Paris, le 3 mai 2009.




I. Les comptes publics.

Selon les dernières données publiées par Eurostat (22 avril 2009), sept États de l'Union européenne (UE) - sur vingt sept - ont enregistré en 2008 un excédent des comptes publics. 
Ce sont (en % du PIB) :

1. Finlande           +4,2% (membre de la "zone euro" de
                                           même PIB que l'Irlande :
                                           186 milliards d'euros),
2. Danemark         +3,6%,
3. Luxembourg    +2,6% (membre de l'euro),
4. Suède                +2,5%,
5. Bulgarie           +1,5%,

6. Pays-Bas          +1,0% (membre de l'euro),
7. Chypre              +0,9% (membre de l'euro).

carte europe 27
Les vingt autres États de l'Union ont donc connu, chacun, un déficit.

Les dix déficits publics les plus élevés (en % du PIB) ont été observés en :

  1. Irlande                 -7,1% (membre de la "zone euro" de
                                               même PIB que la Finlande :
                                               186 milliards d'euros),
  2. Royaume-Uni     -5,5%,
  3. Roumanie           -5,4%,
  4. Grèce                   -5,0% (membre de l'euro),  
  5. Malte                   -4,7% (membre de l'euro),  

  6. Lettonie              -4,0%,
  7. Pologne              -3,9%,
  8. Espagne              -3,8% (membre de l'euro),
  9. France                -3,4% (membre de l'euro),
10. Hongrie              -3,4%.


Agrégés, ces résultats publics nationaux font que l'UE a eu, en 2008, globalement, un déficit public de :

                                -2,3% du PIB global

(lequel est évalué à 12 507 milliards d'euros).


Ils font aussi que la "zone euro" - aujourd'hui à seize pays - a eu globalement un déficit de 

                               -1,9% de son PIB global

(lequel est évalué à 9 275 milliards d'euros).


Pour sa part, le déficit public français s'est élevé à :

                           66 milliards d'euros,

soit 3,4% du PIB, lequel est évalué à 1 951 milliards d'euros (deuxième PIB de la "zone euro" derrière celui de l'Allemagne, 2 492 milliards d'euros ; le seizième étant celui de Malte, 5,7 milliards d'euros).

Soit dit en passant, le déficit public français pour 2009 est programmé pour être supérieur à :

                       100 milliards d'euros.



II. Les endettements publics.

Les déficits des comptes publics nationaux en 2008 ont fait que les endettements publics nationaux ont augmenté.

Dans le cas de la France, l'endettement public a atteint, chiffre officiel :

                      1 327 milliards d'euros,

soit 68 % du PIB.

Officieusement, ce chiffre sous estime la réalité pour différentes raisons, en particulier celle-ci ou celle-là.


Agrégés, tous les endettements publics nationaux font que l'UE présentait fin 2008 – officiellement – un endettement public global de 

                           61,5 % du PIB global de l'UE,

soit 6,5% de moins que la France.


Ils font aussi que la "zone euro" présentait un endettement public de 

                          69,3% du PIB global de la zone euro,

soit 1,3% de plus que la France.

A la lumière de ce qui précède - et de ce qui suit... -, ce dernier résultat de comparaison est pour le moins surprenant : comment en effet la France peut-elle avoir un taux d'endettement public inférieur à celui de la zone euro ?

S'il en était besoin, il renforce l'idée de bon sens que le chiffre officiel de l'endettement public de la France sous estime largement la réalité.


 
III. Attention aux confusions.

Ce chiffre de l'endettement public (en % du PIB) n'est pas à confondre avec celui de l'importance des dépenses publiques qui est, en France, de :

                          52,7% du PIB.

Cela alors que les dépenses publiques ont représenté respectivement 

                         46,6% du PIB global de la zone euro et 

                         46,8% de celui de l'UE.

Le taux de dépenses publiques français est donc supérieur de 6,1% à celui de la "zone euro"  et de 5,9% à celui de l'UE  !

Ce sont des différences considérables d'autant que les chiffres de la France tendent à élever les chiffres globaux… et que les chiffres globaux ne sont pas faibles.


Le chiffre de l'endettement public (en % du PIB) n'est pas non plus à confondre avec celui de l'importance des recettes publiques – en gros, le taux des "prélèvements obligatoires" -, qui est de :

                           49,3% du PIB

alors que les recettes publiques ont représenté respectivement 

                           44,7% du PIB global de la zone euro et 

                           44,5% de celui de l'UE.

Le taux de "prélèvement obligatoire" français est donc supérieur, de 4,6% à celui des pays de la zone euro et de 4,8% à celui des pays de l'UE27!

Différences encore remarquables.



IV. Variation 2005-2008.

L'endettement public de la France a augmenté, entre 2005 et 2008, de :

                     182 milliards d'euros

tandis que le PIB - aux prix du marché -augmentait de :

                     225 milliards d'euros… 

Antérieurement, cf. ce texte ou celui-ci...

Dans la même période, l'endettement public a augmenté dans l'UE de :

                    763 milliards d'euros

tandis que le PIB aux prix du marché augmentait de :

                 1 444 milliards d'euros.

Par comparaison, l'augmentation de l'endettement de l'Etat de la France a contribué à près de 25% à l'augmentation de l'endettement public de l'UE tandis que l'augmentation du PIB de la France a contribué à moins de 15% à l'augmentation du PIB de l'UE.

Entre 2005 et 2008, l'endettement public a augmenté dans la seule zone euro de :

                   724 milliards d'euros

tandis que le PIB aux prix du marché augmentait de :

                 1 126 milliards d'euros.

Par comparaison, l'augmentation de l'endettement de l'Etat de la France a contribué à 25% à l'augmentation de l'endettement public de la zone euro tandis que l'augmentation du PIB de la France a contribué à plus de 15% à l'augmentation du PIB de la zone euro.



V. La France est un pays socialiste.

Certains propos voudraient faire croire aujourd'hui que la France est un pays libéral où l'Etat a perdu une grande partie de la place qu'il occupait antérieurement sous l'effet d'idées libérales venues d'Angleterre ou des Etats-Unis dans la décennie 1970 et entrées dans les moeurs depuis lors.

Il n'en est rien.  La France est toujours aux ordres d'un cadavre.

Jamais le domaine de prédation de l'Etat n'a été aussi grand.

Les chiffres des recettes publiques ou des dépenses publiques (en % du PIB) donnent – s'il en est encore besoin - une indication chiffrée du degré de socialisme auquel fonctionne la France : 

                                   plus de 50%.

Ce n'est donc pas "37°2 le matin", c'est, "en permanence, plus de 1 euro sur 2", produits et échangés, "prélevé" par les hommes de l'Etat.

Certes, ces derniers avanceront faire de l'euro - qu'ils volent légalement - un usage meilleur que celui qu'en feraient ceux qui l'ont acquis honnêtement en "se donnant du mal", en produisant et échangeant.

Mais ce propos est nul et non avenu, ne serait-ce qu'en raison de son immoralité et de son injustice à quoi, malheureusement, les Français semblent s'habituer en majorité.



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