ma pomme 2014




Paris, le 30 janvier 2016.






1. L'économie fermée.

Le monde, le globe terrestre, présente l'intérêt pour l'observateur d'être la seule économie qui vérifie l'hypothèse d'être fermée, hypothèse chère à la plupart des économistes majoritaires du "mainstream" ("théorie de l'équilibre économique général" ou approches de la "théorie macroéconomique").

En effet, jusqu'à preuve du contraire, le monde n'a pas d'échange avec un autre monde, les êtres humains du premier n'échangeant pas de choses avec ceux du second...

Même les habituels désireux de la vérification (comptables, statisticiens ou économètres) n'ont rien écrit sur le sujet.
C'est un fait qui doit vraisemblablement leur être intolérable.

a. Le monde économique résulte des pays.

Ce fait ne doit pas cacher un autre fait qui est de même nature, va de pair et est là encore étudié par les économistes majoritaires, celui que les nombreux pays dont résulte le monde échangent entre eux plus ou moins de choses ("théorie pure du commerce international" ou "... de l'échange international").

Rien ne justifie alors de maintenir l'hypothèse de l'économie fermée - ou presque ... - pour ces pays.

Pourtant, ils la font souvent perdurer.

Qu'à cela ne tienne.

b. Les frontières ... bi-nationales.

Autre fait, il y a ce qu'on dénomme les "frontières nationales" qui séparent les pays les uns des autres et que les hommes de l'état de chacun d'entre eux se font forts de garantir.

Cela amène certains à parler non plus de "pays", mais de "nation", de "société" où règnent les hommes de l'état.

Il faut reconnaître qu'économiquement, pour autant que les états des pays et ce qu'on dénomme "monnaie" sont mis en relation, la frontière d'un pays n'est pas nationale, mais nécessairement ... "bi-nationale".

La frontière cache aussi un taux de change entre les deux monnaies étatiques réglementées des pays en question dont conviennent les gens.


2. L'économie ouverte.

A l'opposé de ces faits tirés du monde et des pays, il y a le fait que les gens qui habitent dans tel ou tel pays échangent entre eux des choses, offrent, demandent et concluent des marchés.
En conséquence de quoi, chacun est à soi seul une "économie ouverte"...

Cette façon de voir, théorique, est rarement évoquée en tant que telle aujourd'hui.
Lui est préférée dans cette perspective, par exemple, la démarche de la "boite de Pareto" (cf. ce texte de juillet 2014) qui met l'accent sur la personne et non pas sur l'économie ouverte ...

N'oublions jamais qu'en se situant dans cette dernière perspective, Ludwig von Mises expliquait que:

"La science économique ne porte pas sur les biens et services, elle porte sur les actions des hommes en vie.

Son but n'est pas de s'attarder sur des constructions imaginaires telles que l'équilibre. Ces constructions ne sont que des outils de raisonnement.

La seule tâche de la science économique est l'analyse des actions des hommes, c'est l'analyse des processus." (Mises, 1962, cf. ce texte).


Pour sa part, Friedrich von Hayek complétait le propos en écrivant que :


"Dans les sciences sociales, toutefois, la situation est exactement l'inverse [des sciences naturelles].

D'une part, l'expérimentation est impossible : nous ne pouvons donc connaître des règles définies dans le phénomène complexe comme dans les sciences naturelles.

D'autre part, la situation de l'homme à mi chemin entre les phénomènes naturels et les phénomènes sociaux
- dont il est l'effet en ce qui concerne les premiers, et
la cause, en ce qui concerne les seconds -
prouve que les faits essentiels de base dont nous avons besoin pour l'explication du phénomène social participent de l'expérience commune et de la matière de nos pensées.

Dans les sciences sociales, ce sont les éléments des phénomènes complexes qui sont connus, sans aucune contestation possible [...]

Or l'existence de ces éléments est tellement plus certaine que l'existence des règles quelconques dans le phénomène complexe auquel ils donnent naissance, que ce sont eux qui constituent le vrai facteur empirique dans les sciences sociales. [...]

dans les sciences sociales, [le processus de déduction] part directement d'éléments empiriques connus et les utilise à la découverte des règles dans les phénomènes complexes que l'observation directe ne peut établir" (Hayek, 1939).



. Les services.

Choses par excellence en échange des gens, il y a les services, à commencer par le travail dans quoi Gérard Debreu n'hésitait pas à voir, en 1960, un type de "tâche accomplie":


"Le premier exemple d'un service économique sera le travail humain.
Sa description est celle de la tâche accomplie [...]" (cf. Debreu, 1960)


En d'autres termes, il envisageait le service, en l'espèce le travail, "ex post" et non pas "ex ante" étant donné sa démarche qui visait à expliquer l'"équilibre économique" qu'il jugeait exister et dans quoi il voyait encore la "valeur" (cf. ce texte de juillet 2013 ou celui-ci d'octobre 2014).

Reste que les choses que tout un chacun peut discerner dans la réalité sont décomposables en deux grandes catégories:
- l'objet matériel, tangible ou corporel, et
- le service, chose incorporelle.

Et Mises de souligner :


"Un bien économique ne doit pas nécessairement être incorporé en quelque chose de tangible.
Les biens économiques non matérielles sont dénommés services".

"An economic good does not necessarily have to be embodied  in a tangible thing.
Non material economic goods are called services" (Mises, 1949, p.94)


Selon les uns, l'objet, chose matérielle, est essentiel pour la personne, selon d'autres, c'est le service qui l'est, selon des troisièmes, il existe une relation entre objet et service à ne pas mettre de côté, c'est elle qui leur importe, les gens tirent des services des objets à quoi ils donnent des valeurs.

Et, selon Frédéric Bastiat (1801-1850), les services s'échangeaient contre des services, les premiers services en question étant ceux que les hommes offraient à partir de leurs propriétés personnelles (talents, etc.).

Selon des quatrièmes, produites ou productibles, les choses ne doivent pas cacher les facteurs de production connues sous les trois grandes catégories suivantes :
- le travail, de type "service",
- le capital, de type "objet" ou "service",
- la matière première, de type "objet".

Toutes ces choses sont alors rassemblées par les savants de l'économie politique dans des concepts mathématiques,
- soit dans la "fonction de production",
- soit, en relation avec un seul produit, dans la "fonction de coût de production".

La fonction de production donne lieu aux notions de productivités marginale et moyenne d'un facteur de production, la fonction de coût de production aux notions de coûts marginal et moyen du produit.

Selon des cinquièmes, échangées ou échangeables, les choses dénommées "marchandises" sont essentielles.
Mais leurs liens avec les notions précédentes sont laissés de côté en général.

Qu'à cela ne tienne.


3. L'échange des choses.

De tout cela s'ensuivent deux types d'échanges :
- ceux que les gens d'un même pays réalisent entre eux (échanges nationaux) et
- ceux qu'ils réalisent avec autrui, au travers d'au moins une frontière nationale (échanges internationaux).

Ces échanges ont en commun d'être principalement indirects (cf. ce texte de septembre 2015), et non pas directs.

Leur ensemble constitue la "catallaxie" (cf. ce texte sur le "jeu de catallaxie") et est à distinguer de l'"économie" (cf. ce texte de Hayek, chap.10 du tome 2 sur le mirage de la justice sociale de Droit, législation et liberté).

. La comptabilité nationale.

On remarquera, en passant, que la comptabilité nationale créée en France par le monopole de production de données qu'est l'I.N.S.E.E., lui-même créé en 1946, fait que les échanges nationaux ne sont pas comparables aux échanges internationaux, dans leur principe: les seconds sont de vrais échanges, pas les premiers qui en cachent une partie ...

Mais elle s'en moque puisqu'elle n'hésite pas à les additionner (dans le cas des exportations qui sont ajoutées à la "demande") ou à les soustraire (dans le cas des importations qui sont déduits de la "demande").


4. Les prix en monnaie des choses.

En tous les cas, les échanges réalisés donnent lieu à prix en monnaie et quantités de choses, l'ensemble des prix et quantités étant dénommé, de façon théorique, entre autres, "équilibre économique".

Néanmoins, il faut être conscient du fait que les prix en monnaie des choses sont des quantités de monnaie unitaires des choses convenues par les gens et qu'ils ne doivent pas être confondus avec les quantités échangées de choses.

Ils ne doivent pas non plus être séparés de celles-ci et mis au second plan comme c'est le cas en économie politique depuis la décennie 1930.

Grande différence à remarquer, les hommes de l'état ont rapproché les pays les uns des autres, des unions formelles ou informelles, conflictuelles ou non, sont développées entre ces derniers (l'Union européenne est exemplaire...).


5. Les variations de prix en monnaie des choses.

A fortiori, les variations des prix des choses dans le passé ne doivent pas être prises pour un trouble, une perturbation, voire une crise (cf. ce texte de novembre 2015), mais comme la solution d'une difficulté plus ou moins inconnue.

Malheureusement, c'est encore le cas depuis au moins la décennie 1930.

En effet, depuis cette période, les hommes de l'état ont promu l'idée que l'instabilité des prix en monnaie des choses étaient une mauvaise situation économique et que la stabilité était la bonne, même si la situation obtenue a été différente et si une majorité de gens a écoutés néanmoins leur propos.

Et, malgré la situation opposée qui en résulte, ils se font forts de faire en sorte que, par les politiques qu'ils mènent, les prix en monnaie soient stables, quitte à bloquer tel ou tel prix, voire la totalité, par la réglementation.


6. L'échec lancinant.


Je devrais écrire : "ils se faisaient forts...".

Aujourd'hui, ils semblent se rendre compte que la situation qu'ils ont en ligne de mire n'est plus celle, en définitive socialiste, qu'ils s'étaient donnés depuis la décennie 1930.

Ils ont commencé à comprendre, semble-t-il, que la réglementation des prix en monnaie des choses était vaine.

Hier, les hommes de l'état mettaient l'accent sur les prix du blé, de l'or ou de l'argent,  ou sur le salaire du travailleur.

Aujourd'hui, ne sachant que faire réellement sinon "communiquer"..., ils ne peuvent que regarder évoluer les prix du pétrole, les taux de change des monnaies étatiques réglementées, les prix des actifs des marchés financiers, les taux d'intérêt, la mobilité des travailleurs et accumuler les déficits des finances publiques (par exemple, cas de l'état de la France ci-contre).
                                            
                                               Tableau

 


Source : Le Figaro.


Ils ne comprennent pas les causes des prix en monnaie et donc de leurs variations ou les dénaturent.

Ils croient à l'auto-réalisation des anticipations de prix en monnaie qu'ils osent encore prédire.


7. Un dernier mot.

Ils sont donc à 180 degrés de la situation économique nécessaire à restaurer qui consiste à voir dans les variations de prix en monnaie des choses, la solution aux troubles que les hommes de l'état ont créés.







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