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Paris, le 8 juin 2016.







"République" et "démocratie" sont des noms donnés à deux types d'organisation politique.

Ils reposent l'un et l'autre sur des ensembles de réglementations qui parfois se recoupent.


1. La république.

Etymologiquement, la "république" (depuis au moins Platon, 428-348 avant J.C., ci-dessous à gauche)



n'est jamais qu'une qualification des effets de la "nature des choses" (sur quoi s'était interrogé Lucrèce, 98-55 avant J.C., ci-dessous à droite), effet réel ou supposé, imaginé par les gens.

La "république" en tant que "chose ou richesse publique", "intérêt général ou national", etc., s'oppose à la "chose ou richesse privée" ...

. Economie politique.

A cet égard, on peut insister sur le fait que, depuis J.B. Say et son Catéchisme de l'économie politique (1815), l'économie politique (devrait) enseigne(r) comment les richesses sont produites, distribuées et consommées dans la société.

Mais aujourd'hui on en est loin!


2. La démocratie.

La "démocratie" repose sur la notion - non définie - de "peuple" et non pas de la "société".

Peuple et société font deux et, en créant la sociologie, Emile Durkheim (1858-1917) n'a fait qu'accentuer la dissonance en dépit de sa création de la fausse notion de "conscience collective".

La "démocratie" représenterait le "pouvoir"  - notion elle aussi non définie - du peuple et l'"intérêt général" que viserait ce dernier !

Elle est à distinguer, entre autres, de l'"aristocratie".


3. Le socialisme.

Le socialisme n'a rien à voir avec les notions précédentes héritées du passé même si elles sont au cœur des discours socialistes, au moins français.

Il a tout à voir avec une notion qui lui a été juxtaposée au XIXème siècle, contre toute attente.

Il a été en vérité une façon de donner un nom au qualificatif "socialiste", notion autant non définie qu'à trop de définitions nouvelles.

En 1850, Frédéric Bastiat voyait dans le socialisme imaginé par les écoles socialistes en place une organisation nouvelle, artificielle, supposée ... "solution au problème social".
Et l'ambigüité "socialiste"-"social" allait faire flores.

Il s'opposait à l'organisation naturelle prônée par l'Ecole économique pour qui les intérêts humains étaient harmoniques et que Bastiat développait ainsi dans son livre intitulé Harmonies économiques :

… "Ce qui sépare radicalement les diverses écoles socialistes (j'entends ici celles qui cherchent dans une organisation artificielle la solution au problème social) de l'Ecole économique, ce n'est pas telle ou telle vue de détail, telle ou telle combinaison gouvernementale ;
c'est le point de départ, c'est cette question préliminaire et dominante : les intérêts humains laissés à eux-mêmes, sont-ils harmoniques ou antagoniques?

Il est clair que les socialistes n'ont pu se mettre en quête d'une organisation artificielle que parce qu'ils ont jugé l'organisation naturelle mauvaise ou insuffisante ; et ils n'ont jugé celle-ci insuffisante et mauvaise que parce qu'ils ont cru voir dans les intérêts un antagonismes radical car sans cela ils n'auraient pas eu recours à la Contrainte..
Il n'est pas nécessaire de contraindre à l'harmonie ce qui est harmonique de soi" (Bastiat, Harmonies économiques, p.4)


Cinquante ans plus tard, en 1900, Vilfredo Pareto a vu dans le socialisme croissant un péril à attendre (cf. ce texte de décembre 2008).

En France, le péril s'est réalisé en 1936 et on n'en est jamais sorti, malgré la guerre de 1939-45, bien au contraire, et tout cela malgré aussi ce dont avait averti en 1922 Ludwig von Mises dans son ouvrage intitulé Le socialisme : étude économique et sociologique.


Soit dit en passant, dans Le péril socialiste, Pareto n'a pas été réservé contre le communisme, qu'il dénommait "socialisme orthodoxe":

"Viennent ensuite les marxistes intransigeants; ils sont assez nombreux et on pourrait les appeler les socialistes orthodoxes",

comme il l'a été contre le socialisme.

Bien au contraire, il a été trop aimable d'écrire :

"Etant donné l'absence de toute résistance de la part des libéraux, il se pourrait qu'un jour les socialistes orthodoxes demeurassent les seuls défenseurs de la liberté et que ce fût à leur action que notre société dût son salut."

Il n'a pas anticipé l'"Union des républiques socialistes soviétiques" (U.R.S.S.) et le concept de "soviet", ni peuple, ni société, issu du communisme, qui ont duré de 1917 à 1991 au prix de 100 millions de morts cachés de l'opinion publique jusqu'au livre de Stéphane Courtois intitulé Le Livre noir du communisme. publié en 1997.

Certes, on pourra toujours dire qu'il avait anticipé le "socialisme national" du IIIème Reich de l'Allemagne qui a duré moins de quinze ans (décennies trente et quarante) et fait supporter beaucoup moins de morts.



4. La comptabilité nationale.

Etant donné ces conditions, des gens ont créé, il y a seulement quelques décennies, au lendemain de la destruction du socialisme national allemand, une méthode de mesure des choses économiques échangées, des richesses, dénommée "comptabilité nationale" qui n'était pas sans rappeler les comptes de la planification soviétique ou allemande.

 Ce fut le cas en France, à partir de la décennie 1940, à l'aide d'un monopole de production de données privilégié dénommé "I.N.S.E.E.", créé pour l'occasion en 1946 (cf. ce texte d'avril 2016).

a. Le produit intérieur brut.

Héraut de la mesure, principal agrégat de la mesure ordinairement évoqué, le "produit intérieur brut" (sigle "P.I.B.").

Le "P.I.B." a des acceptions qui varient selon les nations et qui ont donné lieu à ce que des agences ou prétendues telles les modifient pour les rendre comparables (Eurostat, F.M.I., O.C.D.E., O.N.U., etc.).

b. La falsification qu'est la comptabilité nationale.

En vérité, malgré son nom, le "P.I.B." a peu de chose à voir avec les produits, mais tout avec le non dit des échanges de marchandises qu'ont effectués les gens.
Ces échanges sont allés de pair avec des prix d'échange, le plus souvent non cernés.

Soit dit en passant, les gens de l'I.N.S.E.E. ne font pas de différence, semble-t-il, entre les uns et les autres.

Tout se passe comme si le produit était nécessairement échangé, tout se passe comme si le produit avait cannibalisé l'échange, la marchandise, effectué (cf. ce texte de juin 2015).



c. Egalités.

Curieusement, au moins en France, le "P.I.B." n'a pas été défini par ses constructeurs, mais conçu "égal" à trois grandeurs différentes.

L'une de ces grandeurs est la "somme des valeurs ajoutées brutes", comme si les gens créaient des valeurs, les échangeaient donc sans difficultés et si les valeurs s'ajoutaient les unes aux autres.

La valeur ajoutée brute en question mérite attention car elle n'a pas de définition précise non plus sinon d'être un :

… "Solde du compte de production.
Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire."



5. La valeur.

Malgré tout, depuis au moins J.B. Say (1815), il est admis sans réserve que toute personne donne une "valeur" à une (quantité de) chose qui l'intéresse.
La valeur est donc subjective.

Cette valeur lui est propre, est ignoré des tiers jusqu'au moment où elle choisit d'essayer de la céder ou de l'acquérir.


Dès lors qu'elle l'a cédée ou acquise, en sont résultés une quantité ou un nombre échangé et un prix d'échange, eux-mêmes résultats de l'organisation de l'échange qui témoignent d'une valeur commune ..., objective.

Soit il s'agit d'un échange sans intermédiaire des échanges, et donc direct,
soit il s'agit d'un échange avec intermédiaire et, donc, indirect.

L'intermédiaire des échanges peut être un contrat synallagmatique ou faire intervenir un marché organisé construit par le savant économiste qui s'abstrait des règles de droit, de juste conduite.

Selon les cas, il peut faire intervenir, ou non, une marchandise dénommée "monnaie".


 Reste que le mot "valeur" est un vieux mot de l'économie politique qui a connu trop de définitions depuis que Say y voyait en 1815 une (quantité ou nombre de) richesse, de chose, d'objet matériel ou de produit immatériel :

… "Dans un ouvrage élémentaire, où l’on est obligé d’emprunter le langage commun, surtout en commençant, j’ai dû renoncer à des expressions plus exactes, mais qui supposent dans le lecteur et plus d’instruction et plus de capacité pour réfléchir.

Tous les biens capables de satisfaire les besoins des hommes, ou de gratifier leurs désirs, sont de deux sortes :
ce sont
- ou des richesses naturelles que la nature nous donne gratuitement comme l’air que nous respirons, la lumière du soleil, la santé ;
- ou des richesses sociales que nous acquérons par des services productifs, par des travaux.

Les premières ne peuvent pas entrer dans la sphère de l’économie politique, par la raison qu’elles ne peuvent être ni produites, ni distribuées, ni consommées.

Elles ne sont pas produites, car nous ne pouvons pas augmenter, par exemple, la masse d’air respirable qui enveloppe le globe ; et quand nous pourrions fabriquer de l’air respirable, ce serait en pure perte, puisque la nature nous l’offre tout fait.

Elles ne sont pas distribuées, car elles ne sont refusées à personne, et là où elles manquent (comme les rayons solaires à minuit), elles sont refusées à tout le monde.

Enfin, elles ne sont pas consommables, l’usage qu’on en fait ne pouvant en diminuer la quantité.

Les richesses sociales, au contraire, sont tout entières le fruit de la production , comme on le voit dans la suite de l’ouvrage ;
elles n’appartiennent qu’à ceux entre lesquels elles se distribuent par des procédés très-compliqués et dans des proportions très-diverses ;
enfin, elles s’anéantissent par la consommation.

Tels sont les faits que l’économie politique a pour objet de décrire et d’expliquer. (Note de l’Auteur) "


Frédéric Bastiat en 1850 comparut, pour sa part, les théories de la valeur selon leurs auteurs (cf. ce texte d'octobre 2015 ou celui-ci de décembre 2015).

Et Vilfredo Pareto en 1896-97 revint sur toutes les théories de la valeur antérieures (dont celle de Bastiat) dans son Cours d'économie politique (§§78-82) ...


6. Comptabilité nationale et comptabilité générale.

A défaut d'en être une falsification quoique..., la comptabilité nationale de l'I.N.S.E.E. n'a rien à voir, ou très peu, avec la comptabilité générale qui mesure les échanges effectués par les gens, étant donné les principes de l'économie politique et ce qu'ils cachent (en particulier, les règles de droit, de justice naturelle).

La comptabilité générale a pour principe de permettre à la personne juridique en question (physique ou morale) de "rendre compte" des valeurs échangées avec les tiers dans une période de temps et avec des détails juridiques plus ou moins grands, en les comparant, en les additionnant ou en les soustrayant.









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