Paris, le 15 décembre 2009.



1. Le prétendu obstacle aux échanges internationaux.

L’étalon-or a été abandonné progressivement, à partir de la décennie 1920, à l’échelle du monde et, en particulier, à l’occasion de la conférence internationale tenue à Gènes en 1922.

Le prétexte en a été que la définition des prix des monnaies nationales en or était un obstacle à l’expansion des échanges internationaux, un frein à la croissance économique pour la principale cause que la production d’or était inélastique au prix de l’or.

C’en était donc fait de l’organisation naturelle, spontanée qu’avait été l’étalon-or, une organisation artificielle prendrait sa place.

La décision "internationale" finale interviendra en 1971-73.


2. Organisation naturelle et organisation artificielle.

Près d’un siècle plus tôt, Frédéric Bastiat avait eu l'occasion de souligner que les socialistes n’ont pu se mettre en quête d’une organisation artificielle que parce qu’il ont jugé l’organisation naturelle mauvaise et insuffisante ; et ils n’ont jugé celle-ci insuffisante et mauvaise que parce qu’ils ont cru voir dans les intérêts humains un antagonisme radical, car sans cela ils n’auraient pas recouru à la contrainte. Il n’est pas nécessaire de contraindre à l’harmonie ce qui est harmonique en soi.

Ce qui sépare radicalement les diverses écoles socialistes de l’école économique, c’était donc ce point de départ.


3. Les "crises".

Au prétendu frein à la croissance des échanges internationaux qu’aurait été l’étalon-or, ont succédé, comme il fallait s’y attendre et comme certains s'y sont attendus (cf. ci-dessous), des phénomènes réels, pour le moins "ralentisseurs" eux, autrement graves, dénommés, selon les sensibilités, "crise monétaire", " …bancaire" ou " …financière".

Bien évidemment, comparées aux crises antérieures qui n’étaient que des ajustements économiques, ces crises ont eu des effets autrement dommageables (chômage de masse, révolution politique).

Nous vivons la dernière en date et cela malgré la mise en œuvre entre temps d’institutions artificielles supplémentaires (coopération des banques centrales, banque des règlements internationaux, fonds monétaire international, "G. x", etc.)

A l’occasion de la conférence internationale de Londres (1930-31) qui proposait - sans s'exprimer ainsi bien sûr - de corriger les premières erreurs consécutives à la mise en route du processus d’abandon de l’étalon-or et, en première ligne, celle qu’avait cristallisée la "crise de 1929", Jacques Rueff s’était penché sur le rapport du président de la Conférence, à savoir MacMillan.

Et cela l’avait amené à écrire :

« On ne saurait exagérer l’importance du rapport MacMillan.
Il résume, avec une extraordinaire lucidité, toutes les tendances de notre époque.
Il constituera, pour ceux qui l’étudieront, dans l’avenir, l’un de ses monuments les plus caractéristiques et, probablement, l’une des étapes essentielles sur la voie des catastrophes que nous sommes en train d’organiser ».



Et Rueff de poursuivre:

« Je retiendrai seulement l’affirmation de principe qui figure dans son introduction (p.4) :

‘la caractéristique essentielle de notre époque, c’est le développement de la conscience que nous avons prise de nous-mêmes.
Tant en ce qui concerne nos institutions financières que nos institutions politiques ou sociales, nous pourrions bien avoir atteint le stade où un régime d’organisation consciente devrait succéder à l’ère des évolutions spontanées …
Nous sommes à la croisée des chemins et le futur dépend de notre choix’.

Je ne suis pas d’accord avec cette conclusion […]

Le problème de l’économie organisée, c’est le problème des vagues de la mer.
Nous connaissons les forces qui les déterminent, nous concevons les conditions auxquelles la solution du problème doit satisfaire, nous pouvons même la mettre en équation ; mais quant à la résoudre, nous n’y saurions songer.

Bien plus même, en astronomie, le problème des trois corps est à peine résolu.
Pour des astres plus nombreux, nous ne pouvons que recourir à des formules d’approximation, dont la solution imparfaite exige des calculs extrêmement pénibles.
Et pourtant, chaque soir, dans le ciel, toutes les planètes, tous les soleils, toutes les étoiles trouvent sans hésitation le chemin qui leur est assigné et résolvent, en se jouant de l’équation aux mille inconnues, dont notre esprit jamais ne pourra approcher. »



Soit dit en passant, l’U.R.S.S., organisation artificielle par excellence, instaurée en 1917, « fin du fin » en la matière si on peut s’exprimer ainsi, a disparu fin décennie 1980 début décennie 1990.


4. La prétendue cause du réchauffement de la planète.

Forts de ces expériences oh combien malheureuses, les hommes de l’Etat auraient du changer d'état d'esprit, bien au contraire une grande majorité parmi eux s’entêtent.

Ce n’est plus le prétendu frein à la croissance économique - quoique ... - qu’ils ont choisi d’avoir en ligne de mire en 2009, mais le prétendu accélérateur du réchauffement de la planète, de la détérioration du climat, que serait ... l’action humaine.

L’action humaine non contrôlée par leurs soins aurait pour résultats une production excédentaire de CO2 et une détérioration du climat du monde. 

Et ils prétendaient en avoir des preuves.

Jusqu'au moment où des preuves se trouvent être des faux, comme il fallait s'y attendre (cf. par exemple, la fraude au changement climatique).

Gènes 1922, Copenhague 2009, même combat absurde des hommes de l'Etat sur des terrains apparemment différents au premier regard, mais pas au second car c'est celui de l’économie dirigée ... par leurs soins.


5. Organisation et ordre.

En définitive, à près de cent cinquante ans d’intervalle, le problème de l’organisation soulevé par Bastiat est toujours d’actualité.

Il l’est toujours même si, depuis lors, la réflexion sur l’organisation s’est doublée d’une réflexion sur l’ordre (cf. par exemple, Jouvenel), sur l’ordre social (cf. par exemple Rueff) ou encore sur l’ordre de marché (cf. par exemple la "catallaxie" de Hayek).


6. Manipulation permanente.

A défaut d’avoir réussi dans leurs autres expériences antérieures, en définitive toujours à caractère restreint, les hommes de l’Etat et autres pairs verts ont désormais la prétention de mener une expérience totale de contrainte des actions de vous et moi et d’organiser artificiellement le monde au nom d’une défense de son climat.

Il faudrait que chacun prenne en considération la manipulation dont il est victime et soit conscient du caractère fallacieux tant de la méthode que des arguments utilisés par les pairs verts afin qu’en 2017 par exemple,
n’émerge pas une URSS "nouvelle formule" car cette fois à l’échelle du monde.

Ce caractère fallacieux n’a rien de nouveau, il est de l’ordre de celui qui a contribué à l’abandon de l’étalon-or.

Bien évidemment, l’étalon-or n’était pas le « vieux fétiche » dont ont parlé par la suite certains pour le discréditer une bonne fois pour toutes, il était davantage le rappel que la liberté de l’homme existe, est un fait et n’est pas un rêve.  Il était pour les hommes de l'Etat oublieux des réalités la "statue du Commandeur".

L’avoir abandonné a permis à ceux qui ont mené l’action et à leurs successeurs de faire passer les rêves qu’ils avaient, pour la réalité.

Et le dernier rêve en date est donc la défense du climat contre l’action humaine.

Plus que les précédents - étant donnée son énormité -, et avant qu’ils en inventent un autre encore plus totalisant, il sera coûteux, très coûteux.

Et pour cette raison, il doit être dénoncé et certains s’y emploient.

Derniers efforts en date :
- émissions de Lumière 101 ;

- fondation de Nigel Lawson
et son livre intitulé An Appeal to Reason ;

- le livre de Vaclav Klaus intitulé Planète bleue en péril vert


7. Halte aux pairs verts.

Il faut comprendre que pour réaliser le rêve insensé de la défense du climat que mettent en scène les pairs verts, se profile à l’horizon un ensemble de réglementations étatiques de l'action humaine, certaines déjà effectives, beaucoup d'autres potentielles, les unes et les autres injustifiables.

Cet ensemble de réglementations étatiques n’est ni plus ni moins condamnable que celui qui a été substitué aux règles naturelles de l’étalon-or.

Mais étant donnée son ampleur, ses effets seront sans commune mesure avec ceux provoqués par l’abandon de l’étalon-or.
Ils seront tels même si l’abandon de l’étalon-or a eu l'effet terrible et incommensurable de contribuer à faire oublier la liberté de l’homme et a ainsi préparé le terrain où désormais, la prétendue défense du climat contre ce qu'il lui reste de liberté voudrait croître et embellir.



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