Le SMIC à 1500 euros en 2012 : ignorance ou mensonge ?
Par Georges Lane le jeudi 1 mai 2008, 13:54 - 2. Le retour de la société civile - Lien permanent
A Paris, mai 2006.
Si on écoute les commentaires du programme politique sur quoi ils se seraient
mis d'accord, les socialistes du parti du même nom vont asseoir leur campagne
pour la prochaine élection présidentielle (réglementairement, en 2007…),

en particulier sur le thème “le SMIC à 1500 euros en 2012".
Par là, ils laissent entendre que le SMIC actuel serait inférieur à 1500
euros.
1. Mensonge ? Ignorance ?
A combien se monte aujourd'hui la rémunération de l'employé réglementairement
payé au “SMIC” (salaire minimum interindustriel de croissance) ?
En passant, merci aux 4
vérités pour le dessin de Miège.
Pour le savoir, reportons nous au tableau ci-dessous qui fait apparaître ce
qu'était le "bulletin de salaire" d'un employé payé au SMIC en août 2005.
Il ressort de ce tableau que le SMIC recouvre trois grandes considérations
comptables différentes :
* le "salaire mensuel brut" : 1275,89 euros ;
* le "net à payer" : 1034,61 euros (salaire mensuel brut – cotisations
sociales obligatoires "employé") et
* le "prix du travail de l'employé payé par l'employeur" : 1900,16
euros ("net à payer" + cotisations sociales obligatoires "employé" +
cotisations sociales obligatoires "employeur" + allègement Fillon).
2. Que penser de ces trois considérations du SMIC ?
Deux sont réelles et la troisième imaginaire.
La troisième, c'est le salaire brut mensuel, c'est "l'os que les partenaires
sociaux rongent" depuis la création de l'organisation de la sécurité sociale
obligatoire par les ordonnances de 1945. Et surtout depuis
l'instauration du SMIC, c'est leur "grain de sel", celui qu'ils vont de
temps à autre chercher à moudre à l'occasion de négociations dites
"sociales".
C'est en vérité le cheval que les socialistes viennent d'enfourcher et qu'ils
veulent mener à 1500 euros en 2012.
Rappelons, en passant, la différence que faisait en 1850 Frédéric Bastiat entre
un économiste et un socialiste :
"Les économistes observent l'homme, les lois de son organisation et les
rapports sociaux qui résultent de ces lois.
Les socialistes imaginent une société fantaisie et ensuite un cœur humain
assorti à cette société".
Mais le propos situe – et situe ceux qui les écoutent – dans le mensonge ou
l'ignorance.
3. Quelle est en effet la réalité ?
* Premier aspect de la réalité :
le "net à payer" prend la forme de la quantité de monnaie que l'employé reçoit
sur son compte en banque et qu'il pourra dépenser pour vivre, c'est le montant
de son pouvoir de dépense !
A l'évidence, ce pouvoir de dépense ne correspond pas à la valeur du travail
qu'il a effectué, ni au pouvoir d'achat qu'il a gagné par son travail.
Il lui est inférieur à cause des règles de l'organisation de la sécurité
sociale, en particulier en matière de cotisations sociales obligatoires.
Et en cachant la vraie valeur de son travail à l'employé, force est de
reconnaître que les hommes des syndicats qui veulent faire le bonheur de
l'employé à sa place, avec la bénédiction du législateur, contribuent à ce
qu'il sous- estime la valeur du travail qu'il fait (1034,61 euros), se sous
estime, ce qui est, d'abord et profondément, immoral.
* Quelle est la vraie valeur du travail de l'employé dont celui-ci devrait
avoir connaissance en permanence ? Quel est le pouvoir d'achat qu'il a gagné
?
C'est le second aspect de la réalité.
Donne cette valeur la quantité de monnaie que l'employeur doit sortir de son
compte en banque pour payer la productivité du travail qu'a déployée l'employé,
en d'autres termes, c'est le prix du travail payé par l'employeur, soit 1900,16
euros.
Seulement cette quantité de monnaie ne prend pas en totalité le chemin du
compte bancaire de l’employé “smicard”, loin de là: les prélèveurs sont là et
effectuent leur sourde besogne en toute irresponsabilité.
Les représentants des syndicats de travailleurs ont beau jeu de dire, après
coup, que les "smicards" sont sous-payés et qu'ils veulent une augmentation de
leur pouvoir d'achat : ce sont eux qui font en sorte qu'il en soit ainsi avec
l'obligation aveugle et arbitraire de sécurité sociale (dont celle des
cotisations sociales obligatoires dites "employeur") qu'ils soutiennent (cf.
http://bureaucrash.com/blog/the_minimum_wage.)
Reconnaissons en passant qu'elle les fait vivre : où en seraient-ils sinon, si
l'organisation de sécurité sociale obligatoire qu'on nous inflige n'avait pas
été créée ?
Alors que l'employé devrait disposer d'un pouvoir d'achat égal à 1900,16 euros,
il ne reçoit donc que 1034,61 euros.
On est effectivement loin des 1500 euros, mais l'inégalité qu'on peut établir
n'est pas dans le sens indiqué tacitement par les socialistes, et ne
s'expliquent pas par les raisons qu'ils avancent et que je m'épargnerai de
résumer !
Soit dit en passant, je ne saurais trop renvoyer au site d’adresse internet
http://cvincent.club.fr/textes/textes/augmentation30.htm
Il permet d’étalonner le SMIC par rapport à des “salaires mensuels bruts ” plus
élevés - non "smiqués" - de respectivement 1650 euros et 3600 euros, i.e. des
salaires vrais de respectivement 2250 euros et 5000 euros.
En résumé, étant données les règlementations existantes qu’ils ont échafaudées
dans le passé avec la complicité du législateur, à partir de la décennie 1950,
dans le but de faire régner ce qu’ils prennent soin de dénommer désormais la
“justice sociale”, les prétendus protecteurs du “smicard” font en sorte de lui
prendre au passage 865,55 euros pour, affirmeront-ils, son bien, pour le
protéger, lui et sa famille - et pour autant que son conjoint n’a pas
d’activité rémunérée -. Ils font en sorte d'entretenir la vie
chère.
4. Mensonge et ignorance.
En réalité, ils vont dépenser immédiatement les 865,55 euros - soit près de la
moitié de la "valeur réelle de son travail" sur le marché, valeur qu'il ignore,
répétons-le - pour faire survivre une organisation de la sécurité sociale
obligatoire toujours plus inefficace, désormais au bord du précipice, et
rémunérer la bureaucratie qui y sévit (de l’ordre de 180 000 personnes au
nombre desquelles on retrouvera bien évidemment mains permanents des syndicats
de travailleurs dits "représentatifs").
Bref, le SMIC est dès à présent largement supérieur à 1500 euros puisqu'il se
situait à 1900,16 euros en août 2005 (1). Et la formule "le SMIC à 1500 euros
en 2012" est autant une ignorance (2) qu'un mensonge assis sur l'immoralité de
l'organisation de la sécurité sociale obligatoire (3).
Note :
(1) Le SMIC a été relevé en juillet 2006 : le prix du travail est ainsi
passé de 1900,16 euros à 2064 euros : cf. Arnoux, A. (2006), "Le salaire
complet", Liberté économique et progrès social (bulletin trimestriel de
l'aleps), n°116, juillet, pp.2-23.
On ne peut que s'étonner que les "rémunérations des élus" ne fassent pas
apparaître leurs "indemnités complètes" : cf. journal du net.
(2) S'agissant de l'ignorance, on peut l'expliquer par ce
document.
(3) Les propos tenus sur le SMIC alimentent un dumping politique scandaleux, le seul dumping qui puisse
exister ... un temps.
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civile.
Commentaires
Et malgré ce qui précède, l'agence Reuters - jeu. juin 22, 2006 8:57 - informe que :
Le smic augmentera d'au moins 2,5% au 1er juillet 2006.
Le salaire minimum (smic) augmentera "au moins" de 2,5% au 1er juillet, a déclaré le ministre de l'Economie Thierry Breton, qui n'a cependant pas précisé s'il y aurait un "coup de pouce" supplémentaire.
"La simple application de la loi, ça sera déjà au moins 2,5%", a-t-il dit sur France Inter.
Il a précisé que le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher rencontrerait les partenaires sociaux la semaine prochaine "pour parler de ces sujets".
"C'est au gouvernement, au Premier ministre, à Gérard Larcher et aux partenaires sociaux de tomber d'accord", a-t-il ajouté.
Pourquoi le gouvernement actuelle (droite) n'a-t-il pas allégé les charges prélevées sur les salaires dès lors qu'il diminuait le montant des remboursementS ou le déremboursement d'une grande partie des médicaments??? Pourquoi la droite n'a-t-elle pas réformé tout ça??? Enfin pourquoi focaliser sur ce problème que la sacro-sainte droite n'a pas été capable de résoudre ne serait-ce qu'en infime partie???? Vous parlez pour ne rien dire et quand il est proposé un smic à 1500 euros ce n'est pas sur la base de vos calculs qui sont fait avec une mauvaise foi évidente. Si les prix à la consommation étaient un tant soit peu controlés, les smicards verraient leur pouvoir d'achat s'améliorer. Quand un Sarkozy ratissant large pour s'accrocher un électorat le plus écclectique possible, nous dit que le prix d'achat au producteur n'a jamais été aussi bas et les prix sur le marché aussi hauts, propose-t-il une solution. Il parait tout simplement s'en étonner, comme si il ne connaissait pas la réponse à sa question. Tout ceci pour dire que même si demain il n'y avait plus les cotisations 'sécurité sociale' prélevées sur les salaires à la base, le montant des dites cotisations seraient absorbés dans des prix de loyers exhorbitants ou le kilo de pommes à 5/7 euro. Car aujourd'hui on ne doute de rien, outre les salaires qui ne bougent pas il y a les prix qui eux ne cessent d'augmenter. Enfin tout ceci est un vaste débat pas aussi simpliste que ce que l'on peut lire dans cette article.
Vous écrivez d'or :
"Pourquoi le gouvernement actuelle (droite) n'a-t-il pas allégé les charges prélevées sur les salaires dès lors qu'il diminuait le montant des remboursementS ou le déremboursement d'une grande partie des médicaments???"
Ma réponse : par peur des maîtres du jeu, à savoir les syndicalistes et autres membres de groupe de pression soutenant l'organisation de la sécurité sociale obligatoire (OSSO).
Pour que cette peur s'évanouisse, il faut qu'un débat sur la pieuvre OSSO voit le jour et qu'il débouche sur le référendum suivant : soit accroître l'OSSO telle qu'elle existe aujourd'hui, soit que chacun recouvre la liberté que le législateur de France lui a soustrait depuis 1945.
"Pourquoi le gouvernement actuelle (droite) n'a-t-il pas allégé les charges prélevées sur les salaires dès lors qu'il diminuait le montant des remboursementS ou le déremboursement d'une grande partie des médicaments???"
Réponse : parceque le déremboursement en question ne suffit même pas à équilibrer les comptes de la sécu, il serait donc irresponsable de baisser ses ressources.
Merci d'avoir fait référence à mon site.
CA peu plus continué comme ça je gagne 1050 euro et je m'en sors à peine j'ai 400 euro de loyer a payer 100 euro de chauffage et d electricité 20 euro de telephone et internet 120 euro d'essence 100 euro de course 50 euro d'assurance de voiture 10 euro d assurance maison et j'oublie encore des trucs et je vis en hlm donc! defois le 15 il me reste rien et en plus je profite même pas de mon salaire je peu faire aucune activité et je sors rarement! c'est degeulasse autant resté au rsa
Dire que les charges patronales payés à l'URSSAF seraient intégralement reversés par l'entreprise au salarié dans ce qu'ils appellent le "salaire complet", est un leurre que cherchent à véhiculer les libéraux et le PLD 'Parti Liberal démocrate) .
Est-ce que la diminution de la TVA de la restauration de 19,6% à 5 % a été reversée aux salariés .NON
Est ce que cette diminution de TVA a été répercutée sur les tarifs de la carte des consommations . NON.
Cette diminution est allé directement aux actionnaires et aux propriétaires des établissements.
Dans l'entreprise toute baisse des charges patronales serait récupérée au profit des actionnaires.
Vous appelez "chat" un chien. Le dialogue est impossible.