Paris, le 7 août 2017.








1. Prix et quantité de marchandise vont de pair.

Sauf à se situer en socialisme, en économie socialiste, où les hommes de l'état ont choisi, sans raison digne de ce mot, de fixer les prix des marchandises (...un temps... avant que tout s'écroule) – cf. ci-dessous 2.b. La « concurrence » -,
sauf à refuser les notions d'offre et de demande de marchandises, des actions humaines individuelles ou collectives – cf. les théories marxistes -,
le prix en monnaie de quelque marchandise que ce soit ne doit pas être séparé de la quantité ou du nombre de marchandises qui est allé de pair du fait des échanges, des actes d'échange des parties (lesquels cachent des coûts ... subjectifs toujours oubliés).

Prix et quantité de marchandise vont de pair, ils résultent des échanges de vous et moi, et privilégier l'un plutôt que l'autre est une grave inexactitude pour ne pas dire une erreur.

Mais elle est ordinaire.

Autre inexactitude qu'on laissera de côté, des échanges recherchés hier n'ont pas abouti (ni prix ni quantité de marchandises) et personne ne s'en soucie.

Troisième inexactitude, des économistes font des hypothèses sur la notion de "concurrence", à commencer par l'inexactitude "concurrence pure et parfaite"/"concurrence imparfaite", et, en général, supposent - pour simplifier ...- que l’élasticité prix de l’offre de marchandises est infinie.

Ils ouvrent ainsi la porte à ceux qui vont établir, contre toute connaissance rationnelle, des comparaisons entre le socialisme et la liberté économique (cf. ci-dessous 2.b. La « concurrence »).


a. Taux d'échange convenu.

Cela n'empêche pas que, par définition, le prix d'une marchandise était un rapport, un taux entre deux quantités de marchandises convenues par les parties (au moins deux...) de l'échange (cf. Stanley Jevons cité par Pareto 1896-97).

Sans échange, pas de prix ni de quantité, des coûts, faut-il le répéter.

Avec échange et sans intermédiaire des échanges, il y a des prix relatifs et des quantités, mais aussi des coûts d'échange inférieurs.

Avec échange et intermédiaire des échanges, il y a des prix relatifs et des quantités, mais aussi des coûts d'échange inférieurs à ce qu'ils étaient et davantage d'échanges.

b. Prix en monnaie d'une marchandise.

Avec échange et monnaie (intermédiaire des échanges spécifique), il y a des prix en monnaie et des quantités, mais aussi des coûts d'échange inférieurs comme des économistes l'ont expliqué, en partie, depuis la décennie 1970, et davantage d'échanges encore.

Avec échange et monnaie, tout prix en monnaie d'une marchandises n'a été qu'une quantité de monnaie rapportée à la quantité de marchandises et convenue par les parties.

C'est, autrement dit, une quantité de monnaie unitaire qui a été convenue d'un commun accord et qui a représenté une quantité de monnaie (cf. Mises, 1953) :

« Les prix ne sont pas mesurés en monnaie,
ils consistent dans de la monnaie. » (Mises, 1953, p. 664) (1).
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(1) Mises, L. von (1953), « Remarques sur le traitement mathématique des problèmes de l'économie politique , Studium Generale, décembre, pp. 662-665 (traduit de l’allemand par François Guillaumat).
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Et tout cela a décrit, s'il en était besoin, la loi de l'économie.

c. "Toutes choses égales par ailleurs"...

En conséquence, l'économiste ne saurait raisonner "toutes choses égales par ailleurs" et, a fortiori, "à prix constants".

En procédant ainsi, il (se) cache, en particulier, des coûts et, contre toute attente, il exclut leur amoindrissement potentiel du fait de l'intelligence de l'homme.

Exemplaire est l'économie des coûts de l'échange sans fin qu'a été l'invention de la monnaie par les gens dans le passé, et malgré les réglementations des hommes de l'état qu'elle a connues par la suite et qui l'ont handicapées...

Exemplaire est où l'économie est arrivée aujourd'hui avec la survenance des cybermonnaies (cf. ce billet de juillet 2017 et celui-ci).


2. Changement ou déplacement des échanges.

Reste qu'en conséquence des actes d'échange des gens, quantités et prix des marchandises ont varié, ou non.

Une démarche empruntée aux sciences physiques, celle du déplacement de l'équilibre, consiste, pour des économistes, à dire
- qu'ils étaient, a priori, "mobiles"..., confondant ainsi mobilité et variation libre, et
- que les échanges ont été des mouvements, des déplacements (dont l'issue a été, au départ, connue...).

Une autre démarche, celle du changement, consiste à se refuser à comparer les positions nouvelle et ancienne car elles sont tout simplement sans valeur (Hayek, 1986, Droit, législation et liberté, tome 2, p.145)

Les variations libres, ou non, des échanges, c'est-à-dire de la quantité et du prix de la marchandise, ont permis l'harmonie économique des gens sur quoi avaient débouché leurs accords (cf. Les harmonies économiques de Frédéric Bastiat, 1850) quand on a mis de côté les échanges non aboutis.

a. "Théorie des prix".

Ce que des économistes ont dénommé "théorie des prix" dans le passé n'était en fait qu'une façon de parler du socialisme, de l'économie socialiste.

Leur démarche ignorait
non seulement les marchés non aboutis,
mais aussi les quantités de marchandises convenues appariées.

Elle avait aussi fait des hypothèses qui revenaient à cette ignorance.

Dans le meilleur des cas de cet univers, le prix était fixé par le réglementeur/législateur...

La fixation des prix n'était jamais qu'une manipulation particulière de la réglementation par le législateur.

De cette fixation, devait sortir, par l'échange, des quantités de marchandises !

La fixation cachait en particulier des coûts qui n'existeraient pas si la fixation n'existaient pas et qui étaient supportés par tout un chacun (coûts en relation avec la fixation et coûts en relation avec le non respect de celle-ci)...

b. La concurrence.

La concurrence pouvait être identifiée à la non fixation des prix, à la liberté de changer de ceux-ci.

La liberté des prix des marchandises en monnaie ou du "mécanisme des prix", comme l'ont dénommé des économistes, était un grave biais de la démarche.

Rien ne justifie d'établir un rapprochement entre concurrence et réglementation comme l'ont fait des économistes au XXème siècle (cf. Cot et Lallement, 2007).

Quoique chères aux économistes socialistes (depuis Oskar Lange - 1904-65- polonais émigré aux Etats-Unis d'Amérique dans la décennie 1930), ces deux notions n'ont rien à voir l'une avec l'autre malgré ce qui en est dit :

"En 1935 il [Lange] critique sévèrement la théorie marxiste au profit de ce qu’il appelait « la théorie économique moderne » - le cadre walrassien de la théorie de l’équilibre général.
En 1936 il publie deux articles fondateurs sur la théorie de l’équilibre général appliquée à une économie socialiste.

La démonstration est double.
1) Lange affirme qu’un système de prix n’est pas nécessairement lié à l’institution du marché - et donc qu’un calcul économique rationnel peut être envisagé dans un autre système institutionnel que le système capitaliste.
L’argument lui permet une offensive à fronts renversés où il reproche à Mises d’être « institutionnaliste » quand il soutient que les lois économiques n’auraient de validité que relativement à leur contexte historique.

2e argument, plus théorique : Lange pose les bases d’une procédure de planification itérative, enracinée dans l’analogie entre un mécanisme de planification centralisée et un mécanisme de tâtonnement walrassien - ce qui lui permet de conclure à la réalisation possible, à la fois d’un équilibre économique général et d’un état d’optimalité parétienne dans une économie centralement planifiée." (Cot et Lallement, 2007, p.9)



3. Autres inexactitudes.

Rien ne justifie de voir, a priori, dans la seule stabilité des prix en monnaie, dans leur non variation, une harmonie économique ...

Rien ne justifie non plus de voir
- dans une variation d'un prix, un "trouble", une "perturbation", une "friction" et
- dans une variation de l'ensemble des prix, une "catastrophe", une "crise" ...

A fortiori, que le législateur fixât un prix au nom de ce "trouble" ou des prix au nom de la "crise", c'était encore du socialisme...

Tantôt l'augmentation d'un prix, tantôt la diminution d'un autre, tantôt les variations des deux sont jugées "troubles"... par les socialistes et les hommes de l'état de les réglementer.

C'est encore une inexactitude pour ne pas dire une erreur.

Variations de prix et de quantités sont, au contraire, la façon économique de mettre fin au "trouble", "perturbation", "friction", "catastrophe", et autre "crise" ...

. Exemplaire est la contrefaçon.

Exemple de "trouble" emprunté au passé, c'est l'idée de la "contrefaçon".

Au prétexte que l'intermédiaire des échanges qu'était la monnaie naissante (à l'échelle de l'histoire), était alors jugé susceptible de contrefaçons, les hommes de l'état se sont faits forts de protéger contre autrui les gens qui détenaient la monnaie et d'y parvenir en instaurant le privilège de monopole de la production de monnaie et en le conférant ... à eux-mêmes.

On sait la suite... (cf. ce billet d'août 2013)

Ce n'est qu'au XXème siècle, que les hommes de l'état ont trouvé une nouvelle façon de conforter leur mensonge d'hier.

Ils ont fait appel à ce qu'ils ont dénommé la "politique monétaire"..., la gestion par leurs soins de la quantité de monnaie pour améliorer l'activité économique et, par conséquent, l'activité de chacun !

On est en plein dedans aujourd'hui avec ce qui est dénommé le "quantitative easing process" (cf. le billet de mars 2017).










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