Paris, le 13 décembre 2014.





La monétisation de créances (crédits, prêts) par la banque centrale européenne est, aujourd'hui, l'objet de débats aigüs.

E
st tout aussi aigüe l'absence de doctrine justifiant le privilège de monopole donné à l'organisme, dont l'idée absurde que la banque centrale européenne aurait la capacité d'accroître la quantité de ce qu'on dénomme "monnaie €uro" comme elle le désirerait.

Mon but n'est pas, dans ce billet, de faire de l'"histoire de la pensée économique" sur la question de la monétisation de la monnaie, jusqu'à ce qu'on dénomme sans raison "monnaie" aujourd'hui.

Il est seulement de rendre à la logique de la "théorie de la quantité de monnaie" ce pour quoi elle aurait dû toujours être prise, à savoir une proposition de logique, une tautologie, non vérifiable par conséquent, au malheur des statisticiens.

Soit dit en passant, curieusement, en France, plutôt que de parler de "théorie de la quantité de monnaie", il est question de "théorie quantitative de la monnaie".
"Pourquoi pas", dira-t-on, mais la quantité de monnaie en supporte les conséquences.
On ne parle pas pour autant de quantité de monnaie, mais de "masse monétaire" sans explication.
Pourquoi "masse" plutôt que "quantité"?
Le mot « monnaie » devrait être banni une bonne fois pour toutes sauf, bien sûr, à vouloir appeler « chat » un chien mais aussi à risquer de se faire mordre...
En France, le bon sens populaire semble d'ailleurs avoir renoncé au mot « monnaie » mais pour de mauvaises raisons puisqu'il n'hésite pas à parler, à la place, d' « argent »... et que l' « argent » en question n'est que du vent..., ou si on préfère, du papier, il n'est même pas le « chat » du chien...
Et on ne s'interroge pas sur le nominalisme de la monnaie qui a conduit à parler de "louis", de "franc", etc. plutôt que de propriétés de quantité de monnaie (poids, etc. point souligné par J.B. Say).
Cela a pourtant permis à la puissance publique de contrefaire la monnaie qu'elle s'était fait forte d'empêcher la contrefaçon.

En effet, il n’est guère de proposition de logique  - au bon sens du mot (cf. Léonard Peikoff, 1967) - plus certaine que celle qu'a proposée – et cache semble-t-il aujourd’hui tant elle est dévoyée - ce qui avait été dénommé depuis bien longtemps la « théorie de la quantité de monnaie ».

Malheureusement, la proposition a été dénaturée comme le montre la question actuelle du "quantitative easing program" aux Etats-Unis, autre façon de parler de la monétisation de la quantité de ce qu'on dénomme "monnaie €uro" dans la zone €uro, par des créances connues de la seule banque centrale européenne et de ses débiteurs.


1. La proposition de logique.

A l'origine, la proposition de logique avait mis en regard les variations de la quantité de monnaie en circulation et les variations des prix en monnaie des marchandises observés.

Elle avait soutenu que :

les variations de la quantité de monnaie en circulation dans un sens allaient de pair avec les variations des prix en monnaie des marchandises dans le même sens, voire la même proportion.

S'en était ensuivie une théorie de l'inflation ou de la déflation au terme de quoi :

il y avait inflation quand les variations de la quantité de monnaie en circulation et les variations des prix en monnaie des marchandises étaient positives, et inversement, pour la déflation, quand les variations étaient négatives.

Un point c’est tout, une fois la définition et la mesure des éléments en question, la quantité de monnaie en circulation et les prix en monnaie des marchandises, admis.

Comme on va le montrer et y insister ci-dessous, la "théorie de la quantité de monnaie" était ainsi, simplement, une tautologie centrée indirectement sur les quantités de monnaie unitaires convenues (sous-entendu, rapport d'une quantité de monnaie à une quantité de marchandise convenu) et directement sur leurs variations.
Et elle a été dévoyée.

Plus précisément, à l'origine, elle était une théorie d'une logique imparable qui reposait sur les éléments de la réalité suivants:
- les prix en monnaie des marchandises, les taux/rapports d'échange des marchandises ou bien les quantités de monnaie unitaires convenus par les personnes juridiques physiques, étaient synonymes,
- ils cachaient un changement de mains de la monnaie grosso modo à l'instant où l'on parlait, qu'il était usuel de dénommer "vitesse de circulation" de la monnaie,
- ils allaient de pair avec la quantité addition de quantités de monnaie unitaires ou la quantité de monnaie en circulation à quoi ils donnaient lieu, à chaque instant: pour leur part, taux d'échange des marchandises convenus ou quantités de monnaie unitaires convenues et quantité addition ou quantité de monnaie en circulation renvoyaient les uns aux autres ;
- il en était ainsi à l'instant "t", mais il en était aussi ainsi d'un instant au suivant.

En d'autres termes, le tout et les parties allaient de pair, la tautologie était parfaite.

Mais, du fait de certains économistes, la proposition est devenue une causalité  imaginaire entre les variations de la quantité de monnaie et les variations de prix en monnaie que beaucoup lui ont imputée par la suite, en particulier au XXème siècle, par exemple, Irving Fisher (1911) ou Milton Friedman (1956 ou 1970).

Malheureusement, nos savants économistes se sont coupés du point de vue initial et cela explique les mauvaises interprétations et les erreurs où ils se sont fourvoyés.


2. Prix en monnaie d'une marchandise, taux d'échange de marchandises convenu ou quantité de monnaie unitaire convenue.

En arrière plan de la théorie, il y avait l'idée que le prix en monnaie (noté "pi") d’une marchandise (notée "i") - "ce qu'on voyait" -, le taux d'échange de marchandises ou la quantité de monnaie unitaire (sous-entendu, quantité de monnaie (notée "dM" ) rapportée à une quantité de marchandise autre (notée "Xi")) entre deux personnes juridiques physiques, étaient synonymes - "ce qu'on ne voyait pas" -.

Les uns et les autres exprimaient l’accord de l’échange au sens juridique du mot, un accord à la fois synallagmatique et acquis pour les parties concernées. 

Sur la notion, le plus souvent ignorée, de "rapport/taux d’échange de deux marchandises entre deux personnes juridiques physiques", Vilfredo Pareto a beaucoup insisté à la fin du XIXè siècle (cf. ce texte de juillet 2014 sur la « boite de Vilfredo Pareto »). 

Le taux/rapport d’échange convenu entre la quantité de monnaie et la quantité de marchandise, la quantité de monnaie unitaire convenue ou le prix en monnaie de la marchandise étaient bien synonymes.
Symboliquement, aujourd’hui, on peut tout autant parler de "pi" que de « [(dM/Xi)i] ». 
On a:
               pi = [(dM/Xi)i] pour tout "i".

2.a. Généralisation.

A tous les prix en monnaie (pi, i=1, 2, etc.) des marchandises « i » échangées à l'échange/instant, se juxtaposaient donc, de façon plus ou moins cachée, les taux d'échange de marchandises convenus ou les quantités de monnaie unitaires convenues et consenties par les personnes juridiques physiques qui avaient échangé les marchandises ([(dM/Xi)i], i=1,2, etc.).

De fait, à ce stade, les économistes se sont séparés et ont suivi deux voies distinctes: les uns ont cherché à approfondir les prix en monnaie (Irving Fisher, Milton Friedman, etc.), les autres se sont préoccupés des quantités de monnaie unitaires (en particulier, Ludwig von Mises).

En sont résultés, pour les premiers, des indices statistiques du niveau des prix en monnaie du genre :

                  p = a1.p1 + a2.p2 + ... + an. pn

où les ai sont des coefficients - les bases des indices sont toujours créées pour une somme des ai égale à 100 -,

et, pour les seconds, une quantité addition des quantités de monnaie unitaires du type :

   M* = [(dM/X1)1] + [(dM/Xi)i] +... + [(dM/Xn)n]

qu'on peut aussi écrire:

    M* = b1.[(dM/X1)1] + b2. [(dM/Xi)i] +... + bn.[(dM/Xn)n]

où les bi sont des coefficients comparables aux ai précédents.

Pour ces derniers, il est possible d'identifier les bi aux Xi et, dans ce cas, on définit la quantité de monnaie en circulation:

   M* = X1.[(dM/X1)1] + X2. [(dM/Xi)i] +... + Xn.[(dM/Xn)n]

où les coefficients Xi sont donc les marchandises échangées.

Indice du niveau de prix en monnaie des marchandises et quantité de monnaie en circulation n'étaient que deux façons de rendre compte de la réalité à un moment donné.


2.b. Le succès provisoire des "économistes des prix en monnaie".

Reste que les "économistes des prix en monnaie" l'ont emporté jusqu'à présent sur les "économistes des quantités de monnaie unitaires".

En effet, les taux d'échange de marchandises et les quantités de monnaie unitaires convenus ou les prix en monnaie, à l'instant "t", permettaient, d'une part, de calculer un agrégat de leur addition.

Elle permettait, d'autre part, d'obtenir le calcul de l'agrégat en pondérant chacun de ces éléments par un coefficient.

Et les "économistes des prix en monnaie" ont calculé des indices du niveau de prix en monnaie des marchandises et les "économistes des quantités de monnaie en circulation" la quantité de monnaie en circulation (cf. relations ci-dessous).


3. Quantité addition de quantités de monnaie unitaires et quantité de monnaie en circulation. 

Pour les "économistes des quantités de monnaie unitaires", tous ces éléments ne sauraient cacher ou faire oublier ni la quantité addition de chacun, ni la quantité de monnaie en circulation dont ils ont été, chacun, un élément constitutif plus ou moins important.

La quantité addition calculée
des rapports d'échange ou des quantités de monnaie unitaires convenus était ainsi égale, à un facteur près, celui des volumes des marchandises échangées, à la quantité de monnaie en circulation, convenue.

La quantité addition et la quantité de monnaie en circulation étaient donc intimement liées à l'échelle précédente près, c'étaient deux façons de dire la même chose.


4. La tautologie.


La "théorie de la quantité de monnaie" n'a fait que prendre en considération ce fait logique de liaison intime entre la quantité addition des rapports d'échange de marchandises convenus (ou des quantités de monnaie unitaires convenues) et la quantité de monnaie en circulation, sans y insister.
Et en cela, la théorie était une tautologie.

En vérité, la "théorie de la quantité de monnaie" est allée au-delà, comme on le verra ci-dessous, d'une part, en reliant entre elles par l'idée, non plus les quantités, mais les variations des quantités, et, d'autre part, en mettant l'accent sur les prix en monnaie des marchandises plutôt que sur les quantités de monnaie unitaires.

Elle a fait valoir qu'il existait une proportion entre les deux types de variations, mais, rappelons-le, en mettant l'accent sur les seuls prix en monnaie des marchandises. 
Si la quantité de monnaie en circulation variait dans un sens, c’est que les prix en monnaie des marchandises variaient dans le même sens.
Et, réciproquement, si les prix en monnaie des marchandises variaient dans un sens, c’est que la quantité de monnaie en circulation variait dans le même sens.


5. L'introduction impromptue de la quantité de monnaie totale.


Quantité de monnaie en circulation et quantité addition des taux d'échange de marchandises convenus - ou bien des quantités de monnaie unitaires convenues ou bien des prix en monnaie des marchandises - allaient donc de pair en termes de variations, à un facteur multiplicatif près, à savoir l'échelle des volumes des marchandises, et renvoyaient les uns aux autres, sauf exception.

Quelle exception?

Pour répondre à la question, il faut faire intervenir une autre notion, exclue jusqu'à présent du raisonnement, à savoir la notion de "quantité de monnaie totale" produite et comptabilisée par les banquiers.

La "quantité de monnaie totale" diffère en effet de la quantité de monnaie en circulation à cause de l'exception que sont les phénomènes de "thésaurisation" ou de "dé-thésaurisation" qui dénomment l'écart (cf. texte de septembre 2014).
La quantité de monnaie totale et la quantité de monnaie en circulation ne renvoient plus l'une à l'autre.
La « thésaurisation » des personnes juridiques physiques est le choix de chacune de détenir de la monnaie-or ou -argent ou bien des substituts de monnaie bancaires plutôt que de les faire circuler, plutôt que de les échanger.

Dans une période de temps, ce choix peut varier d'un instant à l'autre et, par conséquent, peut varier le montant de la thésaurisation.

A priori, s’il n’y avait jamais eu thésaurisation dans le passé, la quantité de monnaie totale et la quantité de monnaie en circulation coïncideraient nécessairement.
En vérité, il y a eu thésaurisation, voire des pertes de monnaie, puis, le cas échéant, dé-thésaurisation, puis thésaurisation pour une raison ou pour une autre, etc., bref, il y a une différence.

Aujourd'hui, la question se pose toujours pour l'économiste de savoir, d'une part, dans quelle mesure la quantité de monnaie totale diffère de la quantité de monnaie en circulation et, d'autre part, dans quelle mesure la variation de la quantité de monnaie totale diffère de la variation de la quantité de monnaie en circulation.

Ces questions sont différentes de la question à quoi J.M. Keynes a donné une réponse avec la notion de "préférence pour la liquidité" (1936) qui a été insérée dans la quantité de monnaie en circulation.


6. La théorie de l’inflation.
 

La "théorie de la quantité de monnaie" est donc allé loin, d'une part, en reliant entre elles par l'idée, non plus les quantités, mais les variations des quantités, et, d'autre part, en mettant l'accent sur les prix en monnaie des marchandises plutôt que sur les quantités de monnaie unitaires.

Les variations de la quantité de monnaie en circulation allaient de pair, à une échelle près, avec les variations de la quantité addition des taux d'échange de marchandises convenus, des quantités de monnaie unitaires convenues ou des prix en monnaie des marchandises, pendant une période de temps "dt".

Les variations des deux quantités ne pouvaient qu'avoir, en principe théorique, même sens: un sens soit horizontal, soit ascendant, soit descendant.

Cela ne devait pas cacher la question des prix relatifs qui se cachaient derrière les prix en monnaie, c'est-à-dire les taux d'échange de marchandises convenus ou les quantités de monnaie unitaires convenues.
Par exemple, à supposer que le sens soit horizontal, i.e. que les variations de la quantité addition des quantités de monnaie unitaires convenues et de la quantité de monnaie en circulation ne changeassent pas, alors les variations des quantités de monnaie unitaires convenues pouvaient avoir des sens opposés qui cachaient des variations des prix relatifs des marchandises, de sens opposés, et qui faisaient que l’addition des quantités ne variait pas.

En relation avec les variations positives de l'une et de l'autre des quantités, la "théorie de la quantité de monnaie" a introduit le mot « inflation » et, en relation avec les variations négatives, elle a introduit le mot « déflation ».
Bref, les théories de l’inflation ou de la déflation étaient des aspects de la "théorie de la quantité de monnaie".

S'en déduisait la théorie de l'inflation ou celle de la déflation à la difficulté près du phénomène de thésaurisation ou de celui de dé-thésaurisation.

Encore fallait-il ne pas confondre la quantité de monnaie en circulation et la quantité de monnaie totale.

6.a. Le marché partiel.

Certes, des économistes ont suivi une autre démarche qui a consisté à faire référence au marché partiel.

Il n'y a pas, en effet, des prix en monnaie et des quantités de marchandises, sauf l'hypothèse réductrice erronée de l'équilibre économique général.
Il y a seulement des prix en monnaie et des quantités de marchandises qui résultent des actes d'échanges que mènent les personnes juridiques physiques (P.J.P.), vous et moi, étant donné la loi du droit, et dont elles conviennent.

 La démarche a consisté à voir dans les prix en monnaie des marchandises
la conséquence de l’égalité de l’offre et de la demande dans un marché partiel, notions organisées par le savant désirant parler de l'équilibre du marché. 

Oubliés ainsi la conséquence des échanges synallagmatiques des P.J.P. - et le coût d’échange que ces derniers lui impliquent et qui ne saurait être mis de côté comme il l'est par l'économie politique dominante -. 


6.b. Conséquences.

Mais la démarche n'a rien apporté.

Elle a contribué à détruire un peu plus la compréhension des notions de prix en monnaie des marchandises, de quantité de monnaie unitaire convenue ou de taux d'échange des marchandises convenu  - et celle de quantité de monnaie en circulation.

Elle a aussi contribué à continuer à laisser de côté la notion de « coût de l’échange ».

Soit dit en passant, il ne faut pas oublier que, si l’acte d’échange n’existait pas, si le « coût de l’échange » évalué élevé par les P.J.P. n’existait pas, la marchandise monnaie n’aurait jamais vu le jour.  Et les hommes de l'Etat ne l'aurait pas réglementée.
Avant qu’il y ait des prix en monnaie, des quantités de monnaie unitaires ou des taux d’échange convenus, et une quantité de monnaie en circulation échangée, il y a eu une diminution du coût de l’acte d’échange permise par le recours à une marchandise qui a été dénommée « monnaie » et qu'il faudrait prendre en considération, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

On en est là aujourd'hui.

6.c. Remarque : la mesure.

 Des savants économistes se sont fait forts de mesurer les notions théoriques en jeu en oubliant qu'elles venaient d'une théorie économique logique précise et que, par définition, la mesure était inutile.

Ils l'ont fait en employant des méthodes différentes comme si les éléments pouvaient ne pas renvoyer les uns aux autres.

D'un côté, ils ont employé une méthode en relation avec la quantité de monnaie totale qu'ils ont dénommée pour l'occasion "quantité de monnaie en circulation" (surtout comptabilité bancaire).

De l'autre, ils ont fait intervenir une méthode en relation avec les prix en monnaie des marchandises (statistique des "indices de prix en monnaie" des marchandises).

Et cela a été une première grande erreur méthodologique.

A fortiori, les théories de l’inflation ou de la déflation qui s’en sont ensuivi ont renforcé l’erreur initiale.

Elles ont même donné lieu à des explications diverses quoique les mots « inflation » ou « déflation » aient été employés et n’aient pas été modifiés.
L'accent a en particulier été donné aux seuls "indices de prix en monnaie" créés par la théorie statistique dite des "indices de prix" pour "mesurer l'inflation".

En conséquence de ces erreurs, il faut reconnaître que les propos tenus aujourd'hui sur la théorie de l’inflation ou de la déflation à partir de ces éléments, i.e. selon la démarche, sont sans valeur.

Peu importent les statisticiens qui voudraient leur donner des mesures plus précises encore et les cautionner, indirectement ou non, ainsi:
"ils ne testent pas la 'théorie de la quantité de monnaie'" comme on dit, "mais l'imagination qu'ils s'en font".


7. De la tautologie à la causalité : le dévoiement.

La "théorie de la quantité de monnaie" était donc une tautologie entre variations de la quantité de monnaie en circulation (et non pas totale) et variations de prix en monnaie des marchandises, pondérées ou non par les volumes de marchandises.

Mais des "économistes des prix en monnaie" l'ont transformée, sans rien dire, en faisant intervenir la quantité de monnaie totale, les prix en monnaie exprimés en indice de prix et la causalité.
Et la prétendue rationalisation qu'ils y ont introduite à aider à faire passer, sans le souligner, la transformation (par exemple, de I. Fisher, 1911, à M. Friedman, 1956).

Selon eux, les variations de la quantité de monnaie qu’ils dénommaient « en circulation » (alors qu’elle était en fait plus ou moins « totale ») provoquaient des "prix en monnaie des marchandises", surtout un "niveau des prix en monnaie".

Ils ne l'ont pas expliqué.  Ils auraient été bien incapables de le faire.

Exemplaire est le cas de Fisher dans son ouvrage de 1911 sur le pouvoir d'achat de la monnaie, où il n'a rien expliqué du tout quand il est passé de son chapitre 1 où il a défini les éléments qu'il introduisait au chapitre 2 où il a introduit la causalité d'emblée.


8. L'absence de doctrine économique.

Bref, selon la "théorie de la quantité de monnaie", variations de la quantité de monnaie en circulation et variations des prix en monnaie des marchandises allaient de pair et renvoyaient les unes aux autres, sauf exception.

Les "économistes des prix en monnaie" ont jugé, vraisemblablement, la quantité de monnaie en circulation plus importante économiquement que la quantité addition des taux d'échange convenus ou des quantités de monnaie unitaires convenues, peut-être du fait de l'échelle des volumes, pour s'y intéresser.
Bref, ils ont privilégié la quantité de monnaie "totale" - par rapport à la quantité de monnaie "en circulation" - qui les incluait comme éléments constitutifs à
la quantité addition.

La démarche des savants économistes, de fait incohérents, a conduit à ce que la théorie de la quantité de monnaie devînt "causalité" alors qu'elle était une proposition de logique, en tant que telle, et que peu lui importaient les mesures.

Malgré cela, les statisticiens ont contribué à abandonner, primo, la tautologie entre la quantité de monnaie en circulation et l'addition des prix en monnaie des marchandises et, secundo, la synonymie du prix en monnaie d’une marchandise et du taux d'échange de marchandise ou de la quantité de monnaie unitaire convenue, à un facteur près.

 Et ils ont mis l'accent sur deux approches distinctes, l'une, comptable, pour la quantité de monnaie et l'autre, statistique, pour les "prix en monnaie" et non pas sur l'approche économique initiale. 

Pourtant, répétons-le, peu importent les statistiques et ce que les uns et les autres veulent montrer.
La science est d’abord méthode et non pas mesure malgré ce que soutiennent beaucoup.
Les statistiques ont contribué à parfaire l'incohérence.


9. La monétisation de ce qu'on dénomme "monnaie €uro" par des créances dont on ignore tout.

Depuis 1999, la banque centrale européenne a connu une évolution de ses actifs, dénommés grosso modo "base monétaire", qui est exprimée dans le graphique ci-dessous:

                                          Graphique 1
                                           1999-2014

Source : https://research.stlouisfed.org/fred2/series/ECBASSETS

Cette évolution extraordinaire de la base monétaire n'avait pas été prévue par qui que ce soit et n'est pas expliquée par les documents que la banque centrale européenne a pu donner. 
Tout s'est passé comme si on n'expliquait pas, on prévoyait et ce qui est arrivé a été différent de ce qui avait été prévu, ainsi est allée la banque centrale européenne.

Cette base monétaire a débouché sur la quantité de "monnaie €uro" que la banque centrale européenne est dite avoir surveillée et qui est présentée dans le graphique ci-dessous:

                                          Graphique 2
                                            1999-2014

Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?id=MYAGM3EZM196N,

De 1999 à 2008, la corrélation des deux courbes n'était pas évidente.

Depuis 2008, aucune corrélation n'est imaginable.

Cette évolution de la quantité de "monnaie €uro", totale, cache une évolution conjointe de la quantité de monnaie €uro en circulation et de la thésaurisation non distinguées l'une de l'autre jusqu'à présent.

                                       Graphique 3
                                        1999-2013

Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?id=PIEATI01EZM661N,

Il est difficile de voir dans l'évolution d'un indice des prix en monnaie €uro (cf. graphique 3 ci-dessous) l'évolution de la quantité de monnaie €uro en circulation.





Retour au sommaire.