Paris, le 16 janvier 2007.


1. Création de richesses.

2002

Le PIB de la France a franchi la barre symbolique des :

              10 000 milliards de francs

soit 10 puissance 13 francs !

Le fait est passé inaperçu, il a en particulier échappé à la sagacité de la classe médiatico-politique.

La cause vraisemblable : les autorités françaises avaient fait abandonner quelques temps plus tôt la vieille monnaie nationale dénommée "franc français" - et par conséquent, l'évaluation des choses dans son unité - pour adopter, à la place, la "monnaie régionale", construite politiquement de toutes pièces, dénommée "euro". Rappelons que 1 euro = 6,55957 francs.


2007

le PIB de la France franchira, selon toute vraisemblance, la barre des:

                            11 000 milliards de francs.

Bref, en cinq ans, 
                              1 000 milliards de francs de création annuelle de richesses supplémentaires auront été générés.


2. Institution présidentielle.

2002

le Président de la République en exercice a terminé son septennat, mais pour se représenter, être élu en mai et commencer ainsi un quinquennat (la loi constitutionnelle avait été réformée entre temps et transformé le septennat en quinquennat).


2007

selon toute vraisemblance, le Président de la République en exercice terminera son quinquennat et ne se représentera pas pour tenter d'être élu une troisième fois.
Il y a dix ans (1996), il occupait donc déjà la fonction, mais dix ans auparavant (1986), il était Premier Ministre de Mitterrand - pour soi disant, mener une politique libérale - .

Vingt ans auparavant (1976), il démissionnait avec fracas de son poste de Premier Ministre de Giscard - car soi disant, il n'avait pas les moyens de mener la politique qu'il voulait, à savoir une politique du type "travaillisme à la française" - .

Et dix ans encore auparavant (1967), il devenait secrétaire d'Etat aux affaires sociales, chargé des problèmes de l'emploi, dans un gouvernement Pompidou sous la férule de De Gaulle.
A ce propos, on peut lire André Bergeron :



"Lors d'une de mes présidences du Conseil d'administration de l'assurance-chômage, j'ai très largement participé à la mise au point des ordonnances sur l'emploi de 1967.
Les discussions furent menées avec Jacques Chirac - alors secrétaire d'État à l'emploi - et ses collaborateurs.
Désormais, la responsabilité du financement de l'aide publique était confiée à l'État. Les communes en ayant été déchargées, quel que soit le lieu de leur résidence, les chômeurs pouvaient percevoir les aides gouvernementales dont le paiement fut confié aux ASSEDIC.
Ainsi, un des objectifs visé par les créateurs de l'assurance-chômage était atteint.
Le rôle primordial de l'UNEDIC était consacré. Sa compétence a été étendue à l'ensemble de l'industrie, du commerce et de l'agriculture, ainsi qu'à une grande partie du secteur public.[...]
Seulement les charges qui en sont résultées sont à l'origine des premières difficultés financières du régime. De ce fait la cotisation a du être portée à 0,35% du salaire en 1968 et à 0,40% en 1969."

Ne serait-ce qu'à cause de ce qu'est devenu le chômage en France..., tout cela suffit.


3. Le budget de l'Etat et le marché politique.

2002

le budget de l'Etat qui avait été confectionné par le gouvernement Jospin sous les auspices du Président de la République en exercice et rapiécé par icelui, une fois réélu et doté d'un gouvernement Raffarin selon son coeur, connaissait un déficit voisin de :

                     300 milliards de francs

soit 45 milliards d'euros.

Soit dit en passant, pour donner une petite idée de l'importance considérable du montant, 45 milliards d'euros représentent la moitié de la capitalisation boursière d'EDF en novembre 2006... , privatisé partiellement entre temps.

Mais 2003, idem, 2004, idem, 2005, idem, 2006, idem : cf. par exemple
* http://blog.georgeslane.fr/category/Finances-publiques ;
* Finances publiques de France et Art du mensonge (avril 2005) ;
* Les causes de l'endettement public croissant (juin 2005) ;
* Anti dote au rapport Pébereau (décembre 2005) ;
* 0,14 pour 1, au crépuscule (décembre 2005) ;
* Rectification : un moment d'impudence (janvier 2006) :
* A 5,5 milliards d’euros d’erreurs près. (juillet 2006).


En d'autres termes, depuis des années, les dépenses de l'Etat sont systématiquement majorées par rapport aux impôts payés de près de :

                         300 milliards de francs.

Est-ce à dire qu'en cinq ans, la dette de l'Etat - notre dette de contribuables de l'Etat - a augmenté de :

                      1500 milliards de francs

et cela malgré les diverses privatisations, partielles ou totales, d'entreprises dites "publiques" ?

Si la comptabilité publique était une comptabilité digne de ce nom, il en serait ainsi...
Mais ce n'est pas le cas (cf. rapports de la Cour des Comptes).
Admettons le néanmoins en première approximation : l'erreur d'appréciation nous semble moins grave à l'admettre qu'à ne pas l'admettre.


2007

le déficit du budget de l'Etat voté et prévu en 2006 pour 2007 par la dernière "Loi de finances" est du même ordre :

                                   42 milliards d'euros.

Fin 2007, si le marché financier le veut bien, la dette cumulée de l'Etat -i.e. la nôtre en tant que contribuables - aura donc augmenté d'environ :

         1 800 milliards de francs pendant le quinquennat,

i.e. de :
                        3 capitalisations d'EDF !

Toutes choses égales par ailleurs et par comparaison, le PIB de 2002 - les 10 000 milliards de francs - était donc grevé de :

                            300 milliards de francs

à aller quêter sur le marché financier ; 

celui de 2007 - les 11000 milliards de francs - sera grevé non pas d'une quête de 300 milliards de francs - comme certains tendent à le faire croire par tous les moyens, même les plus malhonnêtes -, mais d'une gestion de :

                      1800 milliards de francs

- comme certains disent "élégamment" -.

Soit dit en passant à ceux qui recourent au moyen malhonnête de faire allusion au taux maximum du déficit en pourcentage du PIB égal à :

                             3%

- qui n'est plus dépassé... -, ils oublient volontairement ou non que, selon les accords passés dans la décennie 1990, leurs homologues, à défaut d'eux-mêmes, avaient fixé ce taux à :

                           0% en 2002 !


4. Le marché financier.

Si les hommes de l'Etat ont une mémoire sélective dans le meilleur des cas et, dans le pire, pas de mémoire du tout, le marché financier non seulement se souvient de tout, mais encore se forme en permanence des espérances nouvelles dont l'horizon n'est pas celui de la prochaine élection ... gagnée ou perdue ... par tel ou tel dans tel ou tel pays, mais celui des processus d'investissement qu'il estime dignes d'intérêt et donc d'appui.


5. Marché financier contre marché politique ?

Le marché politique de la France n'est guère comparable à un tel processus depuis qu'en particulier, il a été verrouillé (début de la décennie 1990) par le Parlement. 
Sous prétexte de mettre fin à la corruption qui l'avait laminé les décennies précédentes, les parlementaires n'ont pas trouvé mieux que de voter le financement public des partis politiques.
A défaut de végéter sur la corruption, le marché voguera désormais sur le vol légal.

Il convient de souligner qu'à cette occasion, les contribuables de France se "sont donc faits avoir" deux fois :
d'une part, par la corruption de Mitterrand et les quarante voleurs,
d'autre part, par le verrouillage du marché politique par Chirac et les quarante menteurs à cause d'un prétexte pris à rebours et partant fallacieux.

Et ce n'est pas fini (cf. la "non affaire" Clearstream, le capitalisme de connivence étatique a de beaux jours devant lui).

C'est donc le marché financier qui vous donnera, un jour prochain, l'addition que vous demandez - et non pas moi - si la tendance que je viens de rappeler continue à croître et embellir.


Comment conjurer la tendance ?

* Soit en ne votant pas, ce qui mettra fin de fait au marché politique inique que la France connaît désormais depuis plusieurs années ;

* soit en votant, mais bien... Je ne saurais trop vous renvoyer dans ce but au Guide du Candidat:




Epilogue provisoire.


Pour avoir une idée des résultats des élections, on pourra se reporter à un texte que j'ai écrit à ce propos sur La page libérale.



Retour à finance publique.