A Paris, le 14 avril 2014





L'assassinat de Henri IV ou la décapitation de Louis XVI sont des faits historiques alors que l'interdiction de la convertibilité des substituts de monnaie bancaires en marchandise monnaie or décidé par le législateur au XXè siècle est une réglementation.
Les premiers sont irréversibles, l'autre non.

Encore faudrait-il ne pas l'oublier, ce que se refusent à le faire les hommes de l'Etat.


1. Actualité des réglementations.

L'abrogation de l'interdiction de la convertibilité est tout autant d'actualité aujourd'hui que l'abrogation des règles prétendument juridiques, qui avaient institué l'U.R.S.S. en 1917, pouvait l'être jusques dans la décennie 1980 - mais ces dernières ont été abandonnées depuis le début de la décennie 1990 - ou que peuvent l'être les règles de l'organisation de la sécurité sociale obligatoire créée en 1945-46, en France.

Hormis de permettre les échanges de marchandises à des prix en monnaie moins coûteux - ce qui est primordial et n'a pas été compris par une majorité de gens -, l'existence des monnaies réglementées des pays avait pour conséquence particulière de faire connaître les échanges avec l'étranger de chacun d'eux (cf. ce texte de août 2009).

Elle permettait d'en déduire, par approximation, le total des échanges de chaque pays (cf. ce texte de juillet 2009) et non pas le revenu national des comptables nationaux, lequel n'a aucun sens.

Elle permettait aussi de connaître les variations nettes de la quantité de monnaie du pays observé par l'intermédiaire du compte de bilan de sa banque centrale, réglementation à ne pas négliger bien qu'un peu plus ancienne (cf. ce texte de novembre 2009).

L'entrée en scène de la réglementation.

Depuis que les législateurs nationaux ont interdit au XXè siècle la convertibilité des substituts de monnaie bancaires en marchandise monnaie or (cf. ce texte de janvier 2014), l'ordre monétaire que définissait alors la monnaie, certes déjà réglementée par les législateurs nationaux, n'existe plus.

Parler de monnaie aujourd'hui est donc un abus de langage à dénoncer qui a emporté toutes les autres réglementations (réglementations ou législation par opposition à règles de droit, cf. ce texte).


2. Une réglementation sans cause.

L'interdiction de la convertibilité décidée n'avait aucune raison d'être.

Elle n'avait ni plus, ni moins de raison que ce qu'on dénommait alors la "révolution bolchevique", toute récente ; et cette dernière a disparu depuis lors.

La réglementation qu'est l'interdiction de convertibilité est au mieux une limitation arbitraire des règles de droit, au pire, la création d'un tabou de plus (le summum de la démarche ayant été l'€uro)...


3. La réglementation approfondie malgré tout.

Au lendemain de la guerre de 1939-45, les législateurs nationaux, ou prétendus tels, de l'Occident étaient convenus de créer un organisme sans précédent, le Fonds monétaire international (F.M.I., cf. ce texte de mars 2009), pour fournir des aides, le cas échéant, aux pays membres dont les balances des paiements ne seraient pas "en équilibre".

L'illusion du F.M.I.

Et, malgré cela - en vérité, à cause de cela (cf. Jacques Rueff, Le Péché monétaire de l'Occident) -, la décennie 1970 a connu la fin définitive de la règle de la convertibilité, ouverte encore aux Etats et autres officiels internationaux, avec les décisions prises par le président des Etats-Unis d'Amérique.

L'interdiction totale de la convertibilité était généralisée: ce qu'on allait dénommer "monnaie" était, en fait, de la "fausse monnaie étatique" de telle ou telle banque centrale.

Et parce qu'il n'avait plus de rôle, le F.M.I. aurait dû disparaître.
Il a néanmoins perduré jusques à aujourd'hui, au prix d'une modification de ses statuts par les pays membres, ignorée du grand public.

Soit dit en passant, rien ne justifie cet organisme.  
A l'occasion, on peut bien sûr dire que, s'il n'avait pas existé, la situation eût été pire avant l'issue précédente.
Mais on est alors dans l'imagination, non pas dans la réalité.


4. Réglementation et innovation.

La réglementation n'exclut pas des innovations même si elle jonche des obstacles sur leur voie.

L'interdiction de convertibilité alliée à d'autres réglementations n'a pas empêché qu'ont pu voir le jour certaines innovations des "fausses monnaies étatiques" en relation avec les sciences de l'information, toutes nouvelles (comme les cartes de paiement, la banque numérique, la "monnaie électronique", etc.).


5. L'autisme réglementaire.

Mais en parallèle, depuis 1999, les législateurs nationaux d'un certain nombre de pays de l'Europe géographique ont abandonné, chacun, leur "fausse monnaie étatique" pour adopter un autre paquet de réglementations, à savoir ce qu'on dénomme "l'€uro", qui a été mis en oeuvre sous la tutelle d'un organisme, lui aussi sans précédent, à savoir la Banque centrale européenne.

L'€uro n'est pas ainsi une "fausse monnaie étatique", mais une "fausse monnaie bancaire privilégiée", privilégiée par statuts, a priori sans dépendance des Etats membres (cf. ce texte d'étape de juillet 2013).



Sa source n'est pas non plus à rechercher dans la "politique de Gribouille" des hommes de l'Etat des décennies 1950-1990, comme le veut la vulgate en place, mais dans la réglementation de la convertibilité et de ses effets économiques dont personne ou presque ne parle, sauf à vouloir insister sur les misérables - pour rester chez Victor Hugo - dont elle accroît le nombre (cf. un élément).


6. La réversibilité d'une réglementation.

"Qu'est-ce que moins de cent ans, à l'échelle de l'histoire, pour réussir à faire disparaître une réglementation absurde?" dira-t-on.
Certes.
Mais les destructions s'amoncellent...






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