Paris, le 10 août 2015.




Les hommes de l'état veulent le bonheur du peuple, des gens, au besoin malgré ces derniers.

Pour y parvenir, selon ce qu'ils savent et qui n'est en rien la connaissance de la réalité, ils multiplient les réglementations, et les sanctions qui y affèrent, synonyme de violence, et non pas les lois du droit, synonyme de liberté (cf. Friedrich von Hayek, Droit, législation et liberté).

Exemplaire a été la conférence de Christian Noyer, actuellement gouverneur de la Banque de France, le 31 janvier 2014, sur « Pourquoi l’Union économique et monétaire a besoin d’une union bancaire » (cf. ce texte de juillet 2013).
Il y a expliqué qu'une petite oligarchie d'hommes de l'état, ceux de la Banque centrale européenne, était convenue de la réglementation d'une telle union, suite, entre autres, aux ennuis de l'Irlande et de l'Italie.  La Grèce n'était même pas mentionnée.

Remarquons que nos hommes ne tombent pas du ciel, même si certains d'entre eux l'imaginent ou font comme si...
Ils se cooptent au fil du temps, c'est-à-dire de leurs besoins ou désirs, sous couvert de suffrage universel, dans le moins mauvais des cas.
Parfois, ils ont même créé une école spéciale pour accélérer le temps du fil (cf. ce texte de mai 2012)...


1. L'organisation de la sécurité sociale.

Nous vivons une époque où, en France, il est interdit, ou presque, de tenir des propos opposés à l'organisation de la sécurité sociale.

Cette organisation est un ensemble de réglementations qui ont été progressivement mises en place par les hommes de l'état depuis les années 1936-1946, malgré la déroute prévisible qu'elle a connue depuis lors (cf. ce texte de décembre 2007).


2. L'organisation monétaire.

A notre époque, il semble encore possible de tenir des propos opposés à l'organisation monétaire actuelle, même si son principe est voisin du principe précédent.

Cette organisation est, elle aussi, un ensemble de réglementations.
Elles sont plus anciennes, beaucoup plus anciennes que l'autre, ont vu le jour progressivement et ont été mises en place surtout depuis la décennie 1930 par les mêmes, mais à l'échelle mondiale, et dont Jacques Rueff avait fait un état dans son ouvrage intitulé Le péché monétaire de l'Occident en 1971 et Friedrich von Hayek un état voisin en 1978 dans son ouvrage intitulé Denationalisation of Money: The Argument Refined.

2.a. Ce qu'on dénomme "monnaie".

Point de départ de l'organisation monétaire, "ce qu'on dénomme 'monnaie'" (sigle C.Q.D.M.), une réalité sans relation à l'origine avec les hommes de l'état (cf. ce texte de Mises, 1916-17).

C.Q.D.M. a été longtemps une marchandise intermédiaire de l'échange indirect et, par la suite, elle a été réglementée progressivement par les hommes de l'état.

2.b. L'échange indirect.

Par échange indirect, il faut entendre que les hommes ont cherché un autre type d'échange que l'échange direct qui s'offrait à eux et ont inventé l'échange en question par l'intermédiaire de C.Q.D.M.

Au départ de l'échange indirect, il y a le besoin/désir de l'homme d'offrir des choses dans le but de demander d'autres choses qu'il préfère.
L'offre et la demande sont disjointes, la demande succédant à l'offre.

Mais les gens qui détiennent ce qu'il préfère ne sont pas intéressés par ce qu'il offre.
Quant aux gens qui sont intéressés par ce qu'il offre, ils se moquent de ce qu'il désire.

C.Q.D.M. a été au départ la marchandise intermédiaire de l'échange indirect qu'il va obtenir en quantité contre son offre de choses et qu'il va employer en tout ou partie pour satisfaire sa demande de choses.

En d'autres termes, l'échange direct est coûteux, l'échange indirect est moins coûteux et rendu possible par le recours à C.Q.D.M.

En d'autres termes encore, C.Q.D.M. amoindrit le coût de l'échange, vérification si nécessaire de la loi de l'économie.

2.c. Les pièces de monnaie.

Et l'homme en est arrivé à inventer les "pièces de monnaie" qu'on connaît encore aujourd'hui...

Mais, comme si la réglementation de C.Q.D.M. n'altérait pas l'échange indirect de choses entre les gens de différentes façons, ce qui était une erreur, les hommes de l'état n'ont pas hésité à réglementer les pièces de monnaie dès qu'ils l'ont pu, au prétexte de protéger la monnaie des gens contre la contrefaçon privée ou pour d'autres raisons.

Ils se sont donnés le privilège de monopole de la production de pièces de monnaie et ont obligés les gens à accepter ce qui leur était proposé pour les prix en monnaie dont ils étaient convenus.

2.d. Les substituts de monnaie bancaires.

Par la suite, les banquiers privés ont innové en émettant des substituts de monnaie (billets, dépôts de diverse nature).

Et les hommes de l'état ont inventé dans la foulée une banque centrale chargée de veiller au bon déroulement de cette émission.
Rapidement, ils ont donné le privilège de l'émission de billets à la banque centrale et assujetti les opérations des autres banques à la tutelle de la banque centrale.

Telle a été l'organisation monétaire jusqu'au début du XXème siècle.

2.e. L'organisation monétaire depuis le XXème siècle.

Depuis la décennie 1930, mais surtout depuis le début de la décennie 1970, les hommes de l'état ont tout chamboulé (cf. ce texte d'août 2013) .

C.Q.D.M. est devenu une réalité incomprise.

Et la création de ce qu'on dénomme "€uro" depuis 1999 est le summum de l'incompréhension comme en témoigne ce qui a pu être dit à propos de la Grèce, pays de la "zone €uro", ces derniers temps (cf. ce texte de juillet 2015).


3. Une illustration.

La situation est illustrée encore par ce qu'a pu dire Jean-Claude Trichet, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne, au journal Ouest-France dans cet article du 8 août 2015.

J'en ai extrait ces quelques phrases:

"Les Européens eux ont conscience de bâtir quelque chose de profond qui correspond à une nécessité historique.
La preuve en est administrée avec la résilience de la monnaie euro.

Vu de l’extérieur, beaucoup d’observateurs pensaient, au plus fort de la crise, que l’euro, en tant que monnaie, n’allait pas résister.

Or, non seulement la monnaie unique n’a pas disparu mais la principale critique qu’on a formulée contre l’euro, c’était qu’il était trop fort.
Ce qui est paradoxal pour une monnaie censée être précaire.
La confiance mondiale dans l’euro est demeurée très importante."

Tout cela ne veut rien dire à l'image de l'anglicisme "résilience" ...
Et le reste de l'article est du même acabit.

. L'ignorance de C.Q.D.M.

Tous ces gens, hommes de l'état ou autres, qui croient parler de C.Q.D.M. laissent de côté ce que je viens de rappeler rapidement et qui concerne l'échange indirect de choses entre les gens.

Sans échange, je le répète, C.Q.D.M. n'aurait jamais vu le jour.

Il faut être prétendu économiste, au XXIème siècle, pour parler de C.Q.D.M. sans faire intervenir les échanges indirects de choses par les offreurs ou vendeurs, d'une part, et les demandeurs ou acheteurs, d'autre part.

Il faudrait savoir qu'aux besoins/désirs d'échanges des gens, répondent soit un accord entre deux personnes (échange synallagmatique comprenant prix en monnaie et quantités de marchandises et de C.Q.D.M.), soit des accords entre plus de deux personnes (échange catallactique ayant la compréhension précédente) et non pas quelques sébiles versées par les hommes de l'état.

En tout état de causes, l'échange en question cache un échange indirect que chaque personne a mené ou visé.

L'"emploi" et la "croissance" à quoi fait allusion Trichet dans le texte sont des concepts sans intérêt économique (cf. ce texte du 10 août 2015) sauf pour les marxistes du temps jadis, pour les statisticiens incultes ou pour les hommes de l'état qui pensent en tirer les ficelles !

Ils n'expliquent rien.

Folles thèses, foutaises.





Retour au sommaire.