Paris, le 24 janvier 2015.




Les graphiques 1 et 2 ci-dessous montrent l'évolution de la quantité d'€uro depuis que ce dernier a commencé à exister, en 1999, sous les formes M1 et M3:

                                      Graphique 1

Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?id=MYAGM1EZM196N,

et
                                      Graphique 2

Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?id=MYAGM3EZM196N

Le fonctionnement des banques de second rang de la zone €uro, caché par ces résultats, ne doit pas faire oublier leur tutelle, à savoir la banque centrale européenne, dont le graphique 3 ci-dessous montre l'évolution des actifs dans la même période :

                                     Graphique 3

Source : https://research.stlouisfed.org/fred2/series/ECBASSETS

Il saute aux yeux que les faits et gestes de la B.C.E. depuis 2008, en particulier en 2011-12, n'ont pas eu d'effet correspondant, jusqu'à présent ..., sur les quantités d'€uro produites par les banques de second rang.

En d'autres termes, il semble qu'il n'y ait pas de tutelle réglementaire effective de la B.C.E. sur les banques de second rang.


En ce qui concerne l'économie de la France, force est de constater que les évolutions précédentes n'ont pas eu l'impact souhaité sur le produit intérieur brut quand on regarde son évolution dans la période 2000-2013 (cf. graphique 4):

                                Graphique 4

Source : http://philippewaechter.nam.natixis.com/2013/05/15/profil-du-pib-en-france-et-en-allemagne-au-premier-trimestre-2013/

Le P.I.B. stagne depuis 2008 (cf. ce texte de mai 2009).

Qu'en déduire ?


Une chose est certaine: un banquier achète à un client une créance contre des €uro qu'il lui vend, c'est l'échange financier fondamental.
Il s'ensuit un prix en €uro ou, si on préfère, une quantité unitaire d'€uro convenue entre le banquier et son débiteur (le prix cache un taux d'intérêt fonction de la durée).

La quantité d'€uro ainsi en échange accroît ponctuellement la quantité totale ou comptabilisée d'€uro, toutes choses égales par ailleurs, et la quantité d'€uro en circulation, convenue.


Si le débiteur initial est un état, la créance achetée par le banquier de second rang est dénommée "dette souveraine".

Longtemps, et contre toute attente (cf. graphique 5)

                                Graphique 5



les financiers ont estimé que les dettes souveraines étaient des actifs sans risque pour tout un chacun et ont construit des modèles mathématiques écoutés par les "dirigeants", à partir de cette hypothèse absurde.


Depuis les "ennuis" de l'état grec (cf. ce texte de février 2010), tout cela s'est envolé.

Soit dit en passant, en janvier 2015, le "risque souverain" grec est évalué par les chiffres donnés dans le graphique 6 ci-dessous:

                                  Graphique 6
 
Sur les € 270 milliards en jeu, la France supporte près de 20%.


La doctrine de cet ordre, c'est-à-dire financière, a été anéantie (cf. ce texte d'octobre 2008) loin de la développer comme il l'aurait fallu (cf. ce texte d'octobre 2009). 
N'oublions jamais qu'en 1913, la France était le banquier du monde (cf. ce texte de décembre 2012)

En vérité, il ne s'agissait pas d'une simplification, mais d'une complication qui faisait plaisir à leurs constructeurs et à ceux qui les écoutaient.


Bref, la B.C.E. a eu l'occasion d'acheter des créances aux états ces dernières années (cf. ce texte de juillet 2009).

Et la B.C.E. se propose de recommencer à partir de mars prochain ...

Le 22 janvier 2015, le banquier central de la zone €uro a en effet annoncé un nouvel adoucissement de la quantité d'€uro sur les deux années à venir (cf. la présentation de Mario Draghi).

A partir de mars 2015 et jusqu'en septembre 2016 au moins, la B.C.E. va récupérer jursqu'à 60 milliards d'euros de dettes par mois en appliquant l'«assouplissement quantitatif».


Pourquoi l'assouplissement aurait il des effets différents de ceux qui ne se sont pas produits antérieurement comme désirés (cf. ce texte de mai 2009) ?

Aucune doctrine économique ne justifie le choix politique (cf. ce texte de novembre 2008 ou ce texte de Mises de 1962).


Où cela conduira-t-il?

On sait que, selon le choix du créancier qui reçoit du débiteur la quantité d'€uro, la quantité totale pourra diminuer ou non (en fonction de la thésaurisation), la quantité en circulation pourra diminuer, ne pas varier ou augmenter, selon qu'il y aura ou non de nouveaux échanges du créancier avec autrui.

Personne ne sait aujourd'hui ce que deviendront les échanges qui résulteront des créances achetées par la B.C.E., sauf à faire valoir l'hyperinflation, ce qui ne s'est pas produit dans le récent passé (cf. ce texte d'avril 2009)!





Retour au sommaire.