Paris, le 26 février 2019.
  



Le présent billet ne se veut pas être un article d’« histoire de la pensée économique » ou d’« histoire des idées économiques ».

Il vise seulement à cerner un gros récif offert à l'économie politique, mis en évidence depuis récemment, à savoir des éléments du raisonnement « mainstream » de l’économie politique dont les économistes ont cru pouvoir s’acquitter depuis toujours.

Le récif est double, d'un côté, « vous » ou « moi » et, de l'autre, la « pensée » et l' « action " humaines.

Nos économistes ont cru pouvoir monter en épingle, à la place (
sans le dire) la métonymie qu'ils appliquaient, à savoir : 
- les « matières » ordinaires que les gens connaissaient avec des mots comme "valeur", « bien », "richesse", « marchandise », etc., prix,
- des "deus ex machina", maîtres des matières, qu'ils ont imaginés du genre « roi », « gouvernement », « état », « autorité », « république », « démocratie », « société », « civilisation », ... « nature », etc. et
- les relations qu’ils établissaient entre eux (du type "offre" ou "demande").

Et on n'en est guère sorti aujourd'hui sauf à préférer l'économie autrichienne à l'économie "mainstream".


Il faut avoir conscience qu'avec cette démarche, des découvertes de premier ordre du XXème siècle sont laissées de côté ou intégrées désespérément aux "matières", voire à la "temporalité"; du passé.

Il en est ainsi de la notion d'"onde" et de celle d'"information" ou de "donnée".



1. Un peu d'histoire.

A cinquante ans d’intervalle, deux auteurs du XIXème siècle ont schématisée l’état de la « théorie de la valeur » qui s'offrait à eux en des termes analogues, à savoir Frédéric Bastiat (1801-50) et Vilfredo Pareto (1848-1923), tout en prenant en considération, chacun, l’élargissement de la connaissance qu’ils constataient (cf. ce billet d'octobre 2018).

Mais au XXème siècle, toujours à cinquante ans d'intervalle, Louis Baudin (1887-1964) en 1947 puis Beth Allen en 2000 ont pu montrer que plus grand chose n'évoluait dans la "théorie de la valeur" malgré toutes les découvertes, inventions et autres innovations dans les autres domaines...


2. Faire attention à Pareto.

Pour sa part, fin XIXème siècle (1896-97), Pareto, représentatif alors du raisonnement « mainstream » de l'économie politique, s’était insurgé, certes tacitement, contre des économistes contemporains qui se voulaient originaux et avaient été dénommés « autrichiens » (ils mettaient l'accent sur la "praxéologie", cf. ce billet).

Il n’en a pas moins verbalisé un nouveau type de « valeur » conséquence de ce que disaient ces derniers, à savoir les « résultats des actions humaines », tout comme traditionnellement les scientifiques de domaines autre que l’économie politique s’intéressaient aux faits ou phénomènes de la nature, nécessairement « résultats des actions » de celle-ci, avant de les théoriser.

Ce nouveau type de valeur qu'étaient les "résultats d’action" accentuait les types existants.


3. Les notions d'"onde" et d'"information".


Mais Pareto est passé à côté de deux nouvelles notions qui étaient créées par ces autres scientifiques dans leur domaine à l'époque, qui pointaient à l’horizon et à quoi les économistes médits allaient, eux, porter attention à défaut d’y voir deux nouveaux types de « matières », à savoir la notion d’« onde » et  celle d’« information » ou de « données », faits ou phénomènes naturels...
A la fin du XIXème siècle, des savants des sciences physiques commençaient en effet à s’occuper ainsi de la « mécanique ondulatoire ».


Ces notions faisaient apparaître que les notions d'objets matériels et de services chers à Adam Smith (La richesse des nations, 1776) n'étaient pas aussi générales que ses successeurs voulaient bien le dire.

Elles procédaient en vérité d'une analogie avec la physique de l'époque, avec la "matière" et la "temporalité".
Elles contribuaient à classer, par analogie, la notion de "matière" d'un point de vue économique.

De même que les physiciens n'incluaient pas "onde" et "information" dans la classification de la matière (il y a par exemple le courant de pensée qui fait intervenir explicitement "onde" et "corpuscule", type de matière...)  et pour cause,
de même, les économistes ne sauraient intégrer "onde" et "information" ou "donnée"... dans les notions smithiennes.

"Onde" et "information" ou "donnée" sont seulement des découvertes à juxtaposer à "objet matériel" et "service".

"Onde" et action vont de pair analogiquement, "information" ou "donnée" et résultat d'action vont de pair analogiquement.

Malgré cela, des économistes s'escriment depuis au moins la décennie 1960 à développer, en particulier, la notion d'"information" ou de "donnée" en termes smithiens...

Parmi eux, il y a ceux qui font l'hypothèse que l'utilité marginale de ce qu'ils dénomment "monnaie" est constante (peut-être, par analogie tacite avec la constance de la vitesse de la lumière...).


4. "Abondance des actions humaines" et "infirmité des gens".

J'aurai tendance à voir dans cette situation le jugement de valeur qu’est  l'"abondance des actions humaines" potentielles de vous et moi, fondée sur une réalité qui ne saurait cacher la notion d’« action humaine », à savoir son "infirmité".

Ce jugement de valeur n'est pris en considération par personne et il faut le regretter.

Il conviendrait de plus de s’habituer à ce qui se lie à l’« abondance des actions humaines », à savoir :
- l’infirmité de l’homme (et l'"information" ou les "données" de celui-ci qu'elle induit),
- les actions connues possibles (et les "ondes") et
- la seule action menée, du fait de l'infirmité, "une chose à la fois"…

Dans un monde d’"abondance des actions humaines" où l’homme n'est pas omniscient, mais infirme, en partie sans capacité, s'intéresser au choix des actions par les gens est nécessaire.

Dans la perspective du raisonnement « autrichien », l’économie politique a pour principal objet les opérations humaines, les actes humains (au nombre de quoi ceux de la pensée comme l’a expliqué encore H.H. Hoppe en 1993), division de l’Action humaine avec un grand « A ».

Mais elle n'a pas adopté l’hypothèse de l’« abondance des actions humaines » potentielles de vous et moi en harmonie avec la réalité économique, avec le fait de l’information ou des données et avec l’« infirmité/incapacité » de l’homme qui débouche sur le choix de ces actions (ou travaux), une action à la fois.

Dans l’ignorance limitée où il se trouve et dont il a conscience, l’homme, infirme de corps et d’esprit, mène des actions, une à la fois…

Les actions menées successivement lui sont coûteuses et profitables, elles donnent lieu à gains économiques ex ante, attendus avec incertitude, puis à gains ou pertes démontrés ex post… aux observateurs.

Et en qualifiant les actions humaines de « potentielles », j’insisterai sur le point de vue de celui qui parle, qui imagine les actions et j’exclurai qu’il s’agisse de « résultat d’actions » ex post, mais ex ante.

De corps ou d’esprit, les actes de l’homme sont infirmes malgré les succès qu’ils connaissent progressivement, qui sont mis sur un piédestal et qui contribuent à faire oublier les échecs passés.

L’« abondance des actions humaines » est plus ou moins parallèle dans son principe logique à l'« abondance des besoins ou désirs » de chacun, de la nature humaine, des hommes si ce n’est que celle-ci procède de la psychologie et que l’économiste devrait laisser de côté la question sauf à vouloir s’immiscer dans les études de cette dernière...

C'est le cas quand il fait de longs développement sur ce qui a trait à la notion d' "utilité".

Mais cela est un autre problème…

Pour ma part, je dirai que chacun d'entre nous est d’abord confronté à une multiplicité d'actions, de travaux…, à des actions qu'il imagine, anticipe, potentielles, pour ne pas dire, comme semblent l’avancer des économistes, à une division potentielle de l’Action humaine avec un grand « A », fruit d’une idée a priori de type « holiste », qui s’offre à chacun.

a. La notion d’« action humaine ».

Un fait est certain, l’action humaine choisie et menée par l’homme ne saurait être définie comme la définissait Gérard Debreu  (1921-2004) qui n'a pas hésité à écrire dans son ouvrage de 1960 sur la Théorie de la valeur, principalement  à partir d’abstractions mathématiques, quand il écrivait :

"Une action a d’un agent est un point de l’espace des marchandises Rl […]
un système de prix p est un point de l’espace des marchandises Rl […]
la valeur d’une action a relative à un système de prix p est le produit intérieur p.a " (ibid., p.35).


Certes, on peut faire des abstractions mathématiques, mais une action humaine n’est pas un « point », un système de prix ne saurait être un « point », la valeur d’une action humaine n’est pas un « point »… sauf à se situer dans la géométrie de Riemann (1826-66), seconde géométrie à refuser des postulats de la géométrie d’Euclide après la première de Lobatchevsky (1792-1856) et Bolyai (1802-60), ignorée, en particulier, par Smith.

Dans la perspective de Riemann, David Hilbert (1862-1943), autre grand mathématicien, n’avait pas hésité à soutenir que:


"[...] les axiomes devaient être tels que si on remplaçait les termes de 'points', 'droites', et 'plans' par 'bière', 'pieds de table' et 'chaises', la théorie devait toujours tenir. [...]
Il ne fallait pas compter sur l'intuition pour combler les lacunes." (O'Shea, 2007, p.169)


Dans ces conditions, on pourrait remplacer le géomètre par le "piano à raisonner" imaginé par Stanley Jevons, l'économiste de la « double coïncidence des besoins »..., avait souligné, pour sa part, par anticipation, Henri Poincaré (1854 -1912), autre grand mathématicien.
Et ce dernier avait conclu:

"Il y a là une illusion décevante" (Poincaré, 1908, p.4)


D'ailleurs, que nous disait, ces dernières décennies, Roland Omnès sur les mathématiques :

"Ce qui compte en mathématiques ne sont aucunement les choses, mais les relations qui existent entre elles" (Omnès, 1994, p.107).


Dans ces conditions, on comprend aussi que l’application d’une mathématique à l’économie politique ou à la science économique, soit, au minimum, source de confusion.

. La notion abstraite de « travail ».

Soit dit en passant, selon le raisonnement « mainstream », la "valeur travail" (chère à certains économistes, Ricardo et consorts...) est envisagée à la fois de façon autonome et en relation avec la notion de « service », à l'exemple de ce qu'a écrit Debreu :

"Le premier exemple d'un service économique sera le travail humain.
Sa description est celle de la tâche accomplie [...]" (Debreu, 1960)


Il magnifiait ainsi, sans le dire, un résultat d’action humaine ex post

Implicitement, ce résultat était un type de « valeur », la "valeur travail", mais n'était pas évoqué en tant que telle dans la théorie.

. La notion d’ « action humaine" … potentielle.

Tout cela n’empêche pas qu’on puisse parler d’« action humaine » digne de ce nom.

L’être humain a cherché en permanence à changer sa situation qu'il jugeait insatisfaisante et le coût qu’il lui donnait en conséquence, par le seul moyen à sa disposition, à savoir les actions économiques aux résultats de quoi il donnait également des types de « valeur » :

«  L'homme qui agit est désireux de substituer un état de choses plus satisfaisant à un moins satisfaisant» (Mises, 1949/1966, I.2)

Au contraire de l’hypothèse de la « rareté des choses » de l'économie "mainstream" qui, logiquement, exclut le choix, l’hypothèse de l’« abondance de quoi que ce soit » implique celle du « choix des quoi que ce soit » de la part des gens dès lors qu’on fait intervenir des conditions, en particulier, leur infirmité, leur incapacité de faire comme ils le désirent ou en ont besoin.

. Abondance des actions humaines potentielles ou division du travail.

Soit dit en passant, l’« abondance des actions humaines potentielles » est en définitive une autre façon de parler de la « division du Travail », travail avec un grand « T ».

Il faut le rappeler :


"Adam Smith is the first author who used a concept of the division of labour.

He pointed out that this phrase was not used earlier, except in Mandeville’s The Fable of the Bees (1729).

Moreover, the first book of his masterpiece An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations begins with the following three chapters:
“Of the Division of Labour,”
“Of the Principle Which Gives Occasion to the Division of Labour,”
“That the Division of Labour is limited by the Extent of the Market.”

His analysis of the division of labour begins with a description of the process of manufacturing pins.” (cf. http://classiques.uqac.ca/classiques/Smith_adam/richesse_des_nations/livre_1/richesse_des_nations_1.pdf
https://www.researchgate.net/publication/227378738_Division_of_Labour_in_some_Classical_Concepts--An_Attempt_of_Contemporary_Theoretical_Synthesis ).
La « division » néglige le « travail » pris comme « action humaine », pour le prendre comme « résultat d’action humaine », comme « service », comme « produit » ou « facteur de production » (ex post ou ex ante) d'un homme, d'une population, d’un pays, d’une nation…, on ne sait…"

b. L’infirmité/incapacité de l’homme.

Qu'on le veuille ou non, l’homme est infirme, il n’a pas par exemple le don d’ubiquité, ni celui de l’omniscience ou de l’omnipotence…
Il a des incapacités de faire, incapacités d'ordre juridique, technique ou économique au nombre de quoi son ignorance sur la réalité est essentielle.

Compte tenu de ce fait de l’infirmité humaine, des incapacités humaines, malgré l'abondance des actions potentielles qui s’offre à lui, il ne peut mener qu'une action à la fois.

. Théorie "microéconomique" du savant.

L’ « abondance des actions humaines » potentielles qu’estime l’homme prêt à mener une action qu'il a choisi va de pair avec l'« abondance des faits » de la réalité à quoi se heurte le savant et dont Poincaré a développé un raisonnement dans un ouvrage intitulé Science et méthode (1908).

Poincaré a mis l'accent sur l'infirmité, sur la capacité réduite que connaissait tout savant dans le travail d’étude de faits que celui-ci avait choisi de mener, étant donné l’ « abondance des faits » qui s’offrait à lui.

Et il en déduisait le fait choisi par le savant à partir de la notion de "rendement".

Seulement ce qu'a écrit Poincaré et qui, pour moi, a donc été une première et dernière approche de la « théorie microéconomique du savant », est resté lettre morte.

L'accent devrait pourtant être pris en considération.

La démarche de Poincaré se généralise d’ailleurs sans difficulté pour passer de l’infirmité du savant confronté à l’« abondance des faits» à l'infirmité, à la capacité insuffisante de vous ou moi face à l’« abondance des actions humaines potentielles.

. "Pourquoi donc les [matières] échangés jouent-ils un si grand rôle dans l’économie sociale ?"

"Parce que chaque personne ne se consacrant qu’à un seul genre de production, et une multitude de produits lui étant nécessaires, chaque personne ne consomme jamais qu’une très-petite partie de ce qu’elle produit, et se trouve forcée de vendre tout le reste pour acheter la presque totalité des objets dont elle a besoin." (Say, 1815, p.50)

c. Le choix d’une « action humaine" potentielle.

Avant d’être producteur … ou consommateur comme le veut le raisonnement « mainstream » microéconomique, l’homme doit être découvreur ou inventeur, bref créateur (même si on met de côté le « principe des règles de droit »… comme c’est souvent le cas aujourd’hui et depuis longtemps).
Il doit en particulier découvrir des gens avec qui échanger, sauf à vivre dans une île déserte.

Et tout cela, le raisonnement « mainstream » microéconomique l'oublie.

Compte tenu du fait qu’il n'est pas omniscient ni omnipotent, qu'il est infirme, incapable en partie d’agir (en particulier, qu’il est en partie ignorant, ou d’une rationalité limitée), il ne peut mener qu'une action à la fois.

En conséquence, il doit choisir dans l’ « abondance des actions humaines» qu’il juge s’offrir à lui, l’une d’elles, celle qu'il préfère, et la mener.

Sa vie est ainsi une succession de telles actions humaines.

Il n’est pas nécessaire, me semble-t-il, de faire intervenir d'autres hypothèses (et d'insister, par exemple, sur des monopoles de production car chacun est en situation de monopole), ce double fait de l'"abondance des actions humaines potentielles" et de l'"infirmité humaine" se suffit à soi-même pour comprendre et développer l'économie politique.

. Quelle règle de choix employer.

Par exemple, quelle règle de choix employer dans l’ « abondance des actions humaines potentielles » ?

A chacun de le montrer.
On ne peut donner une règle a priori, sinon celle de sa propriété, de sa liberté et de sa responsabilité.

Il faut savoir que la position que lui ont donnée les premiers économistes, a contribué à séparer l'économie politique, en tant que science, des autres sciences, les autres étant "Wertfreiheit", c'est-à-dire dénuées de jugement ou, si on préfère, ignorantes de la notion de "valeur" étant donné l'axiome que la réalité était libre de tout jugement ... (cf. ce billet).
Le savant non économiste laissait ainsi, en particulier, de côté la notion de "coût".

De même que le savant choisit un fait dans l’abondance des faits qui attirent son attention car il estime que le fait en question a un rendement intéressant (dixit Poincaré),
de même, on peut considérer que l’homme choisit une action dans l’« abondance des actions humaines » potentielles à sa mesure, celle qu'il préfère, les actions humaines se caractérisant elles-mêmes, chacune, par un gain attendu avec incertitude.

Par extension, l’homme choisit une suite d’actions successives dans l’« abondance des actions humaines » potentielles à sa mesure, les actions humaines se caractérisant elles-mêmes par une suite de gains attendus avec incertitude ex ante et, ex post, une suite de gains ou de pertes

Et l’observateur de l’homme en question appellera cela « la vie de ce dernier ».


5. Le raisonnement « autrichien » sur l’ « abondance des actions humaines » potentielles. 

Le raisonnement des économistes dits « autrichiens » est, pour le moins, flou sur l’hypothèse de l’« abondance des actions humaines», a fortiori sur l’hypothèse de l’« abondance des actions humaines » potentielles malgré l’accent qu’il met sur l’« action humaine ».

A ma connaissance, il ne l’évoque pas.

Pour les "économistes autrichiens", il y a les types de « valeur » que sont les (droits de) propriétés des gens à valeur d’usage ou d’échange,
qui les contiennent (selon la formule de Jacques Rueff, 1945, dans L'ordre social), les choix, qui ont été créés par l’homme et qui sont appliqués. résultent des actions, des opérations menées par les gens, de leur corps et esprit, pour atteindre les buts qu’ils ont choisi de viser.

L’action économique de l’être humain est ainsi l’axiome de l’« économie politique autrichienne », à savoir :

L'action est une tentative de substituer un état de choses plus satisfaisant à un autre état de choses» (Mises , L'action humaine, IV.4)

;L'action est toujours essentiellement l'échange d'un état de choses contre un autre état de choses
 » (ibid. X.1)

Hier, Asser était sévère sur les propos des « néo économistes autrichiens » pour la raison que :

"Les néo-économistes me font l'effet
- de fermer au nez du peuple la porte du temple de la science, et
- d'aller tout seuls chercher leur chemin en tâtonnant dans l'ombre derrière cette porte fermée, par des corridors sans fin, qui mènent on ne sait où !

Bastiat, au contraire, laisse la porte grande ouverte, tout le monde peut entrer à loisir, et, plein de confiance, on le suit à la lumière de son jugement si juste, puisqu'il nous conduit directement au but : trouver ce qui est inévitable et bon !

Puisqu'elle est convaincante et inspire la confiance, l'oeuvre de Bastiat est d'une valeur bien grande, surtout aujourd'hui, vis-à-vis des théories utopiques des prophètes de l'égalité et de la contrainte, et c'est pour cela que j'ai voulu protester contre la manière dont son oeuvre, qui, de nos jours, après plus de quarante ans, semble plus jeune que jamais, est oubliée et reniée par ceux qui se considèrent comme les porte-bannière d'une nouvelle économie politique."

Laissons de côté le débat…


Surtout, il semble qu’il soit plus aisé d’envisager l’« abondance des actions » dans la perspective de l’« action humaine » que dans celle des « résultats de l’action humaine » … ex post.

De même que dans l’ignorance limitée où il se trouve et dont il a conscience, l’homme, infirme de corps et d’esprit, mène des actions, une à la fois, comparable à la notion d'onde..., et cela a des conséquences sur sa vie,
de même, le « banquier central » « joue » avec ce qu’on dénomme « monnaie » en guise d’action, avec la « politique monétaire », et cela donne lieu au « cycle économique » comme l’a expliqué Friedrich von Hayek à de multiples reprises, et à ses conséquences économiques.


Reste qu'on peut se demander pourquoi les économistes du raisonnement « autrichien » ont préféré conserver l’hypothèse de la « rareté des choses» et être muet sur celle de l’« abondance des actions humaines potentielles », plutôt qu’introduire explicitement cette dernière et en montrer les conséquences sur le choix économique de chacun.

En effet (et pour fixer les idées), à 50%, la démarche du raisonnement « autrichien » rallie le raisonnement « mainstream » avec la notion de « rareté des choses »,  comme si ces dernières, ces types de « valeur », n’étaient pas des « résultats des actions humaines »…

Mais, pour les 50% autres, elle met l’accent sur les actions de vous et moi dont se moque le raisonnement non autrichien qui préfère insister sur les résultats des actions ex post – quand il ne les déforme ou ne les dénature pas (cf. ce billet de juillet 2014 ).

Elle permet de comprendre ce qui arrive, les informations ou les données.


 



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