Paris, le 2 mai 2015.






Ce qu'on dénomme "monnaie", a fortiori "argent", n'existe plus aujourd'hui (cf. ce texte d'août 2013)

Comment parvenir à faire prendre en considération ce point essentiel ?


On peut souligner en passant qu’ainsi, ce qu'on dénomme "monnaie" n’existe ni plus ni moins que l’hypothèse de certaines théories économiques chères à l’économie dominante comme la théorie de l’équilibre économique général.

Dans ces théories, la monnaie en tant que phénomène monétaire n’a pas été prise en considération.
Dans le meilleur des cas, il a été supposé que la monnaie n’existait pas.
Dans le pire, on ne sait pas (cf. par exemple Marget, 1935 sur la question de savoir si, oui ou non, la monnaie existait dans le cadre d’analyse de Walras).

Toujours en passant, il faut savoir qu'au XXème siècle, qu'ils soient keynésiens ou monétaristes, les économistes ont mis de côté les activités d'échanges de vous ou moi et leurs effets dans leur cadre d'analyse, au profit de la production et associé à la production ce qu'ils ont dénommé "demande" (vieille antienne relevant de Thomas Malthus).

Ils en sont arrivés à identifier les composantes qu'ils donnaient à leur demande (consommation ou investissement) à la production (via les "multiplicateurs" comme celui-ci), tout cela sans aucune raison scientifique et sans introduction des prix... réglementés.

Ils ont pu ainsi faire acquérir à la loi de finance des hommes de l'état républicain la voie royale de l'économie, au moins l'ont-ils cru et le croient-ils malgré les résultats qu'on sait.


1. L'illusion.

Chacun devrait au moins comprendre qu'utiliser ces deux mots situe dans l'illusion, une illusion qui n'a rien à envier à l'hydre de Lerne (cf. ci-dessous). 








L'évocation des prétendues monnaies qui verraient le jour ces derniers temps, par exemple à Nantes (cf. ce texte d'avril 2015), est un moyen de duper les personnes juridiques physiques que nous sommes et de leur faire prendre des vessies pour des lanternes comme si elles n'étaient pas déjà engluées dans l'incompréhensible.

Il n'y a pas de monnaie nouvelle...  Tout est bloqué depuis des décennies.


2. Les substituts de rien bancaires.

Il faudrait savoir et y faire référence en permanence qu'existent, depuis la décennie 1930, des "substituts de rien bancaires" que les personnes juridiques physiques, vous et moi, ont,
- d'une part, l'obligation d'accepter en échange de leur offre de marchandises et,
- d'autre part, celle d'employer pour pouvoir demander des marchandises.

Bref, les "substituts de rien bancaires" sont des instruments juridiques qui ont été réglementés, un peu plus, au XXème siècle et que vous et moi devrions accepter (cf. ce texte de mai 2011).

Ils le seront jusqu'au jour où...


Pourquoi "substituts de rien bancaires" ?

Parce que, depuis des décennies et jusqu'à la décennie 1930, les banquiers avaient émis des "substituts de monnaie bancaires" - billets puis comptes de dépôt - qui étaient convertibles, sans réserve, en quantité de monnaie-or ou -argent (pièces, barres ou lingots) détenue par les banques et, qu'à partir de la décennie 1930, le législateur a interdit la conversion.

Alors qu'antérieurement, les banquiers n'avaient pas hésité à créer des mots nouveaux comme "réserves" - "réserves à 100%" ou "réserves fractionnaires" (cf. audio de Pascal Salin avril 2015), réserves de change - ou comme "liquidités"  - mot malheureusement mal défini - pour désigner des innovations, ils ont été muets sur la révolution juridique qui les touchait et ont dénaturé, en fait, le mot "monnaie".

Désormais, "monnaie" consistera en ces instruments juridiques réglementés que sont les billets ou les comptes de dépôts, a priori, ex ante, sans valeur...
Ils ne seront pas dénommés, comme ils le devraient, à savoir "substituts de rien bancaires" (Jacques Rueff a eu l'occasion de les dénommer "néant habillé en monnaie" dans une circonstance particulière, cf. ce texte de janvier 2014).

On en est là aujourd'hui, l'illusion est bien vivante, appuyée sur des questions dérisoires du type de celle-ci (cf. ce texte du 1er mai 2015).

Et les dirigeants des autorités monétaires donnent l'impression, en magiciens qu'ils ne sont pourtant pas, seulement des alchimistes (cf. ce texte de mai 2011), de faire varier la quantité de monnaie selon leurs désirs.


3. Retour à la réalité de la monnaie.

Pour pouvoir parler de "monnaie", il faudrait d'abord parler d'acte d'échange indirect de marchandises et du coût de celui-ci évalué par vous et moi.
Il s'agirait d'être clair sur ce que signifient l'un et l'autre (cf. ce texte d'avril 2014 ).

a. L'échangeabilité des choses.

Au lieu de prendre en considération que la personne juridique physique a la capacité d'échanger (capacité à la fois juridique, technique ou économique), bref qu'elle est capable d’échanger, beaucoup diront que les choses en question sont échangeables, qu'elles sont marchandises et sont dotées de propriétés (qui viennent dont on ne sait d'où... et qu'ils ne spécifient pas, et pour cause...).

En fait, nos économistes font passer, insidieusement, le raisonnement sur les propriétés des P.J.P. à de prétendues propriétés des choses ou des marchandises.
Les capacités de la P.J.P. sont ainsi mises de côté par cette rhétorique au mauvais sens du terme.
C'est la grande dérive...

b. L'impossibilité d’action.


Ou alors, des économistes plongent les notions dans un univers plus vaste que celui de l'échangeabilité ou, si on préfère, des marchandises, à savoir celui de la possibilité et de son antonyme, l'impossibilité.

Et dans ce domaine, des économistes ne manquent pas d'idées (jusqu'au théorème d'impossibilité de Arrow au terme de quoi il n'est pas possible de trouver une procédure non dictatoriale de choix collectif qui soit conforme aux préférences individuelles.).

Mais ces idées sont nulles et non avenues.
Elles ne sont pas économiques, mais tantôt mathématiques, tantôt rhétoriques au mauvais sens du terme, tantôt les deux à la fois.

Economiquement, un acte jugé impossible par une P.J.P. n'est jamais qu'un acte dont le coût économique est jugé trop élevé à ses yeux, un point c'est tout.

Et l'acte jugé impossible inclut l'acte jugé... incapable qui n'en est qu'une partie.

L'acte jugé impossible prend donc en considération les incapacités à la fois juridiques, techniques et économiques de la P.J.P. qui échappent aux mathématiciens qui se prennent à s'intéresser à la science économique ou aux sophistes, autant de considérations ignorées, par exemple, par Arrow et ses disciples.

c. L'ignorance conditionnée.

Mais, le plus souvent, il n'est pas question de toutes ces considérations, ce qui témoigne, entre autres, de l'ignorance conditionnée des intervenants.

Soit dit en passant, l'équilibre économique général, notion chère à une majorité d'économistes, n'a rien à voir avec ces questions, même ex post, a posteriori.
Dans le meilleur des cas, l'équilibre économique général joue avec ce qu'on dénomme la "quantité de monnaie", rien d'autres.
Dans le pire...

d. Le coût de l'échange.

Il s'agirait ensuite  de mettre en relation le coût de l'échange indirect de marchandises jugé trop élevé par les personnes juridiques et leur intelligence.

Cette dernière a donné lieu, il y a bien longtemps, à la création de ce qu'on a dénommé "monnaie" par la suite.

Mais, rappelons-le, rapidement les "autorités" se sont accaparées le phénomène pour, à les entendre, empêcher la contrefaçon de la monnaie (cf. ce texte de juin 2013)...

Et une espèce de course poursuite s'est développée depuis lors entre l'innovation dans le domaine, à l'initiative de vous et moi, et les réglementations des hommes de l'état pour assurer leur domination infondée et tenter de faire oublier la destruction qu'ils occasionnaient (cf. ce texte de novembre 2014).

La course poursuite inclut la dénaturation permanente de ce qu'on dénommait "monnaie" dans le passé.


4. Le cas de l'€uro.

La "zone €uro" (cf. ce texte de décembre 2012) est exemplaire.
Elle vit aujourd'hui la mise en route d'une "vague de liquidité", pour ne pas dire "monnaie", à l'initiative des dirigeants de la Banque centrale européenne, sans précédent (cf. ce texte du 1er mai 2015 de Bloomberg).

Il faut l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard...



Et cet arrêt passe par la connaissance précédente.








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