte d'avril 2013 ou celui-ci de mars 2009).

d. L'€uro.

Le sommet de l'absurdité de ce qu'on dénomme "monnaie" aujourd'hui a été atteint en 1999, avec la création d'une machine dénommée "€uro" (cf. ce texte de septembre 2011), de plus en plus infernale (cf. Jean Cocteau).

Prétendue "monnaie unique" de certains pays de l'Europe géographique par des hommes politiques et des médias, cette machine a des rouages créés au fur et à mesure de ce que jugent bon ou moins mauvais les oligarques du domaine (cf. ce texte de janvier 2015) et sans relation avec les lois et règlements premiers qui lui ont donné existence.

Exemplaires sont, d'un côté, les O.M.T. (cf. ce texte d'octobre 2012) et de l'autre, le M.E.S. (cf. ce texte de février 2012).

A défaut de donner l'illusion que l'errement fonctionnait, comme s'y est efforcée l'organisation de la sécurité sociale, dès le départ, l'€uro a fait douter comme en témoigne le graphique ci-dessous du taux de change de l'€uro en dollar des Etats-Unis depuis l'origine.   

                                     Graphique

                         Février 1999 - février 2015


Merveilleuse stabilité qui a fait passer de moins de $ 90 centimes à près de $ 1,60, n'est-ce pas, Messieurs les oligarques autoproclamés du moment ?


4. La croissance économique.

Les explications de la croissance économique, slogan à la mode des hommes politiques et des médias, sont multiples.

Les uns en parlent sans faire intervenir les règles de droit, les autres en prenant pour point de départ l'équilibre économique général ou l'équilibre macroéconomique (cf. ce texte de David Stockman).

Il y a, en particulier, l'idée que les lois et règlements qui prennent pour cible la croissance économique et qui sont décidés par les hommes de l'état, y contribuent favorablement.

Le fait est que, loin de la favoriser (cf. ce texte d'actualité), tous les amalgames évoqués ci-dessus dans le texte (véritables réglementations qui développent interdictions ou obligations de toute sorte) ont porté atteinte et portent atteinte aux actions économiques de vous et moi et à leurs conséquences économiques favorables et, par conséquent, à la croissance économique.


5. Un dernier mot.

Une double chose est certaine.

Il faut vraiment refuser les règles de la logique, de façon absurde, pour pouvoir admettre que tous ces lois et règlements pussent être favorables à la croissance économique.

Il faut aussi s'opposer aveuglément à ces règles de la logique de la même façon, ou les ignorer, pour admettre que les prix des marchandises, qui font aboutir librement les échanges des personnes juridiques physiques, ou leurs variations fussent des troubles, des perturbations, des crises économiques et non pas les conséquences bienheureuses résultant des disharmonies des actions humaines et des marchés et visant à leurs harmonies (cf., Bastiat, 1850, Harmonies économiques, 2006 et Harmonies sociales, 2007).

Les quantités de monnaie unitaires dont conviennent les personnes juridiques physiques pour les quantités de marchandises qu'elles échangent, autre façon de parler de leurs prix en monnaie, ne sauraient être solubles dans des lois et règlements, mais tout simplement empêchées.

On comprend que, dans ces conditions, il ne puisse y avoir de croissance économique car s'y oppose l'amalgame.





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