Paris, le 2 juillet 2015.





1. Le socialo-communisme.

Le "mal monétaire" que connaît l'économie mondiale depuis la décennie 1930 a été provoqué par l'idée des bienfaits du socialo-communisme et par l'idée de leur augmentation auprès des gens.

Elle a ainsi emporté l'opinion publique (cf. Hayek, 1933, "The Trend of Economic Thinking", Economica,mai, pp.121-137) et par le chemin des politiques qui s'y est assorti.


2. Les réglementations monétaires.

Malgré cela, deux grands effets néfastes de la double idée, devenue une réalité aux mains des oligarques, se sont produits en 1971-73 pour une partie d'entre eux (cf. ce texte de juillet 2011), puis en 1979 pour une autre sous partie de cette dernière, à savoir la "zone €uro" (cf. ce texte de août 2013).


3. Le "Grexit".

La sortie de la Grèce du chaos, dénommé aussi "zone €uro", - ce que les anglophones appellent "Grexit" -, est le premier événement potentiel -pour l'instant...- marquant, pouvant mettre un terme à ce cheminement du socialo-communisme ambiant vers son but logique, le néant (cf. ce texte de mars 2012 sur la"comédie attique ").

En effet, primo, dans les "grandes révolutions" dont parle l'Histoire, celle-ci nous apprend qu'il existe toujours un moment où les oligarques (monarques ou diarques inclus) mènent des actions qui s'opposent au cheminement vers le néant où ils conduisaient le peuple et qui font qu'eux mêmes disparaissent plutôt que l'issue où ils ciblaient le peuple.

En vérité, la révolution n'est pas dans ce que l'Histoire dénomment par le mot, mais dans l'issue potentielle qui s'est réalisée et qu'elle raconte, mais sur quoi elle est le plus souvent muette.

Par exemple, la vraie révolution française n'est pas dans les événements de 1789 et d'après, mais dans la création de l'empire par Napoléon Bonaparte...


Secundo, un des effets du socialo-communisme est d'accumuler les méfaits au point que ces tenants n'y puisse "mais" et qu'ils disparaissent simultanément, le cas échéant, avec pertes et fracas.

C'est ainsi que la grande disparition totale en date d'un phénomène politique est celle de l'U.R.S.S., début décennie 1990, alors qu'elle avait été créée en 1917.

Mais beaucoup de pays ont, chacun, aujourd'hui, une situation économique qui approche celle de l'U.R.S.S. d'hier et qui procède de leur état oligarchique obèse.


4. L'oligarchie.

Au cœur de l'oligarchie, il y a les actions des oligarques qui se moquent des échanges des marchandises et qui procèdent par vols et subventions jusqu'au jour où il n'y a plus rien à voler.

En vérité, l'expérience a démontré que cela se produit "bien avant" ce cas ultime, comme le remarquait Vilfredo Pareto à la fin du XIXème siècle, quand il écrivait:

« Ce qui limite la spoliation c'est rarement la résistance des spoliés;
c'est plutôt les pertes
qu'elle inflige à tout le pays et
qui retombent en partie sur les spoliateurs » (Pareto, 1896-97, p. 382).

            " Jeu entre Varoufakis et Schaeuble..."




















Et, à ceux qui pensent le contraire et qui cheminent sur le socialo-communisme, tout cela ne doit pas faire oublier le propos de François René de Chateaubriand selon quoi :

"[...] regardez à la fin d'un fait accompli, et vous verrez qu'il a toujours produit le contraire de ce qu'on en attendait, quand il n'a point été établi d'abord sur la morale et la justice." (cf. texte d'avril 2009)

Le socialo-communisme ignore la morale et la justice.

N'en déplaise à ceux qui voient dans l'économie politique une science qui doit raisonner "wertfreiheit".


5. Les échanges de marchandises.


Il faut en effet savoir que, sans échange de marchandises (et malgré toutes les considérations que les marchandises cachent), ce qu'on dénomme "monnaie" aujourd'hui n'aurait pas vu le jour.

On entend par "échange de marchandises" soit l'acte d'échange mené par la personne, soit les résultats de celui-là, une fois mené.

Une (quantité de) marchandise est toujours une (quantité de) chose, soit échangée, soit jugée échangeable étant donné les capacités juridiques, techniques ou économiques de chacun.

Abouti, un échange sans monnaie est le résultat d'un échange direct de marchandises entre deux personnes de bonne composition, mais d'avis - besoins ou désirs - opposés.

Leurs avis opposés leur a permis de s'accorder, d'égaliser ou d'équilibrer l'échange en question par un prix dit "relatif", quantité d'une marchandise rapportée à l'autre.

Mais l'acte d'échange est coûteux à mener par chacun.
Le coût est d'ailleurs un aspect de la valeur, notion spécifique de la science qu'est l'économie politique et qui permet de la distinguer des autres sciences.
Ce point est en général ignoré par les mathématiciens ou les physiciens.

En particulier, les coûts donnés aux marchandises peuvent faire que celles-ci n'existent pas, à cause de leurs coûts jugés "trop élevés" (cf. ce texte de juillet 2014).

a. La marchandise intermédiaire.

Dans un lointain passé, les activités des gens ont fait que des marchandises sont devenues "intermédiaires" de leurs échanges, ils ont inventé, de cette façon, ce qui va être dénommé par la suite "monnaie".
Grâce à la marchandise intermédiaire "monnaie", ils ont vu leurs coûts d'échange "amoindris" en conséquence.

En effet, avec à la fois la prise en considération du coût de l'échange et l'effort d'amoindrissement de ce coût par les personnes réussi, de nouvelles marchandises "intermédiaires" ont vu le jour.

Pour ne pas remonter trop loin dans le passé, on dira qu'elles l'ont été d'abord en tant que telles, dans le monde réel des marchandises, sous le titre "pièces de monnaie", puis en tant que support à des substituts bancaires dans le monde financier, enfin en tant que "substituts de rien"... à la suite des réglementations du XXème siècle dans le marché oligarchique (cf. ci-dessous et ce texte d'août 2013).

b. L'échange indirect.

Il faut savoir qu'abouti, un échange de marchandises avec monnaie est le résultat d'un échange indirect de marchandises entre, non pas deux, mais au moins trois personnes, dont une des trois intéresse, seule, l'économiste.

Celle qui intéresse l'économiste est la personne qui va d'abord offrir des marchandises contre de la marchandise intermédiaire, puis demander des marchandises qu'elle préfère avec la marchandise intermédiaire qu'elle a acquise et qu'elle ne possédait pas.

Autrement dit, primo, la personne en question offre des marchandises à une personne qui en demande et qui possède donc de la marchandise intermédiaire.

Secundo, pour autant que ce premier échange aboutit et donne lieu à un prix en monnaie, elle demande d'autres marchandises qu'elle préfère avec la marchandise intermédiaire qu'elle a acquise, à une troisième personne qui offre les marchandises en question.

Pour autant que ce second échange de marchandises aboutit lui aussi, l'échange indirect que la personne ciblé par l'économiste a mené a donné lieu à deux prix en monnaie qui ne sauraient être assimilés à une égalité ou à un équilibre, mais devraient l'être à une suite, à une série ou à une succession d'actes de la personne en question.

En d'autres termes encore, la personne prise en considération par l'économiste a fait passer une marchandise intermédiaire possédée par une personne qui demandait une marchandise, à une autre qui en offrait une, d'où son qualificatif.

Il faut y insister : la démarche exclut toute égalité ou équilibre économique général.

Soit dit en passant, il est ordinaire d'entendre dire, depuis au moins la décennie 1930, que "ce qu'on dénomme 'monnaie' divise le temps".

Ce propos est une grave erreur.

Ce n'est pas le temps, notion de science physique ou abstraction mathématique, qu'il convient de faire intervenir en économie politique, mais la valeur de l'acte d'échange que lui donne la personne, qui lui permet d'offrir, puis de demander des marchandises.

Qu'à cela ne tienne, John Maynard Keynes (1883-1946) s'y est vautré.
C'est lui qui a écrit:
 
"[...] l'importance de la monnaie découle essentiellement du fait qu'elle constitue un lien entre présent et avenir (Keynes, op.cit., p.309)

en anglais :

"For the importance of money essentially flows from its being a link between the present and the future."  (https://ebooks.adelaide.edu.au/k/keynes/john_maynard/k44g/chapter21
)

ou que :

"la monnaie, envisagée dans ses attributs spécifiques, est surtout un instrument subtil pour lier le présent et l'avenir."(ibid. p. 310).

en anglais :

"Money in its significant attributes is, above all, a subtle device for linking the present to the future". (ibid.)


6. La "liquidité".

Le socialo-communisme ne se refuse rien.
A l'erreur précédente, il a même juxtaposé une fausse notion, à savoir celle de "liquidité".

Pourquoi la notion de "liquidité" a-t-elle été préférée à celle d'"échangeabilité" alors qu'existaient déjà celle de "vendabilité" (chez les "économistes autrichiens") et celle de "pouvoir d'achat" (chez la plupart des économistes) ?

Parce qu'elle avait un parfum de "physico-chimie" chère à certains économistes !


Keynes, encore lui, l'a développée comme synonyme de ce qu'on dénomme "monnaie" au travers de la notion théorique de "préférence pour la liquidité" (chap.15 de son ouvrage intitulé Théorie de l'emploi de l'intérêt et de la monnaie - en anglais : https://ebooks.adelaide.edu.au/k/keynes/john_maynard/k44g/chapter15.html ) - 1936).

Soit dit en passant, selon Friedrich von Hayek dans Denationalisation of Money (1978, p.71n), il semblerait que le mot "liquidité" ait été introduit depuis au moins Carlile (1901) qui parlait de “liquid asset” -
https://archive.org/details/evolutionofmoder00carluoft).

Pour sa part, Gustav Cassel (1866-1945) s'était intéressé, quant à lui, à la comptabilité des échanges effectués permise par ce qu'on dénommait "monnaie" et au remboursement prochain attendu des créances par le propriétaire, en faisant intervenir la notion de "liquidité".

Dans cette perspective, la liquidité n'était donc qu'une considération comptable, un rapport de la créance en monnaie à la créance en monnaie à sa maturité prochaine convenue (premier sens du mot) (c'est ce qu’en a dit Hutt, 1956, dans “The Yield from Money Held”, dans Sennholz, M. (ed.), On Freedom and Free Enterprise: Essays in Honor of Ludwig von Mises, Mises Institute).

Au moment où l'interdiction de la convertibilité monétaire a commencé à dénaturer ce qu'on avait dénommé jusqu'alors "monnaie" (décennie 1930), tout a tendu à changer.
La liquidité allait acquérir un sens particulier synonyme d'échangeabilité (deuxième sens du mot).

Pire que les réglementations de la monnaie à quoi l'étude de la monnaie devrait inciter, il y a eu en effet l'accent mis sur la "préférence pour la liquidité", ancre du motif de spéculation keynésien prise par beaucoup pour référence générale de la demande de monnaie.
Keynes avait ainsi enfoncé le clou en parlant de "préférence pour la liquidité" pour désigner une composante de la demande de monnaie dans l'ouvrage de 1936.
Malheur à Keynes d'avoir repris cette notion de "liquidité" dans la théorie économique.

Par exemple, vingt six ans plus tard, en 1962, John Hicks (1904-1989)ne se retrouvait toujours pas dans les limites de la notion (cf. Hicks, 1962).

Suite au rapport Radcliffe (1957), Hicks est revenu sur la notion de liquidité à quoi il s'était intéressé, en particulier, en 1935 en relation avec ce qu'il avait dénommé alors "frictions".
Il faut reconnaître que, d'une part, les "frictions" étaient pour lui une façon de ne pas parler des coûts d’opportunité des actes d'échange ...
D'autre part, les frictions s'opposaient implicitement à la "préférence pour la liquidité" de Keynes qui avait laissé de côté le coût d'opportunité des actes d'échange des gens entre "monnaie" et "créances/dettes en monnaie".

Elles étaient une autre façon de parler de la notion mathématique de l'« élasticité prix » imparfaite des actifs, i.e. non infinie.

Il ne semble pas excessif de dire qu'en est résulté un quatrième sens de la liquidité – celui de « double détente » comme disent des juristes - en relation avec les prix en monnaie des actifs et la concurrence entre les marchés financiers.

D’une part, elle a contribué à faire supposer que les créances/dettes et les actions de société (hypothèse des statisticiens) peuvent être confondues pour en faire des actifs homogènes en monnaie.
Depuis la décennie 1950, les "financiers" parlent ainsi de "liquidité parfaite" pour désigner une concurrence à élasticité des "prix des actifs" infinie.
La liquidité est imparfaite quand l'élasticité n'est pas infinie.

D’autre part, elle a contribué à faire supposer que les créances/dettes de l’Etat ne présentent pas de risque. Elles auraient un risque nul.


7. Un dernier mot.

A fortiori, aujourd'hui, les journalistes sont perdus, avec raison, par la notion de liquidité quand ils entendent les politiques pérorer la notion d'"emergency liquidity assistance" (sigle "E.L.A.") permise par les statuts de la Banque centrale européenne (cf. le texte en français sur la "fourniture de liquidités d'urgence" - sigle "flu" -  http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/201402_elaprocedures.fr.pdf?db6b90f1d0fce516f09a555164c8adf8).

Elle ne peut rien leur signifier !

Ce n'est pas par manque ou par excès de "liquidité" que le Grexit est potentiel.
C'est à cause des oligarques de tout poil qui font fi des échanges de marchandises par les gens, qui parlent certes de "produit intérieur brut - P.I.B.- marchand" (cf. ce texte), mais qui statufie le budget de l'état.
Ce budget résulte des voies et moyens de la loi de finance annuelle et contribue au P.I.B. total en y ajoutant le "P.I.B. non marchand", fausse valeur par excellence, que la liquidité contribue à cacher.

La valeur donnée à la Grèce se trouve ainsi dans la fausseté qu'est le P.I.B. non marchand insupportable, à la volonté de ses oligarques.

Des financiers, incultes en grande partie en économie politique (cf. ce texte), semblent s'en inquiéter au point de revenir dans leur propos au début de la notion de liquidité dans le domaine, à savoir le contexte des règles de vrai droit comptable (partie double et droits constatés), et d'y rajouter la notion complémentaire de "solvabilité".

La monnaie, de la liquidité à la solvabilité ?
Bien sûr que non !

Ils démontrent, à leur façon, que la sortie potentielle de la Grèce de la zone €uro n'est pas le problème de monnaie que beaucoup veulent bien dire, mais un problème de "monnaie réglementée" par des politiques incompétents dans le domaine, nécessairement absurde (cf. ce texte de février 2010).

J'aurai l'occasion de reparler du sujet dans de prochains billets.






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