mapom12









Paris, le 1er octobre 2016.








1. Intermédiaire, liaison et organisation.


Un intermédiaire de quoi que ce soit peut-il ne pas cacher une organisation ?

On l'oublie souvent: un intermédiaire est lié à l'organisation qui le sous-tend quand il n'est pas l'organisation soi-même.

Et au lieu de s'intéresser à l'organisation, on s'intéresse à l'intermédiaire...

L'intermédiaire est au moins l'intérieur d'une liaison alors que la liaison est l'extérieur de l'intermédiaire ...

Tout intermédiaire cache une organisation assise sur au moins deux médiats.

Il le fait comme le fait tout entrepreneur, tout entremetteur, tout entre-deux pour ne pas dire tout entracte, tout international.


2. Intermédiaire des échanges et échange indirect.

Il revient au même de parler d'"intermédiaire des échanges" comme le faisait J.B. Say dans son livre intitulé Catéchisme de l'économie politique (1815) ou d'"échange indirect" comme l'ont fait, plus près de nous, Ludwig von Mises ou Israel Kirzner dans maints ouvrages.

Seuls leurs points de vue différents rendent les deux expressions apparemment éloignées.

L'expression de Say est en fait doublement imprécise, elle devrait être complétée par:
- d'une part, la récurrence et
- d'autre part, la séquence de l'offre de chose par la personne juridique physique, vous et moi, puis de sa demande.

a. Récurrence.

Pour avoir été cernée et pérennisée, la chose qui est devenue ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui a été nécessairement récurrente.

Si elle ne l'avait pas été, jamais elle n'aurait reçu progressivement le nom générique de "monnaie".

b. Séquence.

De façon très judicieuse, Say expliquait que les gens offraient des choses pour pouvoir, ensuite, en demander d'autres.

Il n'inversait pas la causalité contrairement à ce que feront les "marxistes" qui voudront qu'on demandât pour pouvoir offrir !

Les gens étaient prêts, individuellement, à abandonner des choses en propriété pour pouvoir, ensuite, acquérir, celles qu'ils préféraient.

Par "choses", il entendait autant les objets que les services.

c. Echange indirect.

Ce faisant, les échanges évoqués implicitement étaient successivement, du point de vue de telle ou telle personne,
- une offre qui devait trouver une demande, puis
- une demande qui devait trouver une offre,
la première demande résultant d'une offre antérieure et la dernière offre d'une demande à attendre. 

En d'autres termes, sans le dire, l'"intermédiaire des échanges" de Say allait de pair avec ce que Ludwig von Mises ou Friedrich von Hayek ont dénommé par la suite "échange indirect" (cf. ce texte de février 2016).

Ex post, tout échange indirect mené par une personne juridique physique est une séquence d'une offre suivie d'une demande, l'offre ayant rencontré une demande (qui cache une offre antérieure, autre échange indirect) et la demande une offre (qui fait prévoir une demande, troisième échange indirect).


3. Méthode et mesure.

L'échange indirect n'a rien à voir avec ce qu'est censé mesurer le monopole étatique de production de données qu'est l'IN.S.E.E. (créé en 1946) et qui consiste,
- pour les uns, en un équilibre économique général ou,
- pour les autres, en un équilibre macroéconomique.
Peu importe le choix.

La mesure n'a aucune réalité en l'espèce et ce qui en est déduit encore moins ... si on puit dire.

L'activité économique évoquée n'en est pas une, mais un résultat des échanges des gens (Etat inclus) jamais évoqué étant donné
- le discours marxiste ambiant qui met l'accent sur la production ou
- le keynésien qui le met sur la consommation "qui tirerait la croissance".

Quel échange de choses?

Celui de l'offre ou celui de la demande?

L'ensemble des deux ?

Mais alors quelle offre antérieure ou quelle demande à venir?


4. "CQDAMA"

Quand il est question de ce qu'on dénomme abusivement "monnaie" aujourd'hui (sigle "CQDAMA"), la question préliminaire est évidente.

Mais, il est oublié ce qu'avait expliqué Say (1815), à savoir qu'étant donné l'échange - sous-entendu "indirect" de choses en propriété à quoi il se réfèrait implicitement ... -

"La monnaie n’est pas le but, mais seulement l’intermédiaire des échanges [...]
Elle entre passagèrement en notre possession quand nous vendons ;
elle en sort quand nous achetons, et va servir à d’autres personnes de la même manière qu’elle nous a servi." (Say, 1815, p.49).


Il est classique de ne pas voir dans "CQDAMA" l'organisation spontanée à quoi il a donné lieu dans un lointain passé et qui en est arrivé à devenir progressivement, mais pas de façon régulière, un système monétaire ... dirigiste, socialiste, à destruction permanente.

Ce qui s'est produit au XXème siècle a été édifiant et cela continue de plus belle aujourd'hui.


5. Coût des échanges.

Il est caché que "CQDAMA" s'explique par les coûts des échanges des gens désireux d'améliorer, chacun, leur situation par le choix de mener l'acte d'échange.

La notion de "coût des échanges", notion récente dans la théorie économique dominante, est d'ailleurs dénommée faussement "coût de transaction", anglicisme notoire, par certains économistes comme si la transaction n'était pas un moment de tout échange, celui du débat par les parties (cf. Bastiat, 1850, l'échange), sauf bien sûr quand les prix sont supposés imposés par les hommes de l'état ou ce qui est dénommé "concurrence", en vigueur.





Retour au sommaire.