Paris, le 8 mars 2018.   

  

Quel avenir pour le Bitcoin[1] .

   

I. Un fait.

 

A une époque où le Bitcoi connaît une évolution qui semble retenir l’attention de l’opinion publique, on peut se demander ce qui va lui advenir.

En effet, à l'origine observée du prix du Bitcoin en dollar des U.S.A. fin 2010-11, celui-ci (cf. graphique 1) était inférieur à $1.

 

Graphique 1
Prix du « Bitcoin »
en dollar des Etats-Unis d’Amérique

fin 2010-11




Source : https://medium.com/@mcasey0827/speculative-bitcoin-adoption-price-theory-2eed48ecf7da

 

puis en 2010-16, il a évolué jusqu’à $1000 (cf. graphique 2):

 

Graphique 2
Prix du « Bitcoin » en dollar

fin 2010-2016



Source : ibid.

 

et en 2017, il est passé de $1 000 à plus de $10 000 (cf. graphique 3),

 

 

Graphique 3
Prix du « Bitcoin » en dollar

2017

 


Source : https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-11-29/what-bitcoin-watchers-are-saying-after-the-surge-past-10-000

 

les prix du Bitcoin en dollar allant de pair avec des quantités d’échanges de marchandises, elles aussi en forte augmentation (cf. graphique 4) :

 

Graphique 4

Quantité de « Bitcoin » échangée

2017.


Source: Blockchain.info

 https://www.bloomberg.com/gadfly/articles/2017-12-01/bitcoin-is-hot-until-you-actually-try-to-spend-some



Peut-on expliquer cette évolution extraordinaire du Bitcoin, inventé en 2008, qui a fait que son prix est passé de beaucoup moins d’1 $ en 2010 à beaucoup plus que 15 000 $ en 2017 et a permis autant d’échanges de quantités de marchandises ? (cf. graphique 5 sur la fin de la période, à savoir
novembre 2017- février 2018) :

 

Graphique 5

Prix du « Bitcoin » en dollar

novembre 2017- février 2018.


 Source : https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-02-19/bitcoin-closes-in-on-11-000-threshold-in-fourth-day-of-gains

 


A cette question de l'évolution, ma réponse est : « oui ».

L’évolution observée du prix du Bitcoin en dollar est un phénomène explicable par les économistes dits « autrichiens » [2]


Pour la comprendre, il faut mettre en relation le « coût de la situation » de chaque être humain,  le « coût des actes d’échange » qu’il choisit de mener et l’amoindrissement de ce coût qu’il vise, trois notions théoriques à préciser.

 

Dans une première section, le présent texte se propose de schématiser ces coûts en harmonie avec la « loi de l’économie », le « principe de la moindre action », point de départ oublié de l’économie politique.

Il fait valoir que l’être humain cherche à amoindrir en permanence le coût de sa situation par l’acte d’échange qu’il choisit de mener, à savoir le « coût de l’échange ».
Et il montre qu’y contribuent

- tant l’intermédiaire des échanges qu’est l’invention qu’on a dénommée « monnaie » dans le passé

- que le coût d’existence de celle-ci et tout ce qui s’y rattache [3] et que supporte l’être humain, bref un « coût résiduel » incluant le « coût de la monnaie ».

Dans une seconde, il schématise l’explication de la cybermonnaie Bitcoin qu’on a pu observer ces dernières années à partir de ces notions.

 

 

II. Coûts, coûts…

 

1. Le concept de « coût de la situation ».

 

De tout temps, l’être humain a cherché à satisfaire en permanence sa situation économique et à amoindrir en conséquence le coût qu’il donnait à la situation qui ne le satisfaisait pas, à savoir le « coût de la situation ».  Insatisfait de sa situation économique, il y voit en effet un coût étant entendu que:

 

"Le coût ne peut pas être mesuré par quelqu'un d'autre que le décideur car il n'y a aucun moyen que l'expérience subjective puisse être directement observée" [4] (Buchanan, 1969, p.42) [5].

 

Et il y est parvenu en partie [6] . 

 

 

2. Le concept de « coût de l'échange ».

 

De tout temps, l’être humain a aussi cherché en permanence à changer sa situation insatisfaisante et le coût qu’il lui donnait, par le seul moyen à sa disposition, à savoir les actions économiques à quoi il donnait également des valeurs

 

« L'homme en action est désireux de substituer un état de choses plus satisfaisant à un moins satisfaisant» (Mises, 1949/1966, I.2)

 

L’action économique de l’être humain est l’axiome de la théorie de l’« économie politique autrichienne »:

 

« L'action est une tentative de substituer un état de choses plus satisfaisant à un autre état de choses» (ibid. IV.4)

« L'action est toujours essentiellement l'échange d'un état de choses contre un autre état de choses » (ibid. X.1)

 

On ne peut que déplorer qu’elle soit dénaturée par les économistes du « mainstream » quand elle n’est pas purement et simplement ignorée par leurs théories. 

Au nombre des valeurs données aux actions, il y a l’action d’échange et son coût [7] .

 

L’être humain ne peut échanger que des marchandises étant entendu que, comme l’a souligné Boulding :

 

“Une […] difficulté est que seules les choses qui sont clairement susceptibles d'être appropriées, sont sujettes à pouvoir être échangées et si une chose ne peut pas être une propriété, elle ne peut évidemment pas être une marchandise" [8] (Boulding, 1966, p.23)

 

Que « la marchandise soit une propriété » est en général oublié ou méconnu par une majorité d’économistes « non autrichiens », du « mainstream »…

 

L'action d'échange de propriétés, de choses en propriété, a un coût qui n'est rien d'autre que la valeur que lui donne l’être humain, à savoir le revenu d'un autre acte qu’il abandonne et qu’il aurait pu mener à la place de l'acte d'échange en question, avec les mêmes ressources [9].

 

Le coût de l'action d’échange, dénommé ci-dessous  « coût de l'échange »pour simplifier l’expression [10] est une notion qui a intéressé des économistes « non autrichiens », fin 1960-début 1970 (Miller 1965, Brunner et Meltzer 1971, Perlman 1971, Ulph et Ulph 1975), mais ils sont restés coincés dans leurs travaux par la préférence qu’ils donnaient implicitement

- au résultat de l’action d’échange sur l’action elle-même,

- à l’équilibre économique qui en résultait sur les situations économiques changeantes [11].

 

3. Amoindrissement du coût de l’échange.

 

Malgré ce qui est cru, importent rétrospectivement aux économistes « autrichiens » les valeurs que sont les coûts et les profits des actes que l’être humain a choisi de mener et, en définitive, comment la « loi de l'économie » ou le « principe de moindre action » se réalise [12].

 

Le coût de l'échangeest ainsi évoqué par Mises dans L’action humaine (1949/1966) en ces termes :

 

“Ce qui est abandonné est dénommé prix payé […]

la valeur du prix payé est dénommé coûts […]

les coûts sont égaux à la valeur attaché à la satisfaction”

 

Pour sa part, Hayek (1939) considérait que :

 

« Le prix de revient, ici comme partout ailleurs, ne signifie rien d’autre que les profits qui pourraient être tirés des ressources données si on employait celles-ci ailleurs » (Hayek, 1939, p.16).

 

Du concept de « coût de l’échange » de vous et moi, se déduit en effet « naturellement »
- celui d’amoindrissement du  coût et
- celui de coût « résiduel ».

Ils se déduisent logiquement au terme de la « loi de l’économie » ou du « principe de moindre action » et surtout de leur point de départ, à savoir les règles de droit naturel et l'acte d’échange des gens qui en résulte.

 

a. Loi de l’économie ou principe de moindre action.

De tout temps, l’être humain a cherché à amoindrir le « coût de l’échange » qu’il menait et y est parvenu en partie.

La « loi de l'économie » ou, autrement dit, le « principe de moindre action », c'est

- « faire autant avec toujours moins » [13] ,

- « des dépenses en moins pour un même revenu attendu » ou

- « pas trop de dépenses ».... [14] (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/Ignorance-action-humaine-et-duree/page/82).

 

Et, en économie politique, cette loi de l'économie, ce principe de moindre action sont totalement ignorés, au moins aujourd'hui, par un grand nombre de gens, à commencer par les économistes qui semblent se réfugier derrière des théorèmes mathématiques ou le scientisme comme si ceux-ci n’en étaient pas des résultats [15].

 

Il faut le regretter car l’un ou l’autre a été d'abord un principe philosophique et non pas une considération de physicien ou de mathématicien


On sait les succès qu'ont obtenus, en particulier, les physiciens en les appliquant à "la Nature" et leur échec ... à tenter de l'expliquer.

 

En effet, son application  a permis aux physiciens du XVIIIème siècle de découvrir ce qui allait devenir la "mécanique classique".
Ils partaient du principe que "la Nature" menait toutes ses actions au moindre temps, au moindre effort ou à la moindre action.
Et il faut s’interroger, aujourd’hui, sur les propos un peu rapides de certains, économistes ou non,qui ne parlent plus d’"économie", mais de "mécanique" et d'"équilibre" ou de l’« état » !

Quant aux physiciens de la "mécanique quantique" du XXème siècle, ils sont intrigués par le fait qu’ils y redécouvre son existence ces dernières décennies
(cf. Omnès, 1994).

 

b. Remarque : un peu d’histoire.

La notion d’amoindrissement du coût a été discernée tacitement par Frédéric Bastiat en 1850, dans son ouvrage intitulé Les harmonies économiques quand il affirmait que :

 

"... c'est dans l'amoindrissement successif de la valeur que le progrès de l'humanité consiste." (Bastiat, 1850 ; cf. http://blog.georgeslane.fr/category/Ignorance-action-humaine-et-duree/page/78 )

 

Mais il ne s’y est pas appesanti.
La valeur à quoi Bastiat faisait allusion recouvrait autant le coût que l’être humain donnait à sa situation que celui qu’il donnait à l’échange.

 

c. L’intermédiaire des échanges.

Les économistes autrichiens ont montré et insisté sur le fait que, dans le passé, les gens ont inventé progressivement l'intermédiaire des échanges par excellence qui a été dénommé « monnaie » (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/13-Monnaie/page/82 ).

 

Mais J.B. Say avait déjà bien vu, antérieurement, entre autres dans le livre intitulé Catéchisme de l'économie politique (1815), que:

 

"[...]  La monnaie n’est pas le but, mais seulement l’intermédiaire des échanges."(Say, 1815, p.49)


étant entendu que :

"[...] les ventes et les achats ne sont, dans la réalité, que des échanges de produits.
On échange le produit que l’on vend et dont on n’a pas besoin, contre le produit qu’on achète et dont on veut faire usage.[...] » (ibid.) [16]

 

Bref, intermédiaire des échanges ou monnaie était le résultat d’un amoindrissement de l’échange.

 

d. La notion de « coût résiduel ».
On y verra le « coût résiduel » à quoi a conduit l’amoindrissement du coût de l’échange entre les gens.

Les concepts de « coût de la situation », de « coût de l'échange » et d’« amoindrissement du coût de l'échange » permettent  de définir sans équivoque « ce qu’on dénomme abusivement monnaie aujourd’hui «  (sigle C.Q.D.A.M.A.) ou, si on préfère, le « coût de la monnaie analogique réglementée » [17].

 

Bien évidemment, et à l’opposé des économistes du « mainstream » pour qui

- soit " C.Q.D.A.M.A. n’existe pas en théorie…,

- soit il a un coût nul (les monétaristes par exemple),

les économistes autrichiens ont conscience que C.Q.D.A.M.A. a un coût positif et inférieur au coût de l’échange [18] et qu’il est un élément du coût résiduel.

 

 

III. L'invention en cours.

 

1. "Cybermonnaie" ou "crypto monnaie".

 

Comme l'indiquent les mots nouveaux « cybermonnaie » et " crypto monnaie », l’économie politique a changé tacitement d'ère monétaire, en commençant à abandonner l'"ère analogique" pour s’embarquer dans l'"ère numérique".

A ce titre, il y a une invention en cours qui n’est que le dernier stade du processus d’amoindrissement du coût de l’échange entre les gens.

 

Après l’intermédiaire « analogique » des échanges inventé dans le passé et l’amoindrissement du coût de ceux-ci, l’être humain a fait émerger à la fois

- un type d’intermédiaire « numérique » des échanges, dénommé « bitcoin »,

- ses éléments associés dénommés « blockchain » et

- les coûts que leur ont donnés les gens.

 

 

2. « Bitcoin » et « blockchain ».

Le mot "crypto monnaie" semble être apparu pour caractériser la technique de la "blockchain" alors que la cybermonnaie Bitcoin rassemble la "blockchain" et le "bitcoin", son unité numérique.

 

Autant "bit" est le mot d'une notion première de la théorie de l'information qui a vu le jour au XXème siècle (cf. Lamberton, 1971) – à savoir l’unité d’information, unité numérique  -, autant "bitcoin" et "blockchain" sont récents et certains savants ou commentateurs les font émerger en 2009 avec la cybermonnaie Bitcoin.

Depuis cette date, "bitcoin" et "blockchain" ont permis d'approfondir ce qu'on dénommait auparavant la "monnaie électronique" [19] (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/13-Monnaie/page/88 ).

 

a. Bitcoin et Bitcoin.

Le "bitcoin" est un mot anglais qu’on peut traduire en français, "pièce numérique", sous-entendu d’une cybermonnaie ou d’une crypto monnaie.

Il est une pièce de cybermonnaie d'une unité comparable à une pièce de monnaie analogique d'une unité, fût-elle dénommée argent, or, napoléon, franc, dollar, livre, etc.; euro... voire « valeur intrinsèque »…


Il s'échange sur des « plateformes en ligne » d’ordinateurs, d’être humain à être humain, de « pair à pair », contre des marchandises, voire d'autres «  devises monétaires (euro, dollar, yen...) ».

Il s’échange, en principe, en-dehors des réseaux bancaires traditionnels, et donc de façon totalement « décentralisée ».

A sa façon, son centre est partout et sa circonférence nulle part [20]

 

Le bitcoin est à distinguer du Bitcoin, marque juridique de l’unité de la première cybermonnaie qui a vu le jour.

A la différence du Bitcoin, le bitcoin est totalement dépourvu de cadre juridique, il n'a pas en particulier de « cours légal », sa « valeur » n'est régulée par aucune banque centrale.

 

Le Bitcoin  permet de résoudre, en particulier, la question de la contrefaçon de la monnaie contre quoi les hommes de l'état ont toujours prétendu protéger dans le passé par le privilège de monopole de production qu’ils se donnaient.

 

b. "Blockchain"

Comme toute unité de cybermonnaie, le Bitcoin a été créé à partir de la "blockchain".

 

La "blockchain" est un mot anglais qu'on peut traduire en français par "chaîne des marchés conclus passés" (initiales : C.M.C.P.) ou « historique des blocs de données d’échanges » ou encore, tout simplement, « registre » ou « grand livre » complet ou encore … « chaine de valeur »… [21]


Le mot désigne, en fait, une technique de production spécifique des êtres humains qui "enregistre" tous les échanges de marchandises passés et convenus entre les gens en bitcoin, en "pièces numériques"; depuis qu’existe l’unité.

C’est une technique informatique de stockage et de transmission de données ou d'informations sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle.

 

Une autre particularité de la C.M.C.P. est d’être découpée en une suite de « blocs » , où la dernière partie de chacun, le « bloc marginal » (à savoir la signature cryptographique, appelée en anglais « hash ») permet de constituer le bloc suivant, et donc de rendre la C.M.C.P. sécurisée et non-modifiable.

 

 

3. Technique du registre.

La C.M.C.P. est ainsi un registre de marchandises que tout un chacun peut connaître, mais

- qui préserve l’anonymat des opérateurs de bitcoin et

- qui « s'auto-protège » contre les attaques (dont la contrefaçon… d’où qu’elle puisse venir) par des caractéristiques.

Elle s’apparente à un immense registre public et anonyme qui  regroupe tous les échanges convenus effectués par des utilisateurs et qui grandit avec le temps …

 

Sa spécificité est d’être un registre crypté [22]

qui nécessite d’utiliser une certaine quantité de puissance informatique – …d’énergie -  pour permettre aux gens d’y inscrire et de valider les échanges entre opérateurs dans quoi ils sont impliqués (voir ci-après, « minage de Bitcoin »).

 

Il peut sembler étrange qu'un registre qui n’est jamais qu’un document sans relief et pratique, associé à des règles de  la comptabilité générale, soit décrit comme une technique, que dis-je, comme une technologie révolutionnaire.

Un registre se compose simplement de données structurées par des règles.

Chaque fois que nous avons besoin d'un consensus sur des faits ou des phénomènes, nous utilisons un registre…

 

Les registres « enregistrent » les faits qui sous-tendent, par exemple, l'économie moderne.

 

Force est de reconnaître qu’en pratique, les registres sont partout aujourd'hui.

Ils font plus que simplement enregistrer les échanges comptables de marchandises convenues, ils sont des confirmations.

 

a. La confirmation.

En particulier, ils confirment la propriété.

Les registres des titres de propriété indiquent à « qui » appartient « quoi » et si les propriétés sont sujettes à des restrictions ou à des charges.

L'entreprise est un registre en tant que réseau de relations de propriété, d'emploi et de production visant un but.

Un « club » est un registre qui structure "qui" en profite et "qui" n'en profite pas

Les registres confirment l'identité.

Les entreprises ont des identités enregistrées sur des registres du gouvernement pour suivre leur existence et leur statut en vertu des lois fiscales.

Le registre des naissances, des décès et des mariages enregistre l'existence des êtres humains à des moments clés et utilise cette information pour confirmer les identités lorsque les êtres humains interagissent avec le monde, la nature, la réalité ...

 

Les registres confirment le statut.

La citoyenneté est un registre, enregistrant qui a les droits et est soumis à des obligations en raison de l'adhésion nationale.

La liste électorale est un registre, permettant, voire obligeant ceux qui sont sur le registre à voter.
L'emploi n'est jamais qu'un registre donnant à ceux qui sont employés une demande contractuelle de paiement en échange d'un travail.

 

Les registres confirment l'autorité.

Les registres identifient "qui" peut valablement siéger au parlement, "qui" peut accéder à tel compte bancaire, "qui" peut travailler avec les enfants, "qui" peut entrer dans des zones réglementées.

 

À leur niveau le plus fondamental, les registres dressent la carte des relations économiques et sociales, des harmonies économiques…

 

b. Base de données.

L'une des bases fondamentales de l'économie politique actuelle, de l’harmonie économique, est l'accord sur les faits.

 

Quand les faits changent, l’important est

- le consensus sur ce qui est dans le registre, et

- la confiance que le registre est exact.

 

La technique du registre ne doit pas cacher cette base de données qui permet la distribution, le calcul, l’analyse et des suivis plus compliqués.
La base est calculable et consultable par qui le désire.

 

Une base de données repose toujours sur la confiance; un registre numérisé est seulement aussi fiable que l'organisation qui le « fait vivre » (et les individus qu'elle emploie).
C'est ce problème que la C.M.C.P. résout.

 

La C.M.C.P. est un registre qui cache des échanges de marchandises  "pair à pair" qui ne sont pas sans rappeler les échanges de type "synallagmatique" entre gens ...

 

Le registre est distribué sans dépendre d'une "autorité centrale humaine de confiance" pour le maintenir et le valider, peu importent les « commissaires-priseurs » et tout ce qui tourne autour ...

 

c. Remarque : la « monnaie analogique réglementée ».

L’intermédiaire numérique des échanges qu’est toute cybermonnaie a pour principe la C.M.C.P. qui cache un registre, un « grand livre » complet.

 

Cela ne doit pas faire oublier que la « monnaie analogique réglementée » repose aussi sur un registre mais cela est ignoré …

Et sa réglementation par les hommes de l’état a contribué à l’ignorance…

 

Par exemple, hier, au XIXe siècle, la possession d'une coupure de billet de banque, forme de monnaie analogique réglementée, indiquait un droit de  propriété.

Le possesseur - «porteur» - d'un billet de banque avait le droit de tirer sur la banque émettrice la valeur du billet, à savoir de l’or ou de l’argent.
Les coupures de billets étaient des engagements directs de la banque émettrice et enregistrés dans le "grand livre" des banques.

A notre époque des fausses "monnaies fiduciaires", une coupure de billet de cinq euro ne peut pas être retournée à la banque centrale pour de l'or.

Mais la relation d’engagement précédente persiste écornée.

La valeur d'un billet dépend tacitement d'un « consensus social » sur la «  monnaie analogique réglementée » et sur qui l'a émis.

Une coupure de billet n’est qu’une inscription sur une ligne du registre et si cette relation s'effondre, la valeur du billet s'effondre également [23].

 

4. Création ou « minage » des Bitcoin.

 

Les utilisateurs de Bitcoin qui mettent à disposition leur ordinateur pour créer une signature cryptée, infalsifiable, « sécurisée », sur un « bloc d’échanges», bref les « créateurs », sont appelés des « mineurs » de bitcoin.

 

Pour créer ou « miner » des Bitcoin régulièrement, et donc valider les échanges de cyber monnaie Bitcoin convenus entre utilisateurs, il est impératif qu’un grand nombre de mineurs calculent la signature cryptographique de la C.M.C.P. à tout moment.

 

En échange de ce service qu’ils rendent, qui est fondé sur la technique de la C.M.C.P. de la cybermonnaie et qui n’est jamais qu’un service passé à crypter les échanges de marchandises entre des gens, ils reçoivent en récompense un certain nombre ou, si on préfère, une certaine quantité de Bitcoin.

 

 

5. Trois questions à distinguer.

Reste que l'émission ou la création des Bitcoin est issue des
valeurs que les utilisateurs donnent aux échanges qu’ils mènent.  C’est une réponse à une question économique.

 

A la différence de cette réponse, pour valider un échange en Bitcoin  entre utilisateurs et l’inscrire définitivement dans la C.M.C.P., un algorithme cryptographique a été programmé.  Il cache un certain niveau de difficulté et une certaine quantité de puissance informatique – d’énergie -.  C’est une réponse à une question de sciences physiques qui tient dans le « minage » des bitcoin.

 

Le Bitcoin a, pour sa part, une limitation prévue par son algorithme et fixée à un volume maximal de vingt et un millions d’unités.  Il est une réponse à une question mathématique…

 

Les trois questions et leur réponse doivent être distinguées les unes des autres, mais il faut regretter que ce soit rarement le cas et que la question économique soit oubliée au profit des questions physiques et mathématiques.

 

 

6. Le coût de la cybermonnaie Bitcoin.

 

"Cybermonnaies" ou "crypto monnaies" se déduisent, sans détours, de l'amoindrissement effectif des coûts évoqué ci-dessus et réalisé par des gens.

 

Reste que, de par la difficulté croissante de l’algorithme cryptographique de la C.M.C.P.  de la cybermonnaie Bitcoin et de sa taille, les Bitcoin se voient créés à un rythme décroissant…

 

En relation avec cette difficulté, il est à signaler que le Bitcoin a eu un coût de production en forte augmentation de 2016 à 2017 où il est passé, en moyenne, de moins de 20 cents de dollar à plus de 2,60 dollar (cf. Blockchain.info 

https://www.bloomberg.com/gadfly/articles/2017-12-01/bitcoin-is-hot-until-you-actually-try-to-spend-some).

 

Et d’autres cybermonnaies ont été inventées (ethereum, etc. cf. Herlin 2018)

 

 

IV. Quel avenir pour le Bitcoin.

 

Le Bitcoin  a ouvert la voie au passage de l’ère analogique à l’ère numérique en matière d’intermédiaire des échanges.

Les notions de ce qui a été longtemps dénommé « monnaie électronique » et est devenu ce qui est dénommé aujourd’hui « cybermonnaie » qu’il cache, mérite une analyse économique digne de ce nom et non pas de rapiécer ou rafistoler un processus économique dépassé comme c’est le cas le plus souvent [24].

 

L’évolution de la cybermonnaie Bitcoin ou d’autres cybermonnaies, s’explique par les coûts évoqués.
Son économie doit s'articuler sur le coût des situations économiques des gens, le coût de l'échange et l’amoindrissement de ce coût par l’intermédiaire des échanges qui leur sied, cybermonnaie Bitcoin ou autre.

 

La révolution de la cybermonnaie, Bitcoin ou autre, tient, en particulier, dans une économie harmonisée par une plus grande autonomie individuelle et une disparition de son centralisme.

 

Au point où elle se trouve aujourd’hui, la cybermonnaie n'est jamais en définitive que la dernière tentative faite par des gens pour mettre en concurrence 

- les systèmes monétaires centrés  sur la technique analogique, dénommée « monnaie réglementée » (cachant comme formes, chose animée ou inanimée, pièce de métal, coupure de billet et compte bancaire, gérée par les hommes de l'état), par

- des systèmes centrés  une technique nouvelle, numérique, - dénommée « cybermonnaie » (cachant comme formes, "bitcoin" et "blockchain » excluant les hommes de l’état), des formes  a priori plus performantes, plus efficaces ou moins coûteuse (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/13-Monnaie/page/90 ) -.

Jusqu'à présent et depuis longtemps, les hommes de l'état se sont approprié la technique analogique en faisant valoir

- de faux inconvénients de l'intermédiaire des échanges inventé (contrefaçon possible...)

- de faux remèdes (monopole de production ou d’émission donné à un privilégié et interdiction à chacun de ne pas accepter les produits) (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/13-Monnaie/page/83 ) et

- de prétendus avantages de l’augmentation de la quantité de monnaie monopolistique (augmentation de l’activité économique et de l’emploi).

Les inventeurs de la cybermonnaie (dont les concepteurs de la technique numérique) doivent

- admettre ses véritables inconvénients (par exemple, du type « cyberattaque » http://www.bilan.ch/entreprises-plus-de-redaction/comment-se-proteger-contre-cyberattaques-de-type-petya ) et

- faire valoir des remèdes.

 

Ils résoudront seuls l’ignorance ou l'incertitude que la cybermonnaie ne doit pas cacher, et ils le feront, comme toujours, à travers des processus d'essais et d'erreurs.

 

Cela leur permettra de s'opposer ainsi, par avance,

- aux faux inconvénients qui ne manqueront pas de survenir ou que les opposants feront valoir sans raison,
- aux faux remèdes que ne manqueront pas de développer les hommes du monopole de production obligatoire de la « monnaie analogique réglementée » actuelle et

- aux faux avantages que ceux-ci imagineront.

 

 

Références bibliographiques.

 

Bastiat, F. (1850), Harmonies économiques, éditions du Trident 2009, Paris. http://bastiat.org/fr/echange.html

Boulding, K.E. (1966) “The Economics of Knowledge and the Knowledge of Economics”, American Economic Review, 56. 2. Pp.1-13. 
Réédité dans D.M. Lamberton (1971), pp.21-36.

Boutroux, E. (1921), De la contingence des lois de la nature, Paris.

Brunner, et Meltzer, (1971), « The Uses of Money : Money in the Theory of an Exchange Economy », American Economic Review, décembre, pp.784-805.

Buchanan, J. (1969), Cost and Choice: An Inquiry in Economic Theory, Vol. 6 of the Collected Works, http://oll.libertyfund.org/index.php?option=com_staticxt&staticfile=show.php%3Ftitle=1068&Itemid=27

Herlin, P. (2018) J'achète du Bitcoin. Guide pratique pour miser sur les nouveaux placements :Bitcoin, Ethereum, token, ICO , Eyrolles, Paris.

Lamberton D.M. (1971), Economics of Information and Knowledge, Penguin modern economics Readings, Harmondsworth.


Menger, Carl, (1892) « La monnaie, mesure de la valeur » Revue d’économie politique, http://www.institutcoppet.org/2011/06/10/menger-la-monnaie-mesure-de-valeur-1892

Menger, C.  (1892), "On the Origins of Money", Economic Journal, 2, juin, pp.239-255 dans Littlechild, S. (1990), Austrian Economics, tome II, chap. 9, Edward Elgar. http://mises.org/books/origins_of_money.pdf

Menger, C. (1871), Principles of Economics, http://mises.org/books/mengerprinciples.pdf

Miller Jr H.L. (1965), On "Liquidity" and "Transaction Costs"http://www.jstor.org/pss/1054981

Mises, L. von  (1949/1966), Human Action,  chap. 17 https://mises.org/library/human-action-0

Mundell, R. (1998) “Uses and Abuses of Gresham's Law in the History of Money ”, Zagreb Journal of Economics, Volume 2, No. 2. http://www.columbia.edu/~ram15/grash.html

Omnès, R. (1994) Philosophie de la science contemporaine, éditions folio essais 256, Paris.

Perlman, M. (1971), “The Roles of Money in an Economy and the Optimum Quantity of Money”, Economica, 38, août, pp.233-252.

Say, J.-B. (1815) Catéchisme d'économie politique, http://classiques.uqac.ca/classiques/say_jean_baptiste/catechisme_eco_pol/catechisme.html .

Ulph, A.M. et Ulph, D.T. (1975), "Transaction Costs in General Equilibrium Theory - A Survey", Economica, 168, novembre, pp.355-372.

 

 



Notes.

[1] Texte présenté sous un autre nom, et modifié depuis lors, à la réunion du séminaire de théorie économique Jean Baptiste Say, Paris; 30 janvier 2018.  Que tous les membres en soient remerciés.

[2] Essentiellement par les historiens de la pensée économique, principalement marxistes…

[3]à savoir les réglementations instituées par les hommes de l’état et les innovations.

[4] En anglais :

"Cost cannot be measured by someone other than the decision-maker because there is no way that subjective experience can be directly observed" (Buchanan, 1969, p.42).

[5] Soit dit en passant, par la valeur qu’il donnait au coût, Buchanan rejoignait ainsi le propos de Menger (1871) sur la valeur donnée aux choses, à savoir :

« La valeur n'est rien d'inhérent aux biens […] [n'est] pas une propriété de ceux-ci, ni une chose indépendante existant en elle-même.

C'est un jugement que les individus économiques font de l'importance des biens […] la valeur n'existe pas en dehors de la conscience des individus ». » (Menger, 1871, pp.120-1).

[6] Encore faut-il, pour le comprendre, partir

- des choix de l’être humain et

- non pas de ceux de telle ou telle hypothèse (… ciel, nature, univers, société, marché, état, gouvernement, etc.) inventée par le savant économiste.

[7] J'ai déjà évoqué le concept dans un texte de janvier 2005 intitulé « La notion de coût de transaction dans la perspective de l'école de pensée économique autrichienne », que j'ai présenté au séminaire J.B. Say (université Paris Dauphine).

[8] En anglais:

« Another difficulty is that only things which are clearly capable of being appropriated are subject to being exchanged and if a thing cannot be property, it obviously cannot be a commodity"y  (Boulding, 1966, p.23)

[9] Mené, l'acte d'échange synallagmatique a un revenu attendu avec incertitude.

Et dans le cas où il aboutit, où il y a accord, il y a :

                - taux d'échange convenus,

                - prix d'échange en monnaie (quantité de monnaie unitaire),

                - gain à l’échange (dont spécialisation),

                - calcul économique, comptabilité possible des résultats en droits constatés.

[10]Soit dit en passant, le « coût de l'échange » n'est pas à confondre avec la notion de "coût de transaction" (Ulph et Ulph, 1975, Allen 1998/2000, Cheung, 1998).
Il est dénommé faussement, en français, par certains économistes "coût de transaction", anglicisme notoire, comme si la transaction n'était pas un moment de tout échange, celui du débat par les parties, celui où les participants cherchent à s'entendre, à convenir d'un accord (cf.
Bastiat, 1850, l'échange), sauf bien sûr quand les prix sont supposés imposés par les hommes de l'état ou ce qui est dénommé "concurrence", en vigueur
Le coût d'opportunité de l'action d'échange est à distinguer du coût de l'échange que des économistes plus ou moins néoclassiques ou institutionnalistes dénomment en français « coût de transaction » (Ménard, 2003)et qui font intervenir des imperfections de ceci ou cela, des frictions, des obstacles...  .A la notion de « friction » employée par Lange plutôt que « coût d’échange », Friedman au d’ailleurs eu l’occasion de s’opposer.

[11]Il ne faut pas oublier que ce développement de la prééminence donnée à l’équilibre économique que, par exemple
J.M. Keynes (1936) disait reprendre de David Hume (1711-76), était à l’opposé de ce qu'ont pu écrire d’autres philosophes, comme Emile Boutroux (1845-1921) :
- « contre » la notion d'immobilité, de permanence, d’équilibre et
- « pour » celle des  « situations économiques changeantes ».

[12] et non pas les valeurs que sont, d’une part, les quantités de choses, leur rareté (notion subjective, en général, non définie ) et, d’autre part, ce qu'on peut faire avec les techniques, juridiques ou autres, des quantités qui s’y articulent, comme le veulent la plupart des économistes « non autrichiens »,.

[13] A ne pas confondre avec l’hypothèse de rationalité (cf. Mundell, 1998).

[14] Soit dit en passant, le concept d'économie est souvent maquillé par le concept de « rationalité ».
cf. http://blog.georgeslane.fr/category/Ignorance-action-humaine-et-duree/page/10
Même dénommée rationalité, optimisation mathématique sous liaisons (contraintes), la loi de l'économie n'est pas repoussée par  l'acte humain, mais respectée.

[15] De ces démarches, on ne peut que :

- d’une part, ne pas faire référence aux « marchés » des économistes du « mainstream » qui, par construction, et sauf exception extraordinaire, ne peuvent qu’exclure de leurs théories l’invention ou les innovations conséquences des actions des gens, et par conséquent l’invention du Bitcoin, pour préférer sacraliser l’ « équilibre économique général » ou l’ « équilibre macroéconomique » et ce qu’on peut en déduire par le raisonnement et,

- d’autre part, ne pas se protéger par la pensée de ce qu’on peut tirer tacitement de l’hypostase des « marchés ».

[16]De façon très judicieuse, Say a expliqué ainsi que les gens offraient des marchandises contre monnaie pour pouvoir, ensuite, en demander d'autres avec la monnaie obtenue.
Peu importait la "monnaie-or" ou "-argent" d'hier à quoi certains économistes font référence aujourd’hui dans le meilleur des cas... en parlant de « valeur intrinsèque ».
Surtout, il n'inversait pas la causalité contrairement à ce qu’ont fait les "marxistes" qui voulaient qu'on demandât pour pouvoir offrir !

;'> [17] … qu’est par exemple le dollar des U.S.A , l’euro, la livre anglaise, etc..,

[18] Sinon il n’aurait pas vu le jour.

[19]Soit dit en passant, il y a près de vingt ans, j’ai écrit un texte intitulé « La monnaie électronique » pour le Séminaire de théorie économique J.B. Say (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/Le-retour-de-la-societe-civile/page/5 )
Près de dix ans après ce texte,
Satoshi Nakamoto (cf. https://bitcoin.fr/?s=Satoshi+Nakamoto) a expliqué des éléments de la première cybermonnaie qui allait voir le jour, à savoir le Bitcoin, dans plusieurs textes (http://nakamotoinstitute.org/literature/ ) et, en particulier, celui-ci (https://bitcoin.org/bitcoin.pdf )..
Aujourd’hui, selon la Commission d'enrichissement de la langue française (J.O.R.F. du 23 mai 2017), la
monnaie électronique est une

« [m]onnaie dont des unités de compte sont stockées sur un support électronique ».

tandis que la cybermonnaie est une

« [m]onnaie dont la création et la gestion reposent sur l'utilisation des techniques de l'informatique et des télécommunications ».

Bref, « [l]a cybermonnaie ne doit pas être confondue avec la monnaie électronique ».
Reste que « monnaie électronique » et « cybermonnaie » sont des inventions, puis des innovations, techniques des gens qui, en tant que telles, ne sont pas des étapes ultimes d’un processus technique ancien, fût-il dénommé « monnaie ».

[20] Pour reprendre le propos de Blaise Pascal, XII.djvu/399 (https://fr.wikisource.org/wiki/Page:%C5%92uvres_de_Blaise_Pascal,_XII.djvu/399)

[21] Soit dit en passant, à sa façon, ce qu’on dénomme « science » est une C.M.C.P. résultant des échanges de connaissances entre les savants et la « nature » ou la « réalité » !

[22] D’où le mot de « crypto monnaie » qui lui est donné en parallèle au mot « cybermonnaie ».

[23] Les billets de banque ne sont plus des  richesses, comme l'ont appris dans le passé beaucoup de gens.

[24] Soit dit en passant, il n'est pas étonnant que des économistes du « mainstream » ne puissent pas se préoccuper de l'apparition et de l’existence du « Bitcoin » dans la réalité, ni de son évolution passée fulgurante, ni de son avenir.
Pour s'en préoccuper, il faudrait qu'ils oublient les notions trop approximatives

- de « valeur d’usage » ou de « valeur d’échange », de « valeur subjective », de « valeur objective », de "valeur intrinsèque", etc. … ou

- de "vendabilité" (Menger 1892), de "pouvoir d'achat" (Fisher, 1911) ou d'échangeabilité (cf. http://blog.georgeslane.fr/category/13-Monnaie/page/59 ).




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