Paris, le 3 octobre 2015.




Beaucoup se félicitent aujourd'hui
- de la baisse du prix en monnaie du baril de pétrole (cf. par exemple http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-09-27/zero-inflation-looms-again-for-ecb-as-oil-drop-counters-stimulus),
- des taux d'intérêt nuls, ou presque, décidés par les banques centrales, et
- de la baisse du prix de l'€uro en "monnaies" autres.

Hier ils ne savaient que faire contre les phénomènes opposés, sinon réglementer toujours plus.

Aujourd'hui, ils anticipent, selon les conséquences qu'ils en tirent plus ou moins sans raison et à l'aide de nouvelles réglementations créées par leurs soins, le renouveau de la croissance économique en France.

Ils oublient au passage les prix réglementés par les hommes de l'état qui continuent à être appliqués comme en matière d'organismes de la sécurité sociale ou, depuis peu, en matière de logements dans les grandes villes.
Qu'à cela ne tienne.


Peu s'interrogent surtout sur la doctrine nouvelle qui a vu le jour au XXème siècle et qui voulait que
- les prix en monnaie des marchandises n'importassent point en économie politique et
- la monnaie, l'intérêt et l'emploi devinssent le totem de la causalité économique.

Elle a tout emporté (un exemple étranger) avec, en particulier, les entristes qu'ont été les hommes du ministère des finances et de son complice, le monopole privilégié depuis 1946 qu'est l'I.N.S.E.E.


1. L'équilibre économique.

En principe, quand il y a "intermédiaire de l'échange" selon l'expression de J.B. Say (photographie ci-dessous, cf., en particulier, Catéchisme d'économie politique, 1815) , quand ce qu'on dénomme "monnaie" existe en tant que tel comme dans la réalité présente, l'acte d'échange de la personne est indirect (cf. ce texte de septembre 2015).

C'est, pour la personne, une offre de marchandises suivie d'une demande de marchandises autres et non pas une offre de marchandises pour une demande de marchandises autres immédiate, que recouvre l'échange direct. 

Il n'y a pas "simultanéité" des deux actions sauf à faire l'hypothèse spécifique, mais absurde, de la "double coïncidence des besoins/désirs" des gens ou à accepter la rouerie du langage par les hommes de l'état.
L'échange indirect ne saurait cacher une double coïncidence des besoins/désirs des gens.


Autrement dit, la personne offre des marchandises avant d'en demander, elle a un "pouvoir de vente" avant d'avoir un "pouvoir d'achat".
L'acte d'échange de la personne est donc une succession, un processus qui passe du pouvoir de vente au pouvoir d'achat.

Autrement dit encore, l'offre de marchandises par la personne va de pair avec une demande émanant d'autrui ("marché synallagmatique" ou marché notionnel ou organisé), fin d'un échange indirect de celui-ci.
Puis sa demande de marchandises va de pair avec une offre d'autrui, début d'un échange indirect pour celui-ci.


2. L'équilibre économique général.

L
a notion d'équilibre économique général a été définie par des économistes depuis le XIXème siècle et appuyée, le cas échéant, sur des considérations mathématiques du type "égalité de l'offre et de la demande d'un ou plusieurs marchés".

Mais elle n'est pas la limite d'un processus des actions d'échange des gens comme l'ont prétendu et le prétendent certains économistes, que cette limite soit
- attendue économico-mathématiquement ou
- supposée dépassée en tant qu' "infini actuel" (cf. ce texte de mai 2012).

Le processus est erroné en tant que tel car est caché le principe de l'échange indirect qui exclut toute limite des échanges étant donné la "non double coïncidence des besoins/désirs".


De plus, l'équilibre économique général avec monnaie est nécessairement éphémère.

Les équilibres "d'un soir" se suivent et leurs éléments ne sauraient être comparés (cf. Friedrich von Hayek (1970), Droit, législation et liberté, tome 2, chap.10).

Ou bien alors, et toujours sans raison expliquée, le processus est proposé pour faire admettre, sans le dire, qu'à terme, ce qu'on dénomme "monnaie" sera devenue inutile, ne diminuera plus le coût de l'échange car celui-ci serait devenu nul, et la monnaie aura disparu (cf. ce texte d'avril 2014) ...

Erreur économique sur erreur économique.

 
En attendant, une chose est certaine : l'équilibre économique général, cher à certains mathématiciens qui se prennent pour des économistes, s'avère en contradiction avec la succession perpétuelle des actions d'échange indirect des gens.

 Il y a un antagonisme fondamental entre le résultat économico-mathématique qu'est l'équilibre économique général et la situation des processus successifs où les gens s'engagent par l'intermédiaire de l'échange indirect.

L'un est absurde, l'autre est un fait


3. Echanges et prix.

Les prix des marchandises résultent des échanges convenus par les gens ou, si l'on préfère, des marchés aboutis, conclus.
Ils ne sauraient être séparés des quantités de choses avec quoi ils sont allés de pair.

Depuis longtemps, depuis que la monnaie a été inventée, les prix ne sont plus relatifs, mais exprimés en monnaie.


Jusqu'aux réglementations des décennies 1930 puis 1970 (cf. texte d'août 2013 ), ce que les prix étaient, résultait d'échanges de marchandises contre monnaie désirés par les gens.

Soit dit en passant, depuis ces deux décennies, les peuples acceptent de dénommer "monnaie", des marchandises qui n'en sont pas.
Combien de temps cela durera-t-il encore, personne ne peut le prévoir...

Les prix en monnaie des marchandises, aspect de l'équilibre économique général, étaient un moment éphémère, sans lendemain, des échanges indirects concernés.

Les prix succédaient aux prix, les quantités de marchandises correspondantes aux quantités de marchandises correspondantes.


Originalité méconnue ou trop souvent oubliée, les prix en monnaie cachent les quantités de monnaie unitaires convenues qu'ils sont aussi, entre les parties à l'échange ou au marché qui permettent la comptabilité générale des échanges et le calcul économique (cf. ce texte de mai 2013).

Ce point est rarement évoqué. 
Il est essentiel.
L'équilibre économique n'est jamais qu'un ensemble de quantités de monnaie unitaires convenues (les prix en monnaie...) et de quantités de marchandises totales convenues afférentes.

L'addition de ces quantités de monnaie unitaires et des autres quantités de marchandises définit avec exactitude la quantité de monnaie en circulation (cf. ce texte de décembre 2014), une quantité à ne pas confondre avec les quantités habituelles.


4. Quid des variations de prix en monnaie.

Les variations des prix des marchandises ont longtemps témoigné, selon la façon de s'exprimer qu'on privilégiait, : 
- de changements, de troubles ou de perturbations économiques qu'elles résolvent,
- de désaccords ou de disharmonies entre offre et demande de deux parties ou d'un marché,
- d'une surproduction ou d'une sous consommation de marchandises et
- d'une "crise", extrême de la perturbation.

Ces variations cachaient une ribambelle de phénomènes-causes qu'ont essayés de canaliser les savants de l'économie politique dans ce qu'il est convenu de dénommer aujourd'hui "modèles".

Par exemple, il y a quatre-vingts ans, Jacques Rueff insistait sur les perturbations provoquées par les actions des hommes de l'état dans une conférence de 1935 (photographie ci-contre).

Remarquons en passant qu'à cette époque, des économistes commençaient à intégrer la nouvelle théorie physique de l'information à l'économie politique et voyaient dans les prix en monnaie des marchandises et leurs variations, des informations.
Ils devenaient une nouvelle considération économique ...

Rien ne justifiait que les prix en monnaie ne variassent pas ou qu'ils variassent dans une proportion décidée par les hommes de l'état, sans avoir de relation avec les quantités de marchandises échangées ou avec l'équilibre économique général.


5. Equilibre économique général et stabilité des prix.

A défaut de tout cela, implicitement, des économistes ont voulu, dans ce même passé, que la stabilité des prix en monnaie des marchandises, libres ou fixés, qui résultaient de la notion d’équilibre économique général, fût le fin du fin pour la croissance économique, que celle-là soit définie par un mathématicien économiste
- comme une "concurrence pure et parfaite des marchés" - processus prétendu spontanée - ou
- comme une réglementation étatique - processus purement dirigiste -.

Soit dit en passant, dans ce cas, le mathématicien confond, par son  recours à des variables mal définies par ses soins, deux variables de principes diamétralement opposées en pratique, oxymore par excellence.


6. L'inversion de la causalité.

Etant donnée cette dernière situation, des économistes se sont faits forts au XXème siècle de déclarer que les variations de prix en monnaie des marchandises qu'ils identifiaient à une "crise", n'étaient pas le remède naturel et logique à l'équilibre économique général éphémère, à la conjoncture.

Ils ont affirmé qu'elles en étaient la cause.

Et ils ont prétendu expliquer par des théories plus ou moins longues et fumeuses que les actions des hommes de l'état étaient le "bon" remède à la "mauvaise" conjoncture (exemplaire est l'ouvrage du magicien de Cambridge en 1936, et ses élucubrations).

Et ils ont été écoutés. 


7. Un dernier mot.

Et on n'en est jamais sorti, au moins en France.

Ce fut l'augmentation permanente des dépenses de l'état, des déficits croissants et une accumulation de dettes inimaginables pour remédier aux phénomènes évoqués en introduction.

Ce fut aussi des prix en monnaie des marchandises qui ont varié de gré ou de force, on ne sait, et sur les informations de quoi peu d'économistes se sont penchés depuis lors.

L'€uro a remplacé le franc français.


Folles thèses, foutaises.





Retour au sommaire