L'Etat de la France à la lumière de l'Union européenne ou de la "zone euro".
Par Georges Lane le samedi 1 avril 2006, 12:29 - 4. Finances publiques - Lien permanent
Paris, le 3 mai 2009.
I. Les comptes publics.
Selon les dernières données publiées par
Eurostat (22 avril 2009), sept États de l'Union
européenne (UE) - sur vingt sept - ont enregistré en 2008 un excédent des
comptes publics.
Ce sont (en % du PIB) :
1.
Finlande +4,2%
(membre de la "zone euro" de
même PIB que l'Irlande :
186 milliards d'euros),
2. Danemark +3,6%,
3. Luxembourg +2,6% (membre de l'euro),
4.
Suède
+2,5%,
5. Bulgarie
+1,5%,
6. Pays-Bas +1,0% (membre
de l'euro),
7.
Chypre
+0,9% (membre de l'euro).

Les vingt autres États de l'Union ont donc connu, chacun, un déficit.
Les dix déficits publics les plus élevés (en % du PIB) ont été observés en
:
1.
Irlande
-7,1% (membre de la "zone euro" de
même PIB que la Finlande :
186 milliards d'euros),
2. Royaume-Uni -5,5%,
3. Roumanie
-5,4%,
4.
Grèce
-5,0% (membre de l'euro),
5.
Malte
-4,7% (membre de l'euro),
6.
Lettonie
-4,0%,
7.
Pologne
-3,9%,
8.
Espagne
-3,8% (membre de l'euro),
9. France
-3,4% (membre de l'euro),
10. Hongrie
-3,4%.
Agrégés, ces résultats publics nationaux font que l'UE a eu, en 2008,
globalement, un déficit public de :
-2,3%
du PIB global
(lequel est évalué à 12 507 milliards d'euros).
Ils
font aussi que la "zone euro"
- aujourd'hui à seize pays - a eu globalement un déficit de
-1,9%
de son PIB global
(lequel est évalué à 9 275 milliards d'euros).
Pour sa part, le déficit public français s'est élevé à :
66 milliards d'euros,
soit 3,4% du PIB, lequel est évalué à 1 951 milliards d'euros (deuxième PIB de
la "zone euro" derrière celui de l'Allemagne, 2 492 milliards d'euros ; le
seizième étant celui de Malte, 5,7 milliards d'euros).
Soit dit en passant, le déficit public français pour 2009 est programmé pour
être supérieur à :
100
milliards d'euros.
II. Les endettements publics.
Les déficits des comptes publics nationaux en 2008 ont fait que les
endettements publics nationaux ont augmenté.
Dans le cas de la France, l'endettement public a atteint, chiffre officiel
:
1 327 milliards d'euros,
soit 68 % du PIB.
Officieusement, ce chiffre sous estime la réalité pour
différentes raisons, en particulier
celle-ci ou
celle-là.
Agrégés, tous les endettements publics nationaux font que l'UE présentait fin
2008 – officiellement – un endettement public global de
61,5 % du PIB global de l'UE,
soit 6,5% de moins que la France.
Ils font aussi que la "zone euro" présentait un endettement public
de
69,3% du PIB global de la zone euro,
soit 1,3% de plus que la France.
A la lumière de ce qui précède - et de ce qui suit... -, ce dernier
résultat de comparaison est pour le moins surprenant : comment en effet la
France peut-elle avoir un taux d'endettement public inférieur à celui de la
zone euro ?
S'il en était besoin, il renforce l'idée de bon sens que le chiffre officiel de
l'endettement public de la France sous estime largement la réalité.
III. Attention aux confusions.
Ce chiffre de l'endettement public (en % du PIB) n'est pas à confondre avec
celui de l'importance des dépenses publiques qui est, en France, de :
52,7% du PIB.
Cela alors que les dépenses publiques ont représenté respectivement
46,6% du PIB global de la zone euro et
46,8% de celui de l'UE.
Le taux de dépenses publiques français est donc supérieur de 6,1% à celui de la
"zone euro" et de 5,9% à celui de l'UE !
Ce sont des différences considérables d'autant que les chiffres de la France
tendent à élever les chiffres globaux… et que les chiffres globaux ne sont pas
faibles.
Le chiffre de l'endettement public (en % du PIB) n'est pas non plus à confondre
avec celui de l'importance des recettes publiques – en gros, le taux des
"prélèvements obligatoires" -, qui est de :
49,3%
du PIB
alors que les recettes publiques ont représenté respectivement
44,7% du PIB global de la zone euro et
44,5% de celui de l'UE.
Le taux de "prélèvement obligatoire" français est donc supérieur, de 4,6% à
celui des pays de la zone euro et de 4,8% à celui des pays de l'UE27!
Différences encore remarquables.
IV. Variation 2005-2008.
L'endettement public de la France a augmenté, entre 2005 et 2008, de :
182 milliards d'euros
tandis que le PIB - aux prix du marché -augmentait de :
225 milliards d'euros…
Antérieurement, cf. ce texte ou
celui-ci...
Dans la même période, l'endettement public a augmenté dans l'UE de :
763
milliards d'euros
tandis que le PIB aux prix du marché augmentait de :
1 444 milliards d'euros.
Par comparaison, l'augmentation de l'endettement de l'Etat de la France a
contribué à près de 25% à l'augmentation de l'endettement public de l'UE tandis
que l'augmentation du PIB de la France a contribué à moins de 15% à
l'augmentation du PIB de l'UE.
Entre 2005 et 2008, l'endettement public a augmenté dans la seule zone euro de
:
724 milliards d'euros
tandis que le PIB aux prix du marché augmentait de :
1
126 milliards d'euros.
Par comparaison, l'augmentation de l'endettement de l'Etat de la France a
contribué à 25% à l'augmentation de l'endettement public de la zone euro tandis
que l'augmentation du PIB de la France a contribué à plus de 15% à
l'augmentation du PIB de la zone euro.
V. La France est un pays
socialiste.
Certains propos voudraient faire croire aujourd'hui que la France est un
pays libéral où l'Etat a perdu une grande partie de la place qu'il occupait
antérieurement sous l'effet d'idées
libérales venues
d'Angleterre ou des Etats-Unis
dans la décennie 1970 et entrées dans les moeurs depuis lors.
Il n'en est rien. La
France est toujours aux ordres d'un cadavre.
Jamais le domaine de prédation de l'Etat n'a été aussi grand.
Les chiffres des recettes publiques ou des dépenses publiques (en % du PIB)
donnent – s'il en est encore besoin - une indication chiffrée du degré de
socialisme auquel fonctionne la France :
plus de 50%.
Ce n'est donc pas "37°2 le
matin", c'est, "en permanence, plus de 1 euro sur 2", produits et échangés,
"prélevé" par les hommes de l'Etat.
Certes, ces derniers avanceront faire de l'euro - qu'ils volent
légalement - un usage meilleur que celui qu'en feraient ceux qui l'ont
acquis honnêtement en "se donnant du mal", en produisant et
échangeant.
Mais ce propos est nul et non avenu, ne serait-ce qu'en raison de son immoralité et
de son injustice à quoi, malheureusement, les Français semblent s'habituer
en majorité.
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publiques.
Commentaires
Ou sont passés l'Italie et l'allemagne dans votre étude ?
D'autre part vos constatations post mortem ne tiennent pas compte des différents "plans" de relance ou plutôt de sauvetage qui vont affecter les futurs cadavres de l'Europe et non pas des moindres .
Quant à la plus grande planche à billets du monde vous n'en parlez pas .
Q1. Ou sont passées l'Italie et l'allemagne dans votre étude ?
Elles ne sont pas dans les extrêmes... Je les laisse de côté.
Q.2. D'autre part vos constatations post mortem ne tiennent pas compte des différents "plans" de relance ou plutôt de sauvetage qui vont affecter les futurs cadavres de l'Europe et non pas des moindres.
Je me limite aux chiffres officiels.
Mais j'ai déjà fait un point : cf. par exemple http://blog.georgeslane.fr/post/200...
Q.3. Quant à la plus grande planche à billets du monde vous n'en parlez pas .
J'en ai parlé en particulier dans http://blog.georgeslane.fr/post/200...
Cordialement