L'Irlande et l'Etat européen potentiel.
Par Georges Lane le lundi 22 août 2005, 20:36 - 6. Economie européenne - Lien permanent
A Paris, le 14 juin 2008.
Les électeurs irlandais ont rejeté le 12 juin 2008, par référendum,
le projet de traité
convenu à la réunion du Conseil des Chefs d'Etat et de gouvernement à Lisbonne
le 13 décembre 2007, et réformant les règles juridiques de l'Union européenne
:
53,4%
de "Non" contre 46,6% de "Oui".
1. Pour fixer les idées.
Soit dit en passant, cette prétendue révision en 277 pages des
documents fondateurs de l'Union européenne est pour le moins curieuse.
Le nouveau traité n'est en effet qu'une version reconditionnée d'une
constitution élaborée entre 2002 et 2003 par une convention
dirigée par l'ancien président de la République française, Valéry Giscard
d'Estaing, et inspirée par la rédaction de la Constitution de Philadelphie des
États-Unis en 1787.
Le document, avait dit Giscard, tiendrait 50 ans. Au lieu de cela, il s'est
effondré, condamné en 2005 par veto lors des référendums organisés en France et
aux Pays-Bas.
Des partisans de la Constitution n'ont pas renoncé et ont visé à la
ressusciter, enveloppant une grande partie du contenu dans le traité dit de
Lisbonne. Selon l'estimation de Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies à
Bruxelles, 90 % du nouveau traité est la constitution précédente mais dénommée
autrement (opinion que
je partage entièrement comme vous pouvez le lire).
Le prétexte souvent avancé est le suivant :
"Nous ne sommes pas un petit club de 12 qui peuvent s'asseoir ensemble autour
d'une table et discuter de choses et d'autres'', comme le partage Sara
Hagemann, une analyste au European Policy
Centre à Bruxelles .
Selon certains commentateurs ou politiques, le traité vise à aider l'U.E. à
faire face à son expansion en Europe de l'Est.
Le Traité est le "point culminant des efforts visant à réorganiser l'U.E. après
la chute du communisme et l'élargissement à de nouveaux membres d'Europe de
l'Est,'' déclare John K. Glenn, directeur de la politique étrangère au German Marshall Fund à
Washington. "Il permet à l'UE d'avoir une action d'ensemble sur des
questions telles que la sécurité, le terrorisme et l'immigration.''
L'U.E. demeure nettement en deçà de l'État fédéral imaginé par Jean Monnet, ce
vendeur de cognac français qui s'est transformé en homme politique et a exposé
des visions européennes audacieuses dans les décennies 1940 et 1950.
Le colosse commercial qu'est l'U.E. reste un nain géopolitique. Deux
exemples : les divisions de l'UE ont précipité l'effondrement de la Yougoslavie
au début des années 1990, laissant aux États-Unis le soin de mettre fin au bain
de sang. Le bloc vola en éclats lorsque le George W. Bush, président des
Etats-Unis d'Amérique, a décidé d'envahir l'Irak en 2003.
Les ambitions de construire une force européenne de réaction rapide pour le
maintien de la paix et des missions humanitaires ont trébuché sur l'égotisme
national et un manque de fonds. Un objectif de 2003 de projeter une force de
60000 hommes dans des zones de conflit en 60 jours reste insatisfait.
Le traité prévoit ainsi une rationalisation de la Commission européenne , la suppression
du veto national dans plusieurs domaines, davantage de pouvoir pour les
parlements démocratiquement élus des pays membres, une réforme de la présidence
du Conseil des Chefs d'Etat et de gouvernement et un
poste des affaires étrangères renforcé.
2. Réactions à chaud.
Le vote irlandais est une belle gifle aux dirigeants de l'U.E. qui est composée
désormais de 27 nations et dont les règles exigent que tous ses membres
ratifient le projet de traité.
Seule l'Irlande a appelé cette fois le peuple à voter ! Le referendum est
obligatoire pour tout sujet amendant la constitution irlandaise.
La Commission européenne a déjà dit que les autres pays devraient continuer à
ratifier le traité qui, selon elle, vise à rationaliser la prise de décision.
Soit dit en passant, cette déclaration montre le grand cas que les bureaucrates
d'icelle font des choix des gens qui ne sont pas de leur avis.
Les dirigeants de la "campagne pour le Non" ont dit, pour leur part, que le
vote était un "très bon résultat pour l'Irlande".
Un projet antérieur et plus vaste de Constitution européenne avait échoué après
que les Français et les Hollandais l'eurent rejeté en 2005 par
referendum.
3. "Eaux inconnues".
La "campagne pour le Non" l'a remporté par
862 415 voix contre 752 451,
le taux de participation a été de 53,1%.
Evénement du résultat selon certains commentateurs, Dermot Ahern, le ministre
de la Justice irlandais, a déclaré que le vote "Non" qui était prévu…
laisserait l'U.E. dans des "eaux inconnues".
Brian Lenihan, le ministre des Finances irlandais, a déclaré pour sa part
:
«Je suis très, très déçu de ce résultat. Je pense que c'est un triste jour pour
l'Europe aussi bien que pour notre peuple."
Avant d'écrire une longue
déclaration, José Manuel Barroso, le Président actuel de la Commission
européenne, avait déclaré qu'il avait parlé au Premier ministre irlandais,
Brian Cowen, et était convenu avec lui que ce n'était pas un vote contre
l'UE.
"L'Irlande reste attachée à une Europe forte", a-t-il dit.
"Les ratifications devraient continuer à suivre leurs cours."
La France et l'Allemagne ont rapidement publié une déclaration conjointe
exprimant leur regret sur le résultat irlandais.
L'Espagne a dit qu'une solution sera trouvée.
Mais Vaclav
Klaus, le président de la République tchèque, a déclaré que désormais la
ratification ne pouvait pas se poursuivre.
M. Barroso a informé que les dirigeants de l'UE devraient décider la semaine
prochaine, lors d'un sommet, de la manière de procéder .
Il a appelé l'UE à maintenir l'attention sur les questions d'intérêt pour les
gens comme l'emploi et l'inflation, la sécurité énergétique et le changement
climatique.
Soit dit en passant, Oana Lungescu de la BBC à Bruxelles remarque que ce
troisième échec référendaire - en trois ans - sur le traité de constitution
de l'Union européenne souligne seulement l'écart grandissant entre les
peuples et leurs dirigeants.
Antérieurement, les dirigeants européens avaient dit qu'ils n'avaient pas de
"plan B" pour savoir comment procéder si l'électorat de l'Irlande votait
"Non".
Declan Ganley du groupe anti-traité "Libertas" a dit que c'était un
"grand jour pour être irlandais".
"Les gens de l'Irlande ont montré un courage énorme et une grande sagesse dans
l'analyse des faits qui leur ont été présentés et dans la décision qu'ils ont
prise", a déclaré M. Ganley.
La campagne pour le "Non" a été une vaste coalition allant de Libertas
au Sinn Fein, le seul parti représenté au Parlement opposé au
traité.
Gerry Adams, le président du Sinn Fein, a déclaré:
«Les gens se sentent en sécurité au cœur de l'Europe, mais ils veulent
s'assurer qu'il y a un pouvoir démocratique maximum."
4. Confusion
Les partisans irlandais de l'accord, y compris le Premier ministre, Brian
Cowen, et le principal parti d'opposition, essaient de neutraliser les
critiques que le traité transférerait trop de pouvoir à l'UE, inonderait le
marché irlandais d'aliments étrangers bon marché, ferait que l'U.E. s'empare du
taux d'imposition de 12,5 % des entreprises d'Irlande, ou même ferait glisser
le pays dans des guerres étrangères.
Les attitudes irlandaises soulignent les paradoxes qui ont marqué l'intégration
européenne.
L'Irlande a tournoyé dans un filet de 55 milliards d'euros de subventions
européennes depuis son adhésion au bloc en 1973, simultanément avec le
Royaume-Uni et le Danemark.
L'aide au développement et l'accès au marché libre de frontière ont contribué à
ce qu'elle devienne l'économie de l'Europe occidentale avec la plus rapide
croissance dans la dernière décennie, et 74 % des Irlandais évaluent l'adhésion
à l'UE comme une "bonne chose".
Beaucoup de commentateurs considèrent que de nombreux électeurs ne comprenaient
pas le traité en dépit de la campagne de haut niveau qu'avait menée M. Cowen et
qui avait le soutien de la plupart des principaux partis du pays.
Reste que, pendant la majeure partie de la campagne, les sondages avaient
montré une pluralité de votes en faveur du "Oui" au traité. Mais l'opposition a
augmenté progressivement, et un sondage de l'Irish Times / TNS MRBI
publié le 6 Juin avait donné pour la première fois une avance aux "Non", 35
pour cent contre 30 pour cent. Un sondage publié par le Sunday Business
Post montrait néanmoins le 7 juin que les supporters menaient par 42 %
contre 39%, dans la marge d'erreur, avec 19 % indécis.
M. Cowen a accusé le "camp du Non" de "fausse déclaration" en disant que les
électeurs avaient exprimé leur inquiétude sur "des questions qui n'étaient
clairement pas du tout dans le traité ", a rapporté l'Irish
Times.
5. 2008, Iliade ou Odyssée de l'Etat européen rêvé par
certains.
Le traité devait entrer en vigueur le 1er janvier 2009. Quinze pays sur les
vingt sept ont achevé sa ratification à ce jour.
Dans trois autres, celle-ci est actuellement en cours : le mercredi 11 juin
dernier, le parlement grec a d'ailleurs entériné la réforme par :
250 voix "pour" et 42 "contre" !
Il y avait un peu plus de trois millions d'électeurs irlandais inscrits -
certes, dans une Union européenne de 490 millions de personnes.
Soit dit en passant, alors que le boom immobilier semble se terminer en
Irlande, la croissance de celle-ci est estimée par l'UE à 2,3 % en 2008,
le taux de chômage à 5,6 %.
Pour sa part, avec un produit intérieur brut de 12,8 milliards d'euros ($ 19,8
milliards), l'U.E. est un grand bloc économico-juridique, disposant d'une
banque centrale, d'une autorité de commerce et de régulation, et de près
de cent mille pages de lois qui régissent un "marché commun" qui
s'étend de l'Atlantique à la frontière avec la Russie.
Quant à l'euro ,
la monnaie d'une partie des pays de l'U.E., après avoir atteint un prix record
cette année, il vaut actuellement spot aux environs de 1,55 $, à comparer
à 1,17 $, son prix en dollar quand il a vu le jour, comme unité de compte des
marchés financiers, le 1er janvier 1999.
Partagé par 15 pays de l'U.E., l'euro a écorné la domination du dollar en tant
que monnaie de réserve. Il représente 26,5 % des "réserves de change
mondiales", alors que le dollar en représente 63,9 %, soit le pourcentage le
plus bas jamais atteint par celui-ci si on en croit le Fonds monétaire
international.
L'Irlande avait refusé le traité de Nice instituant les premières réformes de
l'Union européenne (créée par le Traité de
Maastricht) lors d'un premier référendum en 2001.
Mais le gouvernement s'était employé à organiser rapidement un second
referendum pour faire adopter le texte.
Le conditionnement ambiant explique aujourd'hui que le premier référendum avait
rejeté le traité à cause de la préoccupation qu'il mettrait fin à la tradition
de neutralité militaire de l'Irlande.
L'approbation "au second tour" suivit une déclaration de l'UE selon quoi rien
de ce genre ne se produirait.
Cette fois, ce sont les interventions étrangères qui sont mises en cause.
Souvent vécues comme une "ingérence", les déclarations de dirigeants étrangers
favorables au "oui", en particulier de ministres français, ont été du pain béni
pour les opposants au traité de Lisbonne, selon le camp du "non".
"Je me demande parfois si certaines personnes en Europe ne faisaient pas exprès
de provoquer un non", observe John McGuirk, porte-parole de Libertas,
qui estime avoir reçu une aide inattendue pour obtenir le rejet du
traité.
Les commentaires de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères
français, ont notamment eu un effet retentissant sur l'île de 4,2 millions
d'habitants.
Le 9 juin, trois jours avant le vote, le chef de la diplomatie française avait
estimé que les Irlandais "seraient les premières victimes" s'ils votaient
"non". "Ils en ont profité plus que les autres", avait-il estimé à RTL.
La presse tabloïde s'était emparée de ces commentaires. L'Irish Sun
avait publié à la "Une" une photo du visage de Bernard Kouchner (ci-contre une
photo d'un autre grenouillage)
, sur laquelle avaient été apposés une grenouille ainsi que le titre :
"Va grenouiller ailleurs".
Selon un sondage publié récemment dans l'Irish Times, 17 % de ceux qui
se disaient prêts à voter "non" citaient comme raison principale qu'ils
"n'aimaient pas qu'on leur dise ce qu'il faut faire".
L'enquête ne précisait pas s'il s'agissait des appels à voter "oui" en
provenance de l'étranger ou du gouvernement à Dublin mais, selon le
porte-parole de Libertas, les déclarations des autres pays européens
ont eu "un impact significatif".
M. McGuirk cite aussi les propos rapportés par la presse en avril de Christine
Lagarde, le ministre des Finances français, soulignant l'intention de Paris de
pousser à une harmonisation de la fiscalité lors de la présidence de l'Union
européenne qu'elle entamera en juillet.
Cette déclaration avait touché une corde sensible en Irlande, faisant craindre
une volonté de Paris de remettre en cause le taux exceptionnellement faible de
l'impôt sur les sociétés (12,5%) et qui est jugé sur l'île comme une des clefs
de son formidable développement économique.
"Les commentaires de Christine Lagarde ont été un véritable cadeau", a déclaré
M. McGuirk à l'AFP.
Tout au long de la campagne, les partisans du "oui" savaient qu'ils marchaient
sur des oeufs quand un responsable européen venait soutenir leur camp. La venue
de José Manuel Barroso avait ainsi été déplorée par l'ancienne députée
européenne des Verts, Patricia McKenna, favorable au "non".
Mais Dick Roche, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, avait rejeté
ces accusations, les estimant "déplacées et agressives". Micheal Martin,
le ministre des Affaires étrangères irlandais , avait également défendu les
interventions étrangères, peu après les propos de son homologue français,
Bernard Kouchner.
"C'est leur droit car notre décision va les concerner", avait dit M.
Martin.
Mais l'effet peut jouer dans les deux sens. Le camp du "non" avait ainsi frémi
quand un cercle estudiantin de Dublin avait invité en début d'année Jean-Marie
Le Pen, opposant au traité de Lisbonne. Les "nonistes" irlandais
avaient dit alors craindre que la venue du Français ait l'effet inverse sur
leur camp...
"Il n'y aura pas de second référendum cette fois-ci", a assuré le gouvernement
irlandais.
DONT ACTE.
Petit rappel.
Three Lessons to Learn From the Irish Experience
:
Matthew Lynn Jan. 19 2005 (Bloomberg) –
These days, every economic textbook should finish with four words: ``Now go
study Ireland.''
How so?
Because in the last decade, the Irish economy has emerged as the most
successful, and therefore the most interesting, in the world.
Most people are aware that the Irish have been getting richer. Last week, the
Paris-based Organization for Economic Cooperation and Development confirmed
just how much progress Ireland has made when it released figures on per-capita
gross domestic product, based on purchasing power parities for 2002.
The list hadn't changed much since 1999, the last benchmark year, with one
exception. Ireland was bumped up a slot, joining the small group of ``high
income'' nations alongside the U.S., Norway, Switzerland and Luxembourg. The
OECD flagged that as a ``remarkable development.''
Let's get this straight. Ireland, which was considered one of the region's
poorer nations when it joined the European Union in the 1970s, is now among the
five wealthiest places in the world.
Maybe it should be even higher. Dan McLaughlin, chief economist at Bank of
Ireland Plc, says Ireland is now wealthier than the U.S. as well. He cites
Irish per-capita GDP of 36,000 euros ($47,000) in 2004 compared with the U.S.'s
$41,000.
Rankings aside, the most striking thing about the Irish success story is that
the country possesses no special advantages. The U.S. is a superpower, with the
world's reserve currency of choice; Norway has lots of oil, and not many
people; while Switzerland and Luxembourg are secretive banking centers. Ireland
has little to offer that other countries don't already have. It has even been
lumbered with the euro.
Three Lessons
So what can Ireland teach the world about how to manage a modern economy?
``The big lesson is that you have to open up,'' said Danny McCoy, senior
research officer at the Economic and Social Research Institute in Dublin in a
telephone interview. ``The Irish economy really liberalized, and there was a
lot of encouragement for foreigners to come in.''
There are three main lessons that other countries should draw from the
transformation of the Irish economy.
First, history doesn't count for anything.
Few countries had, until recently, as dismal an economic history as Ireland. It
was dominated by a colonial power and suffered from famine, civil unrest and
mass emigration. So what? That hasn't prevented its transformation.
The next time someone points to the past as a reason why a country isn't
prosperous, tell them to take a look at Ireland.
Geographical Isolation
Next, resources and geography don't count for much, either. Ireland has few
natural resources to speak of. And its geographic position isn't great. Stuck
out on the western fringe of Europe, it's a long way from the region's main
markets, and you need a boat or a plane to get there.
So, next time someone uses resources or geography as a reason a country isn't
prosperous, tell them to take a look at Ireland.
Lastly, policy makes a difference.
Ireland got a few big things right.
It has lowered taxes. The corporate tax rate is just 12.5 percent, one of the
lowest in the developed world. Income taxes are in line with European averages,
with a top rate of 42 percent. Overall, government spending in 2003 was
slightly more than 35 percent of GDP, about the same as the U.S. and relatively
low by European standards.
In its 2005 report on economic freedom, the Washington-based Heritage
Foundation ranked Ireland as the fifth-freest country in the world, just behind
Estonia, and eight places above the U.S.
`No Conflicts'
Ireland has also encouraged companies from around the world to base themselves
there. ``There are no conflicts between capital and labor here,'' McCoy said.
``There is a recognition that we are all in this together.''
Low taxes are just one part of the story. Those have been combined with
excellent education, good infrastructure and a willingness to make global
investors feel welcome.
For many years, Ireland had been playing catch-up with the rest of Europe. That
phase is over. You can't play catch-up when you are already ahead of the
pack.
Over time, the Irish economy may start to slow. Still, there isn't much sign of
it. The Economic and Social Research Institute is forecasting 5 percent growth
for the Irish economy in 2005, with unemployment below 4.5 percent. That will
keep it close to the top economic performance in Europe. A few more years of 5
percent growth and Ireland may well be the wealthiest country in the
world.
The punchiest lesson of the Irish miracle is also the simplest: There are no
excuses. If the Irish can work their way into the super-league of the world's
wealthiest nations, there is nothing stopping others from doing so. Except
maybe themselves.
ADDENDUM.
Ayant retrouvé dans mes archives un discours objectif de Jean Claude Trichet,
président du conseil d'administration de la B.C.E., sur l'Irlande, je me
permets d'en reproduire des extraits ci-dessous (les inter titres sont de
mon crû).
Voici des extraits de "Structural reforms and growth, as highlighted by the
Irish case", conférence de Jean-Claude Trichet, President of the European
Central Bank,
delivered at the Whitaker lecture organised by the Central Bank and Financial
Services Authority of Ireland, Dublin, 31 May 2004.
"Ladies and gentlemen,
It is a real pleasure for me to speak at this inaugural lecture in honour of
Dr. T.K. Whitaker, for several reasons.
Firstly, in doing so I have the satisfaction of honouring a great man, a great
European and a great Central Banker. Dr. Whitaker is a man whose inspiration
and efforts were used at a critical time in Irish history to bring Ireland on a
journey of transformation from economic stagnation to a position of stunning
and exemplary economic success.
Secondly, you, Dr. Whitaker, deserve to take the satisfaction and pride of
knowing that your contribution to the success of the Irish economy has not been
bounded by Ireland’s shores.
Rather the process of transformation that you began over four decades ago has
become a model for the millions of new citizens of the European Union. The new
Member States of the EU have had to confront economic challenges whose
magnitude and long-term importance are similar to those that faced Ireland when
you began your work.
Thanks to Ireland’s economic success, to which you devoted your life, we can be
confident that economic reform works.
Today I have the opportunity to highlight the importance of structural and
fiscal reforms in an enlarged Europe.
Ireland’s contribution in this area is not confined to inspiration from its
exemplary policy record. The Irish Presidency of the European Union is working
to stimulate progress in structural reform through its prioritisation of the
Lisbon Agenda. Together with the great events of European Union enlargement and
the progress being made in other areas, this should be a source of pride for
Ireland.
Speaking about Ireland’s EU Presidency, and noting that the outgoing President
of the European Parliament, Pat Cox, is also Irish, I cannot resist mentioning
with pride my own Celtic roots as a native “Breton”!
[Un peu d'histoire]
Before
experiencing economic spring, Ireland has had to go through a long winter of
economic inertia. For decades after the establishment of Ireland’s independence
a climate of economic and social pessimism became prevalent in a country which
appeared to have little to offer its citizens but the prospect of emigration
and low revenues.
Between 1951 and 1958, as Europe’s economy rebounded, Ireland’s relative GDP
per capita actually fell from 75 to 60 per cent of the EU average.
It was the year 1958 in which an important turning point was made in Irish
modern economic history: The Programme for Economic Expansion was published
under your leadership and inspiration as the then Secretary of the Department
of Finance.
This publication pointed a way out from what appeared to be an intractable
downward spiral of weakening economic activity, high inflation, low living
standards, chronic unemployment and a level of emigration that was comparable
to the birth rate.
With its emphasis on free trade, increased competition and the need to end
protectionism, this document pointed the way to an Ireland that was to become
economically more open, industrially more diverse and increasingly confident of
its future.
Your inspiration was followed by your action as Ireland’s top public servant.
In the same year of 1958, the Industrial Development Authority was created,
bringing the stimulus of foreign investment into the Irish economy.
Subsequently, you guided Ireland’s programme of trade liberalisation and
structural reform in the 1960s. Economic growth accelerated as a result.
In 1973 Ireland acceded to the EU in a process to which you played a
significant role as Governor of the Irish Central Bank.
So far I have looked backward but in true Central Banking style I have done so
only so that I may look forward, in particular to the challenges facing Europe
now. In an enlarged Europe, the vision you have displayed in inspiring,
designing and implementing economic reform in the 1950s is very relevant to us
today.
Allow me now to focus on this theme and in particular on the important topics
of structural reform and fiscal consolidation, explaining for each of them
their merits, including in light of the Irish experience.
[…]
[Réformes structurelles]
In this context, one has to consider the astonishing experience of Ireland,
which recovered from poor economic and fiscal conditions in the mid-1980s to an
impressive pace of economic activity and sound fiscal position in no more than
a decade. In addition to a favourable macroeconomic environment and the
benefits derived from participation in the European Union, the economic
recovery was grounded on far-reaching home made structural reforms in the
labour, capital and product markets.
[Marché du travail]
The strengthening of the labour market was strongly underpinned by a supportive
policy framework.
A strong pickup in labour supply and impressive productivity gains were
associated with favourable demographics and, more recently, an increase in
skilled immigration. Furthermore, unemployment was dramatically reduced through
a more efficient matching of individuals and job vacancies. Labour market
participation, including that of women, was increased through structural
reforms to reduce tax wedges and the human capital of the labour force was
upgraded through a significant investment in education. Ireland’s economic
success can therefore be linked to the transformation of its labour market into
a plentiful supply of competitively priced and quality labour resources.
[Marché des produits et du capital]
Important successes were also made through structural reform within product and
capital markets.
The liberalisation of trade and investment through the Single European Market
programme had positive effects on output and productivity and put downward
pressure on costs and prices.
Goods markets became more integrated. Research and development supported the
dynamic gains from faster growth. Foreign direct investment also made a very
significant contribution to Ireland’s growing economy.
This streamed into Ireland, placing the country as one of the premier host
countries for US foreign direct investment in the world during the 1990s. The
EU’s Structural and Cohesion Funds were well used to improve Ireland’s
infrastructure and educational system.
Moreover, Ireland developed a transparent regulatory framework.
To conclude on structural reforms, I think the key issue now is to bridge the
gap between strategy and implementation in Europe - to identify the best policy
practices and make structural reform happen. The European Union has a number of
useful institutional instruments and processes in place, such as the Broad
Economic Policy Guidelines, the Employment guidelines and the Spring European
Council, to foster implementation.
In this respect, the ECB has always backed the diagnosis, the agenda and the
goals that were adopted by the Lisbon European Council in 2000.
The Presidency Conclusions of the Spring 2004 European Council delivered a
message of determination and confidence which reinforced the validity and
relevance of the Lisbon process. We have a consensus on the “road map”.
The issue today is to improve “navigation”, to improve the decision making
process and the effective delivery of the reforms. Convincing the people of
Europe that all European citizens will be better off thanks to these reforms is
absolutely key.
The success of Ireland was largely due to the fact that the Irish citizens were
rightly convinced that this road map would improve their own situation.
[Politiques budgétaires]
Moving to the second topic of my speech, i.e. fiscal policies, let me stress
that we Europeans have been very bold in creating a single currency in the
absence of a political federation, a federal government and a federal budget at
the euro area level.
[…]
In this respect, the dramatic acceleration of output in Ireland in the post
1987 period can be associated with a vigorous and successful project of fiscal
consolidation starting in 1987.
This programme was based on tight expenditure control via subsidy cuts, social
security reform and a streamlining of the public sector and control of public
expenditure.
Ireland’s experience, similar to the Danish experience in 1983-89, clearly
shows how policies geared to fiscal consolidation do not necessarily entail
contractionary effects on real aggregate demand and economic activity.
On the contrary, in these two countries, in spite of the tightening policies
undertaken, the rate of growth showed a significant increase in relation to
previous years. In particular, in these countries, significant budget
consolidation based on spending reduction enhanced the long term fiscal
sustainability and increased the policy credibility of a more favourable tax
regime.
Regarding Ireland, the budget deficit was reduced from 10.1 % of GDP in 1986 to
1.7 % in 1989, while the debt ratio declined from 113 % of GDP to 100.4 % of
GDP ;
over the same period GDP growth accelerated from 0.3 % to 6.2 % ; the overall
consolidation effort, as measured through the structural fiscal balance,
amounted to 5.1% of GDP over these three years.
In the years afterwards, Ireland continued to enjoy high rates of GDP growth
and kept large structural fiscal surpluses (almost always above 5 % of GDP),
thus allowing for a steady and rapid decline of the debt ratio (which reached
32.4 % of GDP in 2003).
The Irish and Danish experience brings evidence that expansionary expectation
effects may dominate on the contractionary effects of a fiscal
consolidation.
In both cases there is a considerable evidence that the consumer boom was
prompted by the wealth effects of cuts in public spending, as a signal of lower
future taxes, concomitantly to the wealth effects implied by the fall in
interest rates. On the supply side, a low tax environment has underpinned the
pick up in economic activity in Ireland.
[…]
Dr. Whitaker, let me express my profound admiration for the example you have
shown to Central Bankers everywhere in your endurance and constant commitment
to the public good.
The fruits of your life’s work are all around us today and will play a role in
inspiring policy reform in Europe. I for one, Dr. Whitaker, salute you for your
work, and thank you for the inspiration you have given all of us.
Thank you for your attention."
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Commentaires
REFERENDUM IRLANDAIS : FAUT-IL QUE LES IRLANDAIS REPRENNENT LE FUSIL ?
Posté par Jacques
20 juin, 2008
par Bruno GOLLNISCH,
député français (FN) au Parlement Européen,
Ancien Président du groupe Parlementaire ITS (Identités-Traditions-Souverainetés)
Nous exprimons notre gratitude au peuple irlandais qui a voté pour l’ensemble des Européens auxquels ce droit a été refusé et qui l’a fait par une majorité très claire de 53,4 % des suffrages exprimés en faveur du Non contre 46,6 % en faveur du Oui. Le Traité de Lisbonne en tout état de cause n’entrera pas en vigueur le 1er janvier 2009.
Cependant, l’avenir est extrêmement préoccupant, car, selon une pratique qui paraît inscrite dans les us et coutumes de l’Union européenne, il semble que tout soit fait pour contourner ce vote, à l’exception semble-t-il, de la voix discordante du Président Tchèque, Vaclav Klaus.
Je voudrais en premier lieu stigmatiser les procédés qui sont utilisés pour ne pas tenir compte du vote irlandais.
Ces procédés sont grossiers, mais inlassablement utilisés. Le mensonge, mille fois répété, prend les allures de la vérité. Voici les principaux éléments de cette dialectique fallacieuse :
1) « Ils ne savent pas ce qu’ils font ». D’abord jeter le discrédit sur le vote NON parce qu’on suppose que les électeurs auraient voté pour d’autres raisons que celles qui ont trait à leur appréciation du texte proposé. C’est ce que l’on disait déjà du vote français : les Français n’auraient pas voté contre la Constitution européenne, mais contre Chirac !
On peut retourner l’argument contre les partisans du OUI. N’ont-ils pas voté oui pour des raisons de politiques internes ? ou bien parce qu’on leur a fait peur en leur faisant craindre, par exemple, de façon abusive mais récurrente, le retour des guerres européennes qui ont ensanglanté notre continent au siècle dernier ?
2) « Ils paralysent l’Union ». On prétend aussi, sans jamais donner de justification précise, que sans constitution ou sans traité de Lisbonne l’Union serait paralysée, alors que M. Chirac avait à l’époque présenté le traité de Nice, actuellement en vigueur, comme une grande victoire, une avancée considérable sur le plan institutionnel alors unanimement saluée. Si l’Union est paralysée comment expliquer que tant de textes soient votés au Parlement européen ? Comment expliquer que rien qu’à cette session des 16 au 19 juin, à Strasbourg, l’on vote autant de textes en quatre jours qu’il ne s’en vote en quatre mois au Parlement français ?
Quos vult perdere Jupiter dementat. « Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre » : En fait, les auteurs du Traité de Nice sont victimes de leur ambition. Ils ont prévu que ce traité serait gravé dans le marbre pour toujours. Alors que si sa durée avait été limitée, on aurait pu en sortir plus facilement. C’est leur problème ; ce n’est pas la faute de l’Irlande.
3. « Ce sont des ingrats ». On accuse ensuite le peuple irlandais d’ ingratitude car il aurait reçu de l’Europe entre 40 et 60 milliards d’euros. Par conséquent, leur vote serait particulièrement immoral. Comme si l’identité nationale, les libertés politiques, étaient une marchandise à vendre. M. Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, a même parlé de « caprices d’enfants gâtés ». Il justifie là les subventions européistes que perçoit ladite subvention. Cela ne donne pas plus de valeur à cet argument.
4. « Ils ne peuvent pas décider pour tous les autres ». Le vote irlandais devrait être contourné, car l’Irlande ne constitue que 1 % de la population de l’Union ; on laisse donc entendre qu’elle a décidé arbitrairement contre la volonté des 99 % autres. C’est complètement faux, puisque les autres pays n’ont pas eu droit à un referendum, justement parce que les dirigeants craignaient un résultat négatif. Et cela traduit un manque total de considération pour les exigences du droit international, comme d’ailleurs pour les « petits » Etats. Il y a en effet sept Etats membres qui sont moins peuplés que l’Irlande, et même parfois beaucoup moins : Le Luxembourg (450.000 habitants), membre fondateur de l’Union, la Slovénie (2.000.000), qui en exerce aujourd’hui la présidence ( !), Malte (400.000), la Lettonie (2.350.000), l’Estonie (1.360.000), la Lituanie (3.700.000), Chypre (670.000). Le Danemark et la Slovaquie ne sont guère plus peuplés. Si j’étais ressortissant de ces Etats, je me ferais du souci pour la conservation de mes libertés au sein de la nouvelle Union des Républiques Soviétiques Européennes !
5. Conclusion : « C’est un incident de parcours ». Un ultime procédé, conséquence de ce qui précède, consiste à minimiser le vote intervenu, à n’y voir qu’une dérisoire péripétie, un léger ralentissement dans une progression sur la voie tracée qui ne saurait s’arrêter. M. Jouyet, Ministre français des Affaires européennes s’était dit « effondré » dans un premier temps puis, sur ordre, parle d’ « incident », comme M. Sarkozy. M. Barnier a repris aussi ce terme d’ « incident », qui procède à l’évidence d’une consigne officielle donnée par le futur président du Conseil européen. Or ce n’est pas un incident, c’est un désaveu de fond, puisque trois pays qui se sont prononcé par référendum -les Pays-Bas, la France et l’Irlande - ont voté NON. Les votes français et hollandais peuvent en effet être assimilés au vote irlandais car, comme l’a dit le père du projet de Constitution, M. Valéry Giscard d’Estaing, le Traité de Lisbonne ce n’est jamais que la Constitution européenne distribuée autrement (« dans d’autres tiroirs »). Tout le monde le sait et presque tout le monde l’a reconnu, du Premier ministre luxembourgeois Junker à la chancelière allemande Angela Merkel, auteur de la consigne qui a présidé à la rédaction du traité de Lisbonne « Let us change the wording and keep the substance » « Changeons les mots, gardons la substance (de la constitution, N.D.L.R.) ». C’est certainement ce cynisme-là que les Irlandais ont aussi sanctionné.
On déclare donc vouloir faire revoter l’Irlande comme naguère le Danemark à l’époque de Maastricht en 1992. Je vous rappelle qu’on avait alors dispensé le Danemark de l’Euro, de la PESC (Politique Etrangère & de Sécurité Commune), et de la politique d’immigration commune. Autrement dit le Danemark se trouve signataire d’un Traité de Maastricht d’où les principales dispositions du Traité de Maastricht ont disparu ! Cette pratique est immorale et dangereuse. Elle est aussi juridiquement contestable, car elle met en cause la validité du consentement donné par les autres pays. C’est ainsi que l’aménagement consenti au Danemark, postérieurement au vote exprimé par le peuple français, est évidemment de nature à modifier la validité de celui-ci : on avait consulté les Français pour l’adoption d’un texte applicable à tous les Etats membres. Ils n’ont acquiescé qu’à une très faible majorité. Qui peut affirmer que la connaissance du statut dérogatoire consenti au Danemark n’aurait pas fait changer, ne serait-ce que 1% de l’électorat ?
En résumé, on veut poursuivre la ratification à tout prix, et M. Barroso l’a dit très clairement : “les autres nations doivent donner leur avis” comme si c’était une consultation facultative et non pas un texte qui modifie un traité existant qui, comme tout traité international ou tout contrat, ne peut être modifié que de l’avis unanime des co-contractants. M. Barroso insiste sur le fait que l’Irlande a signé le Traité de Lisbonne. Il sait pourtant ce que sait tout étudiant de troisième année de droit : Depuis des siècles, les Etats ne sont engagés dans un traité que par la ratification (Cf. Convention de Vienne de l’O.N.U. sur le droit des traités, arrêt de la Cour Internationale de Justice de La Haye dans l’affaire du Plateau Continental de la Mer du Nord, etc.). La signature n’a d’autre sens que d’arrêter un texte pour les négociateurs. Cependant, la ratification sera poursuivie comme si rien ne s’était passé. Telle sont les positions de M. Carl Bildt en Suède, Miguel Angel Moratinos en Espagne, Franco Frattini pour l’Italie.
Les meilleurs esprits envisagent au pire d’en rester au Traité de Nice.
Il y aurait cependant selon nous une autre solution que de poursuivre aveuglément la ratification, ou même d’en rester au traité de Nice. Cette autre solution consisterait à s’asseoir sur le bord de la route et à réfléchir. A se demander si cette construction européenne initiée dans les années 50, extrêmement contraignante, a rempli toutes ses promesses. Si elle est adaptée à l’époque de la planétisation que nous vivons. Ou bien si elle n’est pas obsolète à l’âge de cette planétisation, et aussi de l’affirmation du fait national, non seulement de la part des Etats-Unis d’Amérique ou de la Russie, mais aussi aujourd’hui de la part du Japon, de la Chine, de la Thaïlande, de l’Inde, de l’Iran, de l’Union sud-africaine, du Maroc, du Brésil, de l’Argentine et de tant d’autres Etats.
On pourrait encore se demander si les coûts de cette construction et les abandons de liberté, de souveraineté qu’elle requiert sont équilibrés par rapport aux avantages qu’on en recueille. Pourtant, ce doute ne semble pas effleurer ce que M. Attali appelle à très juste titre “l’hyper classe”. J’emprunte à Mme Joannin, directrice générale de la Fondation Robert Schuman, (encore elle !) une citation très explicite : “En 2005, le NON français n’a rien changé. Le résultat du référendum irlandais n’aura pas plus d’incidence”. La voix des peuples est méprisée par la caste eurocratique d’une manière que n’auraient pas osée les ordres privilégiés de l’Ancien Régime à l’égard du Tiers Etat. Faut-il donc que les Irlandais reprennent le fusil pour défendre leur indépendance, comme par le passé ?
L’Irlande a exprimé la voix de la majorité des Européens qui ne veulent pas d’une Europe eurocratique, ni de surcroît d’une Europe non européenne en ce qu’elle ne connaît ni référence culturelle ni patrimoine spirituel ni limites géographiques. Ces Européens veulent bien, certes, d’une garantie des frontières et de la sécurité commune, d’un arbitrage pacifique des différends, d’une préférence économique mutuellement reconnue, d’une garantie des prix des produits agricoles et des revenus de leurs agriculteurs, d’une garantie (difficile) des niveaux de protection sociale chèrement acquis par les générations qui nous ont précédés, d’une coopération industrielle, d’échanges culturels et scientifiques, etc., mais qui pensent aujourd’hui à juste titre que le carcan de l’Europe de Bruxelles est trop petit pour eux.
En conclusion, nous allons faire une campagne active. Une campagne pour que les Irlandais ne soient pas privés de leur victoire. Nous allons poursuivre la constitution d’une fédération de partis politiques européens, bien que les intentions des inventeurs de ce concept soient contestables. Nous allons poursuivre l’intensification de nos contacts avec les formations politiques qui partagent sur l’essentiel nos analyses en Europe. Nous allons enfin, dans nos pays respectifs, mener une très active campagne pour faire triompher nos idéaux contre cette caste qui méprise la volonté populaire de nos compatriotes.
Encore et toujours cette guerre des classes qui n'en finit plus. Ces riches qui veulent devenir plus riches encore en nous rendant esclaves.
Bravo pour ce texte, bravo pour la réponse et milles bravos aux Irlandais, des têtes de pioches qui ont toutes les raisons de le demeurer.
Je viens d'apprendre que les députés qui siègent au Parlement Européen à Bruxelles gagnent en moyenne 14.700 euros/mois.....Et parfois ils ne se présentent que le vendredi pour signer le registre et décampent ensuite.
Voir la vidéo là-dessus faite par des reporters allemands :
Expense Allowance Abuse by MEPs
http://ca.youtube.com/watch?v=xnMtc...
A titre d'information, le texte ci-dessous qui "confirms the inability of the Euro-elite to accept that anyone holds different views from their own, on Lisbon, global warming or anything else."
Que chacun en tire les conséquences qui s'imposent.
Czech leader in shock after EU assault
Christopher Booker, Sunday Telegraph, 14 December 2008
A bizarre confrontation in Hradcany Castle confirms the inablilty of the Euro-elite to accept anyone else's opinions
Imagine that a Franco-German MEP, invited to meet the Queen at Buckingham Palace, plonked down in front of her an EU "ring of stars" flag, insisting that she hoist it over the palace alongside the Royal Standard, and then proceeded to address her in a deliberately insulting way. The British people, if news of the incident leaked out, might not be too pleased.
Something not dissimilar took place at a remarkable recent meeting between the heads of the groups in the European Parliament and Vaclav Klaus, the Czech head of state, in his palace in Hradcany Castle, on a hill overlooking Prague. The aim was to discuss how the Czechs should handle the EU's rotating six-monthly presidency when they take over from France on January 1.
The EU's ruling elite view President Klaus, a distinguished academic economist, with a mixture of bewilderment, hatred and contempt. As his country's prime minister, he applied to join the EU in the days after the fall of Communism in the 1990s. But now Klaus is alone among European leaders in expressing openly Eurosceptic views, not least about the Lisbon Treaty, which the Czech parliament has yet to ratify.
Klaus was an outspoken dissident under the Communist regime, and he has come to regard the EU as dangerously anti-democratic. But he compounds this sin with highly sceptical views on global warming, on which he recently published a book, Blue Planet in Green Shackles. He likens the extreme environmentalism favoured by the EU to Communism, as a serious threat to democracy, freedom and prosperity.
So when Klaus was due to meet the MEPs, one of them decided this was a moment to display the Euro-elite's hostility to him. Daniel Cohn-Bendit, who is German born but lives in France, first came to prominence in Paris in 1968 as a student agitator. He is now leader of the Green MEPs. Talking loudly in the plane to Prague, he made no secret of his intentions, and brief French journalists on how to get maximum publicity for his planned insults.
I happen to know the splendid room in which the meeting took place, because I sat there myself with President Klaus in 2005, when he had arranged for a history of the EU I had co-authored to be published in Czech. As Cohn-Bendit was aware, the only flag that flies over the castle is the presidential standard (though the "ring of stars" is much in evidence elsewhere in Prague, flown outside every government ministry).
As described to me by someone present, President Klaus greeted the MEPs with his usual genial courtesy. Whatever his own views, he assured them, his countrymen would conduct their presidency in fully "communautaire" fashion. Cohn-Bendit then staged his ambush. Brusquely plonking down his EU flag., which he observed sarcastically was so much in evidence around the palace, he warned that the Czechs would be expected to put through the EU's "climate change package" without interference.
"You can believe what you want," he scornfully told the president, "but I don't believe, I know that global warming is a reality."
He added,
"my view is based on scientific views and the majority approval of the EU Parliament".
He then moved on to the Lisbon Treaty.
"I don't care about your opinions on it," he said.
If the Czech Parliament approves the treaty in February, he demanded,
"Will you respect the will of the representatives of the people?"
He then reprimanded the president for his recent meeting in Ireland with Declan Ganley, the millionaire leader of the "No" campaign in the Irish referendum, claiming that it was improper for Klaus to have talked to someone whose "finances come from problematic sources".
Visibly taken aback by this onslaught, Klaus observed:
"I must say that no one has talked to me in such a style and tone in the past six years. You are not on the barricades in Paris here. I thought that such manners ended for us 19 years ago" (ie when Communism fell).
When Klaus suggested to Hans-Gert Pöttering, the president of the EU Parliament, that perhaps it was time for someone else to take the floor, Pöttering replied that "anyone from the members of the Parliament can ask you what he likes", and invited Cohn-Bendit to continue.
"This is incredible', said Klaus. "I have never experienced anything like this before."
After a further exchange, in which Cohn-Bendit compared Klaus unfavourably with his predecessor, President Havel, he gave way to an Irish MEP, Brian Crowley, who began by saying
"all his life my father fought against the British domination [of Ireland]… That is why I dare to say that the Irish wish for the Lisbon Treaty. It was an insult, Mr President, to me and the Irish people what you said during your state visit to Ireland."
Klaus repeated that he had not experienced anything like this for19 years and that it seemed we were no longer living in a democracy, but that it was "post-democracy which rules the EU".
On the EU constitution, Klaus recalled that three countries had voted against it, and that if Mr Crowley wanted to talk about insults to the Irish people,
"the biggest insult to the Irish people is not to accept the result of the Irish referendum".
This provoked Crowley to retort angrily,
"You will not tell me what the Irish think. As an Irishman, I know it best."
Eventually Pöttering closed the meeting by saying that he wanted to leave the room "in good terms", but it was quite unacceptable to compare himself and his colleagues with the Soviet Union. Klaus replied that he had not mentioned the Soviet Union: "I only said that I had not experienced such an atmosphere, such a style of debate, in the Czech Republic in the last 19 years."
This bizarre confrontation, which has been recounted and discussed with shock across formerly Communist eastern Europe, confirms the inability of the Euro-elite to accept that anyone holds different views from their own, on Lisbon, global warming or anything else.
As we see from the way our own political parties are run, when it comes to "Europe", the system has no place for opposition. Everything must be decided by "consensus", directed from the top. There is only one approved "party line". Apart from a few little powerless dissidents round the edges, the EU is thus in essence a one-party state.
It was a sense of this that powerfully influenced the French, Dutch and Irish people, when they were given the chance, to vote against the constitution which will cement that one-party state into place more firmly than ever. And it explains why, last week, the European Council told the Irish that they must hold their referendum again, on the understanding that this time they will get it right. That is the way one-party states behave - as President Klaus, who lived under one for the first 50 years of his life, knows only too well.