Paris, le 15 août 2009.


Si vous ne savez pas quoi faire du 23 au 26 août 2009 ou si vous avez du vague à l'âme à l'écoute ou à la vue de la confusion entretenue dérisoirement par les politiques et les médiatiques, pied à pied, main dans la main, venez donc vous revigorez à la

    XXXIème Université de la Nouvelle Economie

qui se tiendra à Aix en Provence, à l'Université Paul Cézanne non loin de cette fontaine





Certes, contrairement aux frais d'une cure en station thermale, les frais d'assistance à l'Université ne vous seront pas remboursés par la sécurité sociale, mais il sont sans commune mesure.

Et je peux vous pariez que leurs effets vous seront autrement bénéfiques que ceux de la cure thermale.


I. "Marché et morale".

Le thème de cette année 2009 est :

                              Marché et morale.

Il faut tordre en effet un cou de plus à la vulgate socialo-marxiste. Vous le savez, celle-ci n'a pas qu'un seul cou, c'est une véritable hydre.

Le cou selon quoi "le marché serait immoral" s'est même tendu sans vergogne ces deux dernières années, depuis que la politique du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique en matière de crédit immobilier et de discrimination positive a produit l'effet à quoi s'attendait tout libéral un peu averti de la question.
Il ne pouvait certes pas dire le jour où l'effet, logique, à redouter arriverait car le facteur praxéologique qu'est le temps est encore mal intégré dans sa discipline.
Mais il était certain qu'il arriverait car cette politique, comme toute politique prétendument sociale fondée sur l'oppression ou la spoliation (cf. Bastiat, Harmonies sociales (spoliations et dissonances)), bref la "non morale", ne peut qu'avoir logiquement cette issue.

Cet effet a coïncidé avec un autre effet, lui aussi peu assimilable à un "produit du marché", à savoir l'irresponsabilité des investisseurs qui se jugeaient protégés par la législation financière dans leur gestion de patrimoine et croyaient pouvoir être exubérants. 

Soit dit en passant, c'est le marché qui a révélé progressivement cette irresponsabilité ! 
La révélation - type d'information ou de réduction de l'ignorance ou d'augmentation des connaissances selon la façon de s'exprimer qu'on préfère -, est, elle, un produit du marché que parfois législation ou réglementations ont essayé de tuer dans l'oeuf.  Exemple par excellence de la démarche, celui, oublié ou ignoré, des réserves de change en partie cachées par la banque centrale dans le cadre de l'étalon de change or - via, dans le cas de la France, le "fonds de stabilisation des changes" dissous seulement dans la décennie 1990 alors qu'il avait été institué par ... Jacques Rueff en 1939 !).

La vie de l'hydre tient en particulier dans la transformation des effets en causes, aspect du polylogisme.
Dans le cas présent, il s'est agi de faire valoir au vu des effets difficiles à cacher que le "marché financier" était "non moral" et de taire tout ce qui pouvait avoir pour causes, de près ou de loin, jusqu'aux effluves, la législation ou la réglementation.

Oublié, par exemple, la "loi de sécurité financière" votée en France il y a quelques années, dont le législateur et les autorités "du même tabac" s'étaient flattés et à propos de laquelle ils avaient rivalisé dans l'éloge.

Oublié que cette loi améliorait, pour ne pas dire réformait, des lois antérieures au même objectif et dont l'efficacité avait été telle qu'il fallait les modifier à la hâte en créant, bien évidemment, de nouveaux organismes de surveillance sans supprimer ceux qui existaient et qui avaient démontré une fois encore leur vide.


II. L'organisation des journées

Excepté le dimanche d'ouverture, l'organisation des journées de l'Université est la suivante :
après un audiovisuel introduisant l'ensemble des grandes questions du thème de la journée à 9h, la session de la matinée se développe de 9h30 à 12h30. La session de l'après midi s'étend, pour sa part, de 14h à 18h30.

Dimanche 23 août
A partir de 19h, cocktail puis dîner d'ouverture au Grand Hôtel Roi René avec un mot d'accueil de Pierre Garello (Université Paul Cézanne).

Cette année, ce mot sera suivi d'un discours de Vaclav Klaus, président de la République tchèque (ci-contre à droite).



L'intervention de Dan Mitchell sur l'économie d'Obama clora la soirée.


                                 
                                   
                                  Lundi 24 août

                            La morale du marché:
               évaluation de l'homme de la rue ou
                           évaluation scientifique


Session du matin

- Lars Feld (Université de Heidelberg),
          "la dette publique et les façons de la restreindre" ;

- Richard Rahn (Senior Fellow au Cato Institute),
          "la morale des paradis fiscaux " ;

- Fred Smith (Competitive Enterprise Institute, U.S.A.),
         "CSR - Une stratégie confuse de lutte contre la
         vulnérabilité politique croissante de l'entreprise" ;

-  Enrico Colombatto (Université de Turin),
         "Les conséquences normatives de "Droit et économie":
          comparons Coase, Posner, Epstein et Manne" ;

- Mario Rizzo (New York University),
         "Justice ou bienfaisance " ;

- Christine Henderson (Liberty Fund, U.S.A.),
         " Soupcon sur le marché ? une vieille histoire".

- Steven Davies (Université de Manchester),
         "Vertu et commerce en littérature, cinéma, et T.V.".

Session de l'après-midi

- Jean-Philippe Delsol (avocat, I.R.E.F.),
             "Marché du droit et morale " ;

- Jean-Philippe Feldman (avocat et professeur de droit, Paris)
            "Le marché et la moralité dans la philosophie
            politique et juridique de Hayek" ;

- Ryan Patrick Hanley (Marquette University, U.S.A.)
            "Hume, Humanisme et Humanitarisme " ;

- Gregory Rehmke (economic thinking.org, U.S.A.),
           "Comment le marché est perçu par les élèves du
           secondaire" ;

- Pierre Garello (Université Paul Cézanne Aix Marseille)
          "Projet de mécanisme et économie libre de valeur:
          le besoin d'un nouveau paradigme".


                                  Mardi 25 août

           Ce que le marché fait et ce qu'il ne fait pas :
                                   des exemples


Session du matin

- Victoria Curzon Price (
Université de Genève),
           "Marchés, pauvreté, répartition des richesses et
           création de richesses" ;

- Toine Manders (Haags Juristen College BV),
          "L'évasion fiscale: comment faire la bonne chose"

- Karol Bourdeaux (Mercatus Center à George Mason Univ.),
          "Environnement et développement durable"

- Parth Shah (Center for Civil Society):
         "Défendre les indéfendables (contrebandiers,
          rabatteurs, intermédiaires, commerçants initiés,
          bailleurs de fonds, etc) " ;

- Daniel Ikenson (Cato Institute),
          "La pandémie protectionniste : la durabilité du libre
          échange" ;

- Pascal Salin (Paris),
          "Les problèmes moraux créés par la crise financière " ;

- Jacques Garello (Marseille),
         "La réforme des retraites ; pourquoi avons-nous besoin
         du marché" ;

Session de l'après-midi

- Georges Lane (Université Paris Dauphine),
            "L’organisation de Sécurité sociale: l’immoralité du
             non marché" ;

- Bertrand Lemennicier (Université Paris 2 Assas),
            "La moralité de l’évasion fiscale " ;

- Jean-Philippe Feldman (avocat et professeur de droit, Paris),
            " Le marché et la faim dans le monde " ;

- Emmanuel Martin (unmondelibre),
            "Culture et développement: l'exemple africain " ;

- Jaroslaw Beldowski (Ecole d'économie de Varsovie),
           "Non respect efficace du contrat ou morale de la
            rupture d'un contrat" ;

- Tatiana Kryzhanovskaya (Russie),
          "Les barrières commerciales comme outils
          politiques" ;

- Hendrik Heinz, (Executive Director Allegra Capital Gmbh),
         "Private equity ou gouvernement - qui est le meilleur
        propriétaire en crise financière" ;

- Karol Boudreaux (Mercatus Center à G.M.U.),
         "La valeur ajoutée de la microfinance " ;

- Victoria Curzon Price (Université de Genève),
        "Paradis fiscal et concurrence fiscale ".


                              Mercredi 26 août

                                  L'articulation   
         entre marchés, gouvernement et société civile


Session du matin

- Douglas J. Den Uyl (Liberty Fund Inc.),
           "Ethique et marché " ;

- Douglas B. Rasmussen (St. John University, U.S.A.),
           "Le perfectionnisme individualiste, les droits
           individuels et la justification du marché libre" ;

- Randy Barnett (Georgetown University),
          "Deux morales " ;

- Mamadou Koulibaly (Président du Parlement de Côte d'Ivoire),
          "Pourquoi le marché n'a pas une chance en Afrique" ;

- Père Marcel Guarnizo (Educational Initiative for Central & Eastern Europe) ;

- Tom Palmer (Atlas Foundation, Global Initiative for free trade, peace and prosperity) ;

Session de l'après-midi

- Bogdan C. Enache (Université de Bucarest),
            "Désert, empire et nation : retour sur la 
             nationalisation de la foi chrétienne orthodoxe" ;

- Tibor R. Machan (Chapman University)
           "Quels droits avons-nous ? " ;

- Jean-Yves Naudet (Université Paul Cézanne)
          "'Caritas in Veritate': le défi lancé aux économistes ";

- Henri Lepage (Institut Turgot, Paris) TBA ;

- Boudwejin Bouckaert (Université de Gent, Belgique) TBA;

- Gérard Bramoullé (Université Paul Cézanne Aix Marseille) TBA ;

- Jean-Pierre Centi (Université Paul Cézanne Aix Marseille) TBA ;

- Philippe Maitre (Université Paul Cezanne Aix Marseille) TBA .


Remarque.

Vous l'aurez remarqué, j'interviens la journée du mardi, celle des exemples, des cas.

Mais, pour parler des relations du marché et de la morale, j’ai choisi de procéder par antithèse.

Je vais envisager les relations du "non marché" et de la "non morale" et cela pour au moins une bonne et grande raison : nous avons en France une illustration exemplaire, un "modèle réduit" si je puis dire, des relations du "non marché" et de la "non morale", c'est l'organisation de la sécurité sociale obligatoire (O.S.S.O.).

Je sais que :
"L'esclavage, la restriction, le monopole trouvent des défenseurs non seulement dans ceux qui en profitent, mais encore dans ceux qui en souffrent".
Frédéric Bastiat m'en a prévenu dans La loi (juin 1850), p.348.

Et l'O.S.S.O. est esclavage, restriction, monopole.


Cela contribue à comprendre que Friedrich von Hayek (1953) en arrive à s'interroger sur "Le déclin du droit" plus de cent ans plus tard, l'O.S.S.O. n'étant jamais, selon J.J. Dupeyroux (1986), qu'un "droit exorbitant du droit commun".

Mais j'essaierai :
"[...] de proposer quelques doutes sur la moralité de [l'] institution
[O.S.S.O.] ". 

Peu m'importe qu'on dise :
"Vous êtes [...] un novateur dangereux, un utopiste, un théoricien, un contempteur des lois ; vous ébranlez la base sur laquelle repose la société" (ibid.)

L'O.S.S.O. depuis 1941-1946, en France, est un "non marché" exemplaire dont le caractère "non moral" est lui aussi exemplaire et apparaît aujourd'hui, chaque jour qui passe, un peu plus tel à chacun étant donnés ses effets observables, des effets que Bastiat avait prévus en 1850 par le raisonnement logique, un raisonnement dont le point de départ est la justice et la morale !

J'ai écrit tout un livre sur le sujet, il a été publié fin 2007, c'est La sécurité sociale et comment s'en sortir.

J'aurai l'occasion de terminer mon intervention en me référant à François René de Chateaubriand qui, dans Mémoires d'outre tombe, a écrit :
"[...] regardez à la fin d'un fait accompli, et vous verrez qu'il a toujours produit le contraire de ce qu'on en attendait, quand il n'a point été établi d'abord sur la morale et la justice."

Vous connaissez la citation, ce n'est pas la première fois que je la donne dans ce blog (par exemple...),  l'O.S.S.O. en est l'illustration vivante, encore en vie, mais pour combien de temps...


II. Petite histoire de l'"Université d'Eté de la Nouvelle Economie".

Depuis 1978, l'aleps et les "Nouveaux Economistes" organisent, chaque année, sans bruit, à Aix en Provence, fin août-début septembre, l'"Université d'Eté de la Nouvelle Economie".
L'Université réunit des économistes de maints pays, des entrepreneurs (de petite, moyenne ou grande entreprise), parfois des politiques et des journalistes, mais avant tout des gens intéressés par la pensée libérale appliquée à tous les domaines de la vie. Conférences plénières et débats au choix des présents alternent sur plusieurs jours.

Bien évidemment, l'"Université d'Eté de la Nouvelle Economie" n'a rien à voir, ni dans l'esprit, ni dans la forme, avec les "Rencontres économiques d'Aix en Provence" que, depuis seulement 2001, le "Cercle des économistes" a choisi d'organiser en cette ville merveilleuse, en juillet, avec force tapage médiatique (entre autres, de Radio Classique ou de Radio BFM).
De toute évidence, l'éventuelle confusion doit être prévenue.

Les auditeurs de l'"Université d'Eté des Nouveaux Economistes" sont en contact direct avec les intervenants soit pendant les séances, soit entre les séances, et peuvent ainsi avoir différents types de dialogues avec eux.

L'Université a toujours un thème précisé et le fait est que le thème n'a jamais été le même jusqu'à présent.

Pour mémoire, voici les thèmes qui ont été abordés depuis l'origine :

1978: La démarche scientifique en Économie.

1979: Les défis de la Nouvelle Économie Internationale.

1980: L'Économie des Institutions.

1981: La décroissance de l'État.

1982: L'humanisme marchand.

1983: Droits de propriété et propriété privée.

1984: Communautés et individu dans une Société Libre.

1985: Le marché peut-il tout régler ?

1986: Stratégie pour une réduction de l'État.

1987: Le libéralisme à la Française.

1988: La révolution à refaire.

1989: Le libéralisme à l'Européenne.

1990: Europe de l'Est, Europe de l'Ouest : Europe des libertés ?

1991: Justice sociale et économie de marché

1992: L'écologie de marché

1993: Ethique et économie

1994: Réflexion économique et action politique

1995: Sécurité Sociale et jutice sociale

1996: Éducation, famille, État

1997: Liberté des actes, dignité des personnes

1998: Patrimoine, épargne, emploi

1999: Hayek et la route de la liberté

2000: Société et subsidiarité

2001: Frédéric Bastiat
           (cf. livret conséquence des interventions et texte autour de mon intervention)

2002: Rétrospective et prospective de la liberté
            (cf. le texte déduit de mon intervention)

2003: Les vraies perspectives de la concurrence

2004: Elargissement de l'Europe et esprit d'entreprise

2005: Tocqueville, la société civile et la démocratie
          (cf. livret conséquence des interventions)

2006: L'Europe: harmonisation ou concurrence
           (cf. texte support de mon intervention)

2007 : Les défis institutionnels de la mondialisation 
            (cf. le sentiment d'un participant)          


L'"Université d'Eté de la Nouvelle économie" est ouverte à qui désire y assister, sans discrimination d'âges ou de talents. Une somme forfaitaire, guère élevée, est seulement demandée comme prix d'entrée.

Renseignements et inscriptions sur le site : www.summeruniv.webs.com
ou sur le site www.libres.org .

… Ou, bien sûr, sur place, soit le dimanche, soit après, quand vous le désirerez.


Venez nombreux, vous ne serez pas déçus.


III. Addendum au 19 août.

Ceux qui ne pourront pas venir n'auront pas tout perdu. 

Je les renvoie à l'écoute de l'émission que j'ai enregistrée avec François Guillaumat  et qui est disponible "online" sur Lumière 101.



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