Paris, le 4 février 2016.






La notion de "valeur" a recouvert au cours du temps des considérations différentes et des économistes ont juxtaposé, comme si de rien n'était, ces considérations les unes aux autres jusqu'à aujourd'hui inclus.

Pour leur part, les "historiens de la pensée économique" - soit dit en passant, essentiellement "marxistes" en France -, ne font que se débattre dans ces rets, sans trop insister sur la définition réelle.


1.  La notion de "valeur".

Pour ma part, je dirais qu'on a entendu par "valeur" (cf. ce texte de décembre 2015) autant :

1- une chose, qui cachait un objet ("capital" ou autre) ou un service ("travail" ou autre),
2- une chose en propriété,
3- une chose échangée ou échangeable, c'est-à-dire une marchandise - je laisse de côté l'absurdité qui oppose le "marchand" et le "non marchand", fruit socialiste par excellence -,
4- une quantité de chose ou de marchandise,
5- un taux ou rapport de deux quantités de choses ou marchandises,

6- le taux ou rapport "particulier" de deux quantités de marchandises, "particulier" car convenu entre les deux parties sans qu'on insiste sur le fait, pour préférer parler de "prix" d'une marchandise dans une autre,
7- une utilité, ophélimité ou préférence donnée à une (quantité de) chose,
8- un taux ou rapport d'utilités,
9- une utilité marginale (ou ophélimité élémentaire) donnée à la dernière unité de chose,
10- un taux ou rapport de deux utilités marginales (ou ophélimités élémentaires).


2. La monnaie a été une valeur.

Dans l'intervalle, et comme l'ont fait des économistes, nos historiens ont introduit, le cas échéant, ce qu'on a dénommé "monnaie" dans toutes les considérations précédentes.

En est résultée la démarche qui a consisté à voir dans la monnaie les aspects de la valeur suivants:


11- une chose intermédiaire de l'échange, c'est-à-dire nécessairement une marchandise, en propriété,
12- une "réserve de valeur",
13- une quantité de marchandise,
14- un taux ou rapport entre une quantité de marchandise et une quantité de monnaie,
15- le taux ou rapport d'une quantité de marchandise contre monnaie, convenu entre deux personnes, à savoir le "prix en monnaie" d'une marchandise ou, si on préfère, la quantité de monnaie unitaire de marchandise,

16- l'utilité, ophélimité ou préférence donnée à une (quantité de) monnaie,
17- le taux ou rapport d'utilités d'une marchandise à une monnaie,
18- l'utilité marginale (ou ophélimité élémentaire) donnée à la dernière unité de monnaie considérée,
19- le taux ou rapport de deux utilités marginales (ou ophélimités élémentaires) de marchandise contre monnaie.


3. La destruction ignorée de la monnaie aujourd'hui.

Reste qu'avec,
- d'une part, dans la décennie 1930, l'interdiction - instituée par les hommes de l'état - des substituts de monnaie bancaires  (billets ou dépôts bancaires) en monnaie-or ou -argent - comme convenu antérieurement - pour les personnes privées puis, dans la décennie 1970, celle pour les personnes publiques (cf. ce texte de janvier 2014) et,
- d'autre part, depuis lors, la pérennité de l'emploi du mot "monnaie" pour désigner les "substituts de monnaie bancaires" désormais sans conversion possible, et non pas la "vraie" monnaie, 
ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui a perduré.

Et nos historiens n'ont pas insisté sur cette question de la destruction de la monnaie, ni la grande majorité des économistes.

Et personne ne comprend plus rien, aujourd'hui, à la prétendue monnaie dans la mesure où il n'est pas dans l'illusion totale.


4.
Le couple "demande de prêt-offre de prétendue monnaie".

Une chose est certaine: pour l'instant, ce que certains dénomment "la planche à billets" n'est pas en oeuvre...

A la place de cette antiquité - ... qu'a connue la France, par exemple, dans la décennie 1790 -, est en oeuvre le couple "demande de prêt-offre de prétendue monnaie" qui fait intervenir simultanément, en principe, au départ,
- d'un côté, le passif d'une banque, à savoir l'offre de la prétendue monnaie et,
- de l'autre, l'actif de la même banque, à savoir la demande de prêt accordée dont on peut calculer le "risque de perte".

Par exemple, et globalement, toute quantité de prétendue monnaie en "dollar" ou en "€uro" dénommée aussi "liquidités" ne saurait être séparée des prêts en dollar ou en €uro consentis par telle et telle banques.


5. L'"escrocratie".

Si la mise en oeuvre de la "planche à billets" n'existe pas pour l'instant, le fait est qu'existe la liberté
de prêt pour le banquier, fût-il central ou de second rang, même si ce dernier ne comprend pas nécessairement les conséquences de ses actes (cf. ce texte de janvier 2016).

En contrat avec le banquier, le débiteur du prêt peut être "de bonne facture" ou, au contraire, être un escroc.

Et le banquier peut le savoir, s'en soucier ou s'en moquer.

Si le banquier imagine que le débiteur est un escroc et s'en moque, tout se passe comme si  la "planche à billets" fonctionnait...

L'"escrocratie" fondée sur la prétendue monnaie est alors en route (cf. ce texte de janvier 2014 ou celui-ci d'octobre 2014).


6. La "dette souveraine".

Au lieu de parler de "prêt souverain" pour désigner les prêts que les banquiers accordent aux hommes de l'état pour le financement de leurs missions, l'habitude a été prise de parler de "dette souveraine", à l'initiative des "financiers" qui, dans les décennies 1950-1990, y voyaient, de plus, une "dette sans risque" ...

Question de rhétorique, diront certains!

Les dettes souveraines sont importantes dans l'actif des banques.

Dans le cas du dollar, le graphique ci-dessous fait apparaître, de 1980 à 2015, les dettes souveraines de l'état des Etats-Unis ("Treasury Securities") qui sont allées de pair avec la quantité de prétendue monnaie: 

                                      Graphique.

















Source : Banque de réserve fédérale de Saint Louis.

Voir aussi ce texte du Mises Institute intitulé "The Cozy Relationship between the Treasury and the Fed" sur la relation "douillette" entre le banquier central des Etats-Unis et l'administration de l'état.

Depuis la décennie 2000 et les escroqueries tant privées (Madoff - cf. ce texte de mai 2009) que publiques (les "subprimes" de Clinton - cf. ce texte de janvier 2008 - ou les "crises" asiatiques - cf. ce texte de juin 2007) avant de futures..., les "financiers" se sont fait oublier.

Qu'à cela ne tienne.


7. Escrocratie et €urocratie.

La question se pose de savoir si les banquiers qui prêtent aux hommes de l'état et qui, simultanément, leur offrent de la prétendue monnaie, considèrent les uns et les autres comme des "gens de bonne facture" ou comme des "escrocs"?

Le fait est que, la semaine dernière, selon Open Europe, les hommes de la bureaucratie internationale qu'est l'€urocratie de l'Union européenne se sont préoccupés d'un aspect de la question.

Il s'avère que, pour l'instant:

* en français:

"L'Union européenne considère de nouvelles règles sur les avoirs des banques en dette souveraine .

Bloomberg rapporte que des discussions sont en cours dans l'U.E. sur l'opportunité de limiter les avoirs des banques en dette souveraine.

Une option en débat est qu'un risque de dette souveraine se limitant à 25% du capital éligible d'une banque, de montant supérieur à cela devienne un niveau de risque ;

* en anglais:

"EU considers new rules on banks' holdings of sovereign debt

Bloomberg reports that discussions are underway in the EU over whether to limit banks’ holdings of sovereign debt.

One option under discussion is a limiting risk free sovereign debt to 25% of a bank’s eligible capital with any amount above this assigned come level of risk."


L'€urocratie s'interroge donc, par le biais bancaire, sur les escrocraties nationales dont ses hommes sont redevables, en définitive, en totalité, pécuniairement...


A suivre...





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