Paris, le 27 octobre 2015.




Feu point de départ de l'économie politique, la notion de "valeur".

Désormais, dans ce qui reste de l'économie politique non déformé ni dénaturé par les hommes de l'état et leurs acolytes, soit le mot est oublié, soit il est éclaté en mille bougies non idoines.

La "valeur" est ainsi devenue une "bouteille à l'encre" ... à la mer de l'économie politique, les deux démarches précédentes se complétant.


I. Les caractéristiques économiques de la "valeur".

Revenons, pour fixer les idées, aux premières définitions que des économistes lui avaient données .

Il résultait de leurs travaux que, par "valeur", il fallait entendre et comprendre :
- "chose",
- "quantité de chose",
- "marchandise",
- "taux de quantités de choses",
- "prix d'une marchandise en autre marchandise",

- "prix d'une marchandise en monnaie",
- "utilité d'une quantité de chose",
- "taux d'utilités de deux quantités de choses",
- "action"
- "profit" d'une action,

- "coût" d'une action, ou enfin
- "perte" d'une action ...

que la personne jugeait, tacitement ou non, "bien" ou "mal".


1. Toute chose cernée par la personne était une "valeur" dès lors que celle-là en recevait une de sa part.

Pour cette raison, et malgré les opinions de beaucoup de gens, la "valeur" de la chose, objet ou service, n'était pas objective, mais subjective.
Elle ne tombait pas du ciel, ni d'une autorité dite "publique", mais du jugement de chacun.

Malheureusement, par la suite, la valeur objective a pris le pas et tendu à dominer les discours ...

Soit dit en passant, ce qu'on dénommait "monnaie" était alors, en particulier, une "valeur".

Une fausse distinction plus ou moins empirique est apparu par la suite entre "biens" et "services", vraisemblablement à l'initiative des statisticiens, comme si, à les entendre pérorer, 
- un service ne pouvait pas être un bien, et
- un bien, un service.


2. Toute quantité ou nombre de choses cernée par la personne était une "valeur" dès lors que ...

A commencer par le nombre de gens, la population (cf. ce texte sur l'évolution de la population chinoise d'octobre 2015).

Et la "valeur travail" n'a cessé d'être le fond des pires mensonges rhétoriques tant au XIXème siècle qu'au XXème jusqu'à aujourd'hui.

Empiriquement, elle a été identifiée à des "quantités de temps"... comme si "travail" et "temps" étaient comparables et renvoyaient l'un à l'autre en économie politique.

Des économistes ont aussi opposé le travail au capital, sans raison, en se situant dans une perspective productiviste. 

Absurdité.


3. Toute marchandise ou quantité (ou nombre) de marchandises était une "valeur" dès lors que...

La marchandise n'était jamais qu'une chose échangée par des gens, voire envisagée par ceux-ci comme "échangeable".

Quand la marchandise est devenue "chose échangeable", lui a été opposée par des économistes, des "choses ... non marchandes", ce qui ne signifiait rien au "vrai" économiste.

J.B. Say a insisté sur l'"intermédiaire de l'échange" (sous entendu "indirect") qu'était la monnaie dans son Catéchisme de l'économie politique (2015).

Autrement dit, Say mettait l'accent sur la démarche de la personne et non pas sur quelque notion construite par tel ou tel savant et dénommée "marché".

A juste raison Say y expliquait, plus ou moins tacitement, que l'échange indirect de choses n'était jamais, pour la personne, qu'une offre de choses (en particulier, de travail) suivie d'une demande.

Mais la définition sera galvaudée à l'aide des réglementations multiples ultérieures fixées par le législateur et de mauvaises considérations sur l'équilibre économique.

Le service particulier qu'était le travail était rarement pris, à tort, pour une marchandise.


4. Tout rapport ou taux de deux (quantités ou nombres de) choses ou marchandises était une "valeur" dès lors que ...

Le propos se suffisait à lui-même.


5. Tout prix d'une (quantité ou nombre de) marchandise dans une autre était une "valeur" dès lors que ...

Quand le rapport ou taux de deux (quantités ou nombres de) marchandises était convenu ou consenti, il devenait "prix relatif".

Et des mathématiciens n'ont pas hésité à se donner des prix ou à vouloir les faire réglementer par les autorités publiques dans leurs développements comme si une telle démarche pouvait se justifier.

Economistes, mathématiciens ou statisticiens, en grand nombre, n'ont pas hésité à vouer aux gémonies les variations de prix en monnaie des marchandises et à y voir des troubles.

Ils n'avaient pas compris qu'au contraire, les variations étaient la solution économique naturelle et n'étaient pas le trouble.

Jacques Rueff essaiera de s'opposer à tous ces absurdistes qui grenouilleront dans le groupe "X crise", mais échouera.

La France économique d'aujourd'hui n'est qu'un effet de l'ignorance de ce groupe "X crise".


6. Tout prix en monnaie d'une (quantité ou nombre de) marchandise était une "valeur" dès lors que ...

Quand le rapport ou taux de (quantités ou nombres de) marchandises en quantité de monnaie était convenu ou consenti, il devenait "prix en monnaie" de la marchandise.

Mais le prix en monnaie de la marchandise ne devait pas cacher la quantité de monnaie unitaire qu'il était aussi...

On regrettera que Ludwig von Mises (1912) ait introduit, à ce stade, la notion de "valeur d'échange objective" pour désigner la notion de "pouvoir d'achat", notion elle aussi condamnable car témoignant de la rhétorique "au mauvais sens du mot".

En effet, on l'a rappelé ci-dessus, l'échange indirect de choses n'était jamais, pour la personne, qu'une offre suivie d'une demande.
Rien ne justifiait de situer ce qu'on développait au milieu de l'échange plutôt qu'à son départ (sauf à faire intervenir le "pouvoir de vente") ou qu'à sa fin (sauf à se situer après vente, puis achat...). 
C'était pourtant ce qu'on faisait quand on privilégiait la notion de "pouvoir d'achat".

Quant à la quantité de monnaie unitaire, lui fut préféré son synonyme, à savoir le "prix en monnaie" d'une marchandise, voire surtout le "niveau des prix" depuis, en particulier, I. Fisher (1911) et toutes les fariboles qui vont de pair.

A défaut d'opposer le "travail" au "capital", notions de quantité, des économistes ont opposé le "salaire" au "profit", notions de prix, et des statisticiens se sont efforcés de mesurer les notions (exemplaire est ce rapport de l'I.N.S.E.E. de 2009).


7. Toute utilité (resp. ophélimité) d'une (quantité ou nombre de) chose était une "valeur" dès lors que ...

Peu importait qu'elle fût marginale (resp. élémentaire) ou non même si Vilfredo Pareto (en 1896-97) avait insisté sur l'ophélimité élémentaire pour asseoir sa "valeur subjective".

L'important était que l'utilité de la chose fut juxtaposée à ce que la personne voyait dans la chose.


8. Tout rapport ou taux de deux utilités de (quantités ou nombres de) choses était une "valeur" dès lors que ...

Selon certains économistes, le rapport cachait une constance de l'utilité que donnait la personne à la monnaie.
L'hypothèse fera la joie des mathématiciens intéressés par l'économie politique qui pourront développer leurs théorèmes.


9. Tout acte mené par la personne était une "valeur "dès lors que celui-là en recevait une de sa part.

C'était évident.


10. Tout profit en monnaie donné à un acte par la personne était une "valeur" dès lors que...


Le plus souvent, le profit était identifié à un bénéfice et situait donc ex post.

Le "compromis marshallien", selon l'expression de François Guillaumat (2001, cf. en particulier p.54), lui a donné le coup de grâce.

Récemment, le "compte de pertes et profits" a été supprimé des règles de la comptabilité générale des échanges par le législateur, sans raison justifiable sinon celles qu'il n'a pas su donner.

Malgré tout, des économistes ont continué à opposer le profit au salaire, confondant ainsi un aspect de la valeur et un revenu.


11. Tout coût en monnaie donné par la personne à un acte était une "valeur" dès lors que ...

Le plus souvent, le coût était identifiée à une dépense de marchandises, les dépenses des uns étant les revenus des autres.

Economiquement, Marget (1935) en relation avec toutes les ambigüités de Walras sur la monnaie, puis Buchanan (1969) ont clarifié la situation.


12. Toute perte tirée d'un acte était une "valeur" dès lors que ...

Récemment, le "compte de pertes et profits" ... (cf. ci-dessous).


II. Un dernier mot.

Et ainsi ont été déformés ou dénaturés progressivement tous ces éléments caractéristiques que la personne donnait à la "valeur", par la doctrine socialaud-communiste.



Les restes du champ de bataille où nous nous trouvons désormais sont effrayants, à commencer par la démarche presque générale qui consiste à dénommer "chat" un chien.






Retour au sommaire.